‹ Les arlequinades de FlorianChapitre 129 sur 133 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

ARLEQUIN, LUCETTE

Comment! vous me promettez de ne plus danser avec M. Duval, et vous allez vous maiier avec lui!

LUCETTE

Mon ami , je te réponds , je te jure que je l'ignore ; que ma mère ne m'en a pas parlé ; et que rien au monde ne pourra m'y faire consentir.

Je vous crois , Lucette , je vous croii'ai toujours : voilà pourquoi ce serait bien mal à vous de me tromper. Mais lisez votre lettre; que je ne vous gène pas.

LUCETTE

Non, mon ami, c'est à loi de la lire, c'est à toi d'en faire tout ce que tu voudi'as.

Point du tout; elle n'est |)as j)our moi....

198 LA liONISE MÈUE.

LUCETTE

Elle est pour loi , puisqu'elle me regarde. Je ne puis ni ne veux avoir de secret pour le maître de mon cœur : prends cette lettre , lis , et ne te fâche pas des expressions de tendresse qu'elle contient. Duval croit m' épouser, il m'adore, il parle sùrejncnt de son Lonliem' avec toute la vivacité de son amour, pardonne-le-lui, mon ami, et sois Lien sur que plus celte lettre est tendre, plus j'ai de plaisir à te la sacrifier.

Allons, voyons donc, puisque vous le voulez.... Cela me fait })ourtant un peu de peine ; je n'aime pas à entendre dire par un autre ce que je voudrais penser et dire tout seul. Mais allons , il faut s'y résoudre , quand ce ne serait que pour ni'instrtiire, et voir un peu avec quelles douceui's M. Duval tourne si bien la tête aux jeunes filles. ,

(Il ouvre el lit.)

« Mademoiselle, « J'ai été poli el galant avec vous conmie je le suis avec toutes les femmes, et vous avez pris celle galanterie pour de l'amour. J'en suis d'autant plus fâché , que vous m'avez offert votre cœur, et qu'il m'est impossible de l'accepter, puisque le mien est tout enfier à celle à qui je vais m'unir. Duval. »

LUCETTE, liant.

C'est loi qid t'anmscs à faire cette lettre-là.

Page 1