SCÈNE XL
ARGENTINE
Non , mon ami ; j'ai , au contraire , rallrapé ton billet. Le voilà : lu es à présent le plus riche de nous deux, et c'est moi dont tu fais la fortune. Et vous, monsieur Scapin, qui me croyiez votre dupe, et qui êtes la mienne, je vous exhorte à faire toujours d'aussi bons marchés que celui que vous aviez fait. Mais il faut apprendre à mieux conserver le fruit de voire habileté. Adieu! nous allons nous marier et jouir de nos richesses.
Ce pauvre diable! il me fait pilié. Écoute, Scapin, [madame a besoin d'un laquais; si tu veux, nous te donnerons la préférence.
ARGENTINE
Ah! pour cela non : il n'est pas assez fidèle. Adieu, monsieur Scapin. M. Pandolfe, le père de ma maîtresse, retourne à Bcrgame dans peu de jours; Arlequhi et moi, nous l'y suivrons. Si vous avez quelque commission à nous donner })0ur ce pays-là , nous nous en chargerons volontiers ; mais si vous voulez réussir dans celui-ci, souvenez-vous bien qu'il ne faut jamais brouiller deux îimants , parce ((u'ils se raccommodent toujours aux dépens de celui qui les a brouillés, (iis soitcm.)