ARLEQUIN, ARGENTINE
ARGENTINE
Vas-tii rester ici, mon ami?
Oui; pourquoi cela?
ARGENTINE
C'est que je vais sortir.
Où vas-tu?
ARGENTINE
Faire une commission pour M"* Rosalba.
Qu'est-ce que c'est que cette commission ?
ARGENTINE
Je ne peux pas te le dire, elle me l'a défeudu.
Voilà, par exemple, im de tes avantages sur moi : lu sais garder un secret; moi, je uc le sais pas. Aussi je te confie tous les miens, pour qii'ds aoicnt en sûreté.
ARGENTINE
Mon bon ami, loul ce (pie je pense l'a])partient;
Ai LE BON MENAGE.
maïs tu n'ignores pas les obligations que J'ai à M"'' Rosalba : c'est elle qui nous a mariés. Il me semble qu'après nn tel l)ientait je suis obligée de l'aire tout ce qu'elle exige, même de te caclier quelque cliose.
Ab ! je me doute de ce que c'est. J'ai vu ce matin M. Pandolfe'; il m'a dit qu'il avait donné quinze mille livi-es à sa tille pour en faire ce (ju'elle voudrait. M"'" Rosalba a le meilleur cœur du monde; et, 'quand on a un bon cœur et de l'argent mignon, on a toujours des petites choses à faire en cachette.
ARGENTINE, à part.
Hélas! (Haut.) Mon ami, ne parlons plus de cela, je t'en prie. Quand bien jnème tu devinerais, je serais obligée de te mentir; et tu ne voudrais pas. que ma reconnaissance pour M"^ Rosalba me coûtât j si cher.
Allons, va-t'en; je resterai avec les enfcUits. Les as-tu fait hre aujourd'hui?
ARGENTINE
Oui.
C'est bon; je les ferai jouer, moi. Allons, va-t'en donc.