‹ Les arlequinades de FlorianChapitre 56 sur 133 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

CLÉANTE

Sans doute, je n'ai fait que cela encore.

CLÉANTE

Vous n'êtes pas très-avancé.

J'ai toujours mon commencement.... Tu devrais bien m'aider un peu.

CLÉANTE

Vous avez trop de sensibilité, vous aimez trop mademoiselle Nisida pour avoir besoin d'un aide; il est si facile de la louer! Dites-moi ce que vous pensez pour elle, je l'écrirai, les vers s'arrangeront d'eux-mêmes,

Je crois que tu dis vrai : voyons ; je voudrais lui faire un petit compliment sur sa ligure, ses qualités, son esprit.... que cela fût tourné.... d'une manière genlille, avec un peu.... Charge-loi de mettre des rimes à ses vers-là.

CLÉANTE, rêvant.

Je vous entends bien.

Tu entends bien : voilà mon premier couplet.

CLÉANTE, écrit.

11 est écrit.

Fort bien; à présent je m'en vais faire le second. Écris ces \ers-ci. Oh! ceux-là sont tout faits. Éci'is que ce n'est pas à son père à la louer, mais cpu^ tout le monde parlerait comme son père.... et rime toujours au moins.

CLÉANTE

Il le faut hien. (iirèveetcciit.) C'est écrit, monsieur.

Me conseilles-tu d'en faire encore un?

CLÉANTE

Il me semble que deux suffisent.

Tu n'as qu'à dire! je suis en train; mais je crois qu'en voilà bien assez. Prends cette mandoline , et chante-moi les couplets que je viens de faire, pour que je corrige.

CLÉANTE. (Il chante en s'acionipagnant de la mandoline.) Ma fille unit aux grâces de son âge Des dons plus sûrs pour fixer le bonheur; Et l'on ne sait que chérir davantage De sa beauté , son esprit ou son cœur.

C'est mol à mot ce (pie j'ai dit; je croyais cela plus difficile. Voyons l'autre coiqilet.

CLÉANTE

Je peux flatter une fille aussi chère , Mais Ton pardonne à ce doux sentiment : Si je la vois avec les yeux d'un père , Tout autre aura les veux d'un tendre amant.

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