ARLEQUIN, CLÉANTE, NISIDA, NÉRINE
Viens, ma fille. Voilà le fils de celui qui nous avait laissé sa fortune; voilà celui à qui appartient tout ce que nous possédons. Nous étions riches ce matin, mon enfant; nous allons être pauvres ; mais il le faut bien , car sans cela nous ne serions pins lionnètes gens.
CLÉANTE
Comment! que dites-vous? Je n'ai rien à prétendre : le mariage de mon père ne fut jamais déclaré; et la loi....
Que me fait la loi, quand mon cœur parle? vous voyez J)i(Mi qu'il me crie que voire bien n'est pas à moi. Comment! je serais riche, el le lils de mou bienfaiteur serait pauvre! Non, mon ami; non, monsieur : je vais tout vous rendre. Mais je vous
supplie d'assurer ùc quoi vivre à ma fille; je mourrais de douleur si je la laissais daus l'indigence; et, ])uisque vous êtes le fds du comte de Valcourt, vous ne le souffrirez pas.
CLÉANTE
Votre fille! ô ciel! Hé bien! oui, je reprends ma fortune, mais c'est pour la mettre à ses pieds. Et vous, digne et vertueux homme, qui n'hésitez pas à vous dépouiller de vos biens dans la crainte de me voir malheureux, je le serai toute ma vie, et vous n'avez rien fait pour moi, si vous me refusez votre fille!
Quoi! vous voudriez'!*
CLÉANTE
.le veux retrouver mon })ère ; vous seul pouvez 1 remplacer.
Mais je ne demande pas mieux, et je vais même te dire un secret qui te fera plus de plaisir que d'avoir retrouvé ta fortune, (a voix basse : ) c'est que je ne te renvoyais de chez moi que parce qu'elle m'avait avoué qu'elle était folle de toi. Ne lui dis pas que je te l'ai répété.
Ah! Nisida, vous m'aimez donc?
NISIDA
Heureusement je l'ai dit ce matin.