‹ Les arlequinades de FlorianChapitre 87 sur 133 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

ARLEQUIN CADET , sei.i.

(11 cliante.)

Toujours joyeux , toujours content ,

Je sais braver la misère;

Pour la rendre plus légère,

Je la supporte en chantant.

Souvent la vie est importune :

J'ai mon fardeau , chacun le sien :

Ma gaîté , voilà ma fortune ; Ma liberté , voilà mon bien.

D'un an de peine et de chagrin Un court plaisir me dédommage ; Quand je suis au bout du voyage, Je ne songe plus au chemin.

Du sort je crains peu l'inconstance; Tantôt du mal , tantôt du bien ; Travail, repos, plaisir, souffrance, Je ne refuse jamais rien.

J'ai beau chanter, je ne peux pas oublier que je meurs de faim. Mais il faut que mon frère soit fou; il m'écrit à Bergame de venir le joindre à Paris, et il oublie de me donner son adresse. J'ai déjà demandé à plus de cent personnes où demeure monsieiu' Arlequin domestique ; ils me répondent tous par des éclats de rire. On aime beaucoup à rire dans ce pays-ci. Oh! je rirai aussi, moi, mais quand

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