LES VIEILLARDS
Bien répondu !
LES VIEILLES FEMMES (aux jeunes filles montrant les jeunes gens)
Ils seraient bien punis !
LES BUVEURS et l'AUBERGISTE (se levant le verre en main)
Fritz ! « santé » !
Bien chanté !
FRITZ et LES JEUNES HOMMES
Non, non, non, non, Ne nous marions pas !
Non, non, non, non, Ne nous marions pas !
MiEDELI, LIN A, ROESELÏ, LES JEUNES FILLES
Un bon ami pour me plaire, Un bon ami me suffit.
(elles rient)
LES JEUNES r,ENS (qui se lèvent et tendent la main à leurs danseuses)
Assez !
A la danse !
(aux musiciens)
Assez bu la musique !
BUVEURS (avinés chantant à tue-tête)
Mon père était un grand sec,
loupaidi — ioupaida Mon père était un grand sec, Ventre plat et pipe au bec î
Ma mère avait d'autres goûts, Je suis comme elle et voilà tout.
Je vivrais le verre en main, Jour et nuit, soir et matin,
loupaidi — ioupaida Que mon verre soit plein !
Tandis que les danseurs s'éloignent les uns après les autres de leurs tables, Fritz tend son verre à Mœdeli toujours assise, rêveuse.
FRITZ
A ta santé, Mœdeli !
(l'invitant)
Viens-tu tourner celle-ci ?
MiEDELI
« A ta santé » !
Non merci.
Pourquoi pas ?
FRITZ (fâché)
RCESELI (au bras d'un danseur en passant).
Elle attend le petit Ilansli !
Les servantes allument les lampions.
LINA (que son cavalier entraîne).
Elle attend son amoureux ! Ils tardent bien nos bergers...
LES VIEUX (d'une table voisine).
Ils font rentrer le bétail, le fœhn soufflera ce soir.
QUELQUES JEUNES HOMMES (aux buveurs)
Taisez-vous, taisez- vous, taisez-vous ! vous crierez plus tard.
UN DES BUVEURS (grand et fort, se levant, à Fritz).
Viens donc, vaurien.
Fritz s'assied en face de son adversaire. Les coudes posés sur la table, les deux hommes, poing contre poing, cherchent à faire plier V avant-bras Vun de Vautre. — Autour on crie: Hardi, hée, tiens bon... perdu ! Gagné ! Le buveur est le plus fort, il reprend sa chanson.
PLUSIEURS JEUNES GENS (montrant Kœbi qui surgit à l'extrémité du chemin)
Au même moment passe en rafale un coup de vent qui éteint plusieurs lampions. — Malaise subit..,
Kœbi ! Voilà Kœbi !
(au buveur)
Celui-là te fera taire !
LES JEUNES GENS (à Kœbi)
Tu amènes le fœhn, viens faire taire ce grand fou! Montre-lui qu'il n'est pas le plus fort, toi qui tuerais un bœuf d'un coup.
KŒBI (arrivé près du buveur, frémit à cette parole, regarde ses mains avec effroi... puis comme sortant d'un rôve).
Salut à tous !
Comm^ il passe devant le buveur sans répondre au défi, celui-ci chante de plus belle, moqueur.