DEC-HUITIÈME SIÈCLE
1770. On fait à Metz des essais avec des projectiles allongés pour fusils, mais ils ne réussissent pas. ^
1774. En France, les colonels, les lieutenants-colonels et les capitaines portaient encore un esponton (pique) de 2 mètres de longueur ; les autres ofiSciers étaient armés d'un fusil à bayonnette.
On introduit dans l'infanterie suédoise un examen sur la connaissance des armes pour les hommes proposés comme sous-officiers.
1776. On donne à l'infanterie française des armuriers chargés des réparations d'armes.
1777. Des essais faits en France, pour diminuer le recul en changeant la place du trou de lumière, n'ayant donijé aucun résultat, on s'occupe de fixer un modèle définitif de fusil d'infanterie.
Comme ce fusil a plus tard été adopté par tous les États du continent, sans modifications importantes, nous en donnerons ici la description.
Le canon, en fer, était renforcé à sa partie postérieure et son extrémité était fermée au moyen d'une vis de culasse en fer cémenté.
La platine était de même construction que celle de 1648.
Les garnitures, servant à relier le canon au bois, avaient subi des modifications avantageuses, pour la plupart d'origine française; jusqu'en 1717; le canon était pourvu de trois œillets, quelquefois davantage, et il était fixé au bois par des goupilles qui traversaient ces œillets ; mais comme les tubes de baguette étaient aussi fixés par trois œillets, le bois était affaibli outre mesure; on introduisit donc en 1717 une grenadière avec un battant de bretelle et, en 1725, une capucine placée près de la platine et l'on remplaça la bouterelle de tôle par un embouchoir muni d'un entonnoir de baguette. En 1776 et 1777, on assujettit ces garnitures, qui jusqu'alors ne l'avaient été qu'imparfaitement, d'une manière plus solide, en fixant l'embouchoir et la grenadière au moyen de vis, tandis qu'un ressort encastré dans le bois, et dont la tête arrondie pénétrait dans un trou pratiqué dans la capucine, retenait celle-ci. L'écusson de sous-garde fut muni d'un taquet destiné à servir d'arrêt à la baguette et à empêcher que celle-ci ne s'engage trop fortement dans le bois.
Les garnitures étaient en laiton.
La monture, en bois de noyer, reçut une forme plus commode et on donna plus d'inclinaison à la crosse.
Quant à la baguette, celle en fer adoptée en Prusse en 1730 avait été reconnue supérieure; ainsi, par exemple, à la bataille de MoUwitz, le 10 avril 1741, les Autrichiens, qui avaient d'abord l'avantage et dont les fusils étaient munis de baguettes en bois, ne purent répondre au feu des Puissions par un feu aussi vif que le leur, parce que la plupart de leurs baguettes se cassaient et mettaient par là les hommes hors d'état de tirer ; aussi cherchèrent-ils à se mettre à l'abri des feux continus de l'infanterie prussienne en se cachant les uns derrière les autres ; l'ordre de bataille en souffrit et ces bandes éparses furent bientôt écrasées par le feu de l'artillerie prussienne.
Ces baguettes. en fer, qui étaient au commencement passablement épaisses et lourdes, furent bientôt remplacées par des baguettes d'acier qui étaient beaucoup plus légères et dont l'extrémité de la tige, de 5 millimètres de diamètre, était filetée pour
recevoir le tire-balle, tandis que l'autre extrémité allait en augmentant graduellement d'épaisseur jusqu'à la tête de 15 millimètres qui servait de refouloir.
La bayonnette avait subi de nombreuses variations depuis son invention (1575).
La bayonnette à lame de poignard, fixée comme dans la fig. 67, rendait la charge difficile lorsqu'elle était placée; on la pourvut alors d'une douille réunie à la lame par un bras ou coude recourbé qui avait pour but d'éloigner celle-ci du prolongement de l'axe du canon.
BAYONNETTE FRANÇAISE, mod. 1717.
PI. Il, fig. 59.
La forme de la lame avait aussi changé plusieurs fois ; tantôt on préférait la lame triangulaire ou quadrangulaire et tantôt la bayonnette à lame de sabre. En 1746, on commença à évider les pans des bayonnettes ; en France, en Prusse, en Saxe et en Suisse, on les fit triangulaires, tandis qu'en Autriche et en Bavière on leur donna une forme quadrangulaire.
La douille n'avait d'abord qu'une fente droite dans laquelle entrait le guidon ; plus tard, on pratiqua la fente en Ugne brisée, d'abord avec im coude, puis avec deux, et Ton adaptit à la d'roite du canon un second tenon, qui, lorsque le premier avait pénétré dans la fente, entrait dans une cavité pratiquée à l'intérieur de la douille et formait ainsi un second point d'arrêt pour la bayonnette; comparez :
BAYONNETTE SAXONNE D'ENvmoN 1750.
PI. il, fig. 60.
Cette manière de fixer la bayonnette fut bientôt suivie d'une autre introduite en France en 1768; la douille, qui n'avait qu'une coulisse courte et droite pour le tenon, fut garnie à sa partie inférieure d'uu bourrelet sur lequel reposait une bague mobile, à tranche légèrement oblique et dont on pouvait régler le serrage au moyen d'une vis. En tournant la bague, dans laquelle était aussi ménagé un passage pour le tenon, celle-ci se serrait entre le bourrelet et le tenon et fixait ainsi la bayonnette au canon.
BAYONNETTE FRANÇAISE de 1768.
PI. il, fig. 61.
Enfin, on introduisit en France, en 1774, une autre manière de fixer la bayonnette ; la bague fut abandonnée, le bourrelet reçut une forme excentrique, et l'on pratiqua à son sommet une entaille destinée à recevoir la griffe d'un ressort vissé au canon.
BAYONNETTE FRANÇAISE de 1774.
PI. il, fig. 62.
Cette manière de fixer la bayonnette fut adoptée en France et en Autriche, tandis
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qu'autre part on conserva de préférence la bague ; elle fut de nouveau introduite en France en 1800 :
BAÏONNETTE FRANÇAISE, mod. 1800.
PI. il, fig. 63.
Napoléon institua cette année (1800) une commission qu'il chargea de vérifier ayec soin le modèle de fusil de 1777 et d'améliorer sa construction en corrigeant les défauts qu'elle y trouverait.
La commission se prononça pour le maintien du modèle existant et proposa seulement les petites modifications suivantes :
1. Le ressort de baguette fut enlevé de l'embouchoir et placé dans la partie inférieure du logement de baguette ; elle reçut une foime de cuiller.
2. Les vis qui fixaient l'embouchoir et la grenadière au bois du fusil furent rem* placées par des ressorts à. tête saillante.
3. La vis du battant de grenadière fut remplacée par un rivet.