AVEC ENVELOPPE DU PROJECTILE
PI. i», fig. 138.
Charge de poudre 3'',8 à 4'',2 dans une douille en papier; balle conique de 15»',5 à 18 grammes entourée d'une enveloppe grasse.
Ce projectile (balle forcée) est déjà, en chargeant, chassé avec effort dans les rayures du canon.
Pour faciliter la charge, la bouche du canon est légèrement évasée. Par un premier coup sec et vigoureux sur le projectile avec la baguette, dont la tête est évidée pour s'adapter à la pointe du projectile, on arrive sans trop de diflBculté à surmonter cette première résistance.
Un arrêt, disposé convenablement à la baguette, empêche d'écraser la poudre.
Toute cette manipulation de la charge gêne évidemment beaucoup la rapidité du tir, et présente en conséquence un grand inconvénient. Le carabinier devait être en outre muni des accessoires suivants :
1 moule à balles, 1 cuiller à fondre le plomb, 1 tourne-vis avec clef de cheminée, 1 tire-balle, 1 tire-bourre, 1 lavoir, 1 bouchon de carabine, 1 épinglette avec sa chaînette, 2 cheminées et 1 guidon de rechange; ensuite 1 emporte-pièce pour la fabrication des enveloppes du projectile. Ces enveloppes se découpaient par pièces rondes de 3'" de diamètre dans un morceau de toile de coton, convenablement imbibé de graisse, dont Vj de porc et Va de mouton.
Longueur de l'arme sans bayonnette = P,250.
id. id. avec id. = 1",750.
Poids. id. id. id. =4V50à5*'^
BIX'ITEtrVXBME SIÈCLE. 63
L'ordonnance spécifie que chaque carabinier doit être muni de 60 cartouches, 78 capsules et 60 balles avec leurs enveloppes (Pletz) ; chaque officier et chaque chef de section devait être porteur d'un diastimètre. Quoique cette nouvelle carabine suisse de campagne laissât beaucoup à désirer, surtout au point de vue de la simplicité dans le maniement, on doit cependant reconnaître que l'introduction de ce isystème a ouvert une période riche en progrès de toutes sortes.
C'est par là que commença la réorganisation complète de l'armement de toutes les troupes suisses d'infanterie. Ce système des armes à feu portatives en général prit une direction nouvelle. En effet la carabine fut suivie de très-près du nouveau fusil de chasseur et bientôt après du fusil d'infanterie de petit calibre. C'est par le type de la carabine de 1851, que les carabiniers furent ramenés peu à peu à leur véritable objectif, dont ils s'étaient éloignés de plus en plus, à pa/tir du commencement de ce siècle. Destinés à former une troupe-légère et de véritables tirailleurs, ils étaient tombés à l'état d'infanterie pesante, < d'infdnterie de position. >
Mais sous un autre rapport encore et avant tout, l'ordonnance de 1851 fut d'une immense portée pour la Suisse, et mérite par conséquent d'être mentionnée. C'est de cette époque que date l'affranchissement complet de ce pays des États étrangers r.u point de vue de l'armement de ses troupes : c'est de ce jour-là qu'il devient vraimeut indépendant à cet égard. La Suisse est le premier État de l'Europe et même du monde entier (car les progrès antérieurs de l'Amérique ne s'étendaient pas au delà des armes privées et de luxe), qui ait su apprécier les avantages du petit calibre vis-à-vis du gros calibre jusqu'alors partout en usage, et en tirer profit. Auparavant, on se contentait de copier les systèmes des autres nations, et on restait généralement en arrière de cellesci. Le peu d'unité de vues et d'action entre les cantons sur ces questions-là avait été, d'ailleurs, pour beaucoup dans cet esprit retardataire.
La nouvelle constitution fédérale de 1848, en donnant l'union, créa la force. Elle permit de marcher franchement et décidément dans la voie du progrès, et les innovations utiles et avantageuses se firent jour surtout au point de vue de la défense natio-' nale et des affaires de la guerre parmi les Confédérés.
La Suisse est particulièrement redevable au colonel Wurstemberger à Berne, intendant du matériel fédéral des guerres, de l'adoption du petit calibre, car il travailla de toutes ses forces en sa faveur.
Pendant ce temps on adoptait en Belgique le projectile proposé par le* colonel belge Timmerhans pour le fusil Minié.
PROJECTILE POINTU TIMMERHANS.
PI. te, fig. 106. '
D est muni d'une cavité en forme de cloche, renforcée par une paroi intérieure, ou tenon pareil à une quille, qui remplace avantageusement le culot et empêche les déchirures de la balle.
1852. Charrin (Belgique) avait pris déjà en 1846 un brevet d'invention pour son
64 ABMSS A PSU.