CONSTRUCTION SPANGENBERG ET SAUER
PI. Si, fig. 213.
CARTOUCHE pour cette construction.
PI. 11, fig. 143».
Le défaut d'une bouche de chambre et d'une chambre à air, ainsi que le peu de qualités pratiques de la cartouche présentent des inconvénients réels. Par contre, le mode d'armer par le moyen de ressort-hélice est une simplification. La cartouche à douille métallique rend ainsi cette construction utilisable. —
Un perfectionnement de la fenneture à cylindre, avec percussion ou inflammation à aiguille, a été obtenu par Chassepot, contrôleur d'une fabrique d'armes en France. C'est lui déjà qui, précédemment, avait découvert une bonne obturation hermétique du canon (voir pi. 27, fig. 194) contre la fuite des gaz. Mais il conserva encore la percussion à capsule , et c'est pour ce motif que son arme n'était pas sensiblement supérieure aux fusils se chargeant par la bouche, quant à la rapidité du tir.
Mais sa nouvelle construction utilise la percussion à aiguille, elle exige un mouvement de moins pour la charge que celle de Dreyse, et elle possède une obturation plus hermétique.
On peut mettre en corrélation avec l'adoption de cette arme en France, les riches expériences que la < Commission de tir > avait faites au point de vue de la ballistique durant deux années d'essais consécutifs sur cette matière.
FUSII. D'INFANTERIE FRANÇAIS, modèle 1866 (chassepot).
Armé, l'obturateur ouvert à moitié PI. SI, fig. 216.
Appareil de percussion » » fig. 217.
Téte-obturatrice » » fig. 318.
Yatagan PI. Il, fig. 71.
Au canon est vissée la boîte de culasse A, qui renferme le cylindre-obturateur avec son levier B et sa tête-obturatrice, ainsi que l'appareil de percussion. A la face inférieure extérieure de la botte sont fixés le ressort de détente et la détente.
Le tenon du ressort de détente, dont le bec pénètre dans la cavité de la boîte de culasse fait Toffice de gâchette. La tête-obturatrice, avec sa garniture en caoutchouc, possède un certain jeu dans le cylindre et elle est liée avec celui-ci par la vis C. Le mouvement du cylindre lui-même est limité par la vis D. Un rouleau E facilite ce mouvement.
La partie postérieure du cylindre a trois encoches; la plus courte F sert de cran d'arrêt au percuteur armé; celle du milieu G est un cran de repos, et la plus longue permet au percuteur d'avancer à fond. La bande directrice du cylindre consolide en même temps la fermeture.
. Fonctions : En armant le chien ou percuteur, l'aiguille est ramenée en arrière et le ressort-spiral tendu ; le levier est tourné verticalement, et on retire le cylindre-obturateur jusqu'à ce que le bout de sa rainure vienne butter contre la vis d'arrêt D. Après avoir introduit la cartouche, on repousse le cylindre en avant, et tournant le levier à droite, la bande se place dans son logement de la botte. A ce moment le percuteur s'applique contre le bec du tenon du ressort de détente, et reste armé.
Pour rendre l'arme prête au tir, il faudra donc quatre mouvements :
P Armer ; 2^ tourner à gauche et ramener le cyUndre en arrière ; 3* introduire la cartouche ; 4'» pousser le cylindre en avant et tourner à droite.
En relevant la vis D et en pressant sur la détente on peut sortir le cylindreobturateur de la boîte de culasse, et en dévissant la vis G on peut enlever la tête du cylindre. Après avoir dévissé ensuite, et au moyen de la clef, la vis de fond du cylindrey on peut en détacher le percuteur et le démonter. De plus amples détails sont fournis par le tableau des dimensions.
La CARTOUCHE POUR LE FUSIL CHASSEPOT, modèle 1866,
PI. 4S, fig. 270.
est une unité de cartouche non obturatrice. La douille en papier, renfermant la charge de poudre, est repliée en haut et en bas sur un disque en carton.
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Le disque inférieur i*enferuie en sou milieu une petite amorce, dont l'ouverture est recouverte d'une petite feuille de papier. La douille en papier a aussi été recouverte en partie d'un mince tissu de soie, pour mieux entraîner les fragments de la douille. Le disque supérieur sert de base au projectile, qui est entouré de papier graissé, dont le prolongement enveloppe la première douille, à laquelle il est lié par un fil.
La construction de cette cartouche peut avoir été inspirée par des considérations d'économie; mais en tout cas elle nuit notablement à la valeur militaire de l'arme qui, par elle-même, possède d'excellentes qualités.
La douille métallique, à percussion centrale, aurait avantageusement remplacé la garniture en caoutchouc, et sensiblement augmenté les bonnes qualités de l'arme et de la munition.
Au commencement de la guerre de 1870-71, la France possédait environ 1,037,000 de ces fusils Ghassepot.
Les modifications ci-dessus indiquées du fusil Ghassepot, pour l'emploi de la cartouche métallique à percussion centrale, ont conduit l'auteur de cet ouvrage à construire cette arme en 1869 de la manière suivante :
FUSIL GHASSEPOT, modifié par schmidt en 1869.
PI. SI, fig. 219a.
GOUPE.
Pi. st. fig. 219b.
La modification consiste dans l'alésage de la chambre ; le remplacement du petit tenon dans la bande du levier par un ressort d'arrêt A ; le remplacement de l'aiguille ^c percussion par une broche B; l'introduction de l'extracteur G avec un logement convenable dans la bande du levier, qui sera suflBsamment prolongée en avant pour empêcher la percussion prématurée.
Fandûms :
Par le mouvement de rotation du levier, le ressort d'arrêt se relève et sort de encoche, qui lui est ménagée dans le cylindre, l'extracteur rentre dans sa cage dans ^^ oande du levier et est ramené en arrière avec le cylindre, en entraînant la douille ^^ ^rtouche, qui est, selon la position de l'arme, < rejetée en arrière hors de la boîte ^^ culasse. > En repoussant le cylindre-obturateur en avant, après l'introduction de la ^rtouche dans le canon, le ressort d'arrêt, en rentrant en fonction, a pour premier ^tfet de laisser en arrière le chien ou percuteur ave«î broche et ressort. Par le fait même Cft dernier est armé. Le tenon du ressort de détente se présente en même temps devant le percuteur, et maintient ainsi l'appareil de percussion armé jusqu'à ce qu'on presse g^j. la détente. De son côté, le ressort d'arrêt, quand le levier et le cylindre tournent à droite, vient se loger dans son encoche respective, de sorte que le percuteur
devient libre et peut se décocher en avant pour opérer la percussion de Tamorce. Cette modification peimet à ce fusil d'être armé séparément, ou d'être armé conjointement aux autres opérations de la charge, ce qui réduit les mouvements k trois, pour rendre l'arme prête au tir : P ouvrir et extraire la douille ; 2" introduire la cartouche ; 3° fermer et en même temps armer l'appareil de percussion. L'embase de la bande du levier empêche toute possibilité d'une percussion prématurée.
Douille de cartouche en laiton étampé ; percussion centrale.
Prix de la modification fr. 8 par fusil.
Les résultats furent en tous points trës-favorables, et la construction Chassepot, ainsi modifiée, pourrait marcher de pair avec toute autre arme à fermeture à cylindre, n'ayant que trois mouvements pour la charge. —
En Russie, on adopta en 1867 une construction de fusil à aiguille de Carié et fils, qui doit déjà avoir été établie, au moins quant à ses parties principales, en 1846 par S. Krnka, fabricant de pistolets à Wolin (Bohême), et qui tirait alors un projectile pointu en fer àmanteau de plomb.
FUSIL A AIGUILLE RUSSE, modèle 1867, gonstuuction de carlé et fils.
Ouvert. . . PI. Si, fig. 214.
Fermé. . . » » fig. ii5.
La fermeture s'opère, comme chez Terry et d'autres, au moyen de deux tenons. Cinq mouvements pour la charge : V Redresser le levier ; 2'* tourner à gauche et ramener en arrière le cylindre-obturateur ; 3" introduire la cartouche ; 4" repousser le cylindre et le tourner à droite ; 5"* baisser le levier. Ce dernier mouvement a aussi pour objet de comprimer le ressort-spiral. H manque un cran de Sûreté.
CARTOUCHE POUR LE FUSIL A AIGUILLE RUSSE, modèle 18G7.
PL et, fig. 27i.
Cette cartouche, construite par le colonel Weltischtschew, est une unité de cartouche non obturatrice, dont la garniture du fond renferme au centre l'amorce; projectile à culot Minié.
Au commencement de 1872, la Russie possédait 214,000 fusils de ce modèle, répartis dans l'armée du Caucase et dans les districts militaires éloignés.
On indique comme rapidité de son tir cinq coups par minute dans les feux de rangs et de files et huit à neuf coups dans le tir individuel. —
L'Italie adopta en 1868, pour la transformation de ses fusils à gros calibre se chargeant parla bouche, une construction à aiguille, qui est analogue à celle de Dreyse.
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FUSIL A AIGUILLE ITALIEN, modèle 1868 (carcaxo).
PI. 99, lig. âil.
Cylindre PI. »», lig. 22^.
Di*ochc ou percuteur. . . » )> fig. 223.
Le canon est entaillé dans sa partie postérieui-e, et on y adapte une bande de tôle recourbée dans sa partie inférieure. A cette bande est fixée la bascule* de détente. Le cylindre-obturateur A glisse, conduit par son levier, dans cette cage entaillée. Sur le côté droit se trouve une entaille pour loger la bande du levier et procurer ainsi une fermeture solide. Le cylindre renferme le tube d'aiguille B avec son bouton, la tige de Taiguille G avec sa poignée et son aiguille, le ressort-spiral et le ressort d'arrêt D.
La bascule de la détente sert en même temps de cran de repos et de gâchette. Le mouvement de recul du cylindre-obturateur est limité par un piton, muni d'une pointe et d'un ressort et fixé à l'écusson de sous-garde.
Quatre mouvements de charge : P Armer en ramenant la tige d'aiguille en arrière par le moyen de sa poignée ; 2* tourner à gauche et retirer le cylindre-obturateur ; 3* introduire la cartouche; 4* repousser l'obturateur et le tourner à droite.
On peut désai*mer en tournant à gauche le bouton du tube d'aiguille et en ramenant en arrière ce dernier. On arme de nouveau par le mouvement contraire. On peut placer l'arme au repos en lâchant en avant, par la pression sur la détente, la tige d'aiguille, jusqu'à ce que la tête s'applique contre le cran saillant de la bascule de la détente.
CARTOUCHE POUR LE FUSIL A AIGUILLE ITALIEN, modèlk 1868.
PI. 49, fig. 272.
Elle se compose d'une douille en papier, sur le fond intérieur de laquelle i-epose un fort disque en caoutchouc ou en toile, légèrement recourbé en dedans sur les bords. Là-dessus vient la charge de poudre, sur laquelle repose le tampon d'amorce eh papier comprimé, au centre intérieur duquel la matière explosible trouve sa place, dans une petite cavité, qui lui est ménagée. Le projectile recouvre le tampon d'amorce; la douille, ramenée par-dessus la pointe tronquée du projectile, y est liée et graissée. L'aiguille traverse complètement la pilule d'amorce et ouvre ainsi un chemin aux gaz jusque dans la cavité du projectile pour produire l'expansion de ce dernier.
Projectile à expansion avec une large cavité à base carrée ; diamètre 17"",2 ; poids 36''; charge de poudre 4'',5 ; calibre normal du canon 17"",6.
L'aiguille se nettoie en traversant le disque de toile du fond de la cartouche, et les bords recourbés de ce disque produisent une meilleure obturation contre la fuite des gaz. Ce disque peut être extrait du canon après chaque coup, ou bien être chassé dehors par le coup suivant. Dans ce dernier cas, il s'applique souvent contre les parois du canon,
110 ABME8 À FEU.
et dérange ainsi la précision du tir, s'il ne provoque pas un gonflement du canon. Cette transformation a coûté 15 fr. par fusil. —
Peu de temps avant la guerre franco-allemande, une modification du fusil à aiguille, proposée par Beck, avait été adoptée en Prusse. Mais comme elle n'avait encore été appliquée qu'à un nombre minime d'armes, toutes celles qui avaient été transformées furent retirées à l'ouverture de la guerre et rentrées dans les dépôts, afin de ne pas troubler l'unité d'armes et de munitions. Cette modification consistait dans l'introduction d'une tête d'obturateur à garniture en caoutchouc, d'après Chassepot, pour augmenter l'herméticité de l'obturation.
La chambre à air fut utilisée dans ce but.
Le fusil ainsi modifié fut nommé fusU à aiguiUe transformé.
Mais la transformation ne fut pas poursuivie après la guerre, dans la prévision d'un nouvel armement de petit calibre et de précision plus grande, exigé par les circonstances.
L'armée allemande, à l'ouverture de la guerre, était en possession de 950,000 fusils Dreyse.
in. LES SYSTEMES A UNITÉ DE CARTOUCHES IMPERMÉABLES AUX GAZ
(ou cartouches obturatrices)
se trouvent déjà utilisés en partie dans la transformation des fusils se chargeant par la bouche, mais en principe elles constituent plus spécialement la base fondamentale de toutes les nouvelles constructions (Voir page 87). Les Américains les premiers ont su confectionner des cartouches de ce genre applicables à un but militaire, et déjà dans la guerre de la sécession 1861/65 elles furent employées fréquemment, sous diverses formes et avec avantage. Les produits en question sont de préférence renfermés dans des douilles de cuivre avec percussion périphérique (perfectionnement du système Flobert). Les Anglais par contre s'occupèrent plutôt d'améliorer le système Lefaucheux, et de Làncaster, à percussion centrale. De sorte qu'on peut nommer, pour simplifier, le système américain «percussion périphérique, > et le système anglais «percussion centrale. >
Le système de percussion périphérique a l'avantage d'offrir une notable économie dans les frais de fabrication, à cause de sa plus grande simplicité. La matière explosible est déposée simplement dans la périphérie du fond, soit dans le bourrelet, et l'inflammation se produit par l'écrasement de ce bourrelet. Il est vrai que ce mode exige une limite déterminée pour la force ou la ténacité du métal du fond, tandis que, d'un autre côté, l'écrasement du bourrelet nécessite une construction plus délicate de l'appareil de percussion.
La percussion centrale est mécaniquement la plus juste et la plus rationnelle. Elle permet une ténacité quelconque du métal du fond de la douille, et elle présente
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toute la sécurité désirable, comme aussi elle favorise l'emploi de la même douille plusieurs fois répété. Par contre le prix de la douille à percfussion centrale est plus élevé que celui de la douille de cartouche à percussion périphérique, car Tutilisation réitérée de la douille ne peut être prise en considération que dans les tirs d'exercice seuls, et non plus dans des cas sérieux. La fabrication des douilles de cartouches k percussion centrale a donné lieu à une foule de constructions transitoires, dans lesquelles la conservation de la douille en papier ou en carton avec fond métallique seulement a été maintes fois recherchée. Â la fin cependant elle dut céder entièrement, la place à la douille métallique.
f. Feraietiire a clapet*
En 1861 et 1862, Joslin (Amérique) fait breveter un fusil de sa construction, se chargeant par la culasse, qui mérite d'être mentionné ici, eu égard à la remarquable simpHcité de sa fermeture à clapet. ^
CONSTRUCTION JOSLIN. Amérique, 1861-1862.
PI. «4, fig. 227.
Au canon se visse un anneau A, muni d'une bande et d'une charnière. Le clapet de fermeture B est relié à cette dernière ; il s'ouvre sur le côté gauche. Une broche avec ressort^spiral est fixée dans le fond du clapet.
L'extraction de la douille vide s'opère par le moyen d'un excentrique, ajusté à la charnière, et qui, lorsqu'on ouvre la botte, saisit la douille et la retire, de manière à pouvoir la saisir et l'enlever.
En fermant la botte, le fond du clapet vient se loger dans une cavité de la bande C, et est maintenu en place par le moyen d'un fermoir ou verrou.
Pour ouvrir le clapet, on tire le bouton D qui comprime un ressort-spiral y renfermé, et le verrou sort de son cran.
Calibre 13"" ; 3 rayures ; cinq mouvements pour la charge : armer; ouvrir; enlever la douille ; introduire la cartouche ; fermer.
Douilles de cartouche en tôle de cuivre étampée ; percussion périphérique. —
Questienne se sert d'un massif clapet de fermeture, s'ouvrant sur le côté gauche ; cependant il emploie une douille de cartouche Lefaucheux (à goupille) et conserve la platine de percussion. —
Schmidt et Jung construisent, pour le concours ouvert en Suisse, un fusil se chargeant par la culasse, établi d'après les prescriptions posées dans le programme du 29 mai 1865. Cette arme, à fermeture à clapet, répond à toutes les conditions demandées. Elle réunit la solidité et la simplicité à un maniement facile et agréable.
Cette construction n'est pas une copie ; elle est simplement le produit des efforts, tentés pour exécuter convenablement les conditions du programme, qui, par contre, ne furent pas maintenues.
CONSTRttCTION SCHMIDT ET JUNG, 1805.
PI. S4. fig. 228.