ARMES ASSYRIENNES
Les récentes découvertes de M. Botta, à Ninive, nous permettent de donner quelques détails précis sur l'équipement des Assyriens. Commençons par les armes défensives.
Le bouclier qu'on voit sur les monuments de ce peuple est rond, généralement formé de cercles concentriques; en métal? en bois? c'est ce qu'il est impossible de savoir. Ces cercles apparaissent à l'œil quand le bouclier présente sa face intérieure. Il est probable qu'extérieurement il était revêtu d'une lame unique ou d'une peau qui servait de support commun aux cercles dont je viens de parler. On voit d'autres boucliers, ronds aussi, qui offrent l'aspect le plus curieux ; ils apparaissent réticulés comme s'ils étaient en maçonnerie, et de fait il ne serait
ARMES DE L'AGE DEJiRONZE. 14
pas impossible qu'ils fussent composés de briques en bois, maintenues ensemble par un cadre de fer.
Fig. 5. — Armes assyriennes.
Nulle part on n'aperçoit distinctement de cuirasse, ni de grevière, comme en avaient les Grecs. Les guerriers assyriens sont simplement vêtus d'une longue tunique en étoffe massive et à poils longs, probablement en peau de chèvre. Quelques-uns présentent une espèce de justaucorps d'une physionomie plus militaire et qui, d'après les apparences, semble avoir été fait avec des cordelettes nattées. Cet ouvrage de sparterie, plus propre à résister aux coups que la tunique ordinaire, pourrait être considéré à la rigueur comme la cuirasse des Assyriens, Le casque, en métal sans doute, est formé d'une calotte surmontée la plupart du temps d'une sorte de corne recourbée en avant, et sa physionomie est peu agréable (voir p. l fc 2).
i2 LES ARMES ET LES ARMURES.
Les armes offensives sont : l'épée, Tare, la masse d'armes, la lance ou le javelot. Presque tous les guer-
Fig. 4. — Arraps assyriennes.
riers portent l'épée sur le flanc gauche, passée dans une ceinture qui la maintient presque horizontale ; elle est courte et offre ù peu prés les dimensions d'une dague. Autant qu'on puisse en juger, car elle est toujours au fourreau, elle élait large, aiguë et à deux tranchants. Sa poignée est d'une forme assez extraordinaire : c'est un simple manche, qui se profile comme des segments de boule diversement coupés., mis bout à bout ; il n'y a ni garde, ni croisée. Le fourreau est garni ordinairement d'une bouterolle, ornementée toujours dans le même style ; ce sont des animaux, des lions par exemple, couchés sur là boulerolle dans le sens de l'épée, et présentant une assez forte saillie.
L'arc, qui semble avoir été d'un usage très-général, est d'une grandeur moyenne. Hors du champ de
bataille, on le détendait à moitié et on le passait sur l'épaule, où il restait appendu. Même position pour le carquois que soutient une cordelette ou une tresse.
La masse d'armes est assez difficile à reconnaître à première vue. On la prendrait aisément pour un sceptre, dont elle a la forme générale 1 , n'était une courroie formant anneau, qu'on remarque à l'extrémité de son manche, et dans laquelle on engageait sans doute la main pour tenir l'arme plus sûrement, comme font encore aujourd'hui nos paysans avec leur bâton de pommier.
La lance, de la longueur de l'homme à peu près, à manche lisse, à fer oblong, servait à la fois comme arme de hast et comme arme de jet, à la façon des javelines dont parle Homère.
Deux observations pour finir : Les Assyriens, au moins les chefs , combattaient comme les Grecs d'Homère, sur des chars de guerre dont la forme se rapproche beaucoup de celle du char grec. Ils avaient des machines de sièges : l'une d'elles, dont la figure se représente souvent, est un grand chariot formé de claies, dans lequel on enfermait des soldats, et qu'on poussait ensuite vers les murailles ou vers une porte. Par une fente, pratiquée sur le devant du chariot, on voit dans les monuments sortir une grosse pique avec laquelle les soldats essayent d'entamer la pierre ou le bois. Mettaient-ils
1 Celle de la page 12 a une forme tout à fait exceptionnelle.
cette lance en mouvement par la seule force des bras ou par un mécanisme? c'est ce qu'on ne peut savoir. On voit encore des guerriers qui tentent de brûler les portes avec des lances garnies à leur extrémité de compositions incendiaires, ce qui prouve que ces compositions remontent ù la plus haute antiquité.