BATTE.MENTS
Le jeu des battements est souvent très-bon, employé à propos sur les épées tranquilles ou tendues. 11 faut avoir le plus grand soin que l’adversaire ne puisse découvrir l’instant où vous effectuez le battement ; car il est fort difficile do revenir à la parade lorsqu’on a été trompé dans ce mouvement qui emporte la main. Il faut donc mas(iuer avec adresse le côté où l’on veut battre l’épée.
On exécute le battement devant soi ; mais on peut aussi l’employer en passant dans la ligne opposée, en agissant pardessous ou par-dessus l’épée ennemie ; je préfère ce dernier mode d’exécution, quia l’avantage de posséder par lui-mème une force supérieure et plus de précision.
RÉFLEXIONS SUR LF.S ARMÉS
Lorsque l’on a souffert le batfement, il ne faut plus espé rer le tromper. Si l’on pen.sait ne pas avoir assez de doigté pour éviter ce mouvouient, il faudrait tirer droit au moment du battement. Ce moyen réussit très-bien avec de l’énergie dans le poignet, de la tenue d’épée, de la justesse, et lorsque l’adversaire n’emploie pas contre vous une force lourde et supérieure.
L’attention d’un bon professeur doit se porter sur l'euiploi des forces de son élève, qui tend à s’éloigner des lignes do direction dans les attaques vigoureuses. On doit consen'cr la saignée souple, la pointe au corps et éviter un jeu dur. En suivant ce conseil cl attaquant avec énergie, on déplace l’épée de son adversaire, et ce qui est bien utile, on ébranle fortement son moral.
Dans la ligne haute eu dehors, le battement peut se faire en supination, puiscpie alors on prend la position de quarte sur les armes; mais il y a plus de force en pronalion. Dans la ligne haute en dedans, il ne doit jamais se faire en supination, cette position étant incompatible avec cette ligne.
En enqiloyaul le battement ou le croisé, l'on doit bien se garder de l’ébranlement. Toutes les attaques doivent partir d’un point fixe. Précédées de feintes, elle doivent avoir pour moteurs les doigts cl l’avaul-hras, mais le corps doit garder sa position d’immobilité.