‹ Les armes et le duelChapitre 114 sur 219 · CROISÉ · texte numérisé non relu

CROISÉ

Le croisé doit s’employer contre les hommes qui tendent le fer, contre ceux que l’on veut étonner par une attaque bnis-

3o2 UÉFLEXIONS SUR LES ARMES.

que , agissant non-seulement sur leur épée en la déplaçant beaucoup pour s’ouvrir un lat^e passage, mais encore dans le but de désorganiser le moral de celui qui supporte cette attaque.

Ainsi que le battement et pour les mêmes raisons, ce coup demande à être bien masqué.

Lorsque l’on fait ce coup en riposte, il faut attendre l’instant favorable. Il ne doit se faire qu’à la retraite de l’adversaire. En effet, si l’on croise l’épée sur un homme fendu, on ne peut exécuter ce mouvement qu’en agissant sur son fort, on fait passer l’épée devant soi dans un moment dangereux ; tandis qu’en croisant lors de sa retraite, le danger diminue et on agit sur son faible.

LA FLANCONNADE.

La flanconnado a dù se faire depuis les temps les plus reculés.

Je ne vois dans la flanconnado qu’un bernent d’épée qui, partant de la ligne de quarte, se dirige dans la même ligne, mais plus bas que celle que l’on occupait, maîtrisant le faible de l’adversaire et ne se portant pas dans la ligne d’octave, comme on le croit généralement. Les anciens avaient compris la flanconnade comme je la comprends. Elle s’exécute, sans opposition de la main gauche, dans la ligne de quarte en tenant le faible de l’épée ennemie de manière à agir constamment sur ce faible. On baisse la main, on remonte la pointe, on maîtrise alors si puissamment l'épée ennemie, que l’on opère sans efforts l’effet du levier, et le désarmement est

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infaillible. Par ce moyen, on a encore l'avantage de pénétrer dans le vide qui existe ; car l’adversaire, ayant la main haute et bien couverte en quarte, offre par sa position toutes les sûretés désirables.

Faire la flanconnade lorsqu’on ne peut avec confiance s’emparer de l’épée est une faute impardonnable ; ce coup no peut s'entreprendre que sur une épée que l’on vous tend en se couvrant bien (mouvement qui a pour but de vous effrayer). Dans cette circonstance, la flanconnade sera toujours, comme attaque, employée avec avantage et avec un succès plus grand lorsqu’elle sera faite en riposte.

11 ne faut pas entraîner l’épée ennemie dans la ligne d’octave en dehors, c’est du temps perdu ; c’est chercher une opposition que l’on tient; c’est chercher l’épée ennemie dans son fort, que de se porter en octave ; enfin c’est faire passer l’épée de l’adversaire devant soi, ce qui est fort dangereux.

11 faut bleu expliquer cela aux élèves.

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