‹ Les armes et le duelChapitre 200 sur 219 · LE PREMIER MAITRE · texte numérisé non relu

LE PREMIER MAITRE

Un savant auquel on faisait coniplinient sur l'étendue et la profondeur de ses connaissances, répondit, avec la modestie compagne du vrai mérite, « qu'elle ne lui servait qu'à reconnaître l'étendue et la profondeur de son ignorance. »

Ce n’est pas sans motif tpie nous rappelons cet exemple au début du chapitre ampiel nous avons donné l’épigraphe jdacée en tète de cette i»age.

Le titre de premier maItre, on le sait, est ambitionné par tout professeur ; l’espoir de l'obtenir excite son émulation, soutient son courage dans les travaux ])énibles auxquels il doit se soumettre lorsipi’ii ta conscience du bon démonstrateur il joint l'amour de son état.

Et pourtant, il faut l’avouer, les efforts tentés jusqu’à ce jour n’ont pas encore produit un talent cpii puisse avec raison venir se placer au premier rang pour être salué du titre de /iremier. Qui de nous oserait se présenter devant un aréopage composé des anciens, ipie j’appellerai les pères de la science, et leur dire : Je fais appel au plus babile; je le vaincrai; mes coups seront tous savants; je toucherai mon adversaire

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selon les lè^les do l'aii et de la science, puis l’explication viendra démonlrer ipiC mon jeu est infaillible, ma méthode excellente, mes calculs exacts ; que je sais corriger par l’intelligence les défiuils de la nature, et qu’à l'aide de la raison et du calcul il n’est aucune des ressources de noire art qui me soit inconnue ; ii’ai-jo pas dès lors le droit de réclamer ici le titre de premier maître ?

S’il s'en trouvait un qui eût la présomptueuse hardiesse de tenir un pareil langage, il faudrait le plaindre et lui dire avec le savant : que l’étendue et la ]>rofondeur de sa science ne lui permettent pas de connaître l’étendue et la profondeur de son ignorance. — 11 faut généralement justifier ce que l'on avance et en examinant attentivement les causes préexistantes (pii font de l'homme un être imparfait au moral et au physique, on sera amené à adojtter mon opinion sur la difficulté de pouvoir se po.ser comme PBEMiFR maithe d’.^rmes. Comment, en effet, espérer coinpah ir une place supérieure comme professeur, si les cas suivants se présentent :

— Être trop petit ou trop grand, et sans énergie.

— Avoir un jeu vigoureux, mais sans adresse aucune.

— Raisonnerparfaitomenl, mais avoir une constitution ipii ne permette pas de supporter la latiguc.

— Avoir tous les avantages physiques, mais être vain, (>n- Wté, prendre en pitié les conseils que l'on vous donne ou n’eu accepter de personne.

— Être dihuonstralour, mais sans vivacité, sans couleur ; en un mot, ('Iro froid, ennuyeux, ou bien démonstrateur emporté, ridicule.

Enfin pour terminer cette liste, je dirai que les professeurs

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