AVERTISSEMENT
r>E I.A PREMIÈRE ÉDITION
Je viens offrir au public un ouvrage sur les armes et le duel. Mon livre est le résultat de trente années d’études consciencieuses. Dès l'âge de vingt ans, j'ai fréquenté les salles d'armes comme tons les jeunes gens de l’empire mes contemporains, et cédant à ma vocation, j'ai abandonné la carrière à laquelle ma famille m’avait destiné, pour embrasser celle que je parcours aujourd'hui.
La théorie , les préceptes recommandés dans mon travail , sont ceux qui m'ont été tracés par mes premiers maîtres. J’ai eu le bonheur d’avoir pour guides dans l'art que je professe des hommes aussi recommandables parleurs talents que par leurs qualités morales. Mon plus grand titre à la bienveillance de mes lecteurs est d’avoir été l’élève des La Boéssière, des Menissier , des Compoint , des Charlemagne, de feu Gomard et de M. Caselli, amateur de la force des maîtres les plus expérimentés.
J’ai eu le bonheur de comprendre dès mon entrée dans ma profession le peu de valeur du faux axiome : qui touche a raison. J’ai
AVKRTISSEMEM.
voulu, suivant l’exemple de mes maîtres, rendre à l’art que j’aimais et que j’aime toute la part intelligente dont on a vainement cherché à le deshériter. .Mon ouvrage n’est pas une série de parades et de feintes, une suite de coups portés ou rendus avec des régies i peu prés certaines : j’ai cherché et je cherche encore, sans fatiguer ceux qui veulent hicn suivre mas leçons, à prendre le cété philosophique d’une science utile.
Ce livre .s’adresse aux maîtres, aux amateurs forts, ainsi qu’à ceux (|ui ont dtqa quelque connaissance des armes.
Évitant les innovations inutiles, j’ai conservé dans ma théorie tous les noms adopWs par mes devanciers ; dans la seconde partie de mon ouvrage, intitulée Répexiom, j’ai placé les changements que la raison m’a conseillé d’introduire.
L’étude constante que j’ai faite do l’art que je professe m’a conduit à suivre une marche qui pourra trouver des contradicteurs parmi ceux qui , sacrifiant au goût du jour, ont rencontré des prôneurs pour répandre dans le monde la réputation do savoir qu’ils se sont donnée. J’ose espérer que ceux qui voudront bien étudier mes préceptes feront une différence entre le professeur et le vigoureux maladroit dont la pointe , en rencontrant votre corps, est la seule démonstration concluante.
J’espère aussi que l’on voudra bien admettre la possibilité du progrès et celle de trouver quelques règles nouvelles. Mes lecteurs trouveraient singulier de me voir, à l’exemple d’un auteur étranger, dont j’ai le traité sous les yeux, employer cent pages à constater les développements de l’escrime depuis le 1 f»* jusqu’au 1 0* siècle, et ensuite refu,«er à un écrivain le droit de chercher quelque chose de nouveau.
IJ
Docile aux averlisseiueiiU de la crilitiue, j’accueillerai avec recoii naissance les observations ijue l’on daignera me faire, j'en profilerai volontiers. Si mes riillexions répondeiii souvent à des auteurs qui' j’ai lus Pt commentés, etijue par convenance je n’ai pas dù nommer, qu'on ne se trompe pas sur les motifs de mon silence; mes propres seniiments d’accord avec les conseils de mes anciens maîtres m’ont toujours appris, tout en conservant ma propre dignité , à ne jamais me poser comme agresseur.
La spéculation ne m’a pas guidé dans la publication de ce livre ; mais après avoir lu tout ce que l’on a écrit sur les armes depuis I5JI ju.sques en 1845 j’ai cru pouvoir a|iporler ma pierre à l’édifice sur les parois duquel sont inscrits avec honneur les noms de ceux dont je me glorifie d’avoir été le disciple et l'ami. Heureux si Kugene (îrisier, mon élève , mon neveu et mon enfant d’adoption, peut un |our, en suivant la même carrière, tracer le nom que je lui lègue à côté de ceux près dcsipiels je laisse au public, mon seul juge, le droit de me placer.
Paris, se|itembre I84li.
\. r.lUSIKK.
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PRÉFACE EN FORME DE CAUSERIE
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