‹ Les armes et le duelChapitre 32 sur 219 · SENTIMENT DU FER · texte numérisé non relu

SENTIMENT DU FER

Le sentiment du fer est le contact rationnel de l’épée de l’adversaire. En le possédant , on s'abstient d’une pression trop forte, qui peut faire tomber l’épée, et l’on se préserve de la mollesse de tenue qui provoque le coup droit.

Le sentiment du for est une des qualités les plus rares et les plus nécessaires ; il est d’une telle puissance que l’on pare plus vite par son contact que par la vue. Il nous avertit du moment où l’on quitte notre épée pour nous faire une feinte ou pour nous attaquer.

Mais il ne faut pas croire , tout précieux qu’il est , (pi’il nous fasse comprendre ou qu’il nous avertisse des desseins ennemis. Il est certain que le sentiment d’épée le plus parfait ne me dira pas si mon adversaire veut me faire Une-Deux, doubler l’épée ou me croiser le fer, etc.

Le sentiment du fer s’acquiert assez vite lors(iue le maîlre sait en faire comprendre l’impoiiance ; son succès dépend de la pulsation et de la souplesse des doigts.

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Le sentimenl du fer nous indiquant le moment certain du départ de l’advei-saire, il est facile decomitrcmlre que si nous voulons ralta([uer, le surprendre à son point de départ, nous pouvons y réussir; mais le jugement doit être si prompt, que souvent on en est à se demander si on a calculé ou si on a improvisé.

On peut expliquer et enseigner facilement le sentiment du fer, et voici comment : on fait prendre à l’élève l’épéo dans une ligne droite ; si sa garde est molle , on tire droit, s'il appuie , on cède , ce qui fait tomber son épée. Ces deux exemples donnent l’idée ipie l’on doit sentir sans mollesse l’épée en ligne et sans appuyer sur elle.

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