‹ Les armes et le duelChapitre 75 sur 219 · CINQUIÈME PARADE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARADE

Ici commence la série des modifications que nous avons apportées à l’ordre des parades, conseillé que nous étions par la logique.

Dans les anciennes théories, la cinquième parade était appelée demi-cercle ; nous aurions compris le mot quinte, nous l’aurions même adopté, sans le peu de nécessité que nous trouvons dans celte circonstance à emprunter notre énumération au latin.

Celte cinquième parade, nommée abusivement demi-cercle, (expression qui ne détermine pas un nombre) n’est véritablement que la cinquième dans l’ordre normal des coups tirés. Elle s’exécute en prenant pour base la position do quarte. La pointe s’incline dans le dessous en décrivant un demicercle qui doit passer par le dehors, et cela sans que la main fasse autre chose que tourner sur place. — La pointe doit s’arrêter juste dans la ligne perpendiculaire partant du point qu’elle occupait en quarte, c'est-à-dirc vis-à-vis l’œil droit de l’adversaire ; c’est toujours une parallèle au diamètre.

Presque tous les professeurs ont envisagé la cinquième parade (quinte) sous un point de vue différent. Mes maîtres la définissaient : une position intermédiaire entre la quarte

RÉFLEXIONS SLR LES ARMES

basse et la seconde. Leurs successeurs immédiaLs la nommaient quarte basse avec la modification du poignet en dehors, la pointe sur la gauche en ligne du poignet, le tout, placé horizontalement. Pour un autre maître, c’est une garde de quarte haute la main en pronation. Pour moi, c’est le demi-cercle, par la raison bien simple que lorsqu’on quitte une ligne pour parer dans une autre, il faut adopter celle qui nous donne le plus de sécurité ; or après avoir paré la quarte, vous êtes découvert dessus et dessous, le demi-cercle peut parer ces deux lignes, ce que ne ferait pas, dans cette circonstance, l’ancienne quarte croisée qui, à partir de la garde de quarte, pare le dessous, mais laisse le dessus vulnérable.

Mais celle qu’on nomme quinte aujourd’hui et qui se fait la main fortement située en pronation, l’épée horizontalement placée en travers du corps, la main à la hauteur voulue par la nécessité de couvrir la ligne dans laquelle on vous porte le coup, a été bien imaginée contre les mauvais jeux et s’emploie pour parer du haut en bas, à partir principalement de tierce ou de quarte sur les armes. Pour moi, cette parade est la huitième, par la raison que j’ai déjà expliquée, qu’il faut en quittant une ligne se porter dans celle qui offre le plus de sécurité ; or, après quarte sur les armes, celle-ci garantit mieux que quarte dans les armes ou le demi-cercle. Elle s’emploie peu parce qu’elle nuit à la grande justesse ; cependant, malgré cet inconvénient, il est très-facile, à partir de la huitième parade, de bien riposter dans une ligne couverte, celle de quarte dans les armes.

La quinte a été la pierre d’achoppement contre laiiuellc

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l’accord des professeurs sur l'ordre des parades est venu se briser.

Parler de la position d’une parade, c’est bien déflnir où la main, le fort et le faible de l’épée doivent se trouver; le demi-cercle en est une preuve. Exemple : Parez le demi-cercle contre les coups bas, la main basse, vous serez touché par Une- Deux, et le coupé dégagé etc., etc... qui se terminent audessus de cette ligne. Parcz-lc au contraire, comme on l’a toujours enseigné à tort jusque aujourd’hui, la main haute et la pointe basse, vous ne parerez certainement pas les coups de dessous. Le demi-cercle a été inventé ponr parer un coup bas porté en dedans des armes, il n’a été primitivement imaginé que pour cela, bien qu’il barre le chemin à beaucoup d’autres. Donc, le demi-cercle doit se parer sans élévation de main, décrivant avec la pointe un demi-cercle en dehors et ramenant lu pointe à la hauteur du |>oignet placé eu supination dans une ligne horizontale, afin qu’elle ait plus de force et qu’elle soit au corps de l'adversaire.

Ainsi, qu’il soit bien entendu que le demi-cercle pare trèsdillicilement les coups d’en haut, portés dans les lignes du dedans, à moins que ce ne soit le demi-cercle en liant.

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