MAIN GAUCHE COMME OPPOSITION
L’emploi de la main gauche comme parade étant un moyeu instinctif, a ilù prendre naissance chez les sauvages qui se servaient d’épées de bois (1).
Les auteurs écrivant sur l'art des armes vers ISoO, parlent de cet usage de la main gauche. Il devait nécessairement exister à cette époque des passes en avant, en arrière et de côté, pour es(|uiver le coup. On l’employait eu tendant l’épée à la poitrine de l’adversaire. Reau temps des grands coups d’estramaeon (2), des estocades (3), et des gardes bizarres!
Nous avons eu longteuqis rinferiuile mode du poignard dans la main gauche, ou celle, plus terrible encore, parce
(1) Colloclion abrégée des Voyages autour du monde, rédigée par F. B. L.
tsos.
('.!) Fstramarou, sabre coupant.
(3) Kstocude, coup donné de la pointe.
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qu’ello était liéloyalü, des saisissements d’épée avec cette main.
Philibert de la Touche indique cette méthode (1). 11 parle aussi de l’épée tenue à deux mains.
Nous voyons donc à toutes les époques la main gauche jouer un rôle souvent indispensahle. Mais aujourd’hui, tpie nous n’avons plus à tenir l’épée dans une /nain et le poig/uird dans faiilre, que nous n’avons plus cette lourde épée qu’il fallait tenir à deux mains ; aujourd'hui qu’il ii’entrc plus dans nos mœurs de faire des subtilités, que notre combat est franc, loyal, à poitrine découverte ; aujourd'hui qu’on ne demande plus qu’une part égale de terrain et de soleil, en priant Dieu de protéger la bonne cause; aujourd’hui cpie l’épée seule peut nous sauver, nous ne voulons plus de la main gauche.
La laison la plus forte de toutes pour ne pas employer cet auxiliaire est, que ceux mêmes qui la conseillent dans les assauts la défende/it dans un duel.
Quant à moi, je suis complètement de l’avis de Charles Besnard, (jui, en 1C33, recommandait de ne pas se servir de la main gauche ; je dis avec lui (juc ce mouvement est vicieux et dangereux.
Si vous mettez la main gauche, l’adversaire la mettra; cette manœuvre de bras sera bien disgracieuse à l’œil.
S’occupe-t-on de parer de la main gauche, on riposte moins vite.
Si vous soutenez que vous avez mis la main gauche parce
(I) Kn 1670. Page 78 do son livre.
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que l’adversaire voulait faire coup double, et que des professeurs enseignent, dans ce cas, celle opposition, on vous répondra : Vous avez mal jugé, je ne voulais pas faire ce coup.
Avez-vous un duel avec un homme de mauvaise foi, il peut dire que vous lui avez saisi la main ou l’épée dans une suite de coups.
Vous pouvez vous faire couper la main ou traverser le bras.
EuGn, si vous mettez la main gauche, vous pouvez, saisissant involontairement l’épée de votre ennemi, faire dire que vous ôtes déloyal ; si vous le blessez dans le même moment, on vous traitera d’assassin.
Autre temps, autres mœurs. Aujourd’hui, les témoins feront bien de défendre l’usage de la main gauche. En principe, on no peut plus l’employer. Sans son secours, on se couvrira sur tous les coups; si un amateur l’ignorait, je puis le lui enseigner. Un homme qui veut faire un coup double en tendant le fer, peut être combattu de différentes manières sans employer le bras gauche.
Une multitude do moyens reçus autrefois en escrime se sont perdus peu à peu ; les uns, paice (pi’ils ne nous offrent plus aucun avantage ; les autres, parce qu’ils étaient entachés de déloyauté. Il serait trop long d’énumérer tant d’erreurs ; nous citerons entre autres : pousser l’adversaire vers un fossé ou un endroit où il soit gêné dans ses mouvements ; le placer près d'un bourbier ; lui passer la jambe pour le renverser ; saisir son épée, et le tuer s’il ne veut pas se laisser désarmer.
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J’ai déjà dit tous les inconvénients que l’on rencontrait en se servant do la main gauche ; mais constatons leur peu d’analogie avec les passes et voiles, qui sont et ne peuvent jamais être faites que loyalement.
Toutes les démonstrations doivent être explicatives. L’élève doit être mis à même de discerner le bon grain de l’ivraie. Appelés peut-être à lutter contre des adversaires employant certains procédés défectueux ou peu conformes à la stricte loyauté, ils doivent en reconnaître le danger.
RIPOSTES
Des maîtres ont prétendu qu’il ne fallait pas toujours riposter; celte opinion est erronée,» car il est évident que le défaut de riposte entraîne nécessairement des remises, des redoublements de la part do l’adversaire. Si je ne puis riposter droit ou par élévation du fort au faible, je riposterai dessous ; si l’on tend le fer dans la retraite, je riposterai en froissant, en croisant, ou j’emploierai la llanconnade. Enfin, si l’on appuie, je dégagerai. L’épée ennemie, n’étant pas un bouclier, ne peut m’empècher d’employer un de ces moyens.
Il est bien des ripostes dont je ne parte pas, telles que celles du couronuement, du coup cavé, qui exposent, sans doute, et que cependant, dans des circonstances très-favorables, j’ai vu employer avec succès.
Les ripostes en faisant des feintes sont dangereuses ; il est prudent de ne pas s’y fier, à moins que ce ne soit lorsque la
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retraite de l’adversaire est faite, et que l’on sait posséder cette qualité précieuse : la relonue du corps.
Nous admettons facilement et nous comprenons parfaitement les grandes retraites de corps. Au moment où Laperche du Coudray venait d'inventer la riposte (1070), on pouvait craindre le retour même ii temps perdu de l'arme de l’adversaire et le coup liien plus terrible de la riposte du tac au tac; mais depuis l’usage du masque, c’est-à-dire x’ers le milieu du dix-lmitième siècle (1), on a dû et l’on doit attendre avec plus de confiance et dans une position plus stable l'attaque de l’ennemi. Cette habitude excellente prise à l’assaut doit inspirer une grande sécurité dans l’éventualité d’un combat réel.
Par lo tac qu’on imprime sur le fer de l’adversaire, on doit écarter son épée de la ligne, mais en la conservant soi-méme. La riposte du tac au tac peut prendre ce nom toutes les fois qu’elle suit rapidement la parade sans perdre le plus petit temps ; elle se fait dans les lignes droites, les lignes hautes et les basses.
Les parades du tac au tac, qui ont toujours été reconnues les meilleures, sont surtout certaines lorsqu’elles prennent l’épée dans le sens opposé à celui qui tire. Ainsi, je suis engagé eu quarte sur les armes, vous me portez Une-Deux, je iiare quarte et le contre, je rencontre votre épée dans une ligne découverte où elle n’est pas opposée à la ligne droite
(1) Saint-Gsorgps, qui commença l'cscrimc chez M. de La Boüssière, a été très-longtemps sans employer le masque, bien que son illustre maître ait fait adopter ceux en fil de fer é la place de ceux en ferblanc, si incommodes et si dangereux.
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RÉFLEXIONS SUR LES ARMES
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qiio je vais parcourir dans ma riposte. Si dans le mCnie cas j’avais pard tierce, je ripostais dans nue lifçiie à peu prés fermée. On ne doit pas dire parer du tac au tac, mais bien riposter du tac au tac, car on entend certainement que le moment on l’on rencontre l’épée ennemie par la parade est un tac, et que le coup que l'on touche par la riposte en est un antre ; cette idée se suit dans la contre-riposte. Bien juger une attaque est une garantie certaine pour faire de bonnes ripostes.
I>a riposte la plus terrible est certainement celle de la flanconnade. La riposte à temps perdu est celle qui ne suit pas rapidement la parade, elle est le résultat d’obsen'ations faites sur l’assaillant.