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OBSERVATIONS SUR LA LONGUEUR DE L'ÉPÉE

La longueur des épées a dû nécessairement varier avec tels époques et la force corporelle des hommes. L'adresse^ l'expérience acquises par les peuples qui se sont succédé oot amené des modiBcalions progressives.

Les Grecs et les Romains avaient adopté pour la guerre l'épée courte ou plutôt le sabre-poignard, dont celui de nos troupes est une mauvaise imitation (1). La gymnastique, les exercices du champ de Mars , auxquels tous les citoyens se

(i) L*épée romaine mesurait 22 pouces et demi, sa largeur était de i5 lignes à la poignée, vers la pointe elle n'offrait que 6 lignes et Gnissait en langue de carpe. Ce glaive était épais, fl&sant^ tranchant des deux côtés. La poignée en bec d'aigle présentait 6 pouces de long et 4 de circonférence, la traverse 4 pouces et demi de long et 4 lignes de hauteur. (Polybe. Essai sur lesjQilices romaines. Bibliothèque militaire, t. II, page 25.)

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livraient avec ardeur, développaient activenienl les forces et donnaient une grande souplesse.

L'épée courte était donc une arme d'un choix judicieux visà-vis de l'ennemi qui faisait usage de lames plus longues et plus lourdes. Protégés par leur bouclier, adapté fortement au bras gauche, les Romains paraient facilement, glissaient en quelque sorte sous le coup de l'adversaire, qui, serré de près, ne pouvait faire usage de sa longue et lourde épée.

Ces avantfi^es de l'arme d'une faible portée devaient cesser à mesure que la stratégie et les combinaisons de la tactique remplaçaient les combats individuels dans lesquels, chez les peuples primitifs, se résumaient les batailles. Le choc des bataillons, en nécessitant les grandes piques, fit allonger les épées. Rome conquérante empruntait aux vaincus tout ce qu'elle croyait nécessaire pour arriver à la domination du monde que les oracles lui avaient promise. Lorsque Camille eut défait Brennus, il emprunta aux Gaulois et leur manière de combattre et leur arme ; mais la trempe en fut perfectionnée, car, au dire de Polybe, elle était tellement défectueuse, qu'elle se courbait à chaque coup.

Le perfectionnement des armures dut faire croître la longueur et le poids des épées. La force corporelle, plus que l'adresse, était nécessaire ; l'ennemi, couvert d'une cotte de mailles, d'un bouclier, d*un casque, les jambes et les bras protégés par des lames de fer, ne laissait aucune place à la pointe ; l'épée devint massue, et nous lisons dans un auteur contemporain des Ludovife Sforza, des Forte-Spada, de ces fameux condottieri du moyen âge, le récit d'un combat pendant une journée entière, dans lequel trois hommes péritent. . •

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étûulTos datts leur armure. A k i)ataino de Fornoue, Charles VIII» revenant en Fiauce^ passa, à la lùte de huit millu | laDceS; sur te cor[)S fie quarante mille Italiens^ au cri Je Mont» Jûi6 et Saiul-Deois^ il tVy eut pas cent hoûHues qui perdirent la vie.

Le inu&éc d artillerie de Paris cou tient une curieuse cullee- ' tioD de ces gigantesques épées que Ton maniait à deux nmins. et qui font croire à une force suruaturellu de la part de ceuïj qui s'en servai^Mit.

Nous avons dt^moutré dans le cours de cet ouvrage combiea < Tou devait cuconragor l'art de l'escrime dans les régiuieniSji et surtout dans les corps de troupes à cheval ; mais une des conditions preniières pour arriver au but iuïporlanl de douîier uue grande confiance au soldat daîis rarnie qui la protép, est, selon tous les écrivains militaires et selon nous, qu'une longue expérience a instruit, de proportionuar le poids et laj longueur des armes aux forces de ceux auxquels on les confie.

Le recrutement des différents corps chez lesquels Tusage du sabre est de première nécessité, s'opère eo raison de la taille.

Les Carabiniers doivent être plus grands que les Cuîrasflâers» dont la stature est plus élevée que celle des Dragous ; mais souvent la force corporelle n'est pas en raison directe de Ift taille, et le poids de ces grandes épées (vulgairement appelées lattes) fatigue souvent le bras peu robuste du Carabinier M du Cuirassier admis dans ces armes en raison de quelques MOtimètriSki de hauteur au-dessus de la stature exigée.

L*«rtiln^e, cette arme que Ton nomme ajuste titre sa? airte,

ot dont les officiers, pour la plupart élèves de Técole Polytechnique, cette poule aux œufs d'or de la France^ se distinguent par des connaissances si variées, Tartillerie, disons-nous, est chargée dé diriger la confection des armes. C'est à son comité, composé d'officiers généraux du plus grand mérite, et présidé par un homme chez lequel le plus noble caractère s'allie à la science la plus vaste et à l'amour le plus profond de la patrie, pour laquelle il a tant fait déjà, que nous soumettons humblement ces observations (1).

Les sabres devraient être montés en raison directe des forces des hommes qui les emploient, et nous ne croyons pas que la régularité de l'uniforme doive passer avant l'impérieuse condition de la vie des soldats. Dans les régiments, il y a, comme partout, des hommes moins forts les uns que les autres, des mains de différente largeur. On comprend donc le besoin de varier les lames cl les poignées, et nous ne voyons pas d'obstacles bien difficiles à surmonter dans la fiibricallon des armes sur trois numéros de dimension, comme on confectionne les habits.

En combat singulier, le choix des armes demande une bien grande attention ; il est temps d'en finir avec ce ridictile et barbare usage, qui veut qu'on apporte sur le terrain des armes égales^ qui ne le sont que trop rarement pour les deut combattants. On a toujours, je ne dirai pas compris, mais bien laissé établir jusques à aujourd'hui que des armes égales étaient de même longueur et de même poids; ju»que-là, c'est très-bien ; mais comme il est fort rare que deux hommes qui

(I) M. le lieutenant général baron Gourgaudi

371 nï rLKxtojîB sur tm *bsiiîs.

as batletilïiicnl justement la même taille, la môme vigueur, jl s'ensuit ïiatunilemcut que Tuu des deux s© sert d'une arme qui doit lui donner un grand desâvtintiige*

Cette injustice peut coûter la vie ; il est donc de notre tlevoir de la conibatlre,

Lliomoio fort el d'nnc «rranilc taille se sentira toujours gêné avec une faible et courte épi^e ; pour ses moyens physiques, il la lui tiuil grande et forte, La raison lui commande, ÛBûs le combat, de tenir éloigné, d*inquiélcr et iraltaquer rennemi qui tenterait de rapprocher. 11 doit conserver toujours une grande distance.

Le peliti au contraire, se servira bien de cette arnjo, mais s'exposera beaucoup en se servant de celle qui ne peut convenir qu'à l'homme d'une grande taille. Le petit homme^ avec l epce plus courte, consei've le seul avantaj^e qui lui est donné par la nature; il peut combattre de près, débarrasser vivement cette épée contre l'homme qui a une grande épée et un grand bras, et alors conquérir l'avantage qui lui est disputé par la plus grand. L'homme de petite taille n'a de refuge que dans la parade et la riposte ; on pare mieux avec l'épée courte, et les ripostes peuvent avec elle se succéder plus vite.

Nous formulerons donc l'axiome suivant qui repose sur la raison et la loyauté : proportionnez l'arme à l'homme.

J'ai connu une personne qui a été tuée en duel : oo avait employé le sabre. Un accident, précédemment éprouvé, lui enlevait une grande partie de ses forces, et ce n'était qu'avec une extrême difficulté que sa garde pouvait être mainteoue dans une bonne ligne. Je prévins ses témoins, MM. le eomte de la Rif... et le marquis de Par... qu'il périrait infaillible-

ment si on le laissait se servir d'une arme qu'il ne pouvait manier ; mais les parrains jouent souvent la vie des hommes qu'ils devraient protéger, leur mission est constamment incomprise, et ils apportent une négligence funeste là où ils devraient unir leur esprit, leur prévoyance et môme leur génie.

C'est donc à eux que je m'adresse aujourd'hui, je les conjure de se souvenir que combattre à armes égales c'est donner à chacun l'épée qui convient h ses moyens physiques^ Laissez donc les combattants se servir chacun de l'arme qui leur est propre, qu'ils prennent des épées de 80 à 90 centimètres ; car si une arme longue a un avantage , celui-ci se trouve annihilé lorsque le tireur est serré de près par l'adversaire.

Pourquoi donc empêcher un homme, n'importe sa taille ou ses moyens physiques, de se servir d'une épée plus ou moins longue? C'est une injustice flagrante, du moment qu'il ne s'oppose pas à ce que son adversaire choisisse celle qui lui convient.

La plupart de nos grands tireurs ont, dans nos salles, des fleurets de différentes dimensions, et cela dans le but de combattre dans les assauts les difl'érentes manières qui leur sont opposées.

Pourquoi donc dénier en duel ce qu'on trouve très-bien, très-loyal dans les assauts, lorsqu'on ne refuse pas à l'adversaire le droit d'agir comme on agit soi-môme î

'vTâV'

La leçon d'armoB a subi tlepuis vinRl ans un changei t|Uî n'a eu pour rcsulial que la decadeoec de lescrime dans Tespj it des amateurs.

— ► L'indiÏÏt^reuee, cet ol)stacle a tous ]m progrès* lo dégoût môme, sont venus à ceux qui, devant certains professeurs, ne recevaient que des leçons dont le ton monotone et les mômes paroles répétées chaque jour fatiguaient bien vite Tesprit,

— • Tous les coups doivent être enseignés lentement et doivent être décomposés pour Tintelligence de Télève.

La leçon d'armes n'est point, selon nous, une chose toute mécanique. Les mots dont elle se compose ne doivent pas être considérés au seul point de vue des bras et des jambes.

Nous devons doue blâmer cette erreur chez ceux qui récitent à leurs élèves une leçon qu'ils ont apprise par cœur et dont les mots ne varient jamais.

En jetant un coup d'œil sur un pareil abus, nous en tirerons ces deux conséquences : L'homme intelligent doit s'ennuyer

d'une pareille leçon ; l'homme dont l'esprit est peu étendu n'y trouve point de plaisir. — Voilà un des motifs qui ont causé le ralentissement du zèle des amateurs.

— Les principes do la leçon ne sont pas bornés. — Ils varient selon que l'homme est petit ou jçrand, hardi ou timide, intelligent ou non.

Elle doit être donnée avec facilité et logique ; l'élève qui la prend doit comprendre l'esprit qui entre dans les combinaisons; il faut qu'il y ait réciprocité de bon vouloir entre celui qui la donne et celui qui la reçoit. La leçon doit expliquer le danger d'un mouvement mal fait et l'indispensable nécessité des faux temps.

La leçon ne doit admettre aucune négligence, aucun mouvement qui manquerait de raisonnement ; c'est alors que trèscertainement l'élève prendra un goût si particulier à l'exercice cle la leçon, qu'il finira par la préférer à l'assaut, ce que j'ai ?u même chez des maîtres.

La pratique doit marcher simultanément avec les connaissances théoriques ; si l'on suit une autre marche, il arrivera [j'en ai la conviction) qu'il faudra dire à certains hommes : Faites des armes, mais n'en parlez jamais.

Si l'on ne venait pas en aide aux dispositions naturelles, si l'on n'appelait pas l'art au secours des moyens instinctifs, la science de Tescrime serait renfermée dans des limites bien étroites.

Il y a pour l'homme qui prend une arme dont il ignore le maniement, et qui veut se défendre avec elle, seulement deux parades de nature : ce sont Prime et Seconde. Chez l'élève qui n'a jamais reçu de leçons, les attaques sont faites sans

B^tiE^iOM 8i:h les ànmm*

précaulion, §ou corps est découvert, .son bras se lève, fait de grands écarts ou se retira sam à'prai>os.

Mais toujours sag*^ et iiiinmabto, la ualtin^ i^ardo avec parsévérance son mlniirable équilibre. Si les moyons de protec-^ tiûii qu'elle nous duiiue sont eu pelit nomhn^ ceux ri attaque i sont aussi restreints ; c'est donc k rarti&le vraiment dif^ne de ce nom rju il apparlienl d'agrandir 1b cenrle de nos coJiuaîâ- » sauces naturelles, H

I.a leçon d'escrime doit fttre dunuée en cunservant une distance normale ; le proresseiu' doit rechercher daljord kl reconnaître les moyens de sou élève, afin de ne [las forcer ses j dispositions physiques on Iktiguer son inlcllij^epce j mais d< faut surtout se garder de coraprimer ses fandti's intellec-j inelles-

Une fois le jugenienl établi sur les moyens de félève, ottj adopte mie in*'itHHl*3 en raison du but que Von \pu\ nJteindr mais les circonstances peuvent moditier l'enseigoement. Aim^ par exemple, Thygiène prescrit l'exercice de l'escrime comme réparateur des forces épuisées ; l'on comprend alors quels ménagements on doit apporter dans la progression des travaux. Mais l'art parvient-il à dompter le mal, les précautions cessent peu à peu, et l'énergie finit par être employée avec sijccès.

Le maître doit toujours être en étude avec sou élève; il a besoin d'une attention scrupuleuse, car dans les armes les fautes se multiplient avec une facilité infinie. Tout ce que ie professeur exécute doit être rigoureusement exact. Sans cette observation continuelle de lui-même, il peut donner à celm . qui suit ses préceptes des indications fausses, lui laisser qoft^^, ter les lignes, tirer ou parer sans justesse, manquer de préci-ï

sion ou se précipiter en aveugle, mouvements auxquels on n'est que malheureusement trop enclin par nature.

Le professeur devra donc s'astreindre à redresser une foule de fautes légères, qui, réunies, paralysent les progrès. Il faut apporter son attention à réprimer les tendances qui portent, par exemple, à lever le pied, tenir dans la garde la pointe de Tépée au-dessus de la tête, trop monter la main pour porter les coups, laisser vaciller la pointe de Tépée en tirant, quitter les lignes dans les attaques ou les ripostes, pencher la tète ou le corps alors qu'on devient assaillant, ne pas se remettre eo garde avec promptitude, poser son pied en deux fois et amener l'élévation du pied par un battement trop fort de la sandale; enfin, parer dans une direction plus éloignée que les lignes qui protègent le corps.

Dans tous les enseignements, les progrès sont subordonnés aux soins du professeur, à ses explications lucides et à l'intérêt qu il apporte dans les leçons qu'il donne.

Il doit donc, et nous le répétons :

Mesurer sa leçon sur l'intelligence qu'il a reconnue ;

En régler le mode sérieux ou léger en raison du caractère de son disciple ;

Multiplier les encouragements, graduer son eriseignement en raison des progrès, faire ressortir tous les motifs de prudence, interdire certains coups spéciaux que l'élève voudrait cultiver de préférence, éviter la monotonie, et surtout avoir toujours en vue la conservation de celui dont il dirige l'instruction.

Il m'est arrivé souvent de formuler un aphorisme qui amenait le sourire sur les lèvres de certaines personnes ; on le

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trouvait étrange, et cependant je persiste à lo reproduire, car j'ai la conviction profonde de son importance : La leçon doit être donnée reugieusement. Si le professorat est un sacerdoce, c*est surtout en escrime, car en apportant de la négligence, il ne s'agit pas seulement d'une question de temps et d'argent, c'est la vie de celui qui s'est confié à vous, à votre zèle et à votre conscience, que vous pouvez compromettre.

La pensée principale du maître sera donc de s'attacher à rendre fort rhomme qui a de grandes dispositions et celui qui n'en a que de médiocres. A celui dont lo jugement ou l'intelligence ne rendent pas facile la conception des règles théoriques, le professeur fera préparer avec méthode la première attaque seulement, et cherchera, pour les phrases qui suivent l'agression, à donner à la main l'habitude et la grande vivacité.

Avoir l'épée légère est une des qualités de celui qui enseigne, car sans elle TéloN'c s'arcoutunie aux fortes pressions, rt s'il se roiicoiilro iiii jour vis-à-vis un adversaire auquel la léLièrelé de main soit donni^e, alors son embarras est extrême et ses chances de défaite sont certaines.

Le corps d(» rélève sera maintenu dans une ligne perpendiculaire, soit dans sa garde, soit dans les coups qu'il porte. Laisser tomber le corps en se tendant est un principe défectueux ; on devient lourd, les retraites sont lentes. Je crois devoir insister principalement sur rattenlion ([uo Ton doit apporter à reh^ver ("e défaut , car on a généralement de la propension ii porfcM^ le corps en avant.

L(> maître aura soin de rappcîler sans cesse les notions préliminaires à la mémoire dtî Télève et d'arrêter continuelle-

ment sa pensée sur les principes. 11 lui redira souvent que Ton nomme :

DESSUS ou DEHOBS dos armes, la position respective de deux droitiers, c'est-à-dire lorsque Tépée se trouve à droite de l'adversaire et réciproquement, mais la pointe plus élevée que le bras, et que tirer en dehors a la même explication que tirer dessus.

DEDANS se trouve naturellement compris dans la déGnition précédente^ puisque cette position est Tinverse de celle du DEHORS ; Ton pourrait adopter comme locution le dessus du dedans.

Le DESSOUS est conséquemment la position où Ton est lorsque, partant du dessus, on se place sous une ligne dominée par l'adversaire.

Le professeur ajoutera que dans 1' extension, c'est-à-dire dans le développement du hras, il faut toujours conserver une certaine flexibilité ; qu'une trop grande étendue roidit, rend le jeu dur, fait perdre une partie de la vitesse et empêche d'ajuster.

L'élève se souviendra que :

L'enseiible est une harmonie parfaite des mouvements qui doivent concourir au développement qu'il effectue.

Se fendee, c'est se développer, c'est porter le pied droit en avant dans la ligne qu'il occupe. Par ce mouvement, on cherche à atteindre l'adversaire ; mais un coup trop développé rend la retraite bien difficile.

Se relever, c'est reprendre les positions occupées avant de se fendre.

Il n'oubliera jamais que :

-ulHI

R&FLEXIONS SUH LES AflBfES

Dftos la gardé de quarte, il est bieo d'avoir k nmin inrlinée très-légèremant en pronation ; on est mieux couvert. Pour la riposte, coiflnie il faut beaucoup tourner la poignet pour arriver à lia supination, le coup a plus de vitesse.

Tirer avecoiiposition, c est se couvrir dans les lignes, soit que Ton pare, ioîl ipie l'on attaque; iVest tirer dans la !îgne où pourrait tirer Tad versai ro, mais av(?c une meilleure position que lui, et en l'cartant, par co moycnj son épëeilu poiut où elle tendait ou pouvait tenter d arriver.

Ce serait une grande faute de la part d'tin maître de tr4érer, danssa leçûn, que la position de la maio de Téléve subisse ht plus légère altération, soit en se baissant, soît en s^élévant dans Jes gardes, les parades ou les ripostes. Ce défaut ne se présente que trop lorsqu'on e^^t livré k soi-même*

Il est mieux de donner leçon en joignant Tcpée de Télèveî mais il faut aussi procéder en ne la joignant pas, car la nnw valse méthode employée dans certaines salles rend aujourd'hui cette précaution indispensable.

La tenue d'épée doit être bien sentie, mais sans force et sans dureté.

La leçon doit être prise dans les quatre lignes principales de tierce, quarte, demi-cercle et seconde ; non-seulement je n'y ai jamais manqué, mais encore j'ai donné leçon à partir de prime.

Le maître apportera toute son attention à ne pas laisser prendre à l'élève une élévation de main trop exagérée en plaçant le fort de son épée aussi haut que possible pour qu'il puisse atteindre le faible de Tépée qu'il a devant lui et en môme temps laisser tomber la pointe de façon que cette position se

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rapproche le plus possible de rhorizontale. Il faut avoir assez de logique pour ne pas dire : Je place ma main très-haut pour mettre mon fort sur le faible de l'adversaire car en môme temps la pointe tombant se place à son tour sur le fort ennemi, et il est trop évident que Ton perd d'un côté ce que l'on a pu gagner de l'autre.

On appellera les réflexions de l'élève sur les difficultés que présente l'élévation trop forte de la main ; mais on lui expliquera que si dans les premières leçons on insiste sur cette hauteur du poignet, c'est en raison de la tendance naturelle que tout le monde éprouve à le baisser, et que si la main ne devait pas descendre en vertu d'un principe physique, cette exagération de hauteur serait une faute, car géométriquement l'on doit perdre en longueur ce que l'on gagne en élévation.

11 faut élever proportionnellement la main à la garde et à la taille de l'adversaire et en soutenant la pointe de manière qu'elle ne soit pas à plus de quatre ou cinq pouces au-dessous de l'horizontale dans laquelle est le poignet.

L'élève ne devra jamais perdre un temps en tournant la main ; le poignet doit effectuer sa rotation de manière à ce qu'elle soit terminée au moment du coup touché.

La position de la main bien appliquée, la progression de la vitesse bien comprise, on s'occupe de l'activité nécessaire aux jambes.

Pour acquérir cette qualité, l'élève doit marcher et rompre. Après les attaques il rompra un pas, et attaquera de nouveau sur les marches de l'adversaire.

"' tjes positions (1« Vè^ée sont au nombre do huit.

-4 La premîér(j| la seconde, lu troisième, la iinafii^mëTl cinduièmei la lïixième, la sepUèniuT la hurtîème, Cependa il miît convenir qne pour le langage d'escrimej les uotu prifiie^ tierce, qimrle^ octave, sont d'un emploi plus ordi naii^a^ et par suite nous les avons t'unservés.

En dutmanl les dilîerentivs manières de parer le n\h cou|), il faut avoir ^loin de signaler quelle est ta meilleure,

le îoatlro fait souvent la fîiute^ alors qu'un écolier, trotnpanl, prend rorluitenient (wr exemple une parade pour une autre, de l'arrélur court afin de lui expliquer l'erreur qu'il a commise et la parade (|u'il devait prendre. II nous i^am^ri bien plus rationnel de le laisser continuer la marclie dèfa.'^ tueuse qu'il suivait, car le point essentiel pour lui est de parer; on a donc, en agissant ainsi, davantage de l'amener à sortir de l'embarras dans lequel il s^est jeté, puis on lui explique ensuite ce qu'on voulait exiger de lui.

Tirez-moi d'ubord du dangor^ Vous ferez après la harangue.

(La Fontaine.)

Commence-t-ou à faire lier les coups aux élèves, afin de les disposer à suivre une pbrase d'armes, ou aura le plus grand soin de leur faire prendre Tépée dans tous les sens^ en exi** géant qu'ils se relèvent en se couvrant dans la ligne droite fà se trouve l'épée du mattre, afin qu'ils conservent la régularité

RÉPLEllONS SUR LES ARMES. 383

la plus parfaite et la plus précieuse. Quand les élèves ont acquis rhabitude de se bien relever, alors on peut les habituer à prendre 'par des changements d'épée, les lignes opposées, mais renseignement qui comporte le Redresser du corps en parant dessous no doit être donné qu'en dernier lieu.

Jamais je n'ai négligé de donner à mes élèves Timportani conseil de rompre un pas au moment même d'une attaque dirigée contre eux et qu'ils n'ont pas comprise assez vite. C'est une très -bonne préparation pour les défiances à avoir lors d'un assaut.

Évitez dans les premières leçons renseignement des coups de dessous. Ils entraînent avec eux la confusion des idées, dérangent le corps et la main.

11 est bon de donner souvent leçon sans que l'écolier se fende, afin de le bien disposer à faire partir la main avant le corps et de Thabituer aux doubles ripostes.

Aux élèves qui commencent l'escrime et à ceux qui possèdent déjà quelques connaissances assez étendues, il est néces- .saire de faire travailler, souvent la retenue du corps, car cette qualité si essentielle en escrime tend chaque jour à se perdre.

Après le moyen si généralement connu de faire avancer la main sur chaque feinte et de ne laisser partir le corps qu'après Texécution du dernier temps, un des modes que je conseille le plus, et l'expérience me sert de guide, est de travailler les feintes en riposte, car dans ce moment le corps tend essentiellement à se porter en avant et à précéder la main.

Attaquez l'élève dans des temps inégaux pendant la leçon, car si le maître exécute ses mouvements avec la régularité d'un chronomètre, alors Técolier croit à la possibilité de ra-

-Tî^

mènera un mécanisme grossièrement exact tous les temps eJ toutes les combinaisons auxquels l'intiHlîgence doit pn sider. J

L^s marches dn mailresont iiuelqiiBfoisbruscjues; il kln^ Uf^Tl^ aussi son disciple aux attaques violentes cl le prëmu-' nira contre les surprises et les ébranlements quiîj Tassaut dé-^ rang^raieul ses mouvements.

Une des foules commises dans renseignement vis-à-via surtout des élèves trop dociles, est celle qui indique les enveloppements d'ëpée au demi-cercle, même quand on porte le coups dessons. El cependant c'est uneeneur bien grossière car dans les assauts, la force du bras se Irouvarït dessons ave l'épée, il devient impossible de la ramener dans la lign haute. Alorsj les élèves cessent de comprendre comment Tas*^ saut rond inabordables les difficultés dont ils triotnpbaieti dans la leçon. Et cependant la solution de ce problème, qii leur offre tant de recherches, est bien simple! Le oiattre lâchait son épéo et ne livrait à l'élève que la partie faible de siiV lame. Complaisance funeste, car jamais un adversaire sérieux ne voudra l'avoir dans le combat.

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