‹ Les armes et le duel, ouvrage agrééChapitre 167 sur 197 · DES FEINTES · texte numérisé non relu

DES FEINTES

Ce chapitre devait être la pierre ^ touche de votre savoir en escrime ; il nous en a révélé toute la profondeur/

Les feintes sont la clef des armes ; par elles, tous les coups peuvent réussir, depuis les plus compliqués jusqu'à celui qu'on nomme droite et qui, en raison de sa simplicité, semble devoir se passer de la feinte^ et cependant on peut faire feinte d'un coup droit, retirer ensuite son bras comme renonçant à son projet^ puis se fendre et réussir à frapper du coup direct.

Mais avant de conseiller les feintes dans une affaire sérieuseï

VOUS auriez dû prévenir vos lecteurs, Thumanitévous en faisait une impérieuse loi, qu'il allait d'abord se mettre en situation et se dire : Sur une feinte, mon adversaire peut se fendre sur moi, par ignorance, par calcul ou par audace. Je ne dois donc feinter qu'avec l'intention bien prononcée d'être prêt à parer et en me rendant compte de la parade à adopter, chose facile, car je ne dois faire une feinte qu'en sachant bien quelle partie de mon corps je laisserai découverte.

Soyez donc persuadé que les feintes faites en marchant sont anormales. Car si votre adversaire attaque en ce moment, vous êtes perdu. Vous est-il facile de marcher, feinter, parer^ lorsque l'adversaire peut vous porter un coup? Non, la feinte peut précéder ou suivre la marche, mais jamais elle ne doit avoir lieu en même temps.

Page 1