COUPS DÉTOURNÉS DE LEUR UGNE D'ATTAQUE
Les coups peuvent èlre détournés de la ligne d*attaquej ainsi ; je Yeux dégager dans les armes, la règle prescrit à : mon adversaire de paror quarte, mais il n'a pas bien jugé, el il a paré seconde ; il est évident qu'il a déplacé le coup que je lui portais ; cela se voit à chaque iostanl daus loutes les lignes,
MAIN GAUCHE COMME OPPOSITrON.
L'emploi de la main gauche comme parade étant un moyënl instinctif, a dû prendre naissance cheas les sauvages qui sa] seî-vaienl d'épées de bois (1).
Les auteurs écrivant sur l'art des armes vers 1550, parlent de cet usage de la main gauche. 11 devait nécessairement exister à cette époque des passes en avant, en arrière et de côté, pour esquiver le coup. On l'employait en tendant l'épée à la poitrine de l'adversaire. Beau temps des grands coups d'estramaçon (2), des estocades (3), et des gardes bizarres I
Nous avons eu longtemps l'infernale mode du poignard dans la main gauche, ou celle, plus terrible encore, parce
(1) Collection abrégée des Voyages autour du monde^ rédigée par F. B« L
(2) Estramaçon, sabre coupant.
(3) Estocade, coup donné de la pointe.
qu'elle était déloyale, des saisissements d'épée avec cette vmn. *
Philibert de la Touche indique cette méthode (1). Il parle aussi de Fépée tenue à deux mains.
Nous voyons donc à toutes les époques la main gauche jouer un rôle souvent indispensable. Mais aujourd'hui, que nous n'avons plus à tenir Fépée dans une main et le poignard dans tautrCj que nous n'avons plus cette lourde épée qu'il fallait tenir à deux mains ; aujourd'hui qu'il n^'entre plus dans nos mœurs de faire des subtilités, que notre combat est franc, loyal, à poitrine découverte ; aujourd'hui qu'on ne demande plus qu'une part égale de terrain et de soleil, en priant Dieu de protéger la bonne cause; aujourd'hui que Fépée seule peut nous sauver, nous ne voulons plus de la inain gauche.
La raison la plus forte de toutes pour ne pas employer cet auxiliaire est, que ceux mômes qui la conseillent dans les as-* sauts la défendent dans un duel.
Quant à moi, je suis complètement de l'avis de Charles Besnard,-qui, en 1653, recommandait de no passe servir de la main gauche ; je dis avec lui que ce mouvement est vicieux et dangereux.
Si vous mettez la main gauche, l'adversaire la mettra ; cette manœuvre de bras sera bien disgracieuse à l'œil.
S'occupe-t-on de parer de la main gauche, on riposte moins vite.
Si vous soutenez que vous avez mis la main gauche parce
(!) En 1670. Page 78 do son livre.
UiFLEXlOKS SUR LES ARME3.
que radversaire voulait faire coup double, et que des prâ-l Tesseui s eusdgnent, dans ce cas, cette oppositicm^ on voui I répondra : Vous avez mal jugé, je ne Youlais pas faire ce] coup,
Avez-vous un duel avec un homme do mauvaise foi, il peut j dire que vous lui avez saisi la main ou 1 épée dans uue milej de coups.
Vous pouvez vous faire couper la maiu ou traverser lej bras.
Enfin, si vous mettez la main gauche, vous pouvez, saisissant involontairement l'épée de votre eDoemij faire dire que; vous êtes déloyal; si vous le blessez dans le même momeat, ^ on vous traitera d^assassin.
Autre tempSp autres mœurs- Aujourd'hui, les témoins feront bien de défendre Fusagc de la main gauche. En prin- 1 cipe, on ne peut plus remployer, Satis son secours^ on se^ couvrini sur tous les cou[>s; si un auiatour rignorait, je puis le lui enseigner. Un homme qui veut faire un coup double entendant le fer, peut être combattu de dififérentes manières sans employer le bras gauche. %
Uue multitude de moyens reçus autrefois ïBÉ^^scrhne se sont perdus peu à peu ; les uns, parce qu'ils ne ùous c^bot plus aucun avantage ; lek autres, parcequ'ils étaient entachés de déloyauté. Il serait trop long d'u^numérer tant d'erreurs; nous citerons entre autres : pousser l'adversaiije vers un fos||^ ou un endroit où il soit gêné dans ses mouvements ; le placer près d'un bourbier; lui passer la jambe pour le renverser; saisir son épée, et le tuer s'il ne veut pas se laisser désarmer.
RiFLEXlONS SUR LES ARMES. 309
J'ai déjà dit tous les inconvénients que Ton rencontrait en se servant fie la main* gauche ; mais constatons leur peu d'analogie avec les passes et voltes, qui sont et ne pe<lVent jamais être faites que loyalement.
Toiites les démonstrations doivent être explicatives. L'élève doit être mis à même de discerner le bon grain de l'ivraie* Appelés peut-être à lutter contre des adversaires emptôyant certains procédés défectueux ou peiuÉ}uformes à la stricte loyauté, ils doivent en reconnaître le drager.
RIPOSTES
Béi mattres ont prétendu qu'il ne ^j^^i pas toujours ripostèrlr-oette opinion est erronée,' cij(^^^ évident que le défaut de riposte entraîne nécessairement des lemises, des redoublements de la part de Tadversaire.^i je ne puis riposter droit ou par élévation du fort au faible, je riposterai dessous ; si l'on tend le fer dans la retraite, je riposterai en froissant, en croisant, ou j'emploierai la flanconnade. En6n, si Ton appuie; je dégagerai. L*épée ennemie, n'étant pas un bouclier, ne peut m*empêcber d'employer un de ces moyens.
Il est bien des ripostes dont je ne parle pas, telles que celles ait couronnement, du coup cave, qui exposent, sans doute, et que cependant, dans des circonstances très-favorables, j'ai vu employer avec succès.
Les ripostes en faisant des feintes sont dangereuses ; il est prudent de ne pas s'y fier, à moins que ce ne soft lorsque la
têrtEtîOKs gt?R im Aitiiw.
retraite de l'adversaire est faite, et que Ton sait posséder cetto qualité précieuse : la reteiuie du corps.
Nous udmettoRs facileuienl et nous comprenonâ parfaitement les grandes retraites de corps* Au moment où Laperche du Coudray venait d'inventer la riposte (1670), on pouvait craindre le relour mônia à temps perdu de rarnie de l^uhôr^ Haire cl le coup Incu plus terrible do la ripusle du tac au lac; mais depuis Tusage du masqua, c'est-à-dire vers îe milieu du dix-luùti^me siècle (t), ou a dû et roo doit atleutlre avec plus de confiance et dans uno position plus stable Fallaque de rennemî. Cette habitude excellente prise à l'assaut doit inspirer une grande sécurité dans réveutualité d'un combat réel.
Par le tac qu'on imprime sur le fer do radvêrsaîro, on doit écarter son épéo de la ligne, mais en la conservant soi-môuie, ].a riposte du tac au tac peut prendre ce nom toutes les fois qnelle suit ï'apidenient la parade sans perdre le plu^ pelit temps ; elle se fait dans les lignes droites, les lignes hautes et les basses.
Les parades du tac au tac, qui ont toujours été reconnues les meilleures, sont surtout certaines lorsqu'elles prennent Tépée dans le sens opposé à celui qui tire. Ainsi, je suis engagé en quarte sur les armes, vous me portez Une-Deux, je pare quarte et le contre, je rencontre votre épée dans une ligne découverte où elle n'est pas opposée à la ligne droite
{{) Saint-Georges, qui commença rescrime chez M. de La Boëssière, a été très- longtemps sans employer le masque, bien qu^ son illui^tre maître ait fait adopter ceux en fil de fer à la place de ceux en ferblanc, si incommodes.^^ etsidiuigerettXé
que je vais parcourir dans ma riposte. Si dans le même cas j'avais pafë tierce, je ripostais dans une ligne à peu près fermée. On ne doit pas dire parer du tac au tac, mais bien riposter du tac au tac, car on entend certainement que le moment où Ton rencontre Tépée ennemie par la parade est un tac, et que le coup que l'on touche par la riposte en est un autre ; cette idée se suit dans la contre-riposte. Bien juger une attaque est une garantie certaine pour- faire de bonnes ripostes.
La riposte la plus terrible est certainement celle de la flanconnade. La riposte à temps perdu est celle qui ne suit pas rapidement la parade, elle est le résultat d'observations faites sur l'assaillant.