‹ Les armes et le duel, ouvrage agrééChapitre 98 sur 197 · DÉGAGEMENT · texte numérisé non relu

DÉGAGEMENT

Beaucoup de tireurs ont dû leur réputatiou au dégagemeGl, Doués d'une vitesse extraordinaire^ ils prévenaieot toutes les paîades. Un de mes plus intimes amis auDonçail d* avance le dégagement, l'exécutait, et touchait sans se fendre- Son bras était retiré avant que sou adversaire eût pu Tarrôter ou même rencontrer sou fer. l/inirnitable Saint-Georges, au nom glorieux duquel noua voyons quelquefois certaines célébrités grimacer une espèce de sourire, Saint-Georges, notre maître, exécutait co même coup cité plus haut; mais plus habile eucore, il passait ce môme dégagement en se fendatit à partir de la plus grande dislance ot sans faire précéder ce coup du plus imperceptible mouvement.

Le dégagement réussit encore sur un adversaire qui, sans intention de toucher, montre un dégagement comme feinte et pour vôlis inquiéter ; dégagez en ce moment, mais avec une meilleure opposition et plus de tenue, et vous réussirez; car voulant vous troubler par son attaque feinte, il n'est pas du tout en disposition de parade. Le dégagement, précédé d'un appel du pied, a le double avantage d'inquiéter l'adversaire et de préparer l'élan nécessaire au développement.

Le dégagement est surtout infaillible sur un adversaire qui, à partir de l'engagement de quarte, pare seconde, ou qui de l'engagement de tierce pare demi-cercle, surtout si l'on dégage un peu plus haut.

11 est une faute dans laquelle quelques-uns de mes con-

frères tombent souvent, et qui peut mettre en danger la vie de leur élève, qui n'ayant pas de point de comparaison établi entre son professeur et un autre maître, donne toute confiance aux principes qu'on lui a inculqués. Cette faute consiste en ce que souvent à partir de quarte on fait parer seconde, et à partir de tierce on fait parer le demi-cercle. — Ces deux parades, faites ainsi, sont un contre-sens matériel, c'est-à-dire non discutable. En eflTet, en calculant les armes à vitesse égale, — on ne peut discuter qu'à cette condition, — l'homme qui attaque a toujours une avance sur le pareur ; or, le fer de l'assaillant, partant de la ligne de tierce et dégageant dessous, arrivera toujours avant le demi-cercle partant aussi de la môme ligne. La faute se trouvera identiquement la même à propos do seconde ayant pour point de départ la position de quarte. Cette erreur, que la pensée corrige lorsqu'elle se fixe sur elle, existe depuis l'invention de l'escrime. Je n'ai pas pu trouver non plus, pourquoi cette idée fausse est restée vivante depuis si longtemps.

DE L'APPRÉCIATIOiN DU COUP SIMPLE.

Dire que dans l'attaque les fers se séparent est une erreur, car, étant en garde, quelle que soit la ligne, il y a toujours un des deux tireurs qui est couvert, ce qui doit l'autoriser à tirer droit, et ce coup peut certainement s'exécuter sans que les fers se séparent. J'attaque en tirant flanconnade, mon adversaire s'oppose, soit en octave ou seconde, ou revient en quarte en cédant au liemen t ; dans tous ces cas, les fers n'ont

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pas été séparés. Autre exemple : îe tire droit en quarte le long de votre lame, yous pouvez, sans quitter la mienne, pa* rer quarte ou seconde. Je tire droit dans la ligne de quarte sur les armes, vous pouvez parer tierce, quarte sur les annes^ prime, demi-cercle, sans quitter le fer* Ces exemples viennent à Tappui d6 ma première assertion,

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