‹ Les armoiries de la ville de Paris: sceaux, emblèmes, couleurs, devises, livrées e céroemonies publiquesChapitre 104 sur 107 · JUIN · texte numérisé non relu

JUIN

H 1870. foi. 181 V".

Relation (k ce (jid s'est passé lors de In cérémonie de V Inauguration de la statue éfjuestre du Roy.

«Avenu led. jour 20 juin, il fut fait dans la place de Grève, à cinq heures du matin, une salve des boëtes d'artillerie et des canons de la Ville.

r:Sur les dix heures du matin. Messieurs les Prévost des marchans et Echevins, Procureui' du Roy et Greffier^ (la charge de Receveur de la Ville étoit vaccaute) s'assemblèrent à THcUel de Ville vêtus de leurs i'ob])os de velours, les huissiers de leurs robbes de livrée, et les Conseillers de Ville et Quartiniers de leuis robbes de soye, ainsi que les deux notables de chaque quartier, qui avoient été choisis parmi des gens de robbe pour la plus grande uniformité; il se fit un déjeuner dans la salle des Gouverneurs, les uns assis, les autres debout, sans distinction, après lequel on se mit eu marche dans l'ordre suivant pour aller prendre Mous' le Gouverneurs^' dans son hôtel, et dont le chemin convenu, tant depuis l'Hôtel de Ville jusques chez M. le Gouverneur que tous les autres endroits par lesquels on devoit passer pour cette cérémonie, avoit été sablé par les ordres et aux despens de la Ville. Il était onze heures quand on partit de la Ville.

rrHuit gardes de la Ville à cheval avec cocarde blanche et connnandés par un brigadier; losd. gardes marchoient par quatre, et leurs chevaux avoient des housses de couleur de feu galonnés d'or ainsi que les foureaux de pistolets.

Prévôt : Jean-Baptiste-Élie Camus de Pontcarré, chevalier, seigneur de Viarme, Beloy, Seiigy, etc., conseiller d Étal, élu le 16 août 1768 et prorogé dans ses fonctions. Armes : d'azur à 3 croissants d'argent; au milieu du champ une étoile d or à 5 rais.

Echevins : Jean Babille, de gueules à 2 houlettes d'argent, posées en sautoir — Pierre de Varenne, de gueules au cerf d'argent passant, le chef d'azur au soleil flamboyant d'or accosté d'une étoile d'argent à 5 rais. — Clémeut-Denys Poultier, d'azur h la fasce d'or, accompagnée de 3 poulettes d'argent.— Nicolas-Daniel Phelippes de la Marnierre, d azur au clievron d'or, accompagné en chef d une étoile à 5 rais du même et de 2 oiseaux d argent, et en pointe d'un croissant d'or.

Greffier : Jenn-Bapliste-Julien Tailbout.

Procureur : Jacques-Jérôme Jollivet de Vannes.

Conseillers : Dominique-Jean Cassini, Olivier- Clénienl Vieillai-d, Georges -François Sarrazin,

Thomas Bellet, Pierre -Richard Boucher, Michel Velut de la Croiiiière, Jacques-Nicolas Rœlliers, Auguste-Jacques l'Héritier, Jean-Baptiste Buffanl, Antoine-François Daval.

Quarteniers : François-Philippe de Lens, Jean- Olivier Boutray, Pierre de Varenne, Michel Martel, Pierre-Hubert Bigot, Hubert-Louis Cheval, Louis- Dominique Sprole, Etienne Vernay de Chedeville, Jean-Denys Levé, Jacques Chauchat, Jean-Charles l\icher, Jacques-Philippe Desvaux . Claude Bougier, Pierre-François Mitouart, Jean-Baplisle Guyot.

Marie-Charles-Louis d"Albert, duc de Chevreuse, prince de Neufchâlel , lieiitennnt général des armées du Roi, nommé gouverneur de Pai'is en 1767, resta en fonctions jusqu'en 1770. Il poi tait : écarlelé aux 1 et A d'or, au lion couronné et lampassé de gueules, qui est d'Albert de Luynes; aux 2 et 3 écartelé de Bourbon-Soissons , et de Montmorency - Luxembourg; brochant sur le tout Neufchâtel.

rDciix chevaux (le main du M. le Pi('\os( des Marclians, lesqiiols ('toiciil capaiaroiuio/ de drap à ncs livrées el à ses armes, el men('s cliaciin j)ar un |)aHrei)ier à ses livrées à pied. ffLe liird}allier des{|ardes de la Ville à clnnal. ffLes trompettes el hautbois à cheval.

fr Le colonel des jjardes de la Ville à cheval richement enliarnach('. "Quatre ofliciers desd. {fardes cheval.

'fLa première compa{|nie des {fardes d(! la Ville à pied avec fjuatie landiours et le tauihour major, et le litre au ([uatriènie raii{f, lesd. {jardes iriarchaiit à C[uatre de hauteur, le drapeau dans le centre porlé par nn {jiiidoii à cheval, les oillciers à cheval, à leur ran{j, et les ser{f(!nls sur les ailes à pied. Suivoit ensuilc la seconde compagnie de la même manière, el les oiïiciers à cheval.

fPuis la troisième compagnie venoit ensuite. Les dix huissiers de la Ville à cheval deux à deux, leurs cheNaux couverts de housses de [)ied de drap noir, avec franges de soye de la même couleur.

ffLe premier huissier avec sa rohhe noiie marchoit à cheval seul, el son cheval couvert de j)areille housse que les (juatre auti'c; huissiers.

rrLe Grellier de la \ ille seul, ses gens de livrée des deux côtés, son cheval étoit harnaché d'une housse de pied de velours cramoisi, avec un bordé et un large galon d'or à crette, la selle de velours de couleur cramoisie borde; d'un galon d'or et pi([ué en or, les étrivières étoient di' velours cramoisi, la bride aussi de velours de la même couleur, la croupière et le poitiail de maroquin rouge galonné d'or et garnie de glands d'or au nombre de trente (juatie, tant gros que petits, le bridon de soye cramoisie et or, le mord du cheval étoit doré ainsi que les étriers, les crins étoient tressés des deux cotés de ruban de soye cramoisie, avec des cocardes sur la tète et sur la (jueue de rubans de soye de la même couleur.

rrM. le Pré\ost des Marchans avoil à sa gauche M. le premier Echevin, le cheval de iM. hr Prévost des Marchans étoit harnaché d'une housse de pied de velours cramoisie brodée en oi' et garnie d'une frange d'or à graines d'épinards: la selle étoit de velours cramoisi galonm-i' et piquée en or; les étrivières étoient de velours de la même couleur, couvertes d'un galon d'or; la bride et le bridon étoient d'un tissu d'or el garnis d'un gland d'or, ainsi que la croupière et le poitrail; le mord du cheval étoit doré, ainsi que les étriers, et ses crins étoient tressés de rubans de soye couleur de feu avec agréments d'or, ainsi que le nœud de ruban de sa (jueue, et il avoil six laquais à ses livrées, dont trois de chaque côté à pied, et un valet de chambre à cheval richement vêtu à coté de luy et hors ligne. Le second Echevin et le troisième alloienl ensemble, et le quati ièine alloit avec M. le Procureur du Hoy el de la Vdle, leurs gens de livrée à pied de deux cotés; et leurs chevaux étoient harnachés pareillement h celui du Greffier de la Ville cy- dessus.

"Suivoienl ensuilte les Conseillers de la Ville, deux à deux, à cheval, et leurs gens de livi(T des deux cotés à pied; leurs chevaux étoient couverts d'une housse de pied de drap noir avec franges de soye de la même couleur, et les crins de leurs chevaux tressés avec des rubans el cocardes de couleur hlanche et couleur de feu. Les Quartiniers suivoient ensuite par rang de réceplion, ayant chacun leurs deux notables de droite el de {fauche sur une même ligne, leurs chevaux couverts d'une housse de drap noir avec des franges de soye de la même couleur, el les crins des chevaux tressés avec des rubans et cocaides de couleur gris de lin el blanche; et comme M. de Varenne, quarlinier, étoit pour lors échevin, et que le sieur Boutray, quartinier, ne put mouler à cheval, leurs deux mandés de leurs (juarliers allèrent seuls les derniers' à la suile, deux à deux. 11 rc'gnoit une ligne de {fardes de la Ville à [tied , de droite el de {fauche

'à!xlx LES ARMOIRIES DE PARIS.

le long- des ofliciers du Corps de Ville; et la marche etoil ferinee par ciiKj l'aiigs de gardes de la Ville à pied par quatre de hauteur, commandes par un sei-gent.

rrOn alla par le quay Pelletier, la rue de Gèvres, le quay de la Mégisserie, le Pont Neuf, le quay de Conly, le quay des Théafins, la rue des S" Pères, et celle de S' Dominique oi^i est rhôtel de Chevreuse. Les trois compagnies des gardes de la Ville n'entrèrent point dans la cour de l'hôtel de M. le Gouverneur, comme elles auroient du, afin d'obvier à perdre le fil de la marche; mais elles allèrent se rendre au bout de la rue S' Dominique, prêtes à se tourner dans celle du Racq, et les cinq rangs de gardes de la Ville, qui avoient fermé, restèrent dans la rue en deçà de la porte de l'iiôtel pour fermer pareillement la marche avec M. le Gouverneur. Les huissiers de la Ville entièrent à cheval dans la cour de l'hôtel de Chevreuse, ainsi que Messieurs du Corps de Ville. 11 y avoit des deux côtés de la cour les gardes de M. le Gouverneur sous les ai'mes, et les instrumens et les tambours firent fanfare; ses douze Suisses étoient aussi sous les armes dans la cour avec leurs perthuisanes. Messieui's du Corps de Ville descendirent de cheval et furent reçus au bas de l'escalier par les officiers de M. le Gouverneur, au milieu par l'intendant de ses maison et affaires, l'escalier garni de deux files de ses gens de livrée, et en haut de l'escalier ils furent reçus par ses gentilshommes. Et après avoir traversé la salle des Gardes qui y étoient sous les armes, et plusieurs pièces d'appartemens, ils entrèrent dans la pièce 011 étoit M. le Gouverneur, qui s'avança de quelques pas au devant d'eux, et pria Messieurs de se reposer, ce qui fut fait pendant quelque temps; les huissiers attendirent dans la pièce précédente.

ff Lorsqu'on eut annoncé à M. le Gouverneur que tout étoit prêt, il descendit à la tôle du Corps de Ville, ayant pris la droite de M. le Prévost des Marchands, et précédé de ses officiers, gentilshommes, des huissiers de la Ville et du Greffier, et chacun monta à cheval dans la cour, et se mit en marche dans son rang.

«A gauche étoient les huissiers de la Ville, deux à deux, à cheval, le premier huissier seul, aussi à cheval.

trLe Greffier de la Ville seul, à cheval, ses gens de livrée des deux côtés; il tenoit le milieu entre la droite et la gauche. A droite ensuite étoit M. le Gouverneur, monté sur un cheval magnifique; M. le Gouverneur étoit vêtu d'habit d'écarlate, brodé d'or sur toutes les coutures; son cheval avoit le plus beau harnois, et la housse la plus riche et la plus superbe par la broderie en rehaussé d'or; ses deux coureurs le précédoienl à pied, et son capitaine des gardes et son écuyer étoient à cheval à son côté droit.

tf A gauche étoit M. le Prévost des Marchands à cheval; deux de ses gens de livrée le précédoient à pied; il avoit à son côté gauche un officier des gardes de la Ville à cheval, et son ecuyer aussi à cheval.

tf Ensuite mess" les Echevins de droite et de gauche marchoient deux à deux à cheval, M"^ le Procureur du Roy seul, la place de Receveur étant vaccante, et leura gens de livrée des deux côtés à pied.

«Les gardes de M. le Gouverneur faisoient une file de droite et de gauche le long des officiers du Bureau de la Ville, et ces deux files étoient terminées par un officier des gardes de M. le Gouverneur à cheval.

ftSuivoienl ensuite à cheval les Conseillers de la Ville, deux à deux, ayans leurs gens de livrée des deux côtés à pied.

rtPuis les O'i'ii'liiiiers suivant leur rang de réception, ayans chacun leurs deux mandés à leurs côtés à cheval, et leurs gens de livrée des deux côtés à pied.

«Il regnoit h; long dcsd. s" Conseillers de la Ville, Quarliiiiers et mandés, une lile de gardes de la Ville à |)led de droite et de gauche, et la marche étoil fermée par ciiui rangs de gardes de la Ville à pied commandés par un sergent, et marchant par quatre de hauleur.

'fOn a passé par le hout de la rue S' Dominique, on a pris et suivi celle du Racq, puis le Pont Royal, le quay des Thuilleries, le Guichet Neuf, qui est celui le plus proche du Pont Royal, le Carousel, le Petit Carousel, la rue de l'Echelle, et celle de S' Honoré jusqu'à la rue Royale, et, pendant toute cette route, M. le Gouverneur et M. le Prévost des Marchands ont jette de l'argent au peuple. Arrivés à la place de Louis XV, les toiles qui couvroient la slalue équestre sont tomhées, et l'ont laissé voir sur le champ; on a l'ait le tour de lad. place par la droile, et, quand iM. le Gouveineur et M. le Prévost des Marchands se sont trouvés devant et en l'ace de la statue équestre, ils ont ôté leurs chapeaux de la main droite, se sont inclinés un instant, et ont passé, ce qui a été répété de même par M" du Rureau, par les Conseillers, Quartiniers et mandés, à mesure qu'ils ont passé, deux à deux, le tout au hruit des instrumens, des boëtes d'artillerie, et du canon de la Ville placés dans la place de Grève, et de celui des Invalides, qui neantmoins avoit pris la précaution de le tirer avant que le cortège fût arrivé dans la place, afin d'éviter tous les accidens dans une aussi grande quantité de chevaux. Le guet à cheval éloit rangé en bataille dans cette place, le sabre à la main. Après le salul, ou tourna encore pour faire le tour de la place, pour gagner le quay de la Conférence. Et pendant ce temps, M. le Gouverneur, M. le Prévost des Marchands, M" les Eclievins, Procureur du Roy et Greffier ne cessèrent de jetter une grande quantité d'argent au peuple. On reprit le chemin du quay de la Conférence, le Pont Royal, la rue du Racq et celle de S' Dominique, pour reconduire M. le Gouverneur dans son hôtel. On suivit le même arrangement que le matin, pour ne point faire de confusion dans la cour, et on y mit pied à terre; le Corps de Ville reconduisit M. le Gouverneur dans son appartement, et il le reconduisit jusqu'au haut de son escalier; après quoy, le Corps de Ville fut reconduit en la manière accoutumée jusques dans la cour; M. le Gouverneur et M. le Prévost des Marchands avoient encore jette de l'argent au peuple dans le chemin du retour. Lorsque le Corps de Ville fut remonté à cheval , il retourna à l'IIotel de Ville dans le même ordre et par le même chemin qu'il étoit venu, et à l'arrivée à l'Hôtel de Ville chacun retourua chez lui.

ftLe Roi, en considération de l'inauguration de sa statue équestre, avoit nommé cjuelques jours auparavant les deux premiers Echevins chevaliers de l'ordre de Michel, et leur avoit permis, en attendant qu'ils eussent satisfait à ce que les statuts imposent et qu'ils pussent être reçus, d'en porter les marques à commencer du jour de l'inauguration de sa statue équestre. 15

Le pi^ocès-verbal qu'on vient de lire ne donne que des indications très-succinctes sur le costume porté par chacun des membres du Bureau présents à la cérémonie ; mais la relation fournit les détails les ])lus minutieux sur le harnachement des chevaux que montaient ces personnages. Ce harnachement, ainsi qu'on le voit, était le même pour le Greffier et les Échevins, et leur équipement le cédait à peine en magnificence à celui du Prévôt des Marchands.

Comme on l'a vu déjà dans une relation antérieure (l'inauguration de la statue de Louis XIV sur la place des Victoires, p. 829), le Prévôt des Marchands, en l'absence du Gouverneur de Paris, marche à côté du premier Echevin; mais il se met à la gauche du Gouverneur, lorsque celui-ci est présent.

;ri6 LES AUMOIUIES DE PARIS.

PUBLICATION DE LA PAIX COINCLUE AVEC LE COUVERNEMENT DE LA GRANDE-BRETAGNE.

A la suite des propositions de paix faites, sur les conseils de William Pitt, par le Guiivernement britannique, un traité fut signé, le 3 septembre 1788, entre le cabinet de Versailles et celui de Saint-James. Ce traité, qui assurait à la France des avantages incontestables et qui devait être le dernier triompbe de l'ancienne monarcbie, fut proclamé à Paris le 26 novembre. Les Registres de la Ville nous font connaître le rôle du Corps municipal dans le cérémonial de la publication.

2 5 NOVEMBRE l^S^.

H 1880, fol. -28;?.

Publication de la paix conclue arec le Pwi de la Gi ande-Bretagnc. — Procès-rci hal de celte cércinonie.

Du lundi vingt cinquiesme joui- de novembre mil sppl cent (jualre vingtrois.

rtCe jour, nous Prévôt des Marchands et Eclievins de la Ville de Paris nous sounnes sur les sept heures du matin rendus à l'Hôtel de Ville, au Petit Bureau, avec le Procureur et Avocat du Roi, le Gretïîer et le Receveur de ladite Ville, six Conseillers du Roi en l'Hôtel de Ville, et quatre Quarliniers de lad. Ville. Nous étions vêtus, sçavoir : nous Prévôt des Marchands et Echevins, le Procureur et Avocat du Roi et de la Ville, le Greffier et le Receveur de la Ville de nos robes de cérémonie, c'est-à-dire: nous Pi-évôt des Marchands, de notre robhe de velours mi-])arlie de couleur cramoisie et tannée avec collet aussi mi-partie, une soutanne de satin couleur pourpre, fermée avec boulons et boutonnières d'or, ceinture de soie de même couleur pourpre, garnie dans les deux extrémités de glands d'or avec franges et graines d'épinards d'or, notre chapeau garni d'une tresse et glands d'or, et nos gands pareillement garnis de franges et graines d'épinards d'or; nous Echevins, de nos robes de velours mi-partie desdites couleurs cramoisies et tannées, avec soutanne et ceinture de soie noire, nos chapeaux garnis d'une tresse et glands d'or, nos gands garnis d'une tresse et graines d'épinards d'or; le Procureur et Avocat du Roi et de la Ville, de sa robe de velours de couleur cramoisie, avec sou-

Prévôt : Louis de Caumartin , conseiller d'Etat; il portait d'azur à cinq fasces d'argent.

Echevins : Louis Famin, d'azur à un navire mâle et grée' d'argent, au chef de gueules adextré d un soleil d'or, asénesU'é d'un dextroehère d'argent sortant d'une nue du même. — Edouard Maginiel, de gueules à 3 abeilles d'or, acconi|)agné au centre d'une comète d'argent; au chef d'azur, chargé d un mât cordé et voilé d'argent. — Philippe Desvaux , écartelé aux t et 4 coupé de sable et d'argent, chargé d'un lion passant de l'un dans l'autre, bordé et engrêlé de gueules; aux 9, et .3 d'azur, à la fasce d'or, chargée de .3 glands de sinople, accompagnée de 3 étoiles d'argent. —

Jacques Pelé, parti d'azur à 3 fleurs de lys au naturel tenues par une poignée et enserrées dans un vol, le tout d'argent; et de gueules, à la croix engrêlée d'or, chargée de cinq bourses de sable.

Grelïïer : Joseph Veytard.

Procureur du Roi et de la Ville : Jollivef de Vannes.

Receveur : Jean-Baptiste Bullaull.

Conseillers : Fraguier, Remy, Mercier, Lourdet, Henry, Goblet, Gondin, Masson, de Meslay, Georget, Girouet, Sanlilly, Cochois, Boucher, etc.

Quarleniers : Martel, Richer, Mitonard, Guyol, Hubert, Deyeux, Darnaull, Moinery, Rousseau, Bernier, etc.

l;inne el cciiiliire aussi de soie noire, chaperon de velours aussi cramoisie, bordé d'hermine, el chapeau etfjands comme dessus; le Greffier et le Receveur de la Ville, de leurs robes de velours mi-partie de couleur cramoisie; el lannée, avec soutanne et ceinture de soie noire, avec chapeau el gands comme dessus; les Conseillers el les Quarteniers étaient velus de leurs robes de soie noires ordinaires. El en outre avions tous nos bonnols quarrés. Quant aux huissiers, ils éloient vêtus, sçavoir le premier huissier audienciei' de sa rol)e noire el son chapeau, el neuf autres huissiers audienciers el commissaires de |)oiice (le dixième étant absent pour cause de maladie) de leurs robes de livrée mi-partie de crepon de couleur rouge el bleue, aussi avec leurs chapeaux, n

Suit le procès-verbal du cérémonial de la publicaiion officielle de la paix, des réjouissances publiques, du banquet offert par le Corps de Ville à MM. du Châtelet (officiers du Roi), des santés portées par le Prévôt des Marchands aux membres de la famille royale, enfin des feux de joie et artifices en j)lace de Grève.

L'extrait ci-dessus fournit, comme on le voit, les renseignements les plus précis sur la tenue des membres du Bureau.

On remarquera d'abord que le costume du Prévôt des Marchands est presque identique à celui que portait le chef de l'Edilité lors de l'entrée de Louis XIV. (Voy. ci-dessus, p, 826.)

Dans la plupart des relations antérieures, on ne trouve guère, au sujet du costume des Echevins, que des mentions succinctes sur la couleur et le tissu de la robe; au contraire, dans l'extrait qui nous occupe actuellement, toutes les parties de l'habillement sont minutieusement indiquées. Le costume des Echevins est aussi riche que celui du Prévôt, et n'en diflère que par la couleur de la ceinture, qui est pourpre pour celui-ci et noire pour ceux-là. «

Le Receveur est vêtu, comme le Greffier, d'une robe de velours mi-partie cramoisi et tanné. Ce détail est à noter; car, dans les relations antérieures, le Receveur est toujours représenté avec une robe d'une seule couleur. Comme nous l'avons dit au chapitre précédent (p. 21 5), jusqu'alors les demandes tendant à obtenir, pour cet officier municipal, le droit de livrée mi-partie, avaient été constamment repoussées.

Ici s'arrêtent les récits que nous avons empruntés aux Registres du Bureau de la Ville, et qui établissent officiellement la tradition de l'Echevinage en matière de costume. En parcourant les extraits que nous en avons donnés, le lecteur a pu soupçonner les nombreuses questions que soulève la présence du Corps municipal

hh.

:iàS LES ARMOIRIES DE PARIS.

aux grandes cérémonies, et apercevoir, h travers les descriptions qu'en l'ait le narrateur, ces pompeuses exhibitions, si étrangères à nos mœurs modernes. Rien n'en pouvait donner une idée plus- exacte, et, &'il nous reste un regret à exprimer, c'est d'avoir dû borner nos emprunts aux détails qui concernent spécialement la livrée successive des Ediles parisiens et de leurs subordonnés.

Par les couleurs, la livrée tient aux armoiries de la Ville, et les armoiries ne sont autre chose que le sceau, c'est-à-dire le signe authentique de la personnalité municipale. L'héraldique, science oiseuse et surannée quand elle n'a d'autre but (ju'une vaine satisfaction d'amour- propre, peut donc devenir un auxiliaire précieux pour les études historiques, lorsqu'elle s'applique à ces grandes collectivités, absolument impersonnelles, qu'on nomme les villes, et qui ont leur histoire dans celle du pays. A ce titre, le texte dont nous avons réuni les éléments est, en réalité, une page des annales parisiennes; il faut la lire; il faut parcouru^ les nombreuses pièces justificatives dont se compose le second volume de l'ouvrage, pour se rendre compte de ce que peut ajouter à l'intelligence des faits généraux la connaissance particulière des sceaux, armoiries, devises, couleurs, livrées, qui ont tenu une certaine place dans le passé de la Ville de Paris, et joué dans son histoire un rôle de quelque importance.

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