MA
fin;. 69.
semblaient vouloir unir, d'une manière symbolique, leur destinée nouvelle à celle de la monarchie constitutionnelle.
Vingt et un districts plaçaient sur leurs sceaux, soit des attributs religieux ou de sainteté, soit les armoiries des communautés conventuelles dont ils emprun-
fig. 5o.
fig. 5j.
fig. 5 s
fig. 53.
taient le nom. Ainsi le district de Saint-André-des-Arcs (fig. 69 et 70) avait la croix en forme de sautoir, rappelant le martyre de saint André.
Celui de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle (fig. /12) avait figuré sur son sceau une Vierge Marie tenant l'enfant Jésus; celui des Capucins Saint-Louis de la Chaussée-d'Antin (fig. 28), un saint Louis tenant en la main droite une main de justice et dans la gauche une couronne d'épines; celui des Carmes déchaussés (fig. hh) , les anciennes armoiries du couvent de ce nom, qui sont de sable chappc,
La légende de ce sceau porte : Saint-Joseph , 60' district, li' des Halles. Chacun des vingt quartiers de Paris avait été divisé en un certain nombre de districts. Le quartier des Halles, le dernier, comprenait ceux de Saint -Jacques-la-Bouclierie,
appelé aussi Saint-Jacques et les Saints-Innocents, de Saint-Leu , de Saint-IMagloire et de Saint-Joseph , qui portaient respectivement, sur la liste officielle du i5 avril 1789, les numéros d'ordre 67, .'i 8. 89 et 60.
PENDANT L'EXISTENCE DE LA COMMUNE, ETC. 109 arrondi d'argent, la pointe de sable finie en une croix pattée de même, accompagné de trois étoiles, deux aux flancs, une en pointe, de ïun en l'autre.
(ig. 56.
lij. 54.
fijj. 55.
fig. 57.
Le district de Saiiit-Etienne-du-Mont (fig, 71) avait conservé les palmes, la couronne et les lettres initiales du nom de ce martyr; celui de Saint-Eustache
lig. 58.
fig. 59.
fig. 60.
fig. G I .
(fig. 0 1 et 82), une trompe de chasse, un chien courant, un bois de cerf, emblèmes caractéristiques de ce saint, patron des chasseurs; celui des Feuillants
fig. 62. fig. 63. fig. 6/1. lig. 65.
(fig. /|5 et /j6), les armes du monastère, qui sont d'azur à Irais fleurs de lys d'or et un écusson en abîme, d'argent, chargé d'un cœur de gueules surmonté de trois clous de sable, et entouré d'une couronne d'épines, de sinople.
Le district des Filles-Dieu (fig. ^7) garda le sceau même du couvent des reli-
gieuses de la rue Saint-Denis, lequel portait un écu en losange (forme spécialement affectée aux écussons des filles par les règles du blason), de gueules à nu
fig. 66.
fig. 67.
fig. 68.
saint Louis vêtu à la royale, tenant en sa dextre une main de justice et en sa sénestre
nn sceptre, le tout d'or; au chef cousu d'azur chargé de trois JJeurs de lys d'or posées en Jasce^^K
fig.
fig. 70.
fig. 7 1 .
Le district de Saint-Germain-l'Auxerrois (fig. /i8) adopta une croix et les lettres initiales du nom de ce saint; celui de Saint-Honoré (fig. 5o et 5i ), la crosse, la
fig. 73.
mitre et les initiales du pieux évêque; celui des Jacobins de la rue Saint-Honoré
Cet écu est, selon l'usage des couvents de district auquel il servait, est ainsi formulée : Belifilles. entouré d'un chapelet avec sa croix. La lé- gieuses des Filles-Dieu de Paris. geiidc du sceau . qui ne fait aucune mention du
PENDANT L'EXISTENCE DE LA COMMUNE, ETC. 111 (fi'j. 75), la iiiar(|ue portant une étoile percée v.ii l'oiid à son centre (étoile ({iii disparut plus tard, (ig. 7C), et dont les religieux du couvent se servaient pour estampiller les livres de leur bibliothèque; Saint-Jacques-de-l'Hôpital (lig. 33 et 3û), le manteau, symbole de la charité, et les coquilles du pèlerin de Saint- Jacques, avec la devise cr Ut melius jure et armis.n
Dans le môme ordre d'idées, le district de Saint-Jacques et des Saints-Innocents (fig. 77) figura sur son sceau la gourde, le bourdon et les coqudles du pèlerin;
fig. 75. fig. 76.
celui de Saint-Jean-en-Grève (fig. 78 et 79), un agneau pascal et le mot Religioit ;
celui de Saint-Louis- en-l'Ile (fig. 80, 81 et 82), un saint Louis couronné et vêtu d'un manteau fleurdelysé, tenant en sa dextre un sceptre et dans sa sénestre une couronne d'épines et les cinq clous de la passion; celui de Saint-Martin-des-
fig- 77-
Champs (fig. 83), un saint Martin à cheval, coupant avec son épée une partie de son manteau pour la donner à un pauvre mendiant (^'; celui des Mathurins
Cette étoile, ainsi percée, constitue ce qu'en blason on appelle molette d'éperon.
Les indications B 6 , D i , apprennent que ce district formait le sixième bataillon de la cpiatrième division de la garde nationale de Paris. (Voyez les notes de la page io3.) — Le district de Saint-Jacques et des Saints-Innocents portait aussi le nom de district de Saint-Jacques-la-Boucherie. C'est celui que lui donne la liste officielle du i5 avril 1789.
Les armoiries du monastère de Saint-Martindes-Chanips étaient de gueules à un saint Martin de carnation, sur un cheval d'argent, In selle, la bride et les ctriers d'or, le saint habillé à la romaine et coupant avec son épée d'argent son manteau d'aïur pour en donner la moitié à un pauvre qui lui demande l'aumône, le tout sous un chef cousu d'azur, charge de trois fleurs de li/s d'or.
LES ARMOIRIES DE PARIS (fig. 8û), les armoiries du couvent de ce nom, qui sont d'argent à une croiœ pattée, dont le montant est de gueules et la traverse d'azur.
Le district des Petits-Augustins (fig. 58 et 69) conserva les armoiries du nio-
fig. 80.
fig. 81.
nastère, qui sont d'azur à trois jleurs de lys d'or, au cœur enjlammé d'argent, posé en abîme et percé de deux Jlèches ferrées, empennées et liées de même, la pointe en bas^^^;
fig. 82.
fig. 83.
fig. 8/1.
celui des Petits-Pères (fig. 60 et 61), le sceau même du couvent de ces religieux, portant d'azur à une Notre-Dame couronnée d'argent, accompagnée de trois Jleurs
fig. 85.
fig. 8r..
de lys d'oî'; Vécu sommé de la couronne royale de France et entouré de palmes
Dans le champ de cet écu est ajouté un faisceau de piques posé en pal , et sur lequel brochent le cœur et les flèches. Un oiseau , s'échappant d'un nid qui surmonte l'écusson, avec la devise Union
et Liberté, complète le sens révolutionnaire de ce faisceau de piques. Nous parlerons plus loin de ce mélange d'attributs de natures diverses et parfois contraires.
PKNDANT L'EXISTliNCE DE LA COMMUNE, ETC. 113 luloiuleineiit; légciidc : Aug. Rei'. con. Reg. Par. D. N. F/cto/?/^. ; celui d»; Saiiil- Pliili|)j)o-flu-l^)ule (fi[j. 72, 7.3 et 76), l'imajje du saint tenant une noix d(! sa main |>au('li('.
Kniin i(! district d(!S l'rémontrés de la Croix-Houge (fig. 87, 38 et 3()) adopta une croix (loi-encée ou lleurdelysée; celui des Tliéalins ([i{j. 80, 86 et 87), le sceau des relijjieux du couvent de ce non», (|ui porte une croix plantée sur trois nionts et chargée d'une couronne d'épines, l'écu posé dans un cartouche surmonté d'une couroime ducale avec la légende: Pr/epositvs cler. Reg. S. Ann/e Règle. Paris ^'^K
Vingt-quatre (hstricts phicèrent sur leurs sceaux des emblèmes ou des devises taisant allusion soit à la liberté ou à l'égalité, soit à la lutte, à l'union, à la vigilance et au courage nécessaires pour les coiHjuérir ou les conserver. (iC sont : Saint-André-des-Arcs (tig. G9 et 70), rpii avait la pi(|ue et le bonnet phrygien;
lîg. S8.
Bonne-Nouvelle (hg. ko et ii), un Faisceau d'armes et de drapeaux avec la devise : Union, Force, Liberté; les Capucins-Saint-Honoré (fig. 88 et 89), la devise :
Salus urbis; les Carmélites (fig. 90), une épée ime posée en pal, la pointe en haut passée dans une couronne civique, et des chaînes brisées, avec la devise : C'est lui qui le premier l'a i'o/ee<^'; les Carmes déchaussés (fig. 63). une épée nue.
C'est-à-dire : ff Auguslinoriim reformalorum (fconventus regalis Parisiensis Dominée Nostrae Vicrtoriarum.i
'''' C'est-à-dire : ffPrœpositiis clericoriini regucflatorum Sanctae Annœ regiœ Parisiensis. ^
M. le baron C. Poisson donne l'explication de
n/i LES ARMOIlUES DR PARIS
avec une main de justice, passées en sautoir, et les mots : Liberté, Justice; les Gordeliers (fig. 91), un drapeau, des armes, une cordelière et la devise : Concorde fraternelle; Saint-Eustache (fig. 3i). la devise : Union et Liberté; Saint-Germain-
lljj. ()3.
l'Auxerrois (lig-^^ûg), la pi<iue et le bonnet phrygien, avec le faisceau de verges et la hache consulaire joints à un sceptre et à une main de justice, qu'accompagne
fig. 9G.
la devise : Leur union fait leur force; Saint-Honoré (lig. 5o), un bonnet phrygien; les Jacobins du faubourg Saint-Germain (fig. 92 et 98), une épée nue, posée en ])a], autour de laquelle s'enroule un serpent; Saint-Joseph (fig. 67), deux haches, une tour ruinée (allusion à la destruction de la Bastille), et la devise : Legi regiqiie
celte devise rians son savant ouvrage intitule : L'arinée cl Inguvdc nationale (t. I, p. 81). Il dit, en parlant de l'organisation de la garde nationale de Paris et de l'incorporation des Gardes-françaises dans les compagnies du centre de cette milice bourgeoise, (jne la Municipalité de'cida qu'U serait décerné à chacun de ceux-ci, comme marque de la reconnaissance publique, une médaille dorée rappelant la participation de leur régiment aux événements du mois de juillet 1789, et notamment à la prise do la Bastille.
M. le baron Poisson ajoute en note : tfCette <r médaille dut d'abord porter d'un côté le porff Irait du Roi et de l'autre les armes de la Ville, ffavec celte inscription : Aux Gardes -françaises.
fren 1789.1 Celle qui leur fut délivrée était en forme de losange; sur une face était figuré un anneau portant une chaîne brisée, et au-dessous un cadenas ouvert, ainsi que des bouts de chaîne et des boulets, avec cette légende : ffLa liberté con- -quise le \h juillet 1789.W Sur raiitrc face était une épée passée dans une couronne civique, avec celte inscription : Jgnornnlnc datas . ne (jiiisfiiinni serviat, ense-s?
La représentation des emblèmes de chacune des deux faces de celle médaille se trouve, on le voit, dans le sceau du district des Carmélites, qui constate, par la légende dont il l'accompagne, que c'est lui qui, le premier, a voté cette récompen.se rt'volulioimaire.
PENDANT L'EXISTENCE DE LA COMMUNE, ETC. 115 Jidelis; Saint-Louis-cii-rile (lig. 81), des drapeaux, des canons, des boulets, une couronne civique; Sainte-Marguerite (fig. 92), la pique et le honnet phrygien; Saint-Merry (fig. 96), un lion '', un oiseau portant en son bec un rameau d'olivier, et la devise explicative de ces emblèmes : Force, Liberté, Paix; Saint-Nicolasdu-Ciliardonnet (lig. (j5 et (jG), la pique et le bonnet j)brygien et un oiseau (un cliardonneret) (jui prend son essor; Notre-Dame (fi^g. 08), une épée, le livre de la loi, un sceptre et la devise : Liberté sous la loi et le roi, qu'accompagnent une cocarde tricolore, un coq et le cri : Garde à vous; Sainte-Opportune '"^^ (fig. 97) , les
fig- 97- fig- 9*^- fig- 99-
mots, la Loi, environnés de rayons, avec la devise : Vivre ou mourir pour elle ; 1 Oiatoire (lig. 98 et 99), le faisceau de verges et la hache consulaire, une couronne civique, une palme et la date lâ juillet ijSg (prise de la Bastille); les Pères de Nazareth (fig. 56 et 57), un triangle é(|uilatéral avec les mots : hnion nationale;
fij;. 100.
les Petits-Augustins (fig. 58 et 09), un faisceau de piques et un oiseau qui prend son essor; les Petits-Pères (fig. 61), des chaînes brisées; Saint-Philippe-du- Roule (fig. 73 et 7 A), un bonnet phrygien et la devise : Patrice pro salute^^^\ Popin-
Ce lion est en même temps l emblème caractéristique de saint Merry.
La légende de ce sceau nous apprend que le district de Sainte-Opportune formait le cinquième
bataillon de la quatrième division de la garde nationale de Paris. (Voir appendice VUI bis).
Outre cette devise placée en légende, on lit. dans le champ du sceau, l'inscription suivante dis-
court (fig. loo), la devise : Libre el juste les Préniontrés de la Croix-Rouge (fig. 38), le faisceau de verges et la hache consulaire, avec les mots : Coneordia
fig. 102.
sfdus; Saint-Séverin (fig. loi et loâ), un coq, des drapeaux, des armes, un tambour, une couronne civique, un chapeau orné d'une plume.
Enfin quatorze districts placent sur leurs sceaux leur nom en entier ou seulement les lettres initiales de ce nom. Ce sont ceux de Saint-André-des-Arcs (fig. 69 et 70 ), de Saint-Étienne-du-Mont (fig. 7 1 ), de Saint-Eustache (fig. 3 1 et 32) , de
fig. io3.
fig. iof).
Saint-Laurent (fig. io3), de Saint-Louis-de-la-Culture (fig. 62 et 53), de Saiiit- Louis-en-fîle (fig. 80 et 81), de Saint-Magloire (fig. 18, 19, 20 et 21), de Saint-Nicolas-du-Chardonnet (fig. 96 et 96), de Saint-Piiilippe-du-Roule (fig. 72), des Récoliets (fig. lo/i), de Saint-Roch (fig. 62, G3, 64 et 65), du Sépulcre (fig. io5), de la Sorbonne (fig. 106), et du Val-de-Grâc(> et de Saint- .lacques-du-Haut-Pas réunis (fig. 107).
On a sans doute remarqué déjà que plusieurs districts appartiennent à deux
posée sur quatre ligiies : P R — S. P. D. II. — Dis- (ricl — 8.
Les trois dernières ligries donnent évidemment le nom et le numéro d'ordre du district. Quant aux lettres PR formant la première ligne, nous pensons qu'elles sont une abréviation du mot latin precure, et qu'on doit, en leur donnant celte signi-
iicaliou, joindre le mot à la légende, qui devii-nf ainsi : Precare pro sainte jHilrin'.
La légende de ce sceau nous apprend que le district de Popincourt formait le huitième bataillon de la cinquième division de la garde nationale de Paris. — Voir pour l'ordre dans lequel étaient classés les districts et les sections, fappendice Mil his.
I>KNI)ANT L'EXISTENCE DE LA COMMUNE, ETC. 117 el, (luclqiielois à Irois des sept classes (pie nous venons dV'lablii'. Ainsi, par (îxcmple, treize portent ;\ la fois, sur leurs sceaux, des emblèmes royaux et des emblèmes rcWolutionnaires : tels sorit ceux de Bonne-Nouvelle (fig. ko et /ii). des Carmes (lécliauss(''s (fig. /i3), de Saint-Germain-l'Auxerrois (fig. Zi6), de Saint-Ilonoré (lig. 5o et 5i), de Saint-Joseph (fig. 67), de Saint-Louis-en-l'Ile (fig. 81), de Sainte-Marguerite (fig. y 2), de Saint-Nicolas-des-Chatn])s (fig. 5/i el 55), de Notre-Dame (fig. 08), des Pères-de-Nazaretli (fig. 56 et 57). des
fig. 107.
Petits-Augustins (lig. 58 et 58), des Prémontrés-de-la-Groix-Rouge (fig. 87) et de Saint-Rocli (fig. 62, 63 et 6k). Mais bientôt on voit s'affaiblir et finalement se rompre l'union des idées nouvelles avec le vieux principe monarcliique, union «{ui subsista plus ou moins étroitement de 1789 à 1790, et dont ces sceaux présentaient ainsi le symbole. Un peu avant l'époque où la suppression des districts est prononcée (mai 1790), les lleurs de lys disparaissent des sceaux de quelques-unes de ces assemblées. Ainsi le district de Bonne-Nouvelle (fig. ki) enlève le symbole royal du drapeau sur lequel il l'avait placé; ceux de Saint- Louis-en-l'lle (fig. 82), de Saint-Magloire (fig. 18, 19 et 21), de Saint-Rocli (fig. 65), retracent également et ne prennent plus que les lettres initiales de leurs noms; celui des Minimes (fig. 28) abandonne les armes de la Ville de Paris au chef tleurdelysé et les remplace par la devise : Non virlute Minimi; celui des Pères-de-Nazareth (fig. 57) supprime la couronne royale; celui des Petits- Pères (fig. 61) bannit de son sceau les armes du couvent de ces religieux, poui' y substituer un symbole révolutionnaire, des chaînes brisées; enfin celui des Prémontrés-de-la-Croix-Rouge (fig. 88) prend, à la place des armes de France, du navire de Paris et de la croix florencée ou tleurdelysée qu'il avait réunis dans un même écu, le faisceau de verges et la hache consulaire, avec les mots : Concordia sahis. Le district de Saint-Honoré (fig. 5o), moins absolu dans les modifications qu'il fait subir à son sceau, y conserve la tleur de lys, mais remplace les deux crosses d'évêque par deux épées, et la mitre par le bonnet phrygien.
Ces translorniations sont caractéristiques, mais encore peu nombreuses, car en mai 1790, lors de la suppression des districts, la moitié de ces assemblées conservait encore l'emblème royal.
Les sections vont nous ollrir des changements plus radicaux. Nous verrons le symbole et le nom du Roi devenir de plus en plus rares sur leurs sceaux, avant d'en être bannis complètement p;ir les décrets de la Convention, avec tout ce qui pouvait avoir rapport, de près ou de loin, à la royauté et à la religion; féodalité et siipeï'stition , c'est le langage de l'époque.
Au moment où les quarante-huit sections, remplaçant les districts, venaient d'être établies, vingt-trois d'entre elles rappelaient à l'esprit le pouvoir monarchique, soit par leur nom même, comme les sections de Henri IV, du Palais- Boyal, de la place Louis XIV et de la place Royale, soit par les emblèmes et les inscriptions qu'elles avaient placés sur leurs sceaux, comme les sections de Bondy, (le la Croix-Rouge, des Enfants-Rouges, de la Fontaine-de-Grenelle, des Gobelins, de la Grange-Batelière, de Henri IV, de l'Hôtel de Ville, de l'Ile, des Invalides, des Lombards, du Louvre, de Notre-Dame, de l'Observatoire, de la place Louis XIV, de la place Vendôme, des Quatre-Nations, de la rue de Montreuil, du Roi-de-Sicile, des Thermes de Julien et des Tuileries.
A la même époque, six sections seulement, celles de la Croix-Rouge, du laubourg Saint-Denis, du Lou\ie, du marché des Innocents et de Sainte-Geneviève, enqjruntaient à la religion leurs noms ou leurs attrilnits sigillaires. Vers la fin de 1792, presque tous ces noms et emblèmes royaux ou religieux avaient été supprimés. Apres le 21 janvier 1793. il n'en exista plus un seul.
A paitir de cette époque, les attributs gravés sur les sceaux des sections sont tous exclusivement l'évolutionnaires et ne présentent plus aux yeux que des symboles uniformes, tels (|ue l'épée, la hache, la pique, le bonnet phrygien, le niveau, la balance et le triangle équilatéral. C'est donc dans les devises dont ils sont souvent accompagnés, et surtout dans les changements de nom de ces sections, que se monti'e d'une manière saisissante la mai'che progressive de l'exaltation des esprits. Cette exaltation ne se calma qu'après la chute de Robespierre, par 1 annihilation politique de la Commune et des sections de Paris.
Nous allons, au reste, passer en revue les quarante-huit sections, en indiquant
PENDANT L'KXISTIÎNCK DE LA C(3MMUNE, ETC. 119 les divers noms ([uolhîs oi»l succcssivomeiiL poiiés cL les sceaux dont chacune d'elles a l'ait usage
La section des Arcis conserva toujours le même nom, et le seul clian{;emenl
SCKAUV DES SECTIONS, fijj. 108. fi([. loy. fijf. I 10.
fjue son sceau eut à suhir, après l'abolition de la royauté, lut l'addition des mots République française, cjui y furent placés en légende.
La section de l'Arsenal garda constamment le même nom et le même sceau; mais sa loi-ce armée avait un sceau difTérent.
fîg. 1 1 1. fig. 1 13. fig. 1 1:^.
La section de la rue Beaubourg, <jui correspondait en partie au disti ict des Carmélites, prit le sceau de celui-ci (fig. 1 17), en changeant seulement sa légende attributive. Elle en employa également un autre, qui ne porta que les initiales
Nous suivrons l'ordre al[»habétiqiie, en prenant, pour cliaque section, son plus ancien nom.
SB enl relacées. Puis, quittant son nom pour prendre relui de section de la Réunion, elle modifia également son sceau, auquel elle donna une signification révolutionnaire plus accentuée ^'^
(îg. 1 i5. fîg. 1 16. fig. I 17.
La section de la Bil^liollièque, qui s'appela plus tard Section de 179'i, puis
Chaque section avait un comité re'volulioiinaire, un comité de salut public, un comité de sur- \eillance, etc. dont les principales fonctions étaient de rechercher et de faire arrêter les suspects. L'emblème placé le plus ordinairement sur les sceaux lie ces comités était un œil ouvert; on y voyait aussi parfois un coq.
Ces deux symboles delà vigilance se rencontrent, ensemble ou séparément, sur les sceaux des comités révolutionnaires des sections de Bonne-Nouvelle, de rHouime-Armé, des Lombards, des Marchés, sur ceux des comités de surveillance des sections de Bonconseil. de la Fraternité, de Guil-
laume-Tell, du Mail, de 1792, du Muséum, de Mutius Scevola, de l'Observatoire, de la section Révolutionnaire et de celle des Tuileries , sur celui du comité de Salut Public de la section du Mail. On les trouve enfin sur les sceaux mêmes des sections du Bonnet-Rouge, de Mirabeau, de Notre- Dame et des Tuileries. Les comités de bienfaisance mettaient parfois sur leurs sceaux le pélican, avec sa frpiété", symbole qu'on retrouve sur le sceau de quelques sections révolutionnaires.
Nous donnons plus bas, à leur rang de section, les dessins des divers sceaux que nous venons de citer.
PENDANT L'EXISTKNCE DE LA COMMUNE, ETC. 121 section Le Pelletier''', eut, sous cliacuii de ces divers noms, des sceaux dilléreiits.
f'tl I Sj!. 123. fiy. la/).
C'était un tiommage rendu à Michel Le Pelletier de Saint-Fargeau , conventionnel, assassiné la veille de l'exe'cution du Roi , dont il avait voté la
mort, par un ancien garde du corps, nommé Paris" Son nom fut aussi donné à la rue Michel-le-Comte, qui s'appela , jusqu'en 1806, rue Michel-Le-Pelle-
La section de Bondy ne changea point de nom, mais elle enleva de son sceau
fig. 1 35.
fig. iSf).
fig. 1.38.
fig. 137.
la légende qui s'y trouvait d'abord et qui contenait le nom du Roi, pour la remplacer par les mots République française.
La section de Bonne-Nouvelle ne nous offre aucune modification de nom ni de sceau.
fig. lio.
fig. 1 h I
fig. tSg.
La section des Ghamps-Élysées est dans le même cas.
fig. itiS.
fig. I titi.
fig. i'.5.
La section de la Croix-Rouge rejeta, en 1798, ce nom qu'elle portait depuis
lier, H avait étë président à mortier au Parlement de Paris. Son cousin , Louis Le Pelletier de Rosambo , s'était marié, en 1769, à la fille de Malesherbes, le défenseur de Louis XVI.
Leur famille, illustre dans la robe, avait donné à la Ville de Paris, en 1668. un Prévôt des Mar-
chands dans la persoime de Claude Le Pelletier^ qui, plus tard, fut président à mortier au Parlement, ministre d'État et contrôleur général des finances, à la mort du grand Golbert. C'est sous son administration prévôtale que fut construit le quai qui porte son nom.
PENDANT L'EXISTENCE DE LA COMMUNE. 123 1790, et le remplaça par celui de section du Bonnet-Rouge; la croix florencée ou deurdelysée, que lui avait transmise le district des Prémontrés (fig. 87 et
lig. i'i6. fig. 1/18.
fig. lliÇ).
38), disparut en même temps de son sceau, et fit place à un bonnet phrygien entouré de rayons, dans l'intérieur duquel se trouve un œil ouvert.
Lors de la réaction qui suivit la journée du 9 thermidor an 11, cette section prit le nom de section de l'Ouest. Mais, à partir de cette époque, le pouvoir politique des sections eut si peu d'importance et dura si peu de temps, que celle de l'Ouest n'a probablement pas eu de sceau particulier, correspondant à cette nouvelle dénomination. Du moins il nous a été impossible d'en découvrir' aucun.
La section des Enfants-Rouges conserva, jusqu'à la République, ce nom et le sceau du district qu'elle remplaçait en partie (fig. 1 1). Elle s'appela ensuite section
12/i LES ARMOIRIES DE PARIS.
du Marais, puis section de i'Homme-Armé ('l et changea de sceau à chaque modification de nom.
fig. i5o.
fig. i5a
La section du faubourg Montmartre garda constamment le même nom. Quant à son sceau, les empreintes suivantes indiquent les modifications qu'il a subies.
fig. i5/i.
fig. i55.
fig. i56.
La rue de l'Homiiie-Armd est diins rancieii quarlier du Marais ; elle doit son nom à une enseigne.
PENDANT L'EXISTENCE DE LA COMMUNE, ETC. 125 La section du faubourg Saint-Denis devint la section du fauboucg du Nord,
lorsque les noms des saints ne furent plus en usage.
fij;. i()o.
fiif. i*j>.
fig. if)3.
La section de la Fontaine-de-Grenelle ne changea point de nom; mais elle employa successivement trois sceaux différents.
fig. iG6.
fig. 1C7.
La section de la Fontaine-Montmorency rejeta ce nom trop aristocratique, fig. 168. fig. 169. fig. 170. fig. 171.
RLAL0I21
fig. 174.
f & Parîs
Section tri'
DE
Cette fontaine, détruite tout récemment, était située dans le haut de la rue Monlmartie, vis-à-vis des rues Saint-Marc et Feydeau.
pour prendre celui de section de Molière et La Fontaine. rjuVile remplaça plus tard par celui de section de Brutus.
La section de Sainte-Geneviève devint plus tard la section du Panthéon fran-
çais. Elle porta d'abord sur son sceau les initiales S. G., puis une image du Panthéon surmonté d'une croix. Ce signe religieux fut remplacé, en 1798, par un génie tenant une pique, au bout de laquelle est un bonnet phrygien.
La section des Gobelins, qui occupait à peu près le même emplacement que le district de Saint-Marcel, prit le sceau de cette dernière assemblée (fig. 35 et 36),
%. 179. fig. 180. %. fig. 182.
dont elle changea seulement la légende attributive. Elle s'appela ensuite section du Finisterre [sic), puis section Lazouski Cette dernière dénomination dura si peu, qu'il n'existe point de sceau correspondant.
Lazouski, Polonais, réfugié en France en 178/1, obtint, par la protection du duc de la Rochefoucauld-Liancourt , une des quatre places d'inspecteur des manufactures créées par Galonné, et qui furent supprimées au commencement de la révolution. Son exaltation démagogique lui valut une certaine popularité; il entra comme capitaine dans la garde nationale de Paris, dirigea l'artillerie des Fédérés bretons contre les Tuileries, au 10 août 179-2, et fit pénétrer une pièce de canon jusque
dans l'appartement de Louis XVI. H prit ensuite une part active aux massacres de septembre, à celui des prisonniers amenés d'Orléans à Versailles , demanda plusieurs fois la proscription des Girondins, et fut décrété d'accusation sur la proposition de Vergniaud, en mars 179.3; mais, comme il était défendu par le parti montagnard, il ne fut point arrêté.
Lazouski mourut peu après, à Vaugirard, et fut enterré avec pompe sur la [)lace du Garrousel ,