‹ Les armoiries de la ville de Paris: sceaux, emblèmes, couleurs, devises, livrées e céroemonies publiquesChapitre 61 sur 107 · MAI · texte numérisé non relu

MAI

H 1778, fol. 317.

trOud. an mil v' dix sept le mardi xij'' jour de may, lad. dame fit son entrée a Paris enuiron quatre heures après mydy, richement acoustree sur une littiere descouuerte, et la suyuoit,T) etc. — rrEt furent au deuant d'elle jusques a la Chappelle Saint Denis, I\Iesseigneurs les Preuost des Marchans et Escheuins et Clerc de la Ville'-', vesluz de robbes mv parties de velours rouge

Prévôt : Jean Boulard (voy. p. 227, n. 1). Echevins : Méry Bureau et Jean Bazanier (voy. p. 227, n. 1). — Jacques Le Lièvre (voy. les armes de Jean Le Lièvre, p. 225, n. 1). — Miles l*crrot. d'azur à 2 croissants adossés d'argent, l'un nionlanl et l'autre versé, au chef d'or chargé de 3 aigletles de sable.

Prévôt : Pierre Clulin , écarlclé aux 1 et i d'azur, à la muraille crénelée d'argent, surmontée à dextre d'une étoile d'or; aux 2 et 3 d'argent, à deux fasces vivrées d'azur et à la bande du même semée de lleurs de lys d"or.

Echevins : Claude Olivier, d'azur à 6 besans d'or (3, 2, 1), au chef d'argent chargé d'un lion naissant de sable, armé et lampassé de gueules. — Pierre de Soulfour (o/iw< Dessous -le -Four), d'azur à 3 bandes d'argent, au chef de gueules chargé de 3 losanges du second, ledit chef soutenu d'or. — Jean du Bus, d'azur à 2 épées d'argent posées en sautoir et eirimanchées d'or. — Geofl'roy du Souchay, d'azur à la fasce d'argent accompagnée de 3 souches du même, posées 2 en chef et 1 en pointe.

et lanné, cl pourpoins do satin cranioisy, acoinpaignez des archers et arbalestriers de la Vilie qui marclioient douant a clieual on bon ordio, des soizo quarteniers d'iceile pareillement, et des hourgois et inarchans des conlrairics dos communaultez de la Drapperie, Espicerie, Pelleterie, Mercerie, Orfeures, Ronneliers et Taincturiers, vestuz chacune communaulté de diuers habitz, c'est assauoir : les quatre csleuz de la Drapperie a porter le ciel dedans la Ville depuis la Trinito jusquos a Saint Lou Saint Gille, vosluz de salin violet, et de Ix a iiij" de leur estai vestuz de drap d'iceile couleur; les quatre esleuz de l'Espicerie a porter led. ciel depuis lad. église Saint Leu Saint Gille jusquos au Sépulcre, vestuz de velours tennë, et aucun nombre après eulx vestuz de drap d'iceile couleur; les quatre esleuz de la Pelleterie a porter led. ciel depuis lod. lieu du Sépulcre jusquos a Saincto Katherine, rue Saint Denis, vesliiz de damas griz l'ourrez de martres, et aucun nombre de leur estât en honnestes habitz; les Merciers esleuz a porter le ciel depuis lad. église Saincte Katherine jusques au Crucifix Sainct .laques, vestuz de velours noir, et aucun nondjre de leur estât vestuz de leurs meilleurs habitz. w

(Fin du Registre II 1778; le récit demeure interrompu.)

Dans le document qu'on vient de lire, les six Corps de métiers, et les autres Corporations, qui n'en taisaient point partie, sont désignés par le substantif abstrait : Draperie, Epicerie, Pelleterie, Mercerie, etc. En mentionnant le Corps des Orfèvres, on emploie, au contraire, le substantif concret. Les Orfèvres étaient pourtant l'un des Corps reconnus des marchands, bien qu'ils dussent faire, pour leur fabrication d'objets métalliques et précieux, une rr œuvre méchanique, n chose interdite aux marchands des cinq autres Corps. En eflet, après les Orfèvres, on mentionne au sixième rang, qui est le dernier, les Bonnetiers et les Teinturiers, classés parnii les ouvriers ou artisans, anciennement soumis à l'un des Corps de la Marchandise. Plus lard, notamment au xyu*^ siècle, cette distinction est constante, et on la voit nettement établie dans les élections du Bureau et les cérémonies. Les Orfèvres obtinrent sans doute leur privilège, parce qu'ils fabriquaient des objets destinés au culte et aux églises, tels que vases sacrés, lampes, lustres, etc. Afin de rendre les processions plus nombreuses et plus brillantes, les Valois laissèrent quelques-uns des métiers rr mèclianiques ii s'introduire dans les cortèges, pour porter les rr ciels mais lorsque, plus tard, les Rois allouèrent des indemnités pour les frais de robes, les six Corps marchands s'opposèrent à cet envahissement.

Nous trouvons encore, dans cette même relation, des détails importants relatifs aux costumes.

Les robes du Prévôt des Marchands, des Echevins et du Clerc étaient de velours et mi-parties de la livrée de la Ville; par-dessus ces robes se trouvaient des pourpoints de satin cramoisi, ce qui pourrait faire supposer qu'auparavant les

n/i LES AIIMOIRIKS DE PARIS.

membres du Bureau de la Ville avaient le droit de choisir à leur gré les vèteriierits de dessous. On voulut, cette fois, donner plus d'uniformité aux costumes.

La distinction commence aussi à s'établir entre les couleurs portées par les quatre premières Corporations : les Drapiers sont vêtus de satin violet; les Epiciers, de velours tanné; les Pelletiers, de damas gris, fourré de martre, et les Merciers, de velours noir. Quant aux couleurs des autres métiers, elles ne seront indiquées que plus loin , dans une discussion entre le Bureau de la Ville et le Gouverneur (le Paris.

EiNTHÉli DE L\ UKINK KLÉoN t)l»E ' .

Parmi les entrées royales, il en est une qui amena de longues délibérations et nécessita de nombreux préparatifs : c'est celle d'Eiéonore d'Autriche, seconde femme de François I".

Plus de trois mois à l'avance, on prit, à l'Hôtel de Ville, des dispositions pour cette solennité. D'abord, l'Echevinage décida, dans une assemblée à laquelle furent convoqués les Quarteniers et les principaux bourgeois, qu'on mettrait sur pied un millier d'hommes habillés aux couleurs de la Reine, et qu'on prierait les enfants des bonnes maisons de former une brillante cavalcade. Puis, à la suite d'une nouvelle réunion, la Municipalité invita les corporations à figurer dans le cortège, avec des costumes aux couleurs de la Ville, et demanda des renseignements sur les k mystères qui devaient être représentés dans le cours de la cérémonie. Peu de temps après, on régla définitivement le nombre des représentants que chaque Corporation était tenue d'envoyer, et l'habillement qu'ils devaient porter.

La solennité, d'abord fixée au 8 mars 1 53 1, et retardée à cause du mauvais temps , eut lieu le i 6 , et fut surtout remarquable par la splendeur du cortège.

Les Registres de la Ville contiennent, au sujet des mesures préparatoires et de la cérémonie elle-même, des détails que nous reproduisons ci-dessous.

l" DÉCEMBRIC 1 53o.

H 1779, fol. 67 v°.

Assemblée de Ville /aicle en la Gratit Salle pour adaiser sur le jaict de l'cnlrco de la llotjne. n Du jeudy premier jour de décembre mil cinq cens trente.

tf En assemblée ce jourd'iiuy faicte en la grant salle de l'Hostol de cesle Ville, de IVIesseigneurs les Preuost des Marchans et Escbeuins, Conseillers, Quarteniers et plusieurs notables bourgeois de ceste Ville de Paris, en laquelle sont comparuz Messeigneurs les PnMiosI des Ylarcbans et quatre Escbeuins, le président le Viste. . . "

Entre les extraits vi et vu s étend une lacune chronologique considérable qui currespond à l'absence du Registre potu' les annc'es 1517-15-37. Ce

volume, (|ui prendrait le second rang dans la série complète des Registres, man(|ue depuis foii longtemps.

LE COHPS DE VILLE EN CÉHÉMOME.

(Suit ri'iiumc'ralioii dos conseiiiers, quarleniers et bourgeois présents à l'assemblée, puis : )

rtTous bourjjcois mandez pour eulx Irouver en cesled. assemblée, en laquelle Monseigneur le (iouuerneur, l'reuost et Bailly de Paris, conte d'Estampes'-', a remonstré que, par exprès commandement du Roy, il est venu pardeça pour prier et dire a Messeigneurs les Preuost des Marcbans, Escheuins, Conseillers et Quarteniers de cesled. Ville que le plus honnorablement que faire ce pourra l'on reroyve la Hoyne Alienor a son entrée qui se fera de bref en ceste Ville, attendu mesmes (|ue lad. Dame est de estrange nation

«A esté aduisé, s'il se [)eult faire sans ce qu(! la Ville enporle aucune despense, qu'il seroit bon auoir milles hommes de pied bien en ordre, lesquelz seront habillez des coulleurs de la Royne, de pourpointz et de chausses et de hallecretz que l'on leur fera prester.

" Item. Aussi , s'il se peult faire sans charger la Ville de despense, a esté aduisé qu'il seroit bon faire prière aux enffans des bonnes maisons de ceste Ville de eulx mectre a cheual bien en ordre, auec habillemens et capparassons, ainsi qui leur sera baillé par pourtraict, aux coulleurs de lad. Dame pour luv faire honneur a son entrée; et ceulx qui auront bonne volunté l'on leur aydera de ce que l'on pourra.

fcltem. Que chascune bonlicqne du pont Nostre Dame soit ordonné pour les Dames, et (jue eu chascune y ait quelques belles jeunes femmes et fdles pour tapisserye

frilem. Que le chemin pour aller de la rue Sainct Denis a Nostre Dame, ainsi qu'il est de coustume, sera par la rue de deuanl Chastellet et la porte de Paris et devant le Crucifix Sainct Jacques allant pour tourner sur le pont Nostre Dame.

ffltem. Que en lad. entrée sera tenue l'ordre acoustumee et suiuant les Registres ensiens.

fritem. Que l'on doibt prier tous ceulx qui iront au deuant de lad. Dame a son entrée qu'ilz seroient vestuz d'une semblable pareure, et ceulx qu'ilz le pourront fournir soient vestuz de soye; et s'il y en y a quelques ungs refiusans, leur faire commandement en peine de cent liures de ce faire.

"Item. Que l'on doibt faire abiller les archers de ladicte Ville d'une semblable parure, semblablement aussi les arbalestiers et les hacquebuliers aussi d'une pareure.

ffEt pour les l'emonstrances que Messeigneurs les Preuost des Marcbans et Escheuins ont fait a mond. seigneur le Gouuerneur pour la confusion, presse et desordre qu'ilz craignent en lad. entrée au moyen de la multitude de peuple, led. seigneur Gouuerneur a dit qu'il prent sur sa charge de faire mectre bon ordre partout et qu'il en descharge lesd. Preuost des Marcbans et Escheuins et la Ville. ^

Jean de La Barre, comte d'Étampes, gouverneur de Paris par lettres du ii décembre iS^B; armes : écarlelé aux i et 4 d argent. au chevron de gueules accompagné de 3 étoiles de sable; au chef de gueules et à la bordure engrêlée de sable , aux 9 et 3 , parti de gueules et d'azur à la bande d or brochant sur le tout.

Toutes les maisons du pont Notre-Dame ap-

partenaient à la Ville. Elle les louait sous diverses clauses, et l'on verra plus loin qu'elle n'hésitait point à faire expulser les locataires qui refusaient d'exécuter les conditions du bail. Dans les entrées solennelles, les dames appartenant à la noblesse ou à la haute bourgeoisie occupaient les fenêtres de ces maisons, moyennant une indemnité payée aux locataires.

Fol. /19 v°.

Mandements aux corporations , aux Italiens et aux archers. ffDii lunrly cinqiesme jour de décembre oud. an mil cinq cens trente.

frAu Bureau de lad. Ville suiuant la délibération prinso on icelluy le premier jour de ce présent moys, se sont de rechef assemblez messeigneurs les Preuost des Marchans. . . , et a lad. assemblée se sont (rouuez les personnes cy après déclarées, ausquelz ont esté faictes remonstrances qui ensuiuent, suiuant le volloir et intention du Roy :

ff Premièrement, aux Vendeurs de vins a esté renionslré par mond. seigneur le Preuost des Marchans que le jour d'hier Monseigneur le Gouuerneur de Paris luy a donné charge, de par le Roy, leur dire qu ilz soient, a l'entrée de la Royne que l'on espère de brief, tous abillez d'une parure de soye, s'il est possible; lesquelz ont promis faire assemblée et rendre lundi [irochain responce.

(fLes Italiens, cest assauoir Mess" Maltee et ses compaignons, ont ce jourd'huy apporté au Bureau ouquel estoit la compaignie dessusd. assemblée, des pourtraictz en pappier pour les inuenlions des misteres qui seroient d'aduis estre faictz a l'entrée de la Royne Eleonor es lieux ausquelz la Ville est tenue les faire, c'est assauoir la porte Sainct Denis, au Ponceau, et a la porte aux Painctres; lesquelz pourtraictz ont esté veuz par mesd. seigneurs assemblez. Et leur a esté demandé quel pris ilz vouldroient auoir pour faire lesd. misteres esd. lieux; lesquelz ont faict responce que, en les fournissant de boys, ilz vouldroient auoir quatre mil liures tournois, ou que on leur donnast quatre cens escuz pour eulx quatre, et ung paieur et contrerolleur; ilz mecteront voluntiers ordre a l'exécution desd. misteres; lesquelz pour responce ont esté remis a la venue de mond. seigneur le Gouuerneur de Paris.

tf Aux Merciers a esté remonstré le semblable que aux Courtiers de vins; lesquelz ont promis faire assemblée et rendre la responce lundi prochain.

tf Aux Cappitaines des archers, arbalesiriers et liacquebuti(3rs a esté remonstré que le Roy entend que de chascune bende tous les hacquebutiers soient d'une parure et liuree, et qu'ilz soient bien montez et en ordre et qu'ilz facent leurs monstres au jour qui leur sera assigné; lesquez ont promis eu communicquer ensemble, et lundi prochain rendre response, auquel jour leur [sera] assigné jour pour faire leurs monstres.

ff Aux jui'ez d'Espicerye comme aux Merciers, et qu'ilz soient toutz abillez d'une parure et liuree et de soye, s'il est possible, suiuantle voulloir du Roy; lesquelz ont promis rendre responce lundi prochain.

"Aux jurez de Pelleterye a esté remonstré le semblable; lesquelz ont aussi promis rendre responce lundi prochain.

ff Aux Briseurs de sel a esté remonstré qu'ilz soient tous abillez d'une parure mi partiz des couleurs de la Ville, et tous les autres officiers du sel; lesquelz ont promis rendre responce a huitaine.

rr Aux Mesureurs de bledz a esté remonstré le semblable; lesquelz ont promis rendre responce lundi prochain.

"Aux jurez des Orfeuurcs a esté remonstré comme dessus, et qu'ilz soieni louz vesluz de soye d'une parure eulx et leur suytte; lesquelz ont promis rendre responce lundi prochain.

ff Aux jurez de Bonneterye a esté remonstré le semblable, et qu'ilz soient tous vestuz de soye d'une parure; lesquelz ont promis rendre responce lundi prochain.

"Aux Courtiers de vins a esté remonstré le semblable, et qu'ilz soient louz abillez de drap mi partiz aux coulleurs de la Ville; lesquelz ont promis rendre responce lundi prochain.

(f Aux Mesureurs de charbon a esté remonstrë le semblable; lesquelz ont aussi promis rendre response lundi prochain.

rcAux P()i l(!iirs de charbon a esté remonstré le semblable; lesquelz ont aussi promis rendre response lundi prochain.

ff Aux gardes de la Drapperye a esté remonstré qu'ilz soient et leur suytte tous abillez de soye d'une parure; lesquelz ont promis rendre response lundi prochain.

tAux Mesureurs de sel a esté remonstré qu'ilz soient tous abillez de drap mi |)arliz aux coul leurs de la Ville; lesquelz ont promis rendre response lundi prochain.

tf Aux Ilanouars le semblable a esté remonstré; lesquelz ont promis rendre response lundi prochain.

fr Aux Maistres de la Passion pour le mistere de la Trinité, a esté remonstré que Messeigneurs de la Ville veullcnt entendre quel mistere ilz veullent jouer, pour leur en dire ce que bon leur semblera; lesquelz ont promis rendre response lundi prochain.

'S Aux maislres Freppiers pour le mistere qu'i sont tenuz l'aire devant Teglise quisont (sic) a esté aussi remonstré que mesd. seigneurs de la Ville veullent entendre quel mistere ilz veullent jouer, pour le accorder si bon leur semble; lesquelz ont promis rendre responce lundi prochain.

frAux Rouchers de la grande boucherye de Paris a esté remonstré que Messeigneurs de la Ville veullent entendre l'inlencion de leur mistere pour leur en dire sur ce leur aduis ; lesquelz Rouchers ont demandé ung extraict des registres de céans du mistere qu'ilz ont faict jouer en une entrée, ce qui leur a esté accordé; et ont promis rendre response lundi prochain.

ff Aux Jaulgeurs de vinz a esté remonstré qu'ilz soient lous vestuz de drap d'une parure mi partiz aux coulleurs de la Ville; lesquelz ont promis rendre response lundi prochain.

ff Aux maistres Taincturiers a esté remonstré qu'ilz soient louz abillez de soye d'une parure; lesquelz ont promis rendre response lundi prochain.

rrAux Crieurs de corps et de vins a esté remonstré le semblable des abillemens de drap d'une parure mi partiz des coulleurs de la Ville; lesquelz ont promis rendre response lundi prochain.

trAux Mosleurs de boys a esté remonstré qu'ilz soient tous vestuz de drap d'une parure mi partiz aux coulleurs de la Ville; lesquelz ont promis rendre l'esponse lundi prochain.

tf Aux Courtiers de sel a esté remonstré le semblable; lesquelz ont promis rendre response lundi prochain.

(Aux sergents et aux conseillers et quarteniei's, etc.)

tfLe Cappitaine des archers est venu deners Messeigneurs de la Ville encores assemblez en la compaignie de depputez, et leur a dit qu'il auoit assemblé les compaignons de sa bende et que tous sont délibérez de faire leurs hocquetons des liurees de la Royne et se mectre au meilleur ordre a chenal qu'il leur sera possible, et que ja ilz ont pourueu a leurs liabillemens de teste, lesquelz seront touz d'une parure; auquel mesd. seigneurs ont l'ait response qu'ilz luy feront entendre les coulleurs de la Royne dedans [trois] ou quatre jours.

ffCe mesme jour, par ordonnance de lad. compagnye assemblée, ont esté enuoyez mandemens aux Capitaines des archers, arbalestriers et hacquebutiers , pour contraindre les Capitaines de bendes de leur obeyr et accomplir ce qu'il leur a esté commandé par Messeigneurs les Preuost des Marchans et Escheuins suiuant le voulloir du Roy, et ce sur peine do privation de leurs estalz.'n

L'église devant laquelle les fripiers représenlèrent leur ffmistèrc^ est celle des Saint-Innocents.

L'échafaud scénique des bouchers était dressé près du Châlelet.

[ Autre as-seiiihlêe du i-j décembre.] Fol. 53 v°.

rrDu lundy douxiesme jour de décembre oud. an mil cinq cens (rente.

ff Au Bure;iu ouquel esloient Messeigneurs les Preuost des Marchans et quatre Escheuins, de Hariay et Seguier, conseillers de la Ville, Jehan Bazennier, quartenier, Germain Lelieur, bourgeois, depputez par la grande assemblée. Monseigneur le Gouuerneur, Preuost et Bailly de Paris présent, pour oyr les responces des personnes ausquelles lundi dernier auoient esté faictes en cested. compagnie plusieurs remonstrances pour le faict de l'entrée de la Royne, ausquelz ont esté faicz commandemens, en peine de cent liures a chascun, de acomplir ce qu'il leur a esté enjoinct, et qu ilz se tiennent prestz pour faire leurs monstres.

r- Premièrement, les Mosleurs de boys ont fait response qu'ilz auoient fait assemblée et aduisé ensemble que de leur nombre ilz yroient une parlie a l'entrée de la Royne, abillez de drap aux coulleurs des sergens de lad. Ville qui est rouge et pers; et sur ce leur a esté enjoinct que aud. jour ilz soient vingt de leurd. nombre abillez desd. liurees, dont les fraiz se feront aux despens de leur communaulté sur les peines que dessus; ce qu'ilz ont accordé faire.

«Aux Vendeurs de vins a esté enjoinct eulx trouuer en semblables abillemens et nombre quatorze, sur les peines dessusd; ce qu'ilz ont accordé faire, aux despens aussi de leur communaulté.

'f Aux Courtiers de vins, qu'ilz soient abillez comme les vendeurs de vins et mosleurs de boys, et qu'ilz soient en nombre douze, aux despens de leur communaullé, sur les peines dessusd; ce qu'ilz ont accordé faire.

rr Aux Porteurs de bledz ont esté faictes semblables injonctions, sur les peines que dessus, el qu'ilz seroient quarente de leur nombre abillez desd. liurees de rouge et pers; ce quilz ont accordé faire.

ff Aux Crieurs de corps et de vins, estre de leur nombre abillez comme dessus douze, aux despens de leur communaulté, sur les peines que dessus; ce qu'ilz ont accordé faire.

ff Aux Mesureurs de charbon a esté fait semblable commandement et sur les peines que dessus; lesquelz ont accordé (ju'ilz seront six abillez de rouge et pers, aux despens de leur communaulté.

ff Aux Bouchers de la grande boucherie de Paris a esté fait commandement qu'ilz eussent a faire eschaffaulx et misleres près Chaslellet en la manière acoustumee; lesquelz ont offert faire ce qu'il plaira a mond. seigneur le Gouuerneur et Messeigneurs de la Ville, mais qu'il plaise a mesd. seigneurs faire veoir les registres de Chastellet, parce que Cliastellet a acoustumé faire lesd. eschaffaulx, el non lesd. bouchers; sur quoy a esté conclud que les registres dud. Chastellet seront veuz , et, ce fait, lesd. bouchers mandez de rechef pour enlemlre le voulloir de mond. seigneur le Gouuerneur et Messeigneurs de la Ville.

ff Aux Mesureurs de sel a esté fait commandement, en peine de cent liures, qu'ilz se trouuent a lad. entrée abillez des coulleurs de lad. Ville; lesquelz ont accordé qu'ilz se y trouueront douze de leur nombre abillez des liurees dessusd. aux despens de leur communaulté.

ff Aux Hanouars porteurs de sel semblable commandement et sur les peines que dessus a esté fait; lesquelz ont accordé estre douze de leur nombre abillez comme dessus.

ff Aux maistres Freppiers a esté fait commandement qu'ilz aient a faire l'eschalfault et niislere qu'ilz seront teiniz faire deuant l'église des Innocens; ce qu'ilz ont accordé faire. El a esté ordonné que conlraincte leur sera baillée pour contraindre les maistres de la communaullé de

leur moslier a subuenir aux fraiz, et feront leurd. mistere selon le pouitraicl <[u'ilz ont exhibé oud. Bureau.

fr Quant aux archers, arbalestriers et hacquebutiers, mond. seigneur le Gouuerneur a dit qu'il fera faire cejourd'huy des pourlraictz de leurs sayes, qu'ilz seront baillez aux Cappitaines, pour faire commandement et enjoindre a tous les faire faire sur peine de priuation de leurs estatz.

ff Aux Mesureurs de grains a esté fait commandement qu'ilz soient tous abillez de liurees des sergens de lad. Ville, sur les peines que dessus; lesquelz ont accordé que ilz seront vingt de leur nombre abillez selon l'injonction qui leur a esté faicte et sur les peines dessusd.

"Aux quatre gardes de la Drapperie a esté fait commandement qu'ilz soient vestuz de robbes de velours tanné et qu'ilz portent le ciel ainsi qu'ilz ont acoustunié par cy deuant, et tous les autres drappiers vestuz de drap tenné sans aucun en excepter, s'il n'y [a] exoine ou cause légitime, lequel exoine ilz seront tenuz venir déclarer au Bureau de ceste Ville, le tout sur peine de cent liures.

tf Aux ïaincturiers, lesquelz marcheront après les Bonnetiers, a esté faict commandement, sur les peines que dessus, qu'ilz feussent tous abillez de drap tanné garence; lesquelz ont ainsi accordé et qu'ilz seront seullement douze de leur nombre.

ff Aux Briseurs de sel a esîé fait send)lable commandement et sur les peines dessusd. comme aux autres officiers de Ville; lesquelz ont accordé eulx trouuer tous quatre abillez de rouge et pers comme les autres, sur les peines que dessus.

ff Aux Merciers, c'est assauoir aux quatre jurez, a esté fait commandement qu'ilz soient vestuz de velours pers en robbes et pourpoinctz de salin de cramoisy, et tous les autres merciers vestuz de drap tanné, sans aucun en excepter, s'il n'y a excusation, laquelle ilz seront tenuz venir déclarer au Bureau de la Ville ou au Greffe; ce qu'ilz ont acordé faire sur lesd. peines.

ff Aux Quarteniers a esté fait commandement, sur les peines dessusd., qu'ilz soient tous abillez de satin tanné et qu'ilz marchent en leur ordre acoustumé; lesquelz quarteniers ont faict l'esponce, en la présence de mond. seigneur le Gouuerneur, que, suiuant ce qui auoit esté ordonné par Messeigneurs les Preuost des Marchans et Escheuins, lesd. seize quarteniers jusques au nombre de quinze se estoient assemblez, lesquelz auoient conclud et délibéré de eulx trouver en leurs bons habitz et montez poui' acompaigner mesd. seigneurs de la Ville a aller au deuant de la Royne faisant son entrée en ceste Ville, et eulx monstrer le plus honestement qu'il leur sera possible en ensuiuant le bon plaisir du Roy; et par mond. seigneur le Gouuerneur a esté demandé a Jehan Turquain, portant la parolle pour lesd. quarteniers comme le plus ancien, qu'il declarast (juelz habillementz ilz entendoient porter; lequel Turquain a dit que, en considération de ce que lad. dame a présent Royne a esté cause du bon traictement de Nosseigneurs les enffans du Roy estans captifs es pais des Espaignes, et aussi qu'elle est cause de la paix et qu'elle l'a procurée et faicte, que iceulx quarteniers se abilleront tous de robbes de drap noir fin doublées de velours et sayons de velours et pourpoinctz de satin cramoisy vermeil, nonobstans que ce ne soit leur estât : sur ce led. Gouuerneur a dit qu'il falloit qu'ilz fussent tous vestuz de satin tanné; a dit led. Turquain (|u'il n'auoit aucune charge de ses compaignons quarteniers, mais que volunliers leur en feroit le récit. Ce fait, led. Turquain auroit prié et requis mond. seigneur le Gouuerneur de Paris et mesd. seigneurs de lad. Ville que leur plaisir fut entretenir lesd. seize quarteniers en leurs droictz et libertoz, et par especial que a lad. entrée nulz marchans ne autres ne marchassent au deuant de eulx, après mesd. seigneurs les Conseillers de lad. Ville ou eu leur absence Messeigneurs de la Ville, parce que par cy deuant aucuns se seroient ingexez de y marcher, et (jue, au moien de ce (ju'ilz ne vonlloient entreprendre noyse ou débat, qu'il leur pleust

y donner ordre : sur quoy auroit esté ordonné qu'ilz yroient en leur ordre acoustumé, et que nui ne marclieroit deuant eulx après lesd. Conseillers.

V Aux Conseillers de lad. ville a esté remonslré qu'ilz soient touz vestuz de robbes de velours ou salin tanné; pour lesquelz le seigneur de Harlay, le plus ancien de leur compagnie, a fait response ([u'il en conimunicquora a ses autres compaignons Conseillers et que au premier jour ils en rendront response.

f^Aux Orfeuures, c'est assauoir aux quatre maistres, a esté fait commandement es peines dessus déclarées qu'ilz soient vestuz de robbes de velours rouge, et tous les autres de drap tanné sans aucun en excepter, s'il n'y a excuse raisonnable qu'ilz seront tenuz venir déclarer au Rureau ou au Grcde de céans.

•rAux Ronnetiers, c'est assauoir aux quatre maistres, a esté fait commandement qu'ilz soient vesluz de damas rouge, et les autres dud. raestier jusques au nombre de vingt pour ie moyngs vestuz de robbes tannées, s'il n'y a excuse qu'ilz seront tenuz venir déclarer au Rureau ou au Greffe de céans, sur les peines que dessus.

rf Aux quatre gardes de Pelleterye a esté fait commandement es peines dessusd. qu'ilz soient vestuz de robbes de velours viollet, et avec eulx douze de leurd. mestier tous abillez de robbes de drap tanné; ce qu'ilz ont promis faire.

«Aux quatre jurez d'Espicerie a esté fait commandement es peines que dessus qu'ilz soient vestuz de robbes de velours incarnat, et les autres de leurd. mestier jusques au nombre de trente pour le moings vestuz de drap tanné; ce qu'ilz ont promis faire.

^Du mardy treiziesnie jour dud. mois de décembre oud. an mil cinq cens trente. — En l'assemblée cejoui'd'huy faicte en l'Hostel de ceste Ville de Messeigneiirs les Preuost des Marchans

et Escheuins , Monseigneur le Gouuerneur de Paris a remonstré que, pour faire bonneur

a la Royne a son entrée, chacun se mecte en peine de soy y trouuer au meilleur ordre de abillementz et monture qu'il sera possible, et mesme les Preuost des Marchans et Escheuins abillez de robbes de soye mi partyes; et pour ce que les Conseillers sont du corps de cesled. Ville, mond. seigneur le (îouuerneur leur a dit que, suiuanl le voulloir du Roy, ilz se doibvent abiller de soye le plus honestement que faix*e ce pourra : a quoy, par maistre Germain de Marie, le plus ancien des Conseillers présent en lad. assemblée parce que led. de Harlay n'estoit encores venu, a esté fait responce que, depuis peu de temps en ça, lesd. Conseillers se estoient assemblez en la maison de monseigneur de Harlay, le plus ancien dcsd. Conseillers, et conclud ensemblement que ceulx du nombre desd. Conseillers qui ne sont subgectz aux autres couriz ou compaignies a cause de leurs offices ou autrement se trouueroieiit a lad. entrée et feroient compaignie ausd. Preuost des Marchans et Escheuins avec les meilleures robbes, plus lionesles liabillementz qu'ilz auroient chacun en son endroict, mais qu'il leur sembleroit esirange de porter robbes de soye de coulleurs mi parties comme lesd. Preuost et Escheuins , parce qu'il n'a esté fait par cy deuant; ausquelz a esté de rechef remonstr,- par mond. seigneur le Gouuerneur qu'il n'entend qu'ilz soient vestuz de robbes de soye ini parliz, mais luy sembleroit bon qu'ilz fussent vestuz de robbes de satin tanné, parce que c'est l'une des coulleurs de lad. Ville; aus(juelz Conseillers assislans mond. seigneur le Gouuerneur a demandé les oppinions : et ont tous d'un accord esté d'aduis qu'ilz seront seullemont vesluz de leurs meilleurs abillenientz, au meilleur ordre qu'il sera possible, suiuanl la première oppinion dud. maistre Jehan de Marie; et de rechef mond. seigneur le Gouuerneur leur a remonstré que, ce qu'il leur en a dit, ce a esté j)ar le commandement du Roy exprès, et qu'il luy .semble qu'ilz se debueroient abiller ainsi qu'il leur a par cy deuant remonstré, pour faire chose pour l'honneur de la Royne et de lad. Ville qui n'a esté acoustumee

par cy deuanl et pour faire compagnie a iad. Ville, fju'ilz dyent et déclarent asseurement en quel nombre ilz feront conipajfriie a lad. Ville; lesquolz ont fait responce quant aux presens qu'ilz seront, c'est assauoir lesd. de llarlay, de Marie, Seguier, Montmiral, Lelieur, Le Liepure, Rerthelemy, Foucault; Seguier, l'un desd. Conseillers, a dit qu'ils auoient ensemble aduisé qu'ilz n'estoient délibérez faire compaignie ausd. Preuost des Marchans et Esclieuins en lad. entrée, si ce n'csl qu'ilz soient directement et sans moyen après le corps du Rureau de lad. Ville et sans ce que les Procuieur et Receueur de lad. Ville soient entre deux; et pour y pourueoir lesd. Conseillers ont [)rié mond. seigneur le Gounerneur soy en enquérir en la cour de Parlement et autres courtz pour en sçauoir l'ordie (jui y doit eslre lenu, ce que moud. s(;igneur le Gouuerneur a promis faire. 75

rrll a estë aussi conclud que tous les Quarteniers seront vestuz a l'entrée de la Dame de robbes de satin tannd, et, au demeurant des autres abillementz et monture, au meilleur ordre (jue laire ce pourra; ce que lesd. Quarteniers presens et dessusnommez ont accepté. 55

1 7 DÉCEURRE 1 5.3o.

Fol. 57 v°.

( Lettres du Roi annonçant l'entrée de la Reine Eléonore. )

Il y est question des porteurs du ciel et de leurs relais; de la tenture des rues; des ordres à donner aux archers: du souper de la Reine à l'Hôtel de Ville; des lices, etc.

26 JANVIER i53i (n. s.).

Fol. 70.

«Dud. jour [jeudi]. — De par le Preuost des Marchans et Escheuins de la Ville de Paris, vous, le premier sergent de lad. Ville, sur ce requis, faictes assauoir aux seize quarteniers de lad. Ville qu'ilz ayent a eulx préparer et acoustrer de robbes de satin tenné pour nous acompaigner a aller au deuant de la RcfJ'ne a son entrée qui se fera de brief en cested. Ville; et ce sur peine de cent liures d'amende, selon et en ensuiuant l'ordonnance qui leur en fut faicte par Monseigneur le Gouuerneur de Paris en l'assemblée generalle laicte en l'Hostel d'icelle Ville. Fait au Rureau de lad. Ville le jour dessusd.w

16 MARS i53i (n. s.).

Fol. 78 v°.

L'entrée de lad. Royiie en cesle ville de Paris.

trEt ledict seiziesme jour dud. mois de mars oud. an mil cinq cens trente auant Pasques, lad. Dame retourna du chasteau du Louure, ou quel elle auoit logé attendant le jour de sad. entrée, aud. prieuré de Sainct Ladre, et après son disner se présenta sur ung eschaffault qui auoit esté dressé deuant led. Sainct Ladre, et se asseit sur une chaire couuerte de velours azuré, semé de fleurs de lilz d'or, pour receuoir et oyr les harengues des depputez de l'église. Université, Corps de la Ville, Cbastellet, generaulx de la Justice, des Comptes, et court de Parlement a Paris. Et ced. jour, heure de neuf heures du matin, suiuant le marché fait par Mes-

seigneurs les Preuosl des Marclians et Escheuins de lad. Ville de Paris se trouuerenl en Thostel de lad. Ville et deuant icelluy liostel : Monseigneur le Gouuerneur de Paris, mesd. seigneurs les Preuost des Marchans, Escheuins et Greffier, vestuz de velours rouge et tenné; le Procureur de lad. Ville, de velours tout rouge; les Conseillers de lad. Ville, de satin noir; les Quarleniers, de salin tenné, et le Receveur de lad. Ville, de damas noir; les dix sergeus de lad. Ville, les soixante arbalestriers, six vingtz archers et cent liacquebutiers, quatorze vendeurs de vins, douze courtiers de vins, quarente porteurs de sac a hled, douze crieurs de corps et de vins, six mesureurs de charbon, douze mesureurs de sel, douze lianouars porteurs de sel, vingt mesureurs de bled, les quatre briseurs de sel et vingt mosleurs de boys, tous vestuz de robbes de liuree de lad. Ville; les quatre maistres jurez de la Drapperye, les quatre maistres de la Mercerye, les quatre maistres ou esleuz d'Orfauerye, les quatre maistres jurez de Bonneterye, les quatre maistres jurez de Pelleterye et les quatre maistres jurez d Espicerye, tous a cheual , et plusieurs autres de chascun desd. estatz et mestiers. Ce lait, partirent dud. liostel de Ville en l'ordre qui ensuyt :

ff Premièrement marchoient deuant mil honnnes de pied vestuz des coulleurs de noir, blanc et jaulne, liurees de lad. Dame, bonnetz emplumez, ayans picques, hallebardes et hacquebuttes. Après eulx les enffans de lad. Ville en nombre cent, montez sur cheuaulx bien en ordre, et lous capparassonnez et vestuz de cazacques de velours des liurees de lad. Dame, le cappitaine deuant avec son enseigne.

ff Après eulx marchoient a cheval deux desd. sergens de lad. Ville, vestuz de leurs robbes de liuree. Et api'ès suiuoient a pied, deux a deux, les dessusd. vendeurs et courtiers de vins, porteurs de bledz, crieurs de corps et devins, mesureurs de charbon, mesureurs de sel, hanouars , mesureurs de bledz, briseurs de sel, et jurez mosleurs de boys, tous ayans chascun ung balon blanc en la main et vestuz de robbes et sayes de rouge et bleu , liuree de lad. Dame.

r Après alloient a cheual lesd. cent hacquebuttiers, vesluz de leurs hocquetons d'orfauerye, ayans chascun sa hacquebulte a Tarson de la selle; deux trompettes deuant eulx.

(f Après, les six vingtz archers de lad. Ville, aussi vesluz de leuis hocquetons d'orfauerye, ayans chascun une javellyne; et deux autres trompettes deuant eulx.

rr Après, les soixante arbalesliers, vestuz de leurs hocquetons lous neufs; et leurs liompetles deuant eulx.

tf Après alloient a cheual les autres huit sergens de lad. ville. Après eulx, troys des pages de mond. seigneur le Gouuerneur de Paris, montez sur grans cheuaulx.

ff Après, les vingt archers dud. Gouuerneur, a pied, ayans leurs hocquetons d'orfauerye, et chascun une jaueline de barde.

tf Après, mond. seigneur le Gouuerneur Ires richement abillé, et mond. seigneur le Preuost des Marchans avec luy, veslu d'une robbe de velours cramoisy, rouge et tenné mi partie.

Prévôt : Gaillard Spifuiiie , seigneur de l'isseaux; armes : de gueules à l'aigle membrée et becquée d'argent cl couronnée d'or.

Echevins : Vincent Maciol, d'azur au chevron d'or, accompagné de 3 chicols du même. — Pierre Fournier, d'azui'à 2 bars adossés d'or, accompagnés à dexlrc et à séncstre et en pointe de 3 étoiles d'or, le tout surmonté d'un lambol d'argent. — llegnaull Picard, notaire et secrétaire du Roi, d'azur au lion d or armé et lampassé de gueules. — Pierre Hennequiu, vairé d'or et coalrevairé d'azur, au chef de

gueules chaigé d'un lion léopardé d'argent el accosté d'un rencontre de cerf d'or surmonté en son bois d'une croix du même.

Parmi les Conseillers : Du Drac, (niillaume Rudé, Lescol, Berlliélemy, Morin, Le Lieur, Le Clère, L'Aloyau, Foucault, Clulin, de Harlay, de Monlmirail, Séguier, de Marie, de Thou.

Parmi les Quarleniers : Crespy, Turquant, Eschars, de Moussy, de Saint-Germain, des Moulins, Godeli'oy, Berlbélemy, Toupiii. Le Jay, Danès, Raoul.

«Après, mesd. seigneurs les Escheuins et Greffier de lad. ville, aussi vestiiz de. r()])[)fts do velours roujfo et tonne mi parties, deux a deux; le Procureur do lad. ville, vcstu rriino rohijo de velouis sans ostro nii parlyo , ie([iiel niarclioit avec lod. j|relfier. Et auanl que partir diid. Hostei de Ville l'ut remonstrti par messeigneurs les Conseillers de lad. Ville que led. Procureur n'ostoil du Corps d'icelle Ville et qu'il ne debuoit marcher douant eulx : sur quoy l'ut aduisé (jue, j)oiir cesie l'oys et sans préjudice de leurs droictz et renionstrances cy après déclarées, et sauf a en disculor, led. Procureur yroit auec lod. greffier; Icsquelz protestations et renionstrances sont escriptes en la lin do costo présente entrée.

'rSuiuoient après mesd. seigneurs les Conseilleis de la Ville, vesluz do robbes de satin noir, deux a deux. Après eulx, le Receueur do lad. Ville, veslu de damas noir.

fr Après, les seize Quartoniers, deux a doux, vcstuz do salin Icnné.

'fAprès, les (piafro niaislros do la Drapperye, vostuz do robijos do velours tonne; après (;ulx, grand nombre do drappiers vestuz de drap lenné.

ffLes (|uatro maistros de l'Espicerye, vestuz de robbos do velours noir, et plusieurs espiciers après eulx vestuz de drap tonné.

"Les quatre maistres de la Mercerye, vesluz de robbos do \oIours pers, et leur suite de drap tonne.

«Les quatre maistres de la Pelleterye, vestuz de robbos de velours viollet, leur compagnie de drap tenné.

«Les quatre maistros Ronnetiers, vestuz de robbes de damas rouge, et leui' bonde de drap tanné. «Les quatre maistros dos Orl'euures, vesluz de robbos de velours rouge, et leur compagnie de ilrap tenue.

«Après tous les dessusd., grant nom!)re do marchans, taincturiers et autres bourgeois do lad. Ville, vestuz de leurs bons babitz, le tout marchans en bon ordre. Auquel ordre mesd. seigneurs les Gouuerneur, Preuost, Escheuins, (îreffier, Procureur, Conseillers, Receueur et Quarleniers de lad. Ville et autres dessus nommez marchèrent depuis led. Hostol de Ville par la rue de la Vanerye jusques a la porte de Paris, et tournèrent le long de la grant rue Sainct Denis jusques a la porte; et de lad. porte par dedans la Ville, le long des murailles, jusques a la porte Sainct Martin, par laquelle porto sortans la Ville ilz allèrent le long du laulxbourg Sainct Laurens tourner en la rue au dessus de Toglise dudict Sainct Laurens, et passèrent en l'ordre que dessus pardeuant lad. Dame estant sui' led. eschall'aulx deuant lod. prieuré Sainct Ladre. Auquel lieu mesd. seigneurs les Gouuerneur, Preuost, Escheuins et Greffier descendirent, et monteront aud. eschaffaulx. Et après auoir faict la reuerenco a lad. Dame, led. Gouuerneur luy l'eist une brel'uo harongue de par lad. Ville, e( demoura auec lad. Dame. Et ce l'aict, marcheront tousjoui-s on lad. ordre mesd. seigneurs les Preuost dos Maichans, Escheuins, Grellier, Procureur, C.onseillers, Receueur, Quarteniers, et autres marchans et bourgeois deuant nommez, jusques a la porto Sainct Denis; auquel lieu mesd. seigneurs les quatre Escheuins demourerent attendans la venue de lad. Dame pour porter le ciel sur elle. Et moud, seigneur le Preuost ayant auec luy le (iroffier marchant onsemblement, et acompaignez desd. Procureurs, Conseillers, Receueur etQuaiieniors, et antres bourgeois en grand nombre, marchèrent oullro le long de lad. grant rue Sainct Denis jusques a l'église de la Trinité; ouquel lieu lesd. cjuatre maistres de la Drapperye demourerent pour porter et prendre le ciel jusques a Sainct Leu Sainct Gilles. Et passeront oultre lesd. Prouost. Greffier, Procureur, Conseillers, Receueur et Quarteniers, et autres dessud. jusques au Palais; auquel lieu ilz soupperent au bancquet solempnel que le Roy l'aisoit a lad. Damo. El laisseront oud. lieu de Sainct Lou Sainct Gilles losd. maistres de l'Espicorie, a Sainct Innocent lesd. quatre maistres do la Mercerie, a Saiucle Opportune losd. quatre maistres de la Pelleterye, a la

Uti LES ARMOIRIES DE PARIS.

porte de Paris lesd. quatre maistres de Ronnetiers, a Sainct Denis de la Chartre lesd. quatre maistres d'Orfauerye, lesquelz prindrenl et portèrent chacun en son tour Icd. ciel sur lad. Dame; et depuis Nostre Dame lesd. Orfeuures reprindrent led. ciel et le portèrent sur lad. Dame jusques au Palais.

19 MARS lo3l (11. S.).

Fol. 89.

«Du dix neufiesme jour de mars oudict an mil cinq cens trente.

(fLa Royne Eleonor nostre souveraine Dame, Madame mere du Roy, la Royne de Nauarre, Messeign. les Enffans de France, les Daulphin ducz d'Orléans et d'Angoulesmes, acompagnez de plusieurs princes et seigneurs, princesses et dames tant françoises que espagnoles, sont venuz disner en l'Hostel de ceste Ville de Paris en ensuiuant les anciennes et louables coustumes de tout temps d'ancienneté gardées et observées es entrées, ouquel lieu y auoit bancquet d'ordre en la plus grande magnificence que l'on auoit peu aduiser. Auquel seruoient messeigneurs de la Ville vestuz de leurs robbes de velours miparties, lesquelles ils auoient portées a l'entrée de lad. Dame la Royne Eleonore; et auoient pour porter les viandes leurs archers, arbalestriers et hacquebuttiers, vestuz de leurs becquetons d'orfauerye, et au meilleur ordre qu'il estoit possible. Et après le disner fut fait présent a lad. Dame par le Preuost des Marclians portant la parolle, les Eschevins et Greffier, vestuz comme dict est, de deux chandelliei's vermeilz dorez, la valleur desquelz est escripte en ce présent registre.

Les délibéralions relatives à cette entrée nous font connaître les raisons qui engageaient le Bureau à imposer telle ou telle tenue aux gens de service, ou autres, dépendant de la Ville.

On prit d'ailleurs, pour cette cérémonie, un certain nombre de dispositions qui n'étaient pas nouvelles, sans doute, mais qui la réglementaient d'une manière complète : ordre, costumes, questions de préséance, tout fut prévu. On augmenta même le nombre de ceux qui devaient assister à l'entrée, et on leur fit des injonctions auxquelles ils devaient se conformer, sous peine d'amende. Ainsi, il l'ut décidé que tous ceux qui en animaient le moyen porteraient un costume de soie; et, si quelqu'un s'y refusait, la Corporation à laquelle il appartenait était condamnée à payer une amende de cent livres.

Ici commencent également les injonctions au sujet de l'habillement des Corporations.

Les Pelletiers devront être habillés d'écarlate. y\ux membres des autres Corporations on recommande seulement d'être tous rc d'une parure, c'est-à-dire uniformément habillés. Quant aux menus olliciers, mesureurs, crieurs, briseurs, etc. ils doivent, sous peine d'amende, s'habiller aux couleurs de la Ville, et porter autant que possible des vêtements de soie. C'est la première fois que cette injonction est faite avec une sanction pénale.

LE CORPS DE VILLE EN CÉRÉMONIE. 245 Dans 1.1 seconde di'îlibcration, il est enjoint aux frDrappicrsn de se revêtir de robes de velours tanné pour porterie dais; le drap tanné est prescrit aux autres membres de la Corporation. Le violet est imposé au premier corps. Les Teinturiers doivent être vêtus de drap tanné garance. Les Merciers sont habillés de velours pens, et revêtent le pourpoint de satin cramoisi, s'ils portent le dais; ceux qui ne le portent pas sont vêtus de drap tarnié. Nous ne pensons pas que, dans le costume des Corporations auxquelles le tanné était imposé, cette couleur ait été un nn'-parti; car cette disposition des couleurs est toujours indiquée nettement en ternies de blason, et, en outre, le mi-parti n'a été maintenu que pour le Bureau de ia Ville. Les Gardes et les menus Ofïiciers n'employaient plus, depuis le xvi'' siècle, cette disposition très-apparente et toute particulière.

Les Quarteniers devront porter du satin tanné. Leur doyen demande, par raison d'économie sans doute, que l'on exige seulement du drap noir et le pourpoint de satin; mais on insiste et il cède. C'est ici que l'on constate la première difficulté sur la préséance, dans les cérémonies entre gens de la Ville: les Quarteniers ne veulent pas souffrir que frnulz marchansi^ les précèdent. On les place à la suite des Conseillers de Ville.

Nous avons vu plus haut que, par une dérogation purement respectueuse aux règlements touchant les livrées, les chefs des Gardes de la Ville offrirent de faire leurs hoquetons aux livrées de la Reine. Cette galanterie fut bien accueillie par le Bureau.

Les Conseillers de Ville sont astreints à porter des robes de velours ou de satin tanné plein.

On voit, dans les délibérations du Conseil de la Ville, que le Gouverneur de Paris, représentant du Roi, pousse les gens de la Ville à revenir aux livrées de l'ancienne Marchandise. On y trouve aussi des invitations au Bureau de la Ville de faire élire des marchands, ou des bourgeois, plutôt que des avocats ou des gens de loi.

Il importe de bien préciser ici le costume des corporations ou corps de métiers.

Les Orfèvres porteurs du dais, c'est-à-dire les quatre Maîtres, sont vêtus de velours rouge; les autres orfèvres, de drap tanné. Chez les Bonnetiers, la couleur est le damas rouge, pour les quatre Maîtres, et le tanné pour les autres. Chez les Pelletiers, les quatre Gardes sont en velours violet; les autres, en drap tanné. Chez les Epiciers, les quatre Jurés sont vêtus de velours incarnat; les autres, de drap tanné.

On constate que des couleurs différentes sont attribuées expressément auxcliels de chaque Corporation. Une autre remarque à faire, c'est que, malgré la résistance très-probable des six Corps de la Marchandise, certains corps de métiers, comme les Bonnetiers, les Teinturiers, entrent dans les cortèges. On s'aperçoit que les frais de costume gênent les marchands, et l'on s'adresse alors à la vanité des Corporations qui ne font pas partie de la Marchandise et qui s'empressent de se mêler aux six (jorps. Ces dispositions sont fort intéressantes; elles expliquent certains changements dans les relations de la Ville avec les Corps de Métiers.

Pour la première fois, les Conseillers de Ville parlent ici des vêtements que le Gouverneur de Paris cherche à leur imposer, el contestent l'opportunité de cette mesure. Cependant ils adoptent le satin tanné pour leurs robes, à condition que personne ne se placera entre eux et rrles Prévôt, Echevins et Greftieifr(le clei'c),n pas même le Procureur et le Receveur, qui sont très-expressément nommés et signalés. La question de préséance était donc pour eux la principale; celle du costume, quoique fort importante, n'était (|ue secondaire.

H est nécessaire d'indiquer quelle pouvait être la pensée des Conseillers de Ville, quand ils se défendaient de porter la couleur de la Ville, ou plutôt de la cf Marchandise, 11 couleur imposée déjà aux Quarteniers. L'explication qu'en donne le Gouverneur, c'est ce cjue le Roi le désire, et qu'il n'entend pas qu'ils soient vêtus cf de robes de soie mi-parties, mais de satin tanné, l'une des couleurs de la Ville, n

Ainsi, il est bien établi (pie le Uumé était la couleur de la Ville, ou Tune des deux loiinant le mi-parti. On choisit donc, pour les Conseillers de Ville, la couleur (pii ap|)ai tenait en même temps à la Marchandise. A cette époque d'étiquette rigour(Mise, on ne pouvait mettre en (piestion la signification différente de la couleur rouge. Celle-ci ne pouvait être portée mi-partie que par les personnages, magistrats consulaires, plutôt que justiciers, qui formaient le Bureau de la Ville. Ou voit, en ell'et, le premier Conseiller déclarer nettement qu'il se ti'ouve, daus le Conseil de Ville, plusieurs membres appartenant aux autres rwms ou compagnieH, et ([ui, pour cette raison, pourraient ne point accompagner le cortège.

Cette objection jette beaucoup de jour sur les questions de préséance qui, un [)eu j)lus tard, s'élèveront entre les Conseillers des cours du Parlement et des Comptes. Avant cette époque, les Conseillers de Ville sont pris très-rarement dans la magistrature assise; ils sont choisis j)resque exclusivement dans les divers corps de la rr Marchandise, r On comprend alors pourquoi le Gouverneur de Paris, au nom du Roi, insistait si fort pour faire adopter la couleui' de tanné aux Con-

LE CORPS DE VILLE EN CÉRÉMONIE. 2àl seillers, <|ui ne l'avaient jamais portée, si ce n'est dans un autre temps et comme rr marchands, -n H ne ])Ouvait en être de même des magistrats.

Dans l'entrée qui nous occu|)e, on voit se reproduire l'injonction comminatoire laite aux ()uarteniers, relativement à leurs robes de satin tanné. Elle s'étendra à toutes les Corporations et à tous les sei'vices. Le Procureur de la Ville, qui ne sera que plus tard Procui-eur du iioi, porte la couleur attribuée à la .lustice. Les Conseillers sont encore vêtus de satin noir, et non de satin tanné, malgré leur promesse. Oiianl au Receveur, il j)orte l'ancienne couleur du Clei'c, le damas noir; le (îrellier a pris le mi-parti, et marche sur le même rang que le Bureau. 11 faut aussi remarquer la séparation expresse du Procui-eur et du Receveur.

Les mille hommes d'escorte, en supplément, portent les couleurs de la Reine : noir, blanc, jaune (maison d'Autriche). Les «Enfants de la Ville n sont à cheval, et marchent vêtus de casaques aux couleurs de la Reine. A partir de cette entrée, les Enfants de la Ville figurent toujours dans le cortège. C'étaient, sans doute, des jeunes gens de famille bourgeoise, assez riches pour faire les frais énormes de leurs costumes. Les fifres et les tambourins sont habillés aux frais du Roi.

Le Procureur figure au Registre avant les Conseillers, ce qui indiquerait que le Bureau de la Ville était, sur cette question de préséance, du même avis que le Roi. Le Receveur se trouve avec les Quarteniers, à la suite des Conseillers.

Le service du banquet est fait par cr Messeigneurs de la Vdlc^i c'est-à-dire le Bureau et le Conseil, à cause du nombre des convives. Le Prévôt et les Echevins servaient la Reine et les princesses. Les gardes apportaient les plats, comme il est dit plus haut. Les tables étaient placées dans un ordre hiérarchique, et le nombre des convives était réglé sur la qualité de chacun d'eux, ainsi qu'on le voit dans d'autres relations de ces fêtes. Le Bureau de la Ville et les Conseillers servaient, au festin, en habits de cérémonie.

Nous ferons remarquer, en terminant, que les rr Italiens, t> dont il est question au commencement du deuxième extrait, appartenaient sans doute à cette nombreuse catégorie d'artisans, ou artistes de second ordre, qui, venus en France à la suite des grands peintres appelés par François P'', contribuèi'ent à introduire, tant à Paris que dans les résidences royales, le goût décoratif de leur pays. La somme, très-élevée pour l'époque, qu'ils réclament comme prix de leur contours, démontre sulfisamment qu'ils n'avaient point alors de concurrents sérieux parmi les artisans et artistes parisiens.

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