‹ Les armoiries de la ville de Paris: sceaux, emblèmes, couleurs, devises, livrées e céroemonies publiquesChapitre 84 sur 107 · ENTRÉE DE CHARLES IX · texte numérisé non relu

ENTRÉE DE CHARLES IX

Quelques mois après son mariage avec Elisabeth d'Autriche, Charles IX fit son entrée solennelle à Paris. Les Registres de la Ville contiennent une description minutieuse de cette

La composition du Bureou n'avait pas varié depuis le mois d'août précédent.

29â LES ARMOIRIES DE PARIS.

cérémonie. On verra, par l'extrait que nous donnons ci-dessous, que le rédacteur n'a omis aucun des détails qui concernent le cortège municipal.

Le défilé commence par les quatre ordres mendiants, Cordeliers, Carmes, Augustins et Jacobins; viennent ensuite le Clergé des églises et paroisses de Paris, l'Université et la Ville.

6 MARS 1 571 (n. s.).

H 1786, fol. 136.

Entrée du Roi Charles IX à Paris.

tf . . . Ceulx la passez , vint le Corps de la Ville en l'ordre et equippaige qui s'ensuict , c'est a çauoir : (le dix huict cens hommes de pied choisis et esleuz de tous les mestiers d'icelle, conduictz par leurs cappilaines, lieutenans et enseignes, dont furent faictes trois bandes : auant garde, bataille et arrière garde, tous habillez des coulleurs du Roy mais d'une telle ordonnance et si bonne façon que l'on pouuoit discerner chacune bande, une blanche, l'aultre grize et l'auitre rouge; car ceulx de l'auant garde auoient les chausses et pourpoiiict blancs chamarrez et bandez de veloux rouge, l'escharpe de taffetas gris; ceulx de la bataille, les chausses et pourpoinct de gris bandez et chamarrez de veloux rouge, l'escharpe de taffetas blanc; ceulx de l'arriére garde, les chausses et pourpoinctz rouges chamarrez et bandez de veloux blanc, lescbarpe de taffetas blanc : et chacune bande de six cens hommes soubz deux cappitaines, deux lieutenans et deux enseignes ayans tous morions gravez et dorez; quant aux harquebuziers et quant aux picquiers, tous armez de corseletz et bourguignottes la plus part grauez et dorez, accompaignez de fiffres et tabourins, en bon nombre, marchanz sept a sept et lenantz si bien leurs rengs qu'il n'estoit possible de mieulx.

fc Geste compagnie passant douant Sa Majesté la salua d'une escoppeterie sy bien faicte qu'elle monstra en recepuoir grand contentement, d'aullant plus qu'elle les congneut touz vraiz hommes de guerre, expérimentez et bien adi'oictz au maniement des armes et dignes de luy faire ung bon seruice si l'occasion se presentoit.

t Après eulx venoient les cent harquebuziers a cheual , ayant trois trompettes douant eulx, vestuz de leurs hocquetons d'oi'feuerye aux deuises dud. seigneur et armes de lad. Ville, le bas duquel estoit tout couvert et enrichy de broderye, marchant trois a trois après leur cornette soubz leurs cappitaine, lieutenant, enseigne et guydon, portans tous la longue harquebuze a l'arçon de la selle, le feu en la main, et ayanz tous manches de maille et leur saye de leurs coulleurs ordinaires.

ftCest auant garde, bataille et arrière garde a pied passées, venoient après les menuz officiers de lad. Ville jusques au nombre de cent cinquante, portantz robbes my parties de rouge et bleu , les chausses de mesme, chacun tenant ung baslon blanc en sa main, conduilz par deux sergenlz

On voit dans les comptes de l'écurie du Roi pour l'année i5G6 (Archives nationales, KK i35, fol. i/i5) vingt-deux aunes de passement de soie blanche, bleue et incarnat, données au tailleur de l'écurie et par lui employées sur une saye et un manteau d'un page nommé \'illiers. Dans les mêmes comptes pom* Tannée 1670 (Archives nationales, K K i36, fol. 78, 75, 77 et 79) on trouve : cinq douzaines de gros boulons à longue queue, faits de

soie incarnai blanc el bleu; soixante et treize paires de chausses d'eslamet bleu faites à bourses, bandées de laDfetas à six fils incarnat el blanc; quarante paires de trousses d'estamet rouge, coupées au genou , faites à bandes à l'espagnol , chamarrées de tafTetas blanc et bleu, pour quarante laquais; onze onces de passements de soie incarnat, blanc et bleu, pour chamarrer deux manteaux faits pour deux pages, etc.

tic lad. Ville a chenal, vesLuz de robbcs my parties de pareilles coulleurs, ayans sur les manches gaulches d'icclles uiig nauire d'argent, qui sont les armoiryes de lad. Ville.

tfSoubz aultant de drappeaulx marchoient les cent archers de lad. Ville, demesme ordonnance et parure, portans chacun la couple de pistoUes a l'arçon de la selle.

tr A leur queue estoient les cent arbaleslriers ainsi armez, conduictz et esquippez que les precedenlz, ayans aussy chacun d'eulx la coupple de pistolles a l'arçon de la selle.

ffLes compagnies passdes, marchoient les jeunes hommes enffans des principaulx bourgeois et marchans de lad. Ville, conduictz par le seigneur Desprez, leur cappitaine, le s' Mathieu Marcel et René Dolu t^), lieutenans, Nicolas Clairseilleur et Pierre le Lorrain, enseigne et guydon, habillez de casaques a manches pendantes, de veloux rouge cramoisy haulte couleur, si fort chamarrez de passemens, cordons et cannetille d'argent qu'il restoit bien peu de vuyde, couuertz de corps decuyrasse; soubz leurs casaques desquelz par les brassarz paroissans richement gravez et dorez, ce pouoit considérer de quelle valleur pouoit estre chacun de leurs harnois, dont l'armet et ganteletz estoient portez par ung paige que chacun d'eulx auoient deuant soy, excepté le Cappitaine q*ui en auoit quatre, et les Lieutenans, Enseigne et Guydon chacun deux.

(fllz portoient chappeaulx de veloux noir garniz de pennaches des couleurs du Roy, dont les cordons faictz de grosses perles entremeslees de diamans, rubis et autres pierres précieuses, estoient de valleur inestimable; et n'y auoit celluy d'entre eulx qui ne feust monté sur chenal d'Espaigne ou autre et beau cheual de service sur lesquelz ilz s'estoient exercez quelque temps auparauant, en sorte qu'ilz estoient quasy tous dressez au galop en rond, a toutes mains, a corbetlez et a passades, lesquelz ilz faisoient quelque fois voltiger et pari-ader, mais de si bonne grâce qu'ilz se rendoient toujours a leur rang et place. La selle et harnois de leur cheual estoient de mesme veloux cramoisy que leur casaque, couuers et enrichiz de cannelilles, cordons, passementz et houppes d'argent; les pages des cappitaines, lieutenans, enseigne et guidon estoient montez et vestuz de mesme parure ou a peu près que leurs maistres, portant leurs equippages cy deuant transcriptz. Toute laquelle trouppe , qui estoit du nombre de cent hommes a cheual, en fort bon equipaige comme dict est, s'estoit assemblée a Sainct Martin des Champs, duquel lieu ils vindrent deuant l'Hostel de la Ville pour marcher en l'ordre qui leur seroit ordonné par mesd. seigneurs les Preuost des Marchans et Escheuins, ayant leurs trompettes et clairons .deuant eulx. Et après qu'ilz eurent faict la reuerence a mesd. seigneurs qui estoient pretz a les recepuoir, furent mis a la queue des Enffans d'icelle Ville pour estre les plus proches du Corps de la Ville. En marchant, les dessud. furent suyuis par les maistres des œuures de Charpenterye, Massonnerie et cappitaine de l'Artillerye d'icelle Ville, aussy a cheual, vestuz de casaques de veloux noir passementé d'argent et pourpointz de salin rouge cramoisy, marchant eulx trois d'ung rang.

(fEt consécutivement huict sergens de lad. Ville a cheual, vestuz de pareilles robbes m y parties et ayans chacun leur nauire d'argent sur l'espaule gaulche comme les deux precedens desquelz est cy deuant faict mention.

ff Après eulx marchoient mons"" Claude Marcel, Preuost des Marchans, ayant une robbe my

Mathieu Marcel, fils du Prévôt des Marchands Claude Marcel, fut en 1677 conseiller et receveur général des finances de monseigneur fils de France, frère du Roi , puis conseiller au Grand Conseil et conseiller d'Etat en i5ç)G.

René Doki fut plus lard maître de la Chambre

aux deniers et grand audiencier de France. Son père, Jean Dolu, seigneur de Mal voisine, était conseiller, notaire et secrétaire du Roi. Un membre de la famille DoUi avait é[)Ousé Denise Marcel , fille de Claude, qui fut Prtîvôt des Marchands. (Voy. p. 210, n. 1 .)

partie de veloux rouge crainoisy brun et veloux tanné, fourre'e d'une excellente marte sublinne, le saye rouge cramoisy a boutons d'or; sa nuille harnachée d'ung harnois de veloux noir, (rangée d'or a boucle et doux dorez, la housse bandée et frangée de mesnie traynant en terre, au deuant duquel marchoient quatre hommes a pied vesluz de ses couleurs, dont l'un porloit deuant luy sur son espaulle les clefz de la Ville attachées a ung gros cordon d'ai'gent et de soye des couleurs du Roy pendant a ung baston couuert de veloux cramoisy cannetillé d'argent, et a ses costez deux lacquays vestuz de ses coulleurs; led. seigneur Preuosl estant seul.

(T Après luy marchoient les quatre Escheuins de lad. Ville, assçauoir : mr. PieiTe Poullain, secrétaire du Roy; mr. François d'Auuergne, seigneur de Dampont, conseiller au Thresor; mr. Symon Rouquet, bourgeois, et Symon de Cressé, seigneur dud. lieu, vestuz de pareilles robbes de veloux que celle dud. s'' Preuost, doublées de panne de soye noyre, portans bonnelz de veloux; leurs mulles enharnachées de veloux noir brodé de passemens de soye noyre a boucles et doux dorez, la housse bandée et bordée de mesme, ayant chacun deux lacquais vesluz de leurs couleurs marchans deuant eulx'''.

fcLes Procureur du Roy de la Ville, Greffier et Receueur d'icelle marchoient après ensemblement habillez, assçauoir : le Procureur du Roy, de robbe de veloux rouge cramoisy haulte couleur; le Receueur, de veloux tanné brun, et le Greffier, semblable ausd. Escheuins, suyuiz de vingt quatre Conseillers d'icelle Ville portans robbes de satin noir.

ffLes seize Quartiniers venoient après, habillez de robbes de damas noir^ et après eulx es maistres de la Marchandise, assçauoir : quatre gardes de la Drapperye portans robbes de veloux noir, quatre de l'Espicerye et de i'Appoticairye de veloux tanné, quatre de la Grosserye et Mercerie de veloux violet, quatre de la Pelleterie de veloux pers fourré de loups ceruiers, quatre de la Ronnelerye de veloux tanné, et quatre de l'Orfeurerie de veloux cramoisy brun, aconqiaignez de trente deux des principaulx bourgeois et notables mai-chans de lad. ville fort honnestement habillez. Lesquelles gardes portèrent au retour le ciel et poisle sur la Majesté du Roy, ainsi qu'il sera desclairé cy après

Prévôt : Claude Marcel; ses couleurs étaient liidDC et noir, ses armes étant d'argent à la eroi.v de Lorraine de sable. Il écartelait ses armoiries de celles de sa bisaïeule paternelle, Anne Orlant, qui portait d orà la liande d'azur chargée de trois fleius de lys d or; mais les couleurs de sa livrée devaient êire empruntées à son blason patrimonial.

Eclievins : Pierre Poullain, secrétaire du Roi. d'azur au chevron d'or, chargé de 5 besans de gueules, accom[)agné eu chef de 2 molettes d'or et en pointe d un souci de même. — François d'Auvergne, seigneur de Dampont, conseiller du Roi en la Chambre du trésor, écarlelé au 1 et i d'azur à l éloile il'or surmontée d'une couronne de gueules , au 2 et 3 d'argent à la fleur d'azur tigée de siliople; une croix d'or losangée de gueules brochant sur le tout. — Simon Bou([uet, d'argent au bosquet de sinople de 5 arbres terrassés du même, au chef d'azur chargé de 3 étoiles d'or. — Simon de Cressé, seigneur dudit lieu, d'azur à 3 massacres de cerf d'or.

Conseillers : Prévost, Hennequin, Luillier, Pierrot, Viole, Du Drac, Guyot, Dugué, Larcher, Le Lièvre, Croquet, Palluau, de Jumeauville, Huault, de Bragelonne, Aubery.

Quarteniers : Paulmier, Kerver, Parfaict, Guerrier, Huol, Danès, Leconte, Perrot, M<)heut, etc.

D'après le marché fait le 1 9 octobre iSyo par la Ville avec Jacques Messier, cliasublier, ce dais devait être en velours bleu, doublé de satin de même couleur; sur les pentes et le fond étaient semées cent fleurs de lys d'or et brodés quatre grands écussons , deux aux armes du Roi , deux aux armes de la Ville. Au milieu se trouvait un autre grand écusson aux armes du Roi , entouré du collier de l'Ordre et surmonté d'une couronne royale. Les bâtons servant de supports étaient peints à l'huile et semés de fleurs de lis d'or. Chaque fleur de lis était évaluée à i3 sols tournois pièce, chaque écusson h i3 Hvres et le ciel à 35 livres; quant aux crépines et fi'anges , elles étaient au poids de la soie et de l'or. ( Voy. la note 1 de la page 2 1 A )

ff Toute laquelle compaignyo de la Ville parlant de la Greue allèrent par la rue de la Vennerve, et passèrent par la nie du Crucifix Sainct Jacques de la porte de Paris par dedans la rue Sainct Denys ou fut prins le clieniyn, combien ([uc Ton pensoit aller par la rue Sainct Martin; mais fut aduisé d'aller le long de lad. rue Sainct Denys a cause que mess" les quatre Escheuins et les gardes qui debuoient porter le ciel demourcrent en cbemyn qui n'eussent esté veuz, au moyen de quoy fut prins le cliemin de lad. rue Sainct Denys, pour trouuer la compaignie par la rue du Rourg l'Abbé deuanl la fontaine de la Royne, [)our gaigner la porle Sainct Martin et en ce faisant euitter confusion. d

(Suit le détail de la cérémonie.)

Les détails fournis par les Registres de la Ville nécessitent quelques observations.

Les couleurs du Roi, portées dans cette cérémonie par les hommes de métier, étaient le rouge, le blanc et le gris. Si certains documents, à peu près de la même époque, mentionnent parfois des couleurs royales dilFérentes, ce ne pouvaient être que des livrées de circonstance. Les véritables couleurs de la livrée du Roi de France étaient le rouge, le bleu et le blanc'''.

Les costumes des menus Officiers et des Sergents de la Ville sont décrits ici d'une façon très-précise. Ces divers agents portaient une robe mi-partie rouge et bleu et des chausses dont l'une était rouge et l'autre bleue. Les Sergents avaient en outre, sur la manche gauche, qui était rouge, un navire d'argent.

Quant aux Enfants de Paris, ils ne cessaient, comme on le voit, d'augmenter leur luxe et leurs dépenses. Les fêtes auxquelles on les faisait participer, et qui étaient une sorte de carrousel, avaient, à leurs yeux, le double avantage de plaire à la Cour, de faire ressortir leur propre luxe et de servir ainsi les intérêts de leur vanité.

Les deux Maîtres des œuvres de charpenterie et de maçonnerie et le Capitaine ou maître de l'artillerie de la Ville paraissent ici vêtus de casaques de velours noir passementé d'argent; mais, au lieu du pourpoint de satin blanc qu'ils avaient à l'entrée de Henri II, ils portent un pourpoint de satin rouge cramoisi.

Le costume du Prévôt mérite une attention particulière.

Le collet de la robe, mi-parti comme ce vêtement, était di^oit et renversé; cette disposition date de la prévôté de Claude Guyot (i 5/i8-i 55 1).

La robe est fourrée de rr marte sublinne (zibeline) -n : l'usage de cette fourrure se

Pour de plus amples détails à ce sujet, nous critique de M. Marias Sepet, intitulée Le Drapcun renvoyons le lecteur à la dissertation historique et de la France (Paris, 187.3, Palmé).

inaiiitint jusqu'en 1619, époque où elle fut reiu])lacéc par la poluclie de soie. La soutane, ou saye, avait pour ceinture un cordon rouge cramoisi, terminé jiaides glands d'or, avec fianges et graines d'épinards.

Le chapeau, ou bonnet de velours noir, était garni d'une tresse d'oi-, à glands d'or. Des franges et rr graines d'épinards n d'or ornaient aussi les gants du Prévôt.

Ce riche cos(uni(> n'était revêtu c[ue loi's des grandes cérémonies auxquelles prenait part le Coi'ps municipal de Paris, et surtout poui- les entrées solennelles des rois cl l'eines de France. Mais, lorsc|UC ces entr(''es se faisaient sans grand apparat, les Officiei's municipaux n'y figuraient qu'avec leurs habits ordinaii'es. iNous lisons dans le Piegistre du Bureau de la Ville (H 178/1, fol. lAi) et dans le Cérémonial Jrancots (t. 1, p. 820) (jue, le G avril loGa, lors de l'enti'ée du i-oi Charles IX à Paris, après son sacre, ce prince n'ayant que onze à douze ans, les Prévôt des Marchands, Echevins et Bourgeois de la ville rr allèrent au devant de rrluy en leurs bons habits seulement, sans autre solennité ne triomphe, réservant rrles solennitez accoustumez à autre meilleur temps, n

Les couleurs de la livrée des Echevins et Grelhers étaient les mêmes que celles du Prévôt; cependant la teinte en était ordinairement un peu moins foncée. Les cordons de leurs chapeaux, les glands, franges et graines d'épinards qui les ornaient, étaient semblables à ceux du Prévôt, ainsi que les oi-nements de leurs gants. Mais tous les dessous de leurs habits, au lieu d'être rouges, étaient noirs.

Ces remarques sont surtout applicables aux couleurs des livrées du xvi'' siècle et à celles du xvn*^, pour les chapeaux et les cordons. Antérieurement, les couleurs étaient identiques partout; seules, les doublures, ou fourrures, établissaient quelques distinctions entre les robes. A partir du xvi" siècle, où l'on commence à vouloir réglementer les anciennes coutumes qui s'altéi-aieiit , on cherche à donner diverses nuances aux couleurs. Le tanné des Corporations, celui du Bui ean de la Ville, ne furent plus les mêmes; le l'ouge cessa d'être le fjueulcs du blason; il devint cramoisi, écarlate, ponceau, gorge-j)igeon , etc.; le l)leu se changea en violet, ou pers. On n'avait d'ailleurs pas d'autre but que de faire distinguei' les rangs et les grades, chose importante dans les processions parfois tumultueuses de celte époque. Avant le xv*^ siècle, au contraire, où les costumes étaient sinqiles et plus nombreux que c(mix de la noblesse, chacun ne ])renait les costumes de ses fonctions que durant leur exercice, ou dans les cérémonies d'une importance tout à fait olficielle. Les Corps de métiers de tous genres s'habillaient rt honnestenientn et se

LE CORPS DE VILLE EM CÉRÉMONIE. '299 contentaiciil de poilcr, avec eux ou sur eux, soit les oulils, soil les insignes de leiii- prolessioii on de leur inéLicr, eoinme on voit encore aujourd'hui les compajjnons du devoir, avec leurs cannes et leurs rubans, les rrancs-maçons, avec leurs tabliers et leurs emblèmes.

Pour terminer, nous rappellerons les costumes portés dans plusieurs solennités du même genre, mais à d'autres époques, par les Quarteniers et les Gardes des (Corporations, et nous prierons le lecteur de bien remarquer les dillérences que présentaient ces costumes avec riiabillement des personnes de la même catéjjorie, à l'entrée de Cliarles IX.

Les Quai'teniers avaient des robes de satin tanné en i 5o4 (entrée de la reine Anne), en i53i (entrée de la reine Eléonore) et en i5û() (entrée du roi Henri II).

Les Gardes de la draperie portaient des robes de velours tanné en i5o/i (entrée de la reine Anne) et en i53i (entrée de la reine Éléonore). C'était leur couleur ordinaire; mais, à l'occasion de l'entrée trionqibale du roi Louis XIV et de la reine Marie-Tbérèse, en 1660, ils obtinrent du Bureau de la Ville, rrsans frque cela tirât à conséquence, n de (juitter la robe de velours tanné, pour en prendre une de velours noir. Leur demande s'appuyait sur ce fait, qu'ils en avaient porté de semblables en i5^9, à l'entrée de Henri II, et en 1671, à celle de Charles IX. La robe était de velours noir en 1610 (entrée de Marie de Médicis); la toque, ou petit chapeau, était de velours noir, à cordon d'or.

Les robes des Gardes de l'Épicerie et de l'Apothicairerie étaient de velours noir en 1 5o^ (entrée de la reine Anne) et en 1 53 1 (entrée de la reine Éléonore). Elles étaient de velours tanné en 1610 (entrée de Marie de Médicis).

La robe des Gardes delà Mercerie était de velours pers (bleu) en i5o/i (entrée de la reine Anne) et en i53i (entrée de la reine Eléonore). Elle était de velours violet en 1610 (entrée de Marie de Médicis). Même toque, ou chapeau, que les Drapiers et Épiciers.

Les Gardes de la Pelleterie avaient des robes de velours violet en i5o6 (entrée de la reine Anne) et en i53i (entrée de la reine Eléonore). Leurs robes étaient de velours pers fourré en 1610 (entrée de Marie de Médicis).

Les Gardes de la Bonneterie étaient revêtus de robes de damas rouge en i5o6 (entrée de la reine Anne) eten i53i (entrée de la reine Éléonore). Ces vêtements étaient de velours tanné en 1610 (entrée de Marie de Médicis).

Enfin les Gardes de l'Orfèvrerie portaient des robes de velours cramoisi brun

en i5o6 (entrée de la reine Anne), en i53i (entrée de la reine Eléonore) et en 1610 (entrée de Marie de Médicis).

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