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15 jours, les sympômes restent les mêmes, les phénomènes généraux aussi graves. L'enfant est nourri uniquement de lait coupé.
Vers le 15 janvier, les téguments desquament. Le médecin constate un « épaississement du fémur ». La fièvre diminue pendant la seconde quinzaine de janvier, mais l'état général reste toujours inquiétant, les phénomènes généraux persistent. L'enfant ne réagit plus, son état décline de plus en plus.
Il est examiné le 27 janvier par M. le Professeur Carrière. L'état général est aussi grave, le pouls est petit et rapide, la température ne dépasse par 37°. Le transfert à l'hôpital Saint- Sauveur est ordonné immédiatement.
Il entre dans le service de M. le Professeur Carrière, le 30 janvier 1023.
L'enfant a un faciès pâle, des lèvres décolorées, de l’herpè; labial, des fuliginosités sur la langue et les gencives. L'état général est mauvais.
La température est de 38°6 le jour de l'entrée. Le pouls, petit, bat à 130. L'enfant pousse des gémissements ininterrompus et porte la main vers la racine de la cuisse droite.
La jambe droite est fléchie sur la cuisse à angle droit, la cuisse fléchie sur le bassin. Le membre inférieur droit est en abduction et rotation externe. La moitié supérieure de la cuisse et la région de la hanche sont le siège d'un gonflement diffus s'étendant jusqu'à la crête iliaque, faisant disparaître le pli génitocrural.
Sur tout le corps, on voit une éruption scarlatiniforme, ne desquamant pas.
Au niveau de l'articulation sterno-claviculaire droite, on remarque un empâtement de l'articulation, une tuméfaction des tissus périarticulaires, avec un peu de fluctuation.
On note un certain degré de défense de la paroi abdominale. La fosse iliaque droite est empâtée, douloureuse à la palpation. L’os coxal donne l'impression d’être épaissi. L'’œdème de la cuisse ne permet pas de se rendre un compte exact de l'état du tiers supérieur du fémur, mais la pression profonde éveille une vive douleur. L’articulation coxo-fémorale droite paraît soudée. Spontanément, l'enfant ne peut effectuer aucun mouvement de cette articulation. La moindre tentative de mobilisation de la cuisse sur le bassin provoque une douleur
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atroce. Il est impossible de mobiliser, même d'une façon minime l'articulation de la hanche.
Toucher rectal : La pression de l'index sur la région du
pelvis correspondant à l'acetabulum est très douloureuse. On note un empâtement marqué en cet endroit.
On injecte 1/4 de cc. de vaccin de Grégoire.
La radiographie montre que la tête fémorale s’est séparée du col et a glissé au-dessous de celui-ci. Le col fémoral est dans la cavité cotyloïde.
L'enfant est opéré le 31 janvier par M. le Professeur Le Fort, sous anesthésie chloroformique.
On pratique une incision partant un peu au-dessous du grand trochanter et se dirigeant vers l'épinc iliaque postérieure ct supérieure. [ncision du grand fessier parallèlement à la direction de ses fibres, puis du moyen fessier. Par l’écartement des fibres musculaires, on arrive sur le col fémoral. La région saigne abondamment.
On ouvre la capsule articulaire, épaissie+ il s'échappe un peu de pus-plutôt clair et séreux. A l’aide d’une curette large, on enlève des fragments osseux sans consistance, atteints de lésions d’ostéite raréfiante, et fortement vascularisés. On extrait ainsi la plus grande partie du col fémoral nécrosé. Pénétrant plus profondément, la curette ramène par fragments la tête fémorale, dans sa totalité semble-t-il qui s’est séparée du col et a glissé au-dessous de lui et se trouve descendue à la partie inférieure de la cavité cotyloïde. L’os coxal est aussi atteint par l'infection.
La cavité cotyloïde est nettoyée à la curette et des fragments osseux provenant du cotyle sont enlevés. Un drain est mis en place.
En avant on effectue une contre ouverture un peu en dedans de l’épine iliaque antérieure ct supérieure. Discision à la pince de Kocher du tissu cellulaire de la fosse iliaque externe. I1 s'écoule un peu de sérosité et du sang en assez grande abondance.
Drainage. Examen bactériologique : Séaphylocoque doré.
L'état général reste inquiétant. Les lèvres sont décolorées, fuligineuses, le faciès pâle. Huile camphrée 2 cc. ou 3 toutes les 4 heures. Sérum glucosé sous cutané (250 m3 en deux fois).