‹ Les Arthrites de la Hanche dans l’Ostéomyélite aiguë de l’adolescence et de la seconde enfanceChapitre 22 sur 59 · SUR · texte numérisé non relu

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violence de la douleur. Il semble que ce jour-là le petit malade ait eu de la fièvre et quelques troubles généraux : anorexie, lassitude. Néanmoins, il n'aurait pas eu de céphalée, ni de nausées, ni de vomissemenis, bref aucun phénomène indiquant une atteinte grave de l'état général. Le lendemain, il essaie de se lever, mais la douleur est trop vive pour lui permettre de marcher. Cependant, il lui est possible de poser le pied à terre. Ce jour-là, 11 semble qu'il ait eu une fièvre élevée ; l'anorexie est absolue. Les mouvements du membre inférieur gauche étaient extrêmement douloureux : toute tentative pour déplacer la cuisse dans le lit s’'accompagnait d'une vive douleur. Le surlendemain de l’accident, l’impotence fonctionnelle était absolue. La fièvre, les phénomènes généraux s'étaient accentués.

Un médecin est appelé. Il porte le diagnostic de contusion de la hanche, et conseille des frictions à l'huile camphrée. Tous ces symptômes persistent pendant trois semaines. L’impotence fonctionnelle reste complète. L'anorexie est presque absolue l'enfant ne prend qu’un peu de lait, les phénomènes généraux sont inquiétants. Le médecin traitant pense à une coxalgie et adresse l'enfant à l’hôpital.

Examen le 22 juin : Le membre inférieur gauche se trouve en forte abduction et rotation externe ; le bord externe du pied gauche se trouve en contact avec le plan du lit. Les muscles de la jambe et de la cuisse paraissent atrophiés et cette atrophie forme contraste avec une tuméfaction de toute la partie supérieure de la cuisse gauche. Celle-ci est fortement tuméfiée. Le pli inguinal est effacé. La tuméfaction s'étend depuis la crête iliaque jusqu'à la partie moyenne de la cuisse. On constate l'existence d’une circulation veineuse collatérale très développée. Au voisinage de la région trochantérienne, les téguments ont une couleur rouge vif.

Les mouvements spontanés de l'articulation de la hanche sont impossibles : l’enfant ne peut pas soulever le pied au-dessus du plan du lit, ni même le placer dans la rectitude. Les mouvements provoqués sont excessivement douloureux. Il est impossible de faire disparaître l’abduction ni la rotation externe si l’on immobilise l’os coxal. Les mouvements imprimés ‘au membre inférieur provoquant la mobilisation du bassin.

La palpation de l'extrémité supérieure de la cuisse et des téguments péri-articulaires est excessivement douloureuse. On perçoit un empâtement profond, donnant la sensation de car-

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ton mouillé. Cet empâtement se manifeste surtout au-dessous du grand trochanter.

La percussion du talon provoque une vive couleur. La fièvre est élevée (30°5). La langue est saburrale. Le pouls est rapide, bien frappé. Les traits sont tirés, les pommettes rouges.

Intervention immédiate (D*' Piquet) sous anesthésie chloroformique

On incise d’abord au niveau du trochanter et au-dessous de lui, dans la région où l'empâtement était le plus marqué. Les espaces cellulaires sont œdématiés, mais on ne trouve pas de pus. On suture les téguments et on prolonge l’incision vers le haut, en suivant une ligne allant du grand trochanter vers l’épine iliaque postérieure et supérieure. Après dissociation de; muscles du grand fessier, il s'écoule du pus mal lié d'aspect séreux. On incise plus profondément jusqu’au niveau du col fémoral. Celui-ci est relativement friable : la pointe du bis: touri y pénètre aisément. Le périoste est incisé largement. Une curette introduite dans la plaie permet d'enlever quelques fragments osseux peu denses et ainsi est réalisé un évidement particl du col fémoral. Au cours de l'intervention, on pénètre dans l'articulation coxo-fémorale. L'ouverture de celle-ci donne issue à une pctite quantité de pus. Drainage.

Le membre inférieur est mis en gouttière.

Suites opératoires : Le: lendemain. 23 juin, la température reste élevée, la suppuration est abondante : le soir, la température est encore à 30°.

Le 24, chute de la température à 38°. Le soir elle remonte à 40°. L'état général reste assez atteint. Le 25, la température retombe à la normale. Pendant cinq semaines, la température oscille entre 37°5 le matin et 39° le soir. La suppuration est abondante. L'état général s'améliore rapidement, l’anorexie disparaît.

En août, la température ne dépasse pas 38° le soir, l’état général est excellent, La suppuration diminue. La guérison est obtenue dans la première quinzaine d'octobre, La plaie opératoire est cicatrisée.

Mais l’ankylose de la hanche est complète. Le membre inférieur est en légère abduction, immobile sur le bassin. Les mouvements imprimés au fémur sont intégralement transmis au bassin. La marche est possible.

La radiographie faite le 10 octobre 1922 montre l'existence de lésions fémorales et cotyloïdiennes. Le col fémoral est relativement clair, il est épaissi. L'hypertrophie osseuse est surtout manifeste au niveau du grand trochanter, de la portion de la diaphyse fémorale immédiatement sous-jacente à celui-ci et de la partie externe du col fémoral. La tête fémorale présente des lésions mamfestes : ses contours sont flous, très irréguliers, à peine visibles dans la partie externe de la tête. Elle est beaucoup plus claire qu'à l'état normal. La tête et le col semblent être creusés d’une vaste cavité limitée par la ligne sombre de la corticale externe.

Du côté de l’os coxal, on constata un agrandissement de la cavité cotyloïde. La partie supérieure de celle-ci est érodée assez profondément au niveau du point d'appui de la tête fémorale. En cet endroit, l’interligne articulaire a disparu. Cette nouvelle cavité est limitée en dehors par une forte saillie, appliquée contre le col et la tête du fémur qui s’est en quelque sorte moulée dans la partie supérieure, agrandie, du cotyle. La moitié inférieure de la cavité cotyloïde est déshabitée, claire, à contours très flous.

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