CHAPITRE PREMIER
Les arthrites statiques
Les troubles de la statique interviennent avec une grande fréquence dans la détermination de maintes manifestations articulaires. |
À l’état normal le corps est soutenu par les deux membres inférieurs dont les différents segments sont unis les uns aux autres par des relations physiologiques les rendant étroitement solidaires. Ils constituent ce que l’on a pu appeler les « unités statiques ». Qu'un trouble intervienne au niveau de l’un d'eux; des tractions, des déviations pourront survenir au niveau de l'articulation voisine et déterminer des lésions plus ou moins appréciables. Le fait est évident lorsqu'on considère un trouble important dont les « unités statiques » peuvent être le siège, par exemple en cas de luxation congénitale de la hanche : chez les malades atteints de cette infirmité une scoliose importante compensatrice s’installe révélant les rapports anormaux des vertèbres.entre elles. La souf-
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france articulaire a souvent son rententissement au niveau des articulations sous-jacentes : genou, cou- + 2
de-pied.
Mais il n’est pas besoin de lésions aussi importantes pour déterminer des anomalies de la colonne vertébrale et des différentes articulations des « deux unités statiques ». La plus petite modification de l'équilibre statique est susceptible d’entrainer des perturbations redoutables: tel est par exemple le cas
du pied plat.
Chez ces sujets, un affaissement du bord interne du pied, entraînant la perte de la cambrure qui caractérise essentiellement la maladie, amène un déplace ment de la ligne de force du membre inférieur qui. au lieu de tomber au milieu du pied, va tomber au niveau de son bord interne, entraînant une déviation. puis une déformation de l'articulation tibio-tarsienne. Celle-ci; à son tour, va créer un genou valgsum, une
coxa-vara, enfin une ligne scoliose compensatrice.
Ces retentissements de phénomènes statiques montrent que ce n’est pas fatalement au niveau de l'articulation initialement touchée que se manifeste l’arthrite, mais souvent à une articulation sus ou sous-jacente ou même lointaine. Le médecin consulté pour ce trouble, s'il n'y prend garde, peut ne pas en voir le point de départ, ce qui, au point de vue thérapeutique, implique des déductions regrettables. Chez un grand nombre de sujets, en effet, l'apparition d’une douleur ou d’une arthrite de la hanche. des vertèbres
RS | lombaires, du genou. ne tient qu'à un trouble de la statique du pied.
Le pied plat n’est pas le seul trouble susceptible de créer une arthrite des articulations sus-jacentes.
Il y a tout d’abord un certain nombre de sujets qui souffrent à vrai dire, non de pieds plats maïs de pieds qui s’affaissent à certains moments, après une longue marche par exemple, l'élasticité ligamentaire étant suffisante pour ramener le pied au repos en position normale. <
Bien plus, le pied peut avoir une cambrure exa-
gérée, et la constatation d'une cambrure normale. après une longue marche chez un tel sujet. traduit pourtant un affaissement. ee
Il faudra être prudent dans l'étude des cambrures plantaires et ne pas se borner à l'étude de sujets couchés et au repos, mais debout et fatigués, pour se rendre compte de phénomènes qui, dans la station debout ou la marche seules. peuvent prendre leur origine. :
Rien ne montre mieux d'ailleurs le rôle de la fatigue dans ces manifestations articulaires. que certains faits étudiés autrefois et qui, à la fin du sièele dernier, avant que l'ère de la radiographie ait permis d'en constater l'existence, avaient profondément troublé les médecins militaires.
On avait remarqué qu’à la suite de manœuvres particulièrement longues survenaient des accidents de « pieds forcés » nécessitant l'hospitalisation de l’homme. Longtemps considérés comme des manifes-