ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS DE RIO DE JANEIRO
La rour de Portugal s’étant réfugiée au Brésil, en 1807 , après l’occupation de Lisbonne par l’année française, le gouvernement portugais, quelques années après, résolut d’établir dans le nouvel empire , les arts , les sciences et l’industrie de l’Europe. Ce fut à la France que le Brésil demanda des artistes.
En 1813, sur l’invitation de M. le marquis de Marialva, ambassadeur à Paris de Jean VI , roi de Portugal , siégeant alors à Rio de Janeiro, M. Le Breton, secrétaire perpétuel de la classe des Beaux-Arts de l’Institut de France, s’entendit avec plusieurs artistes distingués pour la fondation d’une académie chargée de renseignement des beaux-arts dans la capitale du Brésil. Cette espèce de colonie artistique, qui comptait pour doyen et principal instigateur, Nicolas-Antoine Taunay, peintre de batailles et de genre et membre de l’Institut, partit en effet pour Rio de Janeiro où elle arriva le 12 mars 1816. Elle se composait de: Lr Bbf.ton , qui fut directeur de l’Académie et mourut au Brésil en 181!) ; de Nicolas-Antoine Tai:nat; de Drbrkt, peintre d'histoire; d'Auguste Tâchât, sculpteur, frère de Nicolas -Antoine, sculpteur; de Grandirait dk Montigxy, architecte; de Charles-Simon Phadikk, graveur genevois, élève de Desnoyers et frère du sculpteur; de Nrucoh, musicien.
Les artistes français furent accueillis avec beaucoup de bienveillance par le roi Jean et par son ministre influent le comte da Barca. On s’occupa assez promptement d’organiser les statuts de l’Académie et d’en nommer Le Breton pour directeur, et pour professeurs les artistes qui l’avaient accompagné. Mais les délais de la construction du palais de l’Académie, confiée à Grandjean de Montigny, qui en fit à la vérité un petit chef-d'œuvre, et les lenteurs d’une administration devenue moins bienveillante , firent que l’Académie ne commença à fonctionner qu’en 1822, quand déjà Le Breton était mort, et que Nicolas - Antoine Taunay, Simon Pradier et Neucom étaient revenus en Europe.
A l’époque de l’ouverture de l’Académie, M. le comte de Barca n’existait plus et l’esprit d’opposition aux Français ayant pris le dessus dans le gouvernement, on nomma pour directeur à la place de Le Breton, un peintre obscur et sans talent1, envoyé tout exprès de Lisbonne ; l’Académie devint un foyer d’intrigues peu favorables à l’enseignement. En 1821, Auguste Taunay, le sculpteur, mourut; en 1831, Debret revint en France. José da Silva, directeur de l’Académie, étant mort sur ces entrefaites, M. Félix Tacxat, fils et élève de Nicolas-Antoine, dont il avait eu la chaire de peinture de paysage à l’Académie, fut nommé directeur. Il ne restait plus alors de professeurs français à l’Académie de Rio de Janeiro, que MM. Félix Taunay, Grandjean de Montigny, et les deux frères Frrkt, venus postérieurement de France; l’un était professeur de sculpture , et l’autre de gravure en médailles. Quelques élèves formés à l’Académie remplissaient les autres chaires et les places de suppléants.
M. Félix Taunay, qui jouissait d’une certaine faveur à la cour pour avoir été le maître à dessiner du jeune empereur et de ses sœurs, fit de grands efforts pour donner de l’impulsion à une institution qui languissait faute d’encouragements. 11 obtint du gouvernement la distribution de prix annuels, l’exposition des œuvres des artistes et des élèves, enfin l’envoi à Rome de quelques lauréats, et de plus des travaux et des décorations pour les artistes exposants qui se distingueraient. La direction de M. Félix Taunay dura jusqu’en 1853; il fut alors remplacé par M. Araiijo Portalègre, peintre brésilien, élève
1 Henri Josc da Silva.
Bltft.SlL.
de Debret. A cette époque, Grandjean de Montigny et les deux frères Féret étant décédés , tout le personnel français se trouvait avoir disparu de l’Académie ' .
Plusieurs artistes français, dont nous parlerons plus loin, ont été s’établir depuis lors à Rio de Janeiro.
220. TAUNAY (Nicolas -Antoine), peintre de batailles et de genre, né à Paris le 11 février 1755, mort à Paris le 20 mars 1830. Élève de Brcnet et de Casanova.
Il est resté de lui à Rio de Janeiro, comme œuvres principales : dans la salle du trône du palais de ville, les oies du père Philippe, tableau de genre de grande dimension; — un combat de flûte entre des bergers en Arcadie (grande dimension; beaucoup de figures). — Au palais de Saint-Christophe: Don Henri proclamé roi de Portugal après la bataille d’Ourique; le lion d’Androclès; Herminie chez les bergers; la fiancée de village. Nous ne savons oii sont placés ces trois derniers ouvrages. Taunay fit aussi plusieurs tableaux qu'il envoya en France et qui lui valurent la croix d’honneur.
221. DEBRET {Jean -Baptiste), peintre d'hUloirc, né à Paris le 18 avril 1708, mort à Paris vers 1845. Elève de David.
Pendant son séjour au Brésil , Debret exécuta plusieurs tableaux pour la cour, entre autres : la revue militaire passée en présence de la cour à Bahia-Grande. — L’embarquement des troupes pour Monte-Video. — Le portrait en pied de don Pedro. — L’acclamation de don Jean VI. — Le portrait en pied de don Jean VL — Le débarquement de l’archiduchesse Léopoldine, à Rio de Janeiro 3. — La cérémonie de l’acclamation de don Pedro, premier empereur du Brésil.— Le couronnement de don Pedro3. — Le mariage du roi avec la princesse de Leuchtenberg *. Debret a fait les plafonds et une partie des frises d’une galerie des bâtiments du trésor de la Couronne à Rio de Janeiro, ouvrage interrompu par le départ de Jean VI. Il fut aussi employé aux décorations pour les fêtes publiques. Debret eut le titre de premier peintre de la famille impériale , et revint à Paris en 1831 ; il y publia en trois volumes (1831-37), le Voyage pittoresque et historique au Brésil.
' Renseignement* particuliers.
* Gravé par Prailier. — s Inachevé.
* Nouvelle Biographie générale, publiée par MM. Firmiti Didot; t. nv, p. 292«
AMÉRIQUE
2*22. T A UN A Y { Auguste -Marie), sculpteur, né eu 17(>8, mort ch 1824, au Brésil. Élève de Moitié, grand prix de 1792.
Auguste Taunay, habile sculpteur, n’a laissé à Rio de Janeiro qu’un beau buste du Camoens.