‹ Les artistes français a l'étranger (volume 2)Chapitre 141 sur 452 · HOUDON, sculpteur (voir le n · texte numérisé non relu

HOUDON, sculpteur (voir le n

Houdon venait de terminer sa statue de Voltaire lorsque le parlement de Virginie le chargea de faire la statue de Washington. Le parlement ayant pris, en 1784, la résolution d’élever au fondateur de la république un monument de la reconnaissance nationale, le gouverneur de la Virginie, benjamin Harrison , écrivit à Jefferson , ministre des États-Unis en France, et à Franklin , qui se trouvait encore à Paris, pour les charger du soin de désigner l’artiste qui ferait la statue. Le succès qui avait accueilli à Paris le buste que Houdon avait fait de Franklin, le désignait naturellement au choix de celui-ci, et la statue lui fut immédiatement proposée. Houdon accepta, mais ne voulant pas consentir à faire sa statue d’après un portrait, il demanda à aller aux États-Unis pour voir Washington, ce qui fut décidé; on convint que la statue et le piédestal seraient payés 25,000 livres et que l’on fournirait aux dépenses du voyage et à celles des deux praticiens que Houdon emmenait avec lui. Houdon s’embarqua au Havre avec Franklin le 22 juillet 1785; ils arrivèrent à Philadelphie le 14 septembre, et le 3 octobre il était à Mount-Vemon, auprès de Washington ; il passa quinze jours avec le général, fit ses études, et revint aussitôt en France; nous savons qu’il était déjà de retour le 4 janvier 178(ia. Il avait rapporté avec lui un moule de la figure de son modèle; aussi (it-il d’abord un buste excellent, où Washington est représenté avec sa coiffure ordinaire, c’est-à-dire avec la queue ’. Le buste de Washington eut le plus grand succès, mais de surmoulage en surmoulage, il est arrivé à quelque chose d’informe. Ce buste a été gravé de profil, par A. -B. Durand, en 1833, et l’estampe est placée en tète de la vie de Washington, par Sparks*. Le buste en marbre de Washington,

1 Nous extrayons tout ce qui est relatif à Houdon de la notice sur cet artiste, rédigée par MM. A. de Montaiglon et G. Duplessis, et imprimée dans le Ier volume de la Herue universelle des arts.

* Par une lettre de Jefferson, fîaehaumont n’a enregistré le retour de Houdon qu'à la date du 25 janvier; t. XXXI, p. 63.

3 16 décembre 1786. M. Houdon commence 4 montrer aux amateurs le buste du général Washington. (Journal de Bacbaumont, t. XXXIII, p. 274.) — Il en reparle le 27 janvier 1787.

3 II existe aussi un médaillon de Washington gravé par Alex. Tardieu d'après Houdon.

AMÉRIQUE

plan'' à Versailles, n'est pas une répétition de celui dont nous venons de parler: c'est une œuvre faite en l’an x, pour la galerie des consuls, aux Tuileries; elle est plus qtie médiocre et atteste la vieillesse de son auteur.

Quand vint le moment d’exécuter la statue, la question du costume fit une grosse difficulté; on était d’avis de vêtir à l'antique le héros moderne; mais il répugnait à Washington de se voir ainsi travesti, et il fut décidé que le général américain serait représenté avec son costume moderne. Washington, en uniforme de général, est debout, appuyé d’une main sur le faisceau symbolique des treize Etats-Unis ; de l’autre main il s'appuie sur son épée, et derrière lui est une charrue*. Cette belle statue de marbre fut exposée dans l’atelier de Houdon, en 1792, puis envoyée en Amérique où elle a été placée dans le capitole de Richmond, capitale de la Virginie. Comme œuvre d’art , cette statue est heureuse ; comme ressemblance, le modèle y est aussi parfaitement représenté qu’un homme vivant le peut être au moyen du marbre *.

lin 1781, le parlement de Virginie décida que deux bustes en marbre de Lafayctte seraient exécutés, l’un pour le capitole de Richmond, l’autre pour le corps municipal de Paris, la* buste du général Lafayette, destiné à la Virginie, parut au salon de 1787, en même temps que le buste en plâtre de Washington. Cette même année, Houdon exposa le buste do Jefferson, ambassadeur des États- Unis à Paris, et plus tard président de la république.

i!30. MANUFACTURE DE BEAUVAIS.

Les tapisseries de Beauvais étaient fort recherchées au xvm* siècle par les étrangers. En 1793, le gouvernement des Etats-Unis avait vendu au comité de Salut public des blés que la France ne pouvait payer; l’or manquait, et les Américains refusaient nos assignats. La république en acquitta le prix avec des livraisons du Moniteur et des tapisseries de la manufacture de Beauvais9.

1 Itapport à l’empereur, par la quatrième classe de l'institut, p. 123.

1 Opinion de M. .Marshall.

:{ Heiisci'inoments fourni* par M. Dubos, employé à la manufacture de Beauvais et auteur d’une Notice sur cet établissement; Beauvais. IK.'U; trocli. in-8*.

ÉTATS-UNIS

237. BOISFREMONT (Charles Le Boulanger de), peintre de portraits, né à Rouen le 22 juin 1773, mort à Paris le 5 mars 1838.

Boisfremônt était page de la grande écurie du roi, en 1792; obligé en 1793 de s’enrôler comme matelot, il arriva il New-York après avoir déserté son bord. 11 se fit apprenti chez un peintre de voitures, s’exerça à peindre avec les pinceaux et les couleurs do son patron, triompha de toutes les difficultés qu’il avait il vaincre, se mit à faire des portraits et réussit. 11 prit le nom italien de Ricardi et fut chargé, par le musée de New-York, d’achever quatre-vingts portraits des personnages célèbres de la guerre d’Amérique que la mort du peintre Peel avait laissés ébauches 1 .

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