PRADIER (voir le n
Pradier a exécuté, pour la reine d’Angleterre, Sapho et Médée, deux statues en bronze de demi-grandeur *.
334. A VISSE A U (Charles), sculpteur en terre cuite émaillée (voir le n» 163).
Notre moderne Palissy a déjà beaucoup travaillé pour l’Angleterre : il a fait pour lord Normanby un grand plat rustique, 1848; — pour M. Walter Ltrottesley, de Londres, une aiguière et un plateau rustique, 1849; — pour miss Watkins, de Londres, une coupe bizantine, 1849; — pour M. Marryal, de Londres, un pot à bierre avec ses armes, 1853; — pour M. Urummond, du Perthshire, en Écosse, une aiguière, en style renaissance, 1855; — pour le comte de Warwick, une vasque ou jet d’eau de salon rustique, 1855 3.
335. HOREAll (Hector), architecte, né en 1801, le 4 octobre, à Versailles. Élève de M. Debret.
M. Horeau a obtenu, en 1850, le prix au concours qui avait été ouvert en Angleterre pour la construction du bâtiment de l’exposition universelle de l’industrie à Londres. Mais la commission des Beaux-Arts, chargée du concours, au lieu de faire exécuter le projet Horeau, a fait construire le fameux palais de cristal proposé par M. Paxton, jardinier du duc de Devonshire.
330. BONNARDEL (Hippolyle), sculpteur, né à Chassignol. Élève de MM. Ramey et Dumont.
M. üonnarde! a obtenu au concours, en 1850, le prix proposé par la Commission anglaise de l’exposition universelle pour le dessin des médailles à donner en récompense aux exposants.
La commission ayant décidé que les médailles seraient gravées en France, M. Homard (Joseph-François), graveur en médailles et en pierres fines, né à Paris en 179-2, élève de Cartellier, a été chargé de l’exécution, de concert avec M. Bonnardel.
' lllutlraled London Sewt, août 1852, p. 120.
* Renseignements communiqués par M. Pradier.
* Renseignements communiques par M. Avisseau.
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M. Gatrard, sculpteur et graveur de médailles, membre de l’Institut , a obtenu à ce même concours une mention honorable.
337. DANTAN jeune (Jean-Pierre), sculpteur, né i Paris. Élére de Bosio.
La société des mines et fonderies de zinc de la Vieille-Montagne ayant voulu prouver la possibilité d'appliquer le zinc à la statuaire, a fait exécuter et fondre en zinc bronzé une statue de la reine Victoria, pour l’exposition de Londres. M. Hantas a fait la statue de la Reine, assise et couverte des ornements royaux. Le piédestal , d’un goût nouveau , a été fait sur les dessins de l’architecte Louis Lenorkand , et les ornements sont dus à MM. Hardovin père et fils , ornemanistes. La fonte et la ciselure ont été dirigées par M. Victor Paillard, habile fabricant de bronzes de Paris '.
338. LOBIN (Léopold), peintre et directeur de la manuf. de vitraux de Tour»,
né à Loches, le 8 février 1814.
M. Lobin a fait pour une église de la banlieue de Londres des verrières représentant le Christ et les quatre lîvangélistes ’.
339. DI' GOl'T FRANÇAIS LT DIS ARTISTES FRANÇAIS DANS LES ARTS INDUSTRIELS
EN ANGLETERRE
Orfèvrerie. — « L’art étranger, à vrai dire, n’est que la contrp-épreuve de l’art français. L’Angleterre même, qui se défend avec tant de soin de l’imitation, nous a emprunté trois orfèvres, MM. Vechtf., Morel et Bisson; les deux premiers sont des émigrés volontaires; le troisième est un réfugié politique. L’exposition anglaise est ainsi une suite et un complément de la nôtre. Nous y retrouvons les principaux travaux de M. Veclite, artiste véritable et de grande valeur s. »
M. Vkchte, sculpteur-ciseleur d’une incomparable habileté, a fait les modèles des admirables pièces d’orfèvrerie exposées à Paris, en 1835, par M. Mortimer, joaillier-orfèvre de S. M. la reine Victoria.
M. Jotan , sculpteur, établi à Londres , fait les modèles et dessins
1 Illustration , 5 juillet 1851.
* Ph. de Chennevteres, Note» de voyage sur l'état actuel des arts en province; dan» i'AtbenjFura français, 2® année.
* L. Heybaud , L’orfévreric à l'exposition universelle de 1855 ; dans le Journal dea Débats du 15 novembre 1855. — Voj. aussi : l'Industrie en Europe.
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des meubles et ameublements du célèbre tapissier de Londres, M. Jackson.
M. A eus, décorateur, également établi à Londres, comme les artistes suivants, fait les dessins cher M. Crace, décorateur du Parlement.
M. Klaumanr, sculpteur, a fait les modèles d’un grand nombre de pièces d’orfèvrerie anglaise envoyées à l’exposition universelle de Paris, en 18.H5
M. Liéharo (Michei-Joseph-Napoléon), sculpteur en bois et dessinateur, né le 17 septembre 1810 à La Houille, près de Rouen, élève de M. Plantar, a fait un grand nombre de dessins pour l’Angleterre 2.
Â40. MOREL ( Jean -Valentin) , orfèvre -joaillier, nè à Pari# le 5 avril 1794. Elève de Vachette.
Vachette, le maître de M. Morel, était un bijoutier fort célèbre à la lin du *vm* siècle; il était lui -même l’élève de Dret, le joaillier de Louis XV et l’auteur de ces charmantes pièces, tabatières et joyaux de toute sorte, que nos artistes prennent pour modèles sans arriver encore à les pouvoir reproduire. Vachette avait continué sous Louis XVI les traditions si dégantes et si capricieuses du goût français ; son élève hérita de son talent et de sa prédilection pour cette belle joaillerie émaillée et gemmée des xvi* et xvu* siècles , dont les chefs-d’œuvre se conservent dans les vitrines du musée du Louvre. Kaire de l’orfèvrerie semblable , retrouver les anciens procédés et les perfectionner, tel fut le but constant de toute la vie de M. Morel.
11 était fâcheux pour un artiste doué de convictions énergiques, d’avoir un tel idéal et de pareils goîits, et de se trouver en pleine époque de David , dans un temps où l’angle droit et la surface plane étaient les ornements à la mode. Aussi M. Morel, sans fortune, sans appui, demeura-t-il simple ouvrier dans les ateliers d’orfèvrerie de M. Fossin, travaillant le jour pro faine et la nuit pro famâ. A l'atelier, il faisait de l’orfèvrerie d’après les dessins de son patron, et chez lui il passait une partie des nuits à étudier et à dessiner les formes des objets d’art de la Renaissance , à tâcher de retrouver les procédés des ciseleurs du xvu* siècle, à réver le
1 Renseignements particulier#.
* L’Ami de la maison, n» 1.
ANGL.ETt.RRE.
moment où la tradition française serait reprise , et où l’on cesserait de faire de ce prétendu grec, inspiré ou imité d’un art qui n’avait jamais existé.
En attendant cette renaissance française, qui s’accomplit de nos jours dans quelques branches de l’art, M. Morel se préparait par de fortes études à être l’un des artisans les plus puissants de cette renaissance. Mais, en attendant aussi, il n’y avait plus d’orfèvrerie en France, quoique l’on y fabriquât toujours certaines pièces dont l'admirable exécution ne peut compenser la sécheresse et la raideur des formes.
Dès le moment où le prétendu style gréco-antique du xvin* siècle prévalut dans les ateliers de nos orfèvres, les nations étrangères cessèrent de s’adresser à nous, et tirent leurs commandes à l’Angleterre où continuait à dominer ce qu'on appelle le style Louis XVI, mélange de goût français et d’un peu d’antique. C’est donc en Angleterre que s’est maintenu le style de notre ancienne orfèvrerie pendant le premier tiers de ce siècle ; et c’est parce que les orfèvres anglais avaient conservé nos traditions qu’ils purent s’emparer de notre clientèle à l’étranger, en Russie surtout. Les choses étaient arrivées à ce point qu’en 1812, comme on le dira un peu plus loin, le prince de Kadziwill commandait un service d’argenterie à Londres et non pas b Paris parce que son acquisition, disait-il, ne lui ferait aucun honneur si elle venait de France.
En 1840. M. Morel s’associa avec M. Duponchcl, ancien diredteur de l’Opéra. La nouvelle maison , sous l’influence de M. Morel, contribua puissamment à recréer l’orfèvrerie française, et devant ses oeuvres le style grec acheva de disparaître. M. Morel appliqua les procédés qu’il avait imaginés pour repousser en ronde bosse les plus grandes pièces d'or et d’argent; il reprit les traditions de l’émaillerie des xn* et xvu' siècles, et parvint à émailler de trèsgrosses pièces repoussées qu’il eût été impossible de décorer d’émaux si elles eussent été fondues. Il refit de l’orfèvrerie repoussée, émaillée et gemmée comme aux beaux temps de François I" et d’Anne d’Autriche. D’autres orfèvres intelligents, Wagner , Froment-Meurice ’, travaillaient de leur cèté à trouver une nouvelle
1 Ce n’est toutefois qu’aprés la dissolution de la maison Morel et Duponchel, en !84t>, que la maison Froment-Meurice prit son (jrand développement par l’acquisition de tous le» ouvriers formés par M. Morel.
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voie, et l'opinion des gens de goût aidant , une vraie révolution se fit dans l’art de l’orfèvre qui est un sculpteur en or et en argent.
Comme il s’agit seulement d’écrire ici ce que M. Morel a fait pour l’étranger, j’arrête donc il ce point la biographie de l’artiste; je la reprendrai ailleurs et chercherai à faire connaître cet homme si remarquable, Benvenuto par l’audace du talent, Bernard Palissy par la patience, la persévérance des efforts et l’honnêteté du caractère.
Le premier grand ouvrage de M. Morel pour l’étranger a été fait en 18i2; c’est le service du prince Radziwill. On sait combien alors notre orfèvrerie était décriée, et il juste titre, il cause de ses formes; car l’exécution , la ciselure, la finesse des détails conservaient toujours une grande perfection. Le prince Itadziwill, qui avait acheté plusieurs bijoux à M. Morel, dont il aimait le talent, lui avait parle de son désir d’avoir un grand service d’orfèvrerie; huit jours avant son départ pour la Russie , le prince annonça à l’orfévre français qu’il avait traité avec M. Mortimer de Londres, au prix de 150,000 francs, et lui montra les dessins qu’il avait reçus d’Angleterre. M. Morel se récria sur leur mauvais goût, sur le peu de parti que l’on avait su tirer de la légende qu’il s’agissait de reproduire, et pria le prince de lui confier cette entreprise. On lui objecta que le marché était conclu et que d’ailleurs, ferait -il mieux que M. Mortimer, l’opinion à Saint-Pétersbourg était trop prononcée contre le goût de lorfévrerie française pour que personne osât confier à un orfèvre parisien un travail aussi important; le prince ajouta que si son service venait de France, quelque beau fût-il, il ne lui ferait aucun honneur. Le style David et Percier était enfin arrivé à ce point de considération en Europe.
L’occasion semblait si belle à M. Morel de mettre à exécution ses idées et ses procédés , qu’il pria le prince Radziwill de lui permettre de faire les maquettes d’un service tel qu’il le comprenait; il parvint à triompher de la résistance du prince , et s’engagea à lui soumettre son projet quatre jours après ; le prince lui promit de le revenir voir.
Aussitôt M. Morel, son fils, MM. Constant Sévin, Schœnewcrck et Jacquemard se mirent au travail. M. Morel les excitait au nom de la gloire de la France; il s’agissait, leur disait-il dans sa patriotique ardeur, de faire une belle œuvre et de reconquérir à l’orfèvrerie fran-
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çaise sa vieille réputation à l’étranger. En quatre jours et quatre nuits les maquettes furent achevées, et , lorsque le prince et la princesse Radziwill vinrent visiter l’œuvre de nos artistes , ils la trouvèrent si supérieure au projet de M. Mortimer, qu’ils chargèrent M. Morel de faire le service. On paya 1 ,000 écus à l’habile orfèvre de Londres pour ses dessins. M. Morel, par ses nouveaux procédés de repoussage, pouvait d’ailleurs exécuter le service 40,000 francs moins cher que n’avait demandé son compétiteur. Une partie de la victoire était gagnée, mais elle fut entièrement pour nous, en 1845, lorsque l’artiste arriva avec son ouvrage à Saint-Pétersbourg ; ce fut un véritable triomphe; l'empereur Nicolas et toute la noblesse déclarèrent à l’envi que le service du prince Radziwill était la plus belle œuvre d’orfèvrerie qui fût à Saint-Pétersbourg. L’orfèvrerie française avait repris sa place, reconquis sa vieille renommée en Russie.
Le service du prince Radziwill , dont les pièces ont été gravées dans l’ Illustration de 1845, est en argent, et se compose d’un surtout, ou pièce de milieu, de 1 mètre de haut; de deux candélabres hauts de 3 pieds; de quatre seaux à glace et de huit salières.
Le sujet du service représente une légende relative au prince Alexis , qui gouvernait le grand-duché de Lithuanie au milieu du xin* siècle. Un jour que le prince chassait le sanglier dans la forêt de Troski, la bête, blessée et furieuse, s’était jetée, sur lui, l’avait renversé de cheval et l’eût tué, sans le courage de son garde de vénerie, Jean Radziwill. Pour récompenser ce dévoué serviteur, le prince Alexis le fit monter sur un tertre, lui ordonna de sonner trois fois du cor et lui donna toute l’étendue de terrain qu’allait couvrir le son de sa trompe.
L’épisode principal est le motif du surtout; le prince Alexis, culbuté de son cheval , va être tué par le sanglier, lorsque Jean Radziwill , à cheval, perce de son épieu le monstrueux animal à peine arrêté par les chiens. Chacun des candélabres représente un sapin, au pied duquel sont le prince et le garde-chasse qui sonne du cor. Les seaux à rafraîchir sont composés de rochers de glace , sur lesquels on chasse à l’ours blanc.
En 4844, M. Morel fit, pour le marquis de Rascaii, à Milan, un grand service de table en argent dans le style Louis XV.
En 4848, M. Morel, séparé de M. Duponchel , alla s’établir à
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Londres et y demeura jusqu’en 1852. Il est revenu en France, à Sèvres, après avoir reçu de la reine Victoria, le titre de son orfèvrejoaillier.
M. Morel a fait pendant son séjour en Angleterre, un grand nombre de pièces importantes, desquelles vingt-siv ont été vues à Londres, en 1851, à l’exposition universelle, où leur auteur obtint une récompense extraordinaire et spéciale '. Voici quelques détails sur ces ouvrages.
La reine Élisabeth représentée au moment où elle va rendre grâce à Dieu de la destruction de l’Armada espagnole ; la reine, à cheval sur un genet d’Espagne, a été reproduite d’après le grand sceau d’Angleterre sous son règne. Le modèle de cette pièce en argent est de Caveuer; elle a l pieds 1/2 de liant et est repoussée au marteau. Cette pièce est restée en Angleterre.
Une coupe en agate orientale, supportée par un balustre, qui ae compose d’une figure de femme sur un Triton, dont les pieds chimériques foulent des herbes marines et reposent sur un fond de sable; le pied se termine par des moulures ornées d’arabesques émaillées en relief. Une figure de femme assise sur un dauphin , tient une écharpe Uoltante qui forme l’anse de cette coupe, dont les extrémités sont tenues par des Amours ailés qui portent des guirlandes de fleurs. Cette magnifique pièce, dont le dessin est chez M. Morel, a été achetée 5,000 francs par l’école de dessin de Londres.
Une coupe en agate orientale, de la plus belle espèce et de la plus grande dimension; le balustre et le pied sont aussi en agate orientale. La garniture en or se compose pour les anses d'ornements enlacés les uns dans les autres, enrichis d’émaux opaques et transparents ; sur chacune d’elles repose un oiseau tout d’or. Le balustre est accompagné de chimères et d’ornements émaillés en relief, au milieu desquels se placent les armes émaillées de S. A. I. la grande duchesse héritière de Russie (aujourd’hui régnante). Des arabesques répandues sur le pied d’agate et sur les moulures , également émaillées en relief, terminent celte monture. Cette coupe appartient à S. M. l’impératrice de Russie.
Douze zarfs, en or émaillé, ornés chacun de trois vues de Constantinople entourées de diamants. Ces douze pièces ont été faites
* Voir le rapport de M. le duc de Luynes sur l’orfèvrerie à l’exposition de Londres.
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pour l’ambassadeur de Turquie à Londres, qui les a offertes en présent au Sultan.
Un vase en argent doré et oxydé, entouré d’un bas-relief en repoussé , représentant une chasse du moyen âge au sanglier. Le couvercle de ce vase est surmonté d'un groupe qui représente un chasseur frappant un sanglier. Cette pièce appartient à M. Braille, en Angleterre. t
Un sucrier en vermeil, d’un beau travnil d’ornementation et de ciselure, fait pour le prince Kotschoubey, grand maître des cérémonies à Saint-Pétersbourg.
Une pièce de milieu en argent. Son plateau est orné de larges moulures, dont les contours brunis sont interrompus par des ornements ciselés, et porte à ses extrémités deux vases pour des fleurs, et, dans sa partie la plus large, des montants composés d’ornements qui s’élèvent et que relient des guirlandes de vigne pour supporter une corbeille qui porte aussi des fleurs. Ces ornements forment une espèce de dais sous lequel s’abrite un groupe d’enfants enlacés de pampres et jouant avec une panthère ; ils sont sur un rocher qu’entoure une partie d’eau. Les lumières aussi sont portées par des enfants. Cette pièce est gravée dans l’Illustration anglaise et est restée en Angleterre.
Un coffre, de style byzantin, pour renfermer un manuscrit précieux. Pour l’exécution de cette fort belle pièce, on a suivi le plan indiqué par son propriétaire, M. Libri.
Une aiguière en cristal de roche et son plateau. — Un plateau rond en pierre. — Un vase en cristal de roche. — Un buire en cristal de roche. — Un zarf en or émaillé et orné de six vues de Constantinople.
— Deux serre-papier en argent avec une cicognc et un marabout.
— Deux étagères en argent doré. — Une glace de toilette en argent, style Louis XV. — Un riche service à thé en argent doré, style Louis XIV. — Trois services en argent, de style turc, chinois et Louis XV. - Deux bouts de table, pour salières, en repoussé, représentant chacun une figure conduisant un âne portant des paniers,
— Quatre figures en vermeil pour salières, portant aussi des paniers style Louis XV; elles appartiennent au major Martins. Toutes ces pièces sont restées en Angleterre.
Après l’exposition, M. Morel fit un prix de course que gagna le duc de Richmond aux courses de Goodwood, en 1852. C’est une
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grande coupe en argent repoussé. Le balustre représente Apollon conduisant le char du Soleil au milieu d’un nuage ; la coupe repose sur la draperie du dieu agitée par les vents. Ce motif est d’une inconcevable légèreté et d’une véritable beauté. Les deux anses de la coupe sont formés par deux Renommées qui portent des couronnes. Le dessin de cette composition est de M. Névillé ; l’ouvrage a été repoussé et ciselé par M. Morel lui-même.
Revenu en France en 1 852 , M. Morel a surtout travaillé pour les amateurs étrangers, qui se disputent ses œuvres. Tout le monde a vu à Paris, pendant l’exposition universelle (1855), la magnifique coupe en jaspe oriental faite pour M. Hope de Londres. Le pied de cette coupe, haute de plus d’un demi-mètre, est en argent doré recouvert de riches ornements émaillés et de style renaissance , représentant des arabesques et des mascarons émaillés sur or fin. Le balustre de la coupe, en jaspe, est un rocher sur lequel est enchaînée Andromède; au pied du rocher sont les Néréides qui s’ébattent au milieu de plantes marines en insultant à l’infortune d’Andromède. Toutes ces figures et les plantes sont en or repoussé et émaillé, à la façon du xvi' siècle. La coupe est tirée d’un bloc de jaspe qui pesait quatre-vingts livres; c’est la plus grosse pièce de jaspe oriental que l’on connaisse; sa taille a demandé trois ans de travail et l’invention de nombreux procédés. La coupe est décorée d’enroulements en saillie. L’anse de la coupe représente Persée combattant le dragon; ces figures, aux riches couleurs, sont en or repoussé et émaillé; il est permis de louer sans restriction les tons bleus des ailes du dragon et le rouge qui recouvre le corps de ce monstre. Sur le bord de la coupe est la figure d’un génie qui porte les armes de M. Hope, l’heureux propriétaire de ce chef-d’œuvre. Enfin, le liée de la coupe est formé par un cartouche en or émaillé qui enveloppe tout le devant de la pièce , et au milieu duquel est un grand camée , en jaspe, représentant une tête de Méduse à la chevelure de serpents en or émaillé.
La composition générale de la coupe est de M. Constant Sévis; la sculpture est de M. Schoexewerck : la peinture des émaux est de M. Richard, peintre de la manufacture de Sèvres. Le camée a été gravé par M. Morel, qui a fait tous les repoussés. La ciselure est de M. Dalbekgue.
En ce moment, M. Morel exécute, pour le roi de Portugal, une
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coupe en onyx avec monture en or émaillé, et, pour l’Angleterre, une douzaine de coupes en cristaux anciens, également montées en or émaillé