GRÈCE
régnèrent sur les diverses parties de la Grèce (à Athènes, en Eubée, etc. ) qu’elles avaient obtenues en fiefs, lorsque les Croisés se partagèrent l’empire grec vaincu. Un assez grand nombre de monuments en style gothique ou en style byzantin modifié par le gothique, témoignent encore de la conquête française et de l’importation en Grèce de notre architecture.
L’église de Sainte-Paraskèvi, à Chaleis, est de tous les édifices de cette époque, celui qui n paru à M. Didron avoir le plus le caractère français. C’est une église longue, h trois nefs, à chevet carré, dont le chœur et le sanctuaire sont voûtés. Les voûtes sont à arêtes, et les arêtes sont doublées de nervures formées d’un gros boudin, comme dans le roman et le gothique primitif de France. L’ornementation, celle des consoles particulièrement, n’est composée qu’avec la flore française. L’église a un clocher, une rosace il l’occident; bref, tous les caractères de ce monument sont absolument ceux du gothique français du mu' siècle, avec quelques détails vénitiens ajoutés çà et là ( le lion de Saint -Marc par exemple), soit au mu* siècle même, soit plus tard.
L 'église de Sainte-Paraskèvi de Chaleis n’est pas le seul monument qui atteste d’une façon positive l’introduction du style gothique en Grèce. L’église Chrysopéri à Mistra ( aujourd'hui abandonnée ), a été construite aussi ou par des Français ou bien sous l’influence de l’architecture française. Elle a une nef longue et un clocher, tandis que les églises grecques ont une nef carrée ou ronde et n’ont jamais de clocher; ses voûtes sont en ogive et sa sculpture a tous les caractères de la sculpture française de cette époque; entre autres détails, on trouve, h l’abgide, une fleur de lis en style gothique du xine siècle*.
Ituchon parle, dans son histoire de la principauté française de Moréea, d’un assez grand nombre de monuments gothiques dus à des Français ou construits sous leur influence. 11 cite :
La Tour carrée des ducs français, à l’acropole d’Athènes; M. Didron croit que cette tour est plutôt vénitienne que française : — Le Catholicon d’Athènes, bâti au temps de Geoffroy If de Yillehardouin avec des fragments anciens; M. Didron regarde cet édifice comme
t Je dois tous cos details si iutùrc6Satits & l 'amitié do M. Didron, qui a visitd ces mohuaient».
1 Atlas des nouvelles recherches historiques sur la principauté française de Morée, par Buchon; petite* planches lithographiées
CRI-CI- F. T PAYS IH Tl RC.
2Vi
positivement byzantin rl «l'uru* époque antérieure il colin do Geoffroy II : — Le couvent dos h nédidius do liaplmi , près d’Athènes , où était la sépulture dos duos d'Athènes île la maison de La Roche; ce couvent a une façade gothique construite par les Français : — Le château dos marquis francs de Bodonitza, près des Thermopyles ; — Le château dos barons francs d’A^gos. do la maison d'Enghien ( inonumont plutôt vénitien ) : — Le château des barons francs de Caritena, on Morée. de la maison de lirion s : — Le château de Calamata en Morée : — Le couvent de Notre-Dame-d’lsova en Morée , près de FA1phée; les ruines de ce couvent sont en pur gothique : — L’abside de l’église do Sainte-Sophie, à Andravida en Morée; elle est d’un style gothique fort élégant : — Le château de Khlemoutzi ou Castel-Tornèse, en Morée, bâti par Geoffroy II de Villehardouin : — Les ruines d’un château en Eubée, près d’Achmet-Aga et de Sideroporta : — Les ruines de Rcza-Pyrgos on Eubée, près d’Achmet-Aga : — Le château des barons de Carystos en Eubée : — Le château d’Hagia-Marina dans File de Zéa.
Tous ces monuments sont en ruines et fort dégradés: cependant on retrouve encore dans tous quelques traces de l’art gothique, l’ogive, les nervures, etc.