‹ Les artistes français a l'étranger (volume 2)Chapitre 269 sur 452 · OEl'VRES DE DIVERS ARTISTES FRANÇAIS A FLORENCE · texte numérisé non relu

OEl'VRES DE DIVERS ARTISTES FRANÇAIS A FLORENCE

Colligno.n (Joseph). Plafond du salon de Prométhée au palais des Pitti'.

Lafosse. La résurrection de Lazare, dans l’égliso de l’Annonciation, à la seconde chapelle à gauche *.

Parrocel. L’Adoration des mages; — Les Noces de Cana, dans l’église de Saint - Marc

Raoux. Un miracle opéré pendant la messe, dans l’église de l’Annonciation, à la seconde chapelle à droite *,

§ 5. — GÈNES

5lî9. VOUET (Simon) (voir les noi 251 et 660).

Vouet vint de Rome à Gênes en 1GÜ08, à la prière du duc de Bracciano, don Paolo Orsini, pour faire le portrait de la princesse de Piombino, doua Isabelle Appiana, fiancée à ce seigneur. Pendant son

' Gravé par Masquclicr pour l’ouvrage de Wicar, sur la galerie de Florence. — Le portrait a été peint a Itomc en 1790.

* Fantuzzi, p. 612. — 5 Lalande, t. II, p. 616.

* Fantozzi, p. 391.

• Lalande, t. II , p. 617.

• Voir une lettre de Vouet dans le 1. 1 de Bottari.

CÈNES.

«'jour à Cônes, Vouet fit plusieurs tableaux pour divers nobles génois. Revenu à Rome, il peignit pour le seigneur Oiacomo Reggio, qui le plaça à la chapelle du crucifix à Saint -Ambroise, un tableau représentant le Christ agonisant; la Vierge, saint Jean-Baptiste et la Madeleine sont aux pieds de la croix On voyait au palais du seigneur Gactano Camhiaso, une sainte Catherine et un David du Vouet1 2. Vouet fit aussi le portrait de J. -Ch. Doria, fils du Doge, gravé par M. Lasne.

5-0. JEAN DE BOLOGNE et FRANCHE VILLE (voir le» n«' 548 cl 549.)

571. P U GE T (Pierre), peintre, seul pleur et Architecte, né à Marseille en 1622, mort à Marseille le 2 décembre 1694.

En 1659, Pugct étant venu à Paris alla travailler pour M. Girardin à sa terre de Vaudreuil en Normandie ; l’année suivante, Lepautre, l’architecte, ayant vu ses ouvrages, engagea le surintendant Fouquet à employer un si habile homme pour les ornements de son château de Vaux. « Comme le marbre étoit alors extrêmement rare à Paris, ce fameux ministre envoya Puget à Gênes pour choisir autant de blocs de marbre qu’il jugeoit à propos; et c’est lui qui le premier a rendu le marbre si commun dans le royaume et nous a montré l’art de le travailler et de le tailler avec succès... Dans le temps qu’il travailloit (àGênes)à faire charger de blocs de marbre trois bâtiments, il fit pour M. des Noyers, l’Hercule gaulois... La curiosité attira chez lui tout ce qu’il y avoit d’habiles gens dans Gênes. Cet ouvrage lui acquit line si grande réputation, que, la nouvelle de la disgrâce de M. Fouquet étant parvenue dans cette ville, les plus nobles n’oublièrent rien pour l’arrêter et y réussirent. 11 n’eut pas plutôt consenti à leurs désirs, qu’il fut chargé de plusieurs ouvrages d’importance qui font encore aujourd’hui le plus bel ornement de cette ville. De ce nombre sont les deux belles statues qu’on voit à Saint-Pierre de Carignan : elles ornent deux niches du dôme. L’une représente saint Sébastien et l’autre saint Ambroise, sous la figure du bienheureux Alexandre

1 Soprani, Vite de’ pittori, scultori ed architctti genovesi; 2e édition par Ratti, in -4°, t. 1, Gènes 1768, p. 443. Le second volume est entièrement de Ratti; Gènes 1769.

* Voyage de Robert de Cotte (mss. de la Biblioth. impér.). — Hatli, inslruzionc di quanto puo’ vedersi di piu bello in Genova, in pittura, scultura, ed architettura, ecc.; Gènes, 1 vol. in *8°, 1780.

ITALIE

Sauli dont les ancêtres ont fait bâtir cette église. Elles sont de marbre blanc, de 9 à 10 pieds. 11 a attaché saint Sébastien contre un arbre avec des cordes et a exprimé la grande foiblesse où le martyre l’a réduit , de sorte qu’il semble que les jambes de ce Saint succombent sous le poids de son corps, tout percé de flèches. Il a décoré ce Saint de toutes les armures qu'il portoit, ce qui fait un tout si noble, si beau, si grand qu’on ne sçauroit ne pas admirer ce chef-d'œuvre de l’art. Saint Ambroise est représenté avec ses habits pontificaux , groupé noblement d’un enfant qui tient sa crosse pastorale et reiè\e sa chape , laquelle est travaillée et ornée très-artistemcnt , aussi bien que l'aube et la ceinture. Il n’est pas dans toute l’Italie de plus belles pièces entre les modernes...2».

Dans le temps que Puget travaillait a ces belles statues, les Pères Tbéalins voulurent faire peindre leur dôme. Plusieurs peintres se mirent sur les rangs; J. B. Carton l'emporta, mais il avait prié Puget, qui était son ami, de lui faire son dessin. Ou sut qu'il était le véritable auteur de ce chef-d’œuvre, et Puget fit une partie des peintures.

On le chargea ensuite de la conduite del’Albergho de’ Poveri, ou hôpital général de Gènes, édifice aussi élégant que magnifique : Puget plaça au mattre autel de l’église de cet hôpital, une statue qui représente l’Assomption de la Vierge avec un beau groupe d’anges.

11 lit aussi une belle statue de la Vierge pour le palais Balbi. La chapelle de saint Louis roi de France, dans l’église de l’Annonciade, est encore un de scs ouvrages; il en donna le dessin qui est trèsremarquable, et de plus, il en fit construire la moitié à ses dépens.

11 entreprit ensuite un bas-relief de l’Assomption pour le duc de Mantoue. Pendant qu’il était occupé à cet ouvrage, il lui arriva une all’aire qui le dégoûta de Gênes et lui lit prendre la résolution de quitter cette ville. 11 fut arrêté sans raison3 par des sbires, comme il allait it minuit porter des lettres à la poste et jeté en prison. Dell-

* Aussi presque tous les ailleurs appellent-ils cette seconde statue saint Alexandre Sauli au lieu de saint Ambroise.

3 u Ainsi, quoique nous ayou& appris des Italiens l’art de la sculpture, ils se servent depuis longtemps des ouvriers françois. L’exemple de Puget en est une preuve. >» — A 'oie du P. Bougertl.

3 Le Ratti nous apprend que Puget était sorti avec son épée, ce qui était défendu après le coucher du soleil.

GÊNES

vré le lendemain par l’intervention de plusieurs nobles ses amis, et malgré la punition des sbires, Puget, décidé à sortir de Gènes, se retira dans son atelier et brisa à coups de marteau quelques ouvrages et quelques modèles ; ses amis parvinrent il le calmer et obtinrent qu’il bc partirait qu’après avoir achevé les ouvrages commencés. Il termina le bas-relief de l’Assomption et l’envoya au duc de Mantoue qui lui fit proposer, par une espèce d’ambassade solennelle, de venir dans ses États; il allait s’y rendre lorsque ce souverain mourut.

Cependant le cavalier Bernin qui avait vu les ouvrages de Puget en parla avec tant d’éloges à Colbert , que ce ministre lui donna l’ordre de revenir en Franco et le nomma directeur des ouvrages qui regardaient les ornements des vaisseaux, avec 1,200 écus de pension.

a 11 se disposa donc- à partir, quoiqu’il trouvât de plus grands avantages & Gênes. Car la famille Sauli lui donnoit tous les mois 300 livres et lui payoit encore ses ouvrages ; celle de Lomellini de Tabarque lui donnoit les mêmes appointements aux mêmes conditions. De plus, les Doria projettoient de faire une église paroissiale.,, et vouloient lui en donner la conduite. Le sénat avoit délibéré aussi de faire peindre la grande salle du conseil , et ordonné que Puget en ferait les dessins. I,es sénateurs Sbrignola et Grillo, qui en étoient chargés par le sénat, furent le prier d’y travailler; mais il s’en excusa, leur protestant que tous les avantages du monde ne le dispenseraient jamais d’obéir à son prince. Les Génois furent très -sensibles à son départ; ils l'accablèrent de présents, lui tirent plus d honneur que jamais, et eurent dans la suite des relations particulières avec lui , preuves certaines du cas qu’ils en faisaient ' . »

Puget quitta Gênes après y avoir travaillé huit ou neuf ans; il arriva à Toulon en 1600.

Malgré ses occupations pour les sculptures des vaisseaux, Puget lit encore deux ouvrages pour Gènes; lu premier est le modèle de l’église de l’Annonciade, de treize à quatorze pieds de haut, conservé dans l’arrière sacristie de cette église ; mais ce modèle n’a jamais été mis à exécution. Le second est le modèle d'un baldaquin pour le maître -autel de l'église de Carignan, commencé à Gênes et achevé à Toulon. Ce magnifique travail, conservé dans la maison du

1 Celte biographie e&t tir^e (ont entière du P. Boujferel.

ITALIE

Pu^ct à Marseille, puis placé dans les salles de l’Académie des arts de cette ville, était au temps de Mariette, en assez mauvais état ; ail y a été, dit-il, mal conservé. »

On cite encore plusieurs œuvres de Puget a Gênes , que le P. Bougerel ne mentionne pas. A Notre- Dame-des-Vignes, au maîtreautel, l’ange, le lion, l’aigle et le bœuf, symboles des Évangélistes: — à l’église de Saint- Cyr, le grand autel avec son tabernacle, sa table ornée d'anges et d’enfants en bronze doré : — à l’église de Saint -Philippe de Neri, à l'oratoire du saint, une statue de marbre de lu sainte Vierge, sur l’autel: — au palais Spiuola, sur la terrasse, l’enlèvement d’Hélène, groupe en marbre ; Puget ' en parlant de ce groupe, dit qu’il n’en a fait que le modèle: — une vierge pour le palais Carrega : — la fontaine du palais Brignole.

Puget forma école à Gênes; entre autres élèves, il eut Daniello Solaro, génois.

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