‹ Les artistes français a l'étranger (volume 2)Chapitre 333 sur 452 · LESTACHE ou LESTAGE (Pierre), sculpteur · texte numérisé non relu

LESTACHE ou LESTAGE (Pierre), sculpteur

Lestage, sculpteur français, travaillait à Rome en 1725; il y restaurait des antiques et fit quatre statues dans les niches de la façade de Saint-Louis-des-Français3.

729. TREMOLLIERE (Pierre-Charle»), peintre, né en 1703, à Chollet, mort le 11 mai 1739. Elève de J.- B. Ytnloo.

Trémollière alla à Rome en 1720, et fut chargé de faire la copie, d’après le Vanius, d’un tableau représentant la Chute de Simon le Magicien ; l’original , placé sur un des autels de Saint-Pierre , étant peint à L’huile sur le mur, commençait à dépérir, et il s’agissait de le mettre en mosaïque. Celte très-belle copie a été placée à Sainte- Marie-des-Anges. Trémollière revint à Paris en 1734’.

730. SLODTZ ( René- Michel ou Michel -Ange), sculpteur, né à Paris le 29 septembre 1705, mort a Paris le 2b octobre 1764.

Slodtz résida dix-sept ans à Rome, de 1730 à 1747, et selon l’expression de Patte, il fit l’ornement de cette ville pendant son séjour. Quoique jeune et étranger, il fut choisi au concours pour sculpter la statue de saint Iiruno, une des meilleures statues modernes qui sont dans Saint-Pierre; le saint est représenté dans l’instant qu’il refuse la mitre qui lui est apportée par un ange*. Il éleva ensuite, dans l’église de Saint-Jean-des-Florentins, le tombeau du marquis Capponi. Le mausolée est soutenu sur un socle où est gravée l’inscription, et sur lequel est posé un sarcophage. Une femme, appuyés; sur ce tombeau, tient d’une main un livre ; elle a un agneau couché à ses pieds. Le portrait du marquis est dans un médaillon porté par deux génies’.

A Saint -Louis- des- Français, Slodtz fit le has-relief du tombeau

> L'ilandt, t. V, p. 125. — Vasi, 330.

* Na g 1er. — Vasi, 329.

9 Mémoires sur les membres de l'Acad. roy. de peint, et de sculpt., t. Il, p. 44b. — Lalande , t. IV, p. 308. — Vasi, p. 239.

* Lalande , t. III, p. 445. — Celte statue est en marbre et a 14 pieds de haut. (Fr. Hlundel, Architecture française, t. IV, p. 32.)

* Lalande , t. V, p. 9 — I asi, p. 505.

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et le buste de Wleughels. — A Sainte-Marie délia Soala , à la chapelle de sainte Thérèse ', il exécuta un bas-relief en forme de médaillon 3.

731. SUBLE YR AS (Pierre), peintre, né à llzès en 1099, mort à Rome eu 1749. Elève d’Antoine Rivalr.

Subleyras a passé toute sa vie à Rome, où il s’est fait, dit Mariette, un honneur infini. Il y arriva en 17-28. Chargé par les chanoines d’Asti, en Piémont, de faire un grand tableau , il peignit N. -S. chez Simon le Pharisien. Ce morceau, terminé avec soin, fit sa réputation; il fut admis aux Académies de Saint-Luc 3 et des Arcades On le chargea ensuite de faire un tableau pour Saint-Pierre. Il représenta saint Basile célébrant les saints Mystères et refusant les dons de l’empereur Valens, qui tombe évanoui dans les bras de ses gardes4. Ce tableau, achevé à la fin de 1745 et dont on admira l’ordonnance et la couleur, fut aussitôt exécuté en mosaïque. C’était la première fois qu’on faisait cet honneur à un artiste vivant. Subleyras en était digne, et son œuvre était digne aussi de soutenir la gloire de notre école.

Subleyras eut dès lors une réputation immense. Le pape Benoît XIV J, les cardinaux , les princes de Rome se firent faire leurs portraits.

On a de lui, outre le portrait de Benoit XIV, ceux du cardinal Valent! Gonzague et de plusieurs grands personnages. Le pape lui commanda l’Extase de sainte Camille , le Mariage de sainte Catherine de Ricci avec l’enfant Jésus, et plaça ces tableaux dans son appartement. Il fit pour Milan, un saint Jérôme pour les Pères appelés l Girolomini di Milano ; pour Pérouse, deux tableaux d’autel ;

1 Lalande, t. Y, p. 509, ne désigne pas le sujet de ce bas-relief, mais Vasi , p. 451, nous dit qu’il y a dans cette chapelle deux bas-reliefs et que celui qui représente la sainte est de Ph. Valle ; l’autre est donc celui de Slodtz, mais il ne le désigne pas.

* Notice sur Slodtz, par Caslilhon, dans le Nécrologe de 1766, rédigée d’après la Lettre de Cochin aux auteurs de la Gazette littéraire, imprimée à Paris, chez Jombert, 1765.

9 II donna 4 l'Académie de Saint- Luc, pour morceau de réception l’esquisse de ce tableau. (L'abbé Fontenai.)

* Vasi en donne une autre description. Valens entendant la messe célébrée par saint Basile s'évanouit en voyant avec quelle majesté et quelle dévotion celui-ci célèbre le divin sacrifice.

* Le portrait de Benoit XIV, peint en 1740, est au Musée de Versailles.

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l’un représente saint Benoît ressuscitant un enfant , et l’autre Théodose aux pieds de saint Ambroise Il peignit encore , pour le marquis Pietro-Emilio Cavalière Sgariglia d’Ascoli, une Annonciation de la Vierge1.

732. VERNET (Claude-Joseph), peintre de mirinea (voir le n° 116).

« Ce n’est pas un éloge de Vernet que j’ai l’honneur de vous adresser, ce sont seulement quelques faits épars de la vie de cet homme célèbre, recueillis dans l’intimité de sa société, seul hommage que je puisse rendre à l’amitié dont il m’honorait... Vernet, arrivé à Rome (vers 1732, à dix-huit ans), faisait des dessins qu’il vendait fort mal. Des dessins de marine ne peuvent en général être bien appréciés que par des connaisseurs... Vernet essaya de peindre de petites marines; longtemps il se crut très-heureux de trouver à les placer pour un sequin ou deux. Son père ne lui envoyait plus d’argent, et Vernet, gagnant à peine de quoi vivre, allait rejoindre sa patrie , lorsqu’on lui conseilla de se présenter avec deux jolies petites marines chez un cardinal qui aimait les arts. Vernet, repoussé par le suisse du cardinal , se retirait tristement sans avoir pu parvenir à le voir, lorsqu’un ami qui le rencontra lui apprit que l’on ne parvenait à parler à un prince de l’Église que comme aux autres. Il retourna chez Son Éminence , donna la bona mana à ses gens, et fut introduit. Le cardinal regarda les tableaux, lui en donna le prix, et notre jeune peintre fut fort étonné lorsqu’il l’entendit ordonner de lui compter quatre louis. Le cardinal encouragea Vernet par tout ce qu’il ajouta d’éloges à sa munificence et fit sa réputation. Je regrette, surtout à ce titre , de n'avoir pas retenu le nom d’un homme sans lequel peut-être Vernet eût été obligé de quitter un art qu’il a tant illustré. Vernet, encouragé, employé, ne négligea rien pour perfectionner son talent... Il n’avait que vingt ans et scs tableaux étaient déjà fort estimés; mais Vernet aimait les plaisirs, ne travaillait point assez et dépensait son argent. Il logeait chez un perruquier qui, comme presque tous les Romains, aimait la peinture et se trouvait glorieux de loger chez lui un artiste célèbre. Le perruquier avait

1 D'Argtnvillt. — Mariette. — Robert Durneinü, t. II, p. 25S.

* Baldassare Orsini, Descriu'one dette pitture, .culture, trchilelture ed titre co» rare délit intigne citlt di Atcoli, 1 sol. in -8». Perugit, 1 790.

ItOME.

laissé accumuler plusieurs mois de loyer que Vernet ne s’empressait point de payer. Son hôte montait souvent chez lui et le voyait peindre en silence ; enfin Vernet, qui imputait celte assiduité à l’argent qu’il devait au perruquier, lui parla de sa dette. Il fut bien étonné de s’entendre dire par son hôte que, « voyant qu’il ne pouvait pas satisfaire aux demandes de tableaux que lui faisaient tant de grands personnages, et mourant d’envie d’avoir un des siens, il avait cru que le moyen le plus sûr de l’obtenir était de laisser accumuler la somme qu’il lui devait, persuadé qu’il aimerait mieux s’acquitter en lui faisant un tableau qu’en tirant à la fois tout cet argent de sa poche...» et le perruquier supplie Vernet de lui donner le tableau qu’il est en train de faire. Vemet y consent et oublie que cette peinture est promise au cardinal son protecteur; enfin Son Éminence vient chercher son tableau , déclare au jeune peintre que c’est son chefd’œuvre et ordonne à ses gens de le porter dans sa voiture. « Le perruquier tombe à ses pieds en la priant d’avoir pitié de lui et lui annonce en fondant en larmes qu’il ne survivra pas à la perte de ce tableau. » Vemet interdit, expliqua la cause de cette singulière scène au cardinal , qui , touché de l'amour qu’avait pour l’art ce perruquier lui abandonna le tableau. C’est un point du jour, un des meilleurs ouvrages que Vernet ait laissés à Home.

« Notre jeune peintre aimait passionnément la musique. 11 était lié de la plus étroite amitié avec le célèbre Pcrgolèse,... ils vivaient presque continuellement ensemble. Le peintre avait chez lui un forte-piano pour amuser son ami, et de même le musicien avait chez lui un chevalet et des palettes; l’un faisait de la musique pendant que l’autre peignait, et Vemet m’a souvent dit que ces moments ont été les plus heureux pour son génie et pour son cœur ; les chants de Pergolèse lui donnaient le sentiment de la plus belle nature ; et souvent, disait-il, j’ai dû les teintes les plus suaves et leur accord à l’impression que me faisaient éprouver le charme de l'harmonie et la douce voix de mon ami ". »

Vemet a beaucoup travaillé & Rome pendant les vingt ans qu’il y séjourna. On cite surtout, parmi ses œuvres, les tableaux du palais Rondanini, peints dans le goût de Salvalor Rosa; ceux du palais Spada et ceux de la galerie Borghèse.

• Lettre de M. Pitre, dans le t. XIV de U Correspondance de (’.rimm, p. 488.

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.Mariette, parlant du la passion des Anglais pour a leur Van de Vclde » et en particulier pour ses marines, nous apprend que : « Pendant tout le temps que Vernet est demeuré en Italie il n’a presque travaillé que pour des personnes de cette nation, et encore aujourd’hui, s’il vouloit les croire, tout François qu’il est, ils prendroient tout ce qui sort de son pinceau »

733 FftONTlER (Jeau-Lharli*), peintre, né à Paris en i 701 ,

mort 4 Lyon le 2 septembre 1703. Elève de C.-G. Halle. — Grand prix en 172H.

o Prontier apprit son art cher. C.-G. llallé, et ensuite continua ses études comme pensionnaire à Home. Après son retour à Paris, il fut en 174V, nommé membre de l’Académie, et trois ans après, directeur de celle de Lyon, où il mourut en 17CÙ. Le marquis d’Argens parle avec beaucoup d’estime de son talent ; il possédait une grande habileté dans le dessin, mais su couleur s’affaiblit d'année en année J. »

Cet urtiste , ajoute de La Blancherie J, a été à Home fort long temps ; on y trouve le plus grand nombre de ses ouvrages.

73V. DETItOY (Jean -Franco»), peintre (voir le n“ 7).

On voit de lui à Saint- Nicolas de Cesarini , un tableau représentant le bienheureux Jérôme Finiliani, qui présente a la sainte Vierge, sous la protection de saint Michel , les enfants pauvres et orphelins de l’éducation desquels il s’était chargé (gravé par Galimard ) *j — à l’église de Saint-Claude, la Hésurection * \ — à Saint -Nicolas de Cesarini, le tableau du maître autel *.

735. DUFLOS (Philolhée } f peintre et qrarcur, né k Paria vera 1710, mort a Lyon en 1 7 40. âgé d’environ 37 ans.

Elève de l'Ecule française de Itunie août Detroy.

Dtillos fit à Rome des paysages, entre autres un paysage avec Diane

* Traduction de Walpole par Mariette, mss. de la lïibl. impér., 1. 111, p. C» . Le gouvernement de Louis XV, en 1752, rappela Vernet en Franee pour peindre les porta de France. — iNotirc des tableaux, dessins, estampes, etc., dont la rente le fera les 20 et 21 avril 1700... Se distribue ebex Le Brun, etc.

* Traduit de Xayler.

* Estai d’un tableau historique des peintres français, 1783, in - (s (au Cabinet des estampes Ya 20V).

Mémoires sur les membres de l’Acad. roy. de peint, et de sculpt., t. II, p. 278.

‘ ldtm., p. 2ti9. — • Veut, p. 350.

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et Endymion, -possédé par Conte Siries de Florence; il lit aussi des gravures pour des livres, travailla pour la chalcographie romaine, et peignit un tableau d’autel à Caprarola, dans l’église des Carmes déchaussés, représentant l'Assomption de la sainte Vierge. Kn 1740, Puflos alla à Florence et y fit son portrait, puis en 1744, il quitta Rome et se rendit à Lyon où il mourut après deux ans île séjour '.

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