‹ Les artistes français a l'étranger (volume 2)Chapitre 357 sur 452 · A U ROUX (Nicolas), «jraveur, de Lyon · texte numérisé non relu

A U ROUX (Nicolas), «jraveur, de Lyon

Ce graveur, assez médiocre, a travaillé à Turin *.

786. DOFIN ou DAUPHIN (le chevalier Charles-Claude), peintre, (Delphinus, — Carlo Dellino, ) né en Lorraine, mort a Turin en 169.7*. Fila et élève d'Olivier Dofin, aelon Hcineken. Elève de S. Vouet.

Charles Dauphin a beaucoup travaillé à Turin; il était attaché à la cour du duc de Savoie. On voit de lui : dans le palais du roi de Piémont, des peintures aux voûtes des salles du trône, d'audience et des gardes; — à Saint-Jean, cathédrale de Turin, saint Luc faisant le portrait de la Vierge; Jésus -Christ donnant la communion à saint Honoré et plusieurs petits tableaux de la vie de ce saint ; — à Saint-

1 Félibien,

s Mariette, t. Il, p. 131.

s Perrault. — L’ot>W Fontenai.

4 Heineken. — L'abbé de Marottes , le Livre de» peintres et graveurs, publié par M. G. Duplessis, dans la bibliothèque cltéviricnue.

* Robert Dumesnil, 1. VIII, p. 254.

Clmrles-Borromée, saint Joseph tenant l’enfant Jésus qui d’un trait blesse le cœur de saint Augustin soutenu par deux anges; — à Saint- François-de-Paule, au maitre-autel, saint François-de-Paule soulevé à la gloire du ciel par les anges; saint François passant le détroit de Messine sur son manteau étendu sur la mer; Louise de Savoie, duchesse d'Aiigoulème, invoquant saint François-de-Paule pour obtenir que son mariage ne soit pas stérile

Charles Dauphin a peint aussi plusieurs portraits : Charles II, duc de Savoie , gravé par Tourneysem ; — la princesse Louise-Marie de Savoie avec la comtesse de Liagnac, à cheval; la princesse Françoise de Valois et Marie-Jeanne-llaptiste , à cheval ; Christine de Fleury et le prince de Carignan , à cheval. Ces trois pièces, peintes dans le château de la Vénerie, ont été gravées par G. Tesnière. — Le portrait du comédien Millot, figure en pied, gravé par Tourneysem. Tourneysem, a gravé d’après lui, Théodat. roi des Goths, l’incendie de Rome, divers frontispices, et huit estampes ainsi désignées dans Hohert Dumcsnil : La sainte Vierge recevant avec respect la nouvelle que l'ange lui vient annoncer (Turin, Hi.'>9); — la sainte Vierge (Turin, Iti(Rt); — Saint Joseph (Turin, tOtitl) ; — Saint Françoisde-Paule enlevé au ciel par les anges: — un évéquc arrêtant à la porte de son église un prince victorieux; — Alboin présentant une coupe formée par une tète de mort à des gens qui lui apportent des présents; — l'Église protégeant deux jeunes enfants et les mettant ii couvert de la fureur d’un homme qui veut les tuer: — l'Intelligence.

«Le chevalier Dauphin, peintre français, dit Nagler, vivait à Turin vers ltilit. Il peignit pour le prince Philibert et pour les églises de Turin, et avait du talent, surtout pour le portrait. On trouve du mouvement dans sis compositions, mais elles sont quelquefois un peu c infuses J. » J. -B. Brambilla fut son élève.

787. FERRAND (Jacques -Philippe), peintre »ur émail, né en 1653,1* 25 juillet, à Juigny, mort eu 1732, le 5 janvier, i Paris.

Elève «le Mignard et de Samuel Bernard.

« Ferrand fit plusieurs voyages en Allemagne, en Angleterre, el en 1(188, il alla la première fois à Turin et lit plusieurs ouvrages

1 Paroletli.

1 Traduit de Nagler. — Lanzi , t. III, p. 324.

TURIN

pour le duc de Savoye; mais la guerre qui survint l’obligea de repasser en France où il demeura jusqu’à la paix de ICtMi, auquel temps ayant été rappelé par le duc de Savoye, il lit un très-beau portrait de ce prince', qui en fut si content, qu’il luy lit l'honneur d’aller jusque dans son logement, luy témoigner sa satisfaction et luy offrir un appartement dans son palais; son séjour à Turin fut environ de deux ans, pendant lequel S. A. H. luy doima de continuelles marques de bontés et d’une particulière estime, jusqu’à venir presque tous les jours le voir travailler. M. Ferrand abandonna tous ces avantages, sur le bruit qui courut de la paix générale, craignant d’être rappelé par Louis XIV et de n’avoir pas le temps de voir les curiosités d’Italie.

« Me Turin il alla à Gênes, ou étant arrivé, il alla déclarer, suivant la coutume, à lu consigne, qu’il étoit peintre du roy de France, qu’il venoit de travailler pour le duc de Savoye, et qu’il alloit à Home et aux autres villes d’Italie pour en voir les beautés; le soir sur les sept heures lorsqu’on vint à l’ordinaire lire au Moge les déclarations de lu consigne, il se trouva auprès du Sérénissime un sculpteur françois nommé David 2 qui étoit aimé du Doge, et qui avoit entendu parler des honneurs que M. Ferrand avoit reçus du duc de Savoye; David interrompit le lecteur et dit que cet homme étoit un virtuoso, et fit un détail des honneurs dont le duc de Savoye l’avoit comblé.

« Le Doge qui aimoit aussi la peinture, envoya aussitôt un gentilhomme avec le S. David et deux de ses gardes à l’hôtellerie où étoit logé M. Ferrand, pour le prier de venir lui parler. Il vint le recevoir au haut du grand escalier du palais ducal en habit de cérémonie et accompagné d’une nombreuse cour; là, descendant deux marches il lui tendit la main, disant, qu'il avoit désiré pouvoir comme son altesse royale, aller le chercher luy-mêine, mais qu’il ne luy étoit pas permis de sortir du palais ducal pendant tout le temps qu'il étoit Doge; il conduisit M. Ferrand dans un appartement oii étoit la Sérénissime accompagnée des premières dames de Gênes, lesquelles furent très-satisfaites de plusieurs morceaux de son ouvrage qu’il leur montra, après quoi le Sérénissime l'engagea d’accepter son palais particulier pour le temps qu’il seroit à Gênes

1 II evistc un portreil de Victor Amédci-, duc de Sevoic, grevé oir Aubert, in- 12 d’eprès Ferrind (Collect. d'Odieuvrc). — * Voy. p, 289.

ITAM K

et luy donna un domestique pour le servir, et un cuisinier pour le traitera lafrançoise. M. Ferrand ne fit qu’un portrait en cette cour pour les mêmes raisons qui luy avoient fait quitter Turin.

« De Gênes, il passa à Florence, où l’ambassadeur de France le présenta au grand prince , le grand duc étant absent ; Son Altesse qui avoit déjà entendu parler de M. Ferrand et qui sçavoit qu'il dcvoit venir à Florence, lui fit un grand accueil; elle luy montra elle-même toutes les magnificences de son palais; ce prince lit tout ce qu’il pût pour retenir à sa cour M. Ferrand, qui partit bientôt de Florence et parcourut toutes les villes jusqu’à Rome pour ne manquer aucunes curiosités.

« Son séjour à Rome fut de treize mois; il yjfit les portraits d'innocent XII et de la princesse Pamphile et quelques autres qui augmentèrent sa réputation; revenant en France, il s’arrêta encore à Turin pendant quelques mois, et arriva enfin à Paris le jour île Noël de l’année 1099'. »

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