COCH1S (Sort -R.), peintre do paysages
« Cochin , établi à Venise , cxcelloit à dessiner et à peindre le paysage. J’ay quelques dessins de paysages de lui que j’estime beaucoup. Il vivoit dans le milieu du xvii* siècle4. » Nagler dit qu'il était graveur.
SIC. SOBLEAU ou SOBLEO (Michel), peintre Irène»», rivait en 1040.
« Sobleau fut un des meilleurs élèves de Guido Reni et eut une grande réputation en Italie. Dans les églises de Venise, on trouve beaucoup de tableaux de lui, qui, selon Fiorillo ( II, 579) sont tout à fait dans le style de son maître. Lanzi, au contraire, qui le dit Flamand et l’appelle Desubleo, trouve dans ses toiles un mélange du Guide et du Guerchin , au moins dans les tableaux que l’on voit dans les églises de Bologne. Le portrait de la Madone avec différents
* Perrault. — Félibirn.
* Mémoires sur 1er membres de t'Arad. roy. de peint, et sculpt., t. Il, p. 407.
J T réduit de Neglcr. — Voir eussi Mariette.
k Mariette, t. I, p. 382.
VENISE
saints de l’ordre des Carmélites, au couvent des Carmélites à Venise est regardé comme un des meilleurs ouvrages de notre maître. On ne saurait le confondre avec'Guido Keni, attendu que l’influence du Guerchin se fait sentir chez lui, et que d’autre part on est clioqué par une certaine dureté et un coloris désagréable , comme l’assure Bassaglia. Soblcau llorissait vers tliiO a. »
81 7. PERREAU ou PERRAULT (Claude), sculpteur, vivait vers 1656.
On voit de cet artiste , dans l’église du Saint-Job , le beau mausolée de, René de Voyer de Paulmy, comte d’Argenson, ambassadeur de France à Venise, mort à Venise en 1651. Perrault sculpta ce mausolée d’après des dessins qui lui furent envoyés de Rome ’.
818. DORIGNY (Louis) peintre d'histoire et graveur, né 4 Paris en 1G54, mort à Vérone en 1742'. Elève de Le Brun (voir le n° 4).
Dorigny arriva en Italie à dix-sept ans, c’est-à-dire en 1675, et y demeura toute sa vie, sauf l’année 1701 qu’il passa à Paris, et l’année 1711, pendant laquelle il résida à Vienne.
Après avoir travaillé quatre années à Rome, il fit un tableau représentant saint Bernard aux pieds de la Vierge pour le maîtreautel de l’église des Feuillants de Foligno. 11 peignit ensuite la vie de saint Augustin en vingt-quatre tableaux, au cloître des Auguslins. Dorigny alla de Foligno à Venise où il passa dix ans, puis il quitta Venise pour Vérone, parce que la hauteur des nobles Vénitiens le fatiguait.
C’est surtout à Venise et à Vérone que Dorigny a composé la plus grande partie de ses œuvres.
« Les ouvrages de Louis Dorigny à Vérone sont : quatre tableaux à l’huile, dans l’église du collège del sig. Hottai; les deux premiers représentent deux miracles de saint Zénon, évêque et protecteur
* n Dans le chœur des Carmes déchaussés on voit un tableau au haut duquel est la Vierge et en bas plusieurs saints religieux, saint François d’Assise et une femme avec un enfant. Il est de Michel Sobleao; assez juste de formes, de manière assez grande et d’assez bon ton. Il y a des grâces dans quelques télés. » ( Cochin , t. III, 118.)
* Traduit de Nagler.
3 (liannantunio Moschini, Nuova guida per Venezia; Venise, 1828, in- 12, p. 136. — Xagler. — L'abbé Richard, t. Il, p. 357.
* « Mori negli ultimi dell’ anno 1742, overo nei primi mesi del 1743. » Mariette: Abecedario, t. Il, p. 115, publié par MM. Ph. de Cbennevières et A. de Montaiglon
ITAM K
de la ville; on voit dans le troisième, Daniel qui justifie Susanne, et une Annonciation fait le sujet du quatrième.
« Dans l’église de Saint -Sébastien est le songe de Machabée, qui croit voir l’épée d’or du prophète Zacharie; plusieurs clairs-obscurs représentent 1a vie de saint Louis de Gonzague et de saint Stanislas de Kotska.
« La Manne est peinte au maître-autel de l’église de Saint-Luc ; et dans celle de Sainle-Euphémie, un saint Christophe qui porte Jésus-Christ sur ses épaules, avec une gloire d’anges au-dessus.
« A Saint-Marc, la Conception de la Vierge, et au bas de ce tableau d’autel sont placés saint Grégoire et saint François de Paule.
« On voit dans le palais Giusti , un grand tableau de l’enlèvement des Babines, et le combat des Horaees et des Curiaces.
« Dans le palais Peligrini au plafond de l’escalier, ce sont les Vertus théologales et cardinales, assises sur des nuages.
« Dans la maison Lombardi, plusieurs tableaux à l’huile sont placés dans une salle, savoir ; le repas de Cléopâtre; Ënée abordant sur les côtes d’Italie; Orphée aux portes des enfers, pour ramener Eurydice ; Hcnninie sur les bords du Jourdain avec un vieux berger et trois enfants qui chantent.
« La maison des Piccoli possède de grands tableaux à l’huile, représentant le Déluge , le sacrifice de Noé , la construction de la tour de Bahel.
« Dans la vigne du comte Allegri, A Cuzzauo, au plafond de la salle, parait le conseil des Dieux ; dans une embrasure, Persée tient la tète de Méduse, qui change en pierre plusieurs soldats ; et vis-àvis, le combat des Centaures et des Lapithcs: au-dessous de ces tableaux, il a peint à fresque, deux luttes d’hommes en clairobscur, et tout autour de la salle, les douze signes du Zodiaque personnifiés.
« Dans le palais du même seigneur, à Vérone, la salle et plusieurs chambres sont ornées de plafonds où sont représentés Borée qui enlève Orithyc ; dans une autre c’est une fête de Bacchus ; on voit dans le même palais, les quatre parties du Monde, la Renommée et les Vertus cardinales, Vénus suivie des Grâces, Junon dans son char tiré par des paons, la déesse Flore, et la Nuit environnée des songes personnifiés.
« Dans le palais du marquis Spolvarini,, Dorigny a peint à fresque
VENISE
le plafond d’une salle, partagé en trois compartiments : on voit dans le milieu un chœur de bergers, à un des bouts une Bacchanale , et dans l’autre une chasse de Diane ; dans une autre chambre le plafond représente la chute de Phaéton, que Jupiter précipite.
«Le palais Murelli a de lui trois plafonds à fresque; on voit dans celui de la salle, le char du Soleil avec les signes du Zodiaque; le triomphe d’Hercule, avec les Arts libéraux et autres sujets, ornent les deux autres chambres.
« Dans la maison Nuvoloni, il y a une grande pièce toute remplie de morceaux à l’huile, dont les principaux sont : Salomon visité par la reine de Saba, sa piété envers Dieu , ensuite son idolâtrie.
« La ville de Venise expose, dans l’église de Saint-Sylvestre, au milieu du plafond , un Ciel ouvert, où l’on voit la Trinité avec la Vierge, et plusieurs anges en adoration; vers la porte, il a peint d’autres anges qui portent la croix; et du côté du maître-autel, c’est l’Apothéose de saint Sylvestre, le tout peint à fresque : on voit autour du plafond, les Saints de l’ancien et du nouveau Testament, sur des nuages
« L’église des Jésuites représente deux plafonds à fresque. Celui du maitre-autel est composé d’un concert d’anges a; l’autre, qui est au milieu de la croisée , fait voir le ciel, la terre et l’enfer qui adorent le nom de Jésus : le plafond d’une chapelle latérale, dans l'église des Carmes déchaussés , expose un groupe d’anges peint à fresque.
« Dans le palais del sig. Tron , il a exécuté de même, dans une salle, le triomphe d’Hercule, où sont rassemblés tous les Dieux; et les signes du Zodiaque personnifiés se voient dans les ornements du pourtour.
«Au palais Zenobio, il a peint deux salles et une chambre; dans la première, est l’Aurore qui devance le char du Soleil, accompagnée des Vents qui écartent les fantOmes [le la nuit; on voit dans l'autre salle, trois niches; le Mérite accompagné de la Vertu et de la
1 « Tout le plafond de l'église est peint par Ludovico Dorigni. C’est une grande machine, d'une composition pleine de feu et de génie. Il y a beaucoup de grâces dans les tournures des ligures, et dans le dessin qui est spirituel, juste et fin. La couleur en est monotone, et il semble que ce ne soit qu’un camayeux roux. » (CocAtn, t. III, p. 66.) — Voir aussi Lanzi.
* Cochin, t. III, p. 106, et Moschini, p. 126.
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Renommée, groupées de petits enfants, est dans la première: la seconde est la Vertu récompensée par la Justice, et la troisième est remplie de plusieurs Vices personifiés, vaincus et foudroyés; il y a une chambre à deux plafonds; l’un est un Mercure avec plusieurs symboles de la Vertu; dans l’autre, ce sont les trois déesses qui se disputent la pomme d’or.
t A Mantoue , il a peint à fresque la chute de Phaéton , au plafond de la salle du palais du comte Bcltrame.
«A Trévise, on voit dans l’église des religieuses de Saint-Paul une gloire d’anges au plafond; et sur les murs de cillé , les actions les plus intéressantes de saint Paid sont peintes en clair-obscur doré sur un fond blanc.
« Dans la grande église d’Udine, on voit au plafond du maîtreautel, une gloire d’anges à fresque, et sur les murs est peinte d’un côté la Résurrection du Sauveur qui triomphe de la mort, de l’enfer, du péché et de l’hérésie; de l’autre est son Ascension, et la gloire humaine, accompagnée des honneurs et des richesses de ce monde, y parait prosternée. On voit dans les plafonds de la croisée de l’église les Pères de l’Ancien et du Nouveau-Testament peints à fresque sur des nuages.
<i A Trente, il a peint à fresque la coupole de la cathédrale, où il a représenté les Saints protecteurs de cette ville, et dans les lunettes qui régnent autour de la croisée de l’église, les martyres de ces saints ' . » C'est le plus fameux morceau de Dorigny a.
A Vicence, on voit à l’oratoire des Pères Servites, un Christ peint par Dorigny J.
Après avoir terminé sa biographie, d’Argenville ajoute : « il auroit été trop long de décrire tous les ouvrages que Dorigny a faits dans les autres villes d’Italie; on s’est attaché aux principaux. »
« Dorigny, dit Nagler, possédait une grande habileté pour peindre à la fresque, genre dans lequel il marcha sur les traces de Solimena. 11 avait de la facilité dans l’invention , seulement ses figures pourraient avoir plus de grâce et de grandeur.
1 D'ArgenviUt.
* Fiorillo, I. lit, p. 214.
* Il forestière imtrutto nelle cose più rare di arrhiteltura e di alcune piUure delta ritta di Yicenza; Vicence, 1804, in-8°, p. 82. — Voir aimai Pozsu , Vite de' pitton Veroneai, p. 176.
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a Dorigny a aussi gravé sur cuivre et avec une grande distinction; on cite les planches suivantes :
Trente -deux petits sujets pour les pensées chrétiennes du Père Bouhours. 1684, Venise.
Cinq emblèmes tirés d’Horace, S feuilles in-folio.
Six planches des Métamorphoses d’Ovide.
La vue de l’amphithéAtre de Vérone , grande planche en largeur.
Le débarquement des Sarrasins à Ostie, d’après Kaphacl , grand in-folio carré. »
819. DESB01S ou DUBOIS (Martial), graveur, né è Pari» en 1630, y mourut en 1700.
Desbois, graveur au burin, h la pointe et à la manière noire, séjourna à Venise et à Padouc , où il lit de nombreuses estampes, et revint à Paris en 1696. On a de lui : le corps mort du Sauveur, fait à Venise; — cinq gravures pour le livre de mademoiselle C.-C. Patin, intitulé : Tabellœ selectœ ac explicatif, etc., Padoue, in -fol. 1691 ; — une Vierge, d’après le i laide; - le Jugement de Salomon, d’après Poussin; — les Noces de Cana, d’après le Padouan; — la femme adultère, d’après le Véronèle; — saint Guillaume , duc d’Aquitaine, recevant l'habit de moine , des mains de saint Bernard , d’après le Guerchin. — Les autres pièces ont été exécutées par N. -H. Cochin, H. Vincent, J. Juster, H.'Thourneyser le fils.
Desboi: a gravé les portraitsdu doge Louis Contareni ; — d'Édouard Farnèse, duc dc'Parme; — du doge Marc-Antoine Justiniani ; — du Patriarche de Venise, Louis Sagredo. Il a fait aussi les trente vignettes et portraits du livre intitulé : Lijcnnn Patavinum, de Ch. Patin, Padoue, 1682, in--i° '.