‹ Les artistes français a l'étranger (volume 2)Chapitre 404 sur 452 · BOUDON (voir le n · texte numérisé non relu

BOUDON (voir le n

Houdon a beaucoup travaillé pour la Russie , sans toutefois avoir été dans ce pays. En 1773, il exposa un monument érigé en l'honneur du prince Michel Michaïlowitch Gallitzin, dont le livret lionne ainsi la description : — « un Génie militaire, appuyé sur une urne cinéraire, éteint un flambeau; à ses pieds est un trophée du casque, de l’épée et du bouclier de ce prince; des palmes, des lauriers et différentes couronnes désignent le genre des victoires qu'il a remportées; cette figure, de grandeur naturelle, est appuyée sur un fond formant une pyramide de dix pieds de haut sur quatre de large, qui doit être accompagnée de deux cyprès; » — le buste en marbre de Catherine n, plus grand que nature, grave par Beisson

• Clérisseau, ,qrand ami de l’antiquité, avait en effet passé vin.qt ans à Home à étudier et dessiner les monuments antiques.

s Jiarhaumonty Mémoires secrets, l. VII, p. 09, novembre S "73.

* Biographie universelle, supplément.

RUSSIE

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sur le dessin de Bounieu; — un autre monument à l'honneur du prince Alexis Demetricewitch Gallitzin, sénateur, de même grandeur que le précédent; on y voit la Justice appuyée sur une table destinée à recevoir l’inscription. — En 1781, lloudon termina la célèbre statue de Diane que lui avait commandée l’impératrice et qui est aujourd’hui au Musée de l’Ermitage. En 1777, il n’avait exposé au Salon que le buste de cette statue, parce que l’Académie avait été justement choquée de la nudité de Diane1. La Diane de lloudon est en chasseresse, le carquois sur l’épaule gauche, et tenant un arc de la main droite; elle est censée traverser un marais qu’elle franchit au milieu des roseaux et s'appuie légèrement sur un buisson de roseaux. Tous ceux qui ont vu cette belle œuvre en vantent la légèreté, la grâce ravissante, la noblesse et l’élégance, lloudon a répété la statue de Diane, en bronze et sans aucun support; cette répétition est au Louvre. On voit encore de Houdon, à la bibliothèque de l’Ermitage, une statue en marbre représentant Voltaire assis dans un fauteuil; d’après Fortia de Piles, la statue de Voltaire serait de 1781.

900. MAC H Y (Pierre- Antoine de), peintre d’architecture, né à Paris vers 1722, mort en 1807. Elève de Servandoni.

Cet habile peintre d’architecture a exposé en 1773 deux gouaches représentant la colonnade du Louvre et le portail de Saint-Sulpice; ces deux gouaches étaient faites pour le comte Strogonof.

901. ROBERT (Hubert), peintre d'architecture, né à Paris en 1733, mort à Paris le 15 avril 1808.

Catherine II l’invita en 1782 et encore en 179! à venir à Saint- Pétersbourg; malgré les offres avantageuses de l'impératrice, il resta à Paris, mais il lui envoya des ouvrages qui furent généreusement payés. On voit à l’Ermitage et chez plusieurs seigneurs une immense quantité de tableaux de ltobert, représentant principalement des vues de Rome. En 1773, il exposa une vue des ruines du Campo

1 Houdon, en effet, avait poussé l'imitation de la nature jusqu’à indiquer dans cette statue de la chaste Diane des détails que les anciens négligeaient jusque dans les représentations de l’impudique Vénus. On ne saurait trop blAmer ce manque de convenances.

Vaccino et un escalier du Casino Albano peints pour le comte Strogonof 1 * .

902. MAILLY (Jacques* Charles de), peintre en miniature et sur émail, né à l*ari«.

De Mailly fonda sa réputation à Saint-Pétersbourg; il a fait plusieurs fois le i kj rt rail en émail de Catherine II. J. Barbier en a gravé un, peint par de Mailly à Moscou, et le Louvre en possède un autre (pii est fort beau. « Catherine II goûtait fort ses ouvrages, surtout les sujets représentant des scènes de la guerre d'alors avec les Turcs. Le combat de Saint-Georges avec le dragon, en manière de bas-relief, fut payé par elle 23,000 roubles, et pour une écritoire avec des tableaux de batailles, etc., elle avança 50,000 livres. L’artiste en voulait 60,000 *. n

Baehaumout 3 décrit ainsi cette remarquable pièce :

u Ori se porte en feule pour aller voir chez M. de Mailly, peintre' en émail, une écritoire exécutée par cet artiste, ordonnée par l 'impératrice des Russies : c’est un présent que cette souveraine fait à l’ordre de Saint-Georges, et il doit être placé dans la salle de ses assemblées. Comme tout ce qui u rapport à Catherine semble devoir porter l’empreinte de son génie et de sa magnificence, M. de Mailly s’est évertué à donner un air de monument à ce colifichet.

« 11 a imaginé de faire représenter à l’ensemble un parc d’artillerie , sur lequel des jvetits Génies militaires s’amusent à divers exercices. Il a ainsi placé ingénieusement les ustensiles nécessaires à l’usage auquel cet ouvrage est principalement destiné. Les uns de ces Génies, sur le premier plan, sont groupés de droite et de gauche avec deux mortiers, dont le premier, incliné, est le poudrier, et le second, perpendiculaire, l’encrier. On voit entre deux étendues sur la place , des armures recouvertes d’un tapis sur lequel est peint l’embrasement de la (lotte turque par la flotte russe. Ce tapis sert de fermeture à une boite entamée dans l'épaisseur du plan , destinée à contenir plumes, canif, grattoir, etc.

« Sur le second sont des groupes d’autres enfants cherchant à dresser des canons sans affût sur leurs culasses, qui servent de (lambeaux. •

I Notice d»M le Magasin encyclopédique, 1808, I. III, p. 161 .

* Traduit de Nagler.

* T. X, p. 275, octobre 1777.

RUSSIE

« Sur le devant du plateau s’avance une partie circulaire au centre de laquelle est un trépied ou autel antique érigé en l’honneur de la divinité tutélaire de l’empire : il sert à placer l’éponge pour essuyer les plumes. Dans l’un des tiroirs est une pièce détachée ; c’est un mât brisé auquel est attaché le reste d’une voile en partie brûlée ; elle sert de garde-vue.

« Dans l’enfoncement du centre est une pendule portée sur un piédestal; elle est ornée de différents attributs entre lesquels se trouve la trompette de la Renommée. Le bout de l’aile, de cette trompette sert d’index aux heures et aux minutes, qui sont marquées sur deux cercles tournants qui traversent le globe. Le tout est surmonté du portrait de l'Impératrice en médaillon. »

Fortia de Piles (iv, 393), a vu en 1792, l’écritoire de Mailly à Tchesmé.

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