PA J U U, sculpteur (voir le
Pajou a exposé au salon de 1789 un projet de tomlieau pour le comte et la comtesse Cliérémétof. Nous ne savons pas si ce projet a été exécuté.
On voit à l’Académie des Arts do Saint-Pétersbourg, un œuvre de Pajou décrit par Fortia de Piles 4; c’est un monument élevé par la princesse Anastasic de Hesse - Hombourg , née Trubetskoî, en l’honneur de ce que l’impératrice Elisabeth, la nuit où elle lit la révolution, se dépouilla du cordon de Saint- André pourl’cn décorer. On voit sur un Iras -relief cette impératrice en coiffe de nuit , l’uniforme des gardes sur ses jupes; derrière elle les grenadiers des
* Sagter . — Cabinet des estampes. — Voir te Journal de Wille, qui l'appelle Viollier et Violier.
1 Archives de l’art français, t. III, p. 3X9, 383, 336.
* Journal de Wille, 27 décembre 1 787 ; 8 février 1 789 ; 28 mars 1 789.
» T. III, p. 186.
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HUSSIE.
{fardes armés, à qui elle montre le palais occupé par Ivan qu’il faut attaquer. Le cordon bleu est déposé dans un vase renfermé dans ce monument, exécuté en marbre blanc, par Pajou.
908. DOYEN (Gabriel -François) peintre d’histoire, né en 1726, à Paris, mort à Saint-Pétersbourg le 5 juin 1806. Elève de Carie Vauloo.
Doyen sollicité depuis longtemps de passer en Russie, s’y rendit en 1790.
« Catherine, dit Leearpentier, le reçut avec la distinction et l’affabilité qu’elle accordait à tous les hommes de mérite. Elle lui assigna une pension de 1,200 roubles avec un logement dans un de ses palais ; on le nomma professeur de l’Académie de peinture de Saint- Pétersbourg, avec de nouveaux appointements attachés à cette place. Plusieurs élèves s’empressèrent de profiter de ses leçons; la plupart sont allés depuis en Italie. »
Madame Le Brun complète ces détails : « Je viens de voir, ditelle en 179o mon plus ancien ami, Doyen le peintre, si bon, si spirituel ! L’impératrice l’aime beaucoup. Elle est venue à son secours; car il a émigré sans aucune fortune, n’ayant laissé en France qu’une maison de campagne qu’on lui a prise. Il a sa place au spectacle tout près de la loge de l’Impératrice, qui, m’a-t-on dit, cause souvent avec lui. »
Doyen forma un assez bon nombre d’élèves pendant les seize ans de son séjour en Russie. 11 fut chargé de nombreux travaux; entre autres, on cite le plafond de la grande salle dite de Saint-Georges, au palais impérial ; — celui de la chambre à coucher de Paul I", au château de Saint-Michel ; — le plafond de la salle n" XII, au palais de l'Ermitage, fait pour le cabinet de l’Impératrice mère, au château de Saint-Michel. Cette peinture, ouvrage inachevé de la vieillesse de Doyen, représente la Noblesse , sous la figure d’un guerrier, confiant à Minerve ses enfants placés sous un bouclier. L’Abondance, symliole de la prospérité de l’État , est â ses pieds. Sur le second plan , on voit un jeune héros armé de toutes pièces, entouré de figures symboliques. L'Histoire appuyée sur le Temps, écrit les fastes de l’Empire et la Renommée les publie à l’Univers 3. Ce pla-
' Souwnir», t. II, p. 289.
* Livret de l'Ermitage, p. 131.
RUSSIE
fond n’est qu’ébaucbé; la vieillesse a cmpèclié Doyen de le finir. Doyen a peint encore le plafond d’une galerie à Pavlovski.
non. MADAME LEBRUN (voirie n» 11).
Madame Lebucn résida à Saint-Pétersbourg de f <93 à 1801, parfaitement traitée par Catherine II et par toute la haute société , qui employa beaucoup son pinceau ; elle a fait pendant son séjour en Russie quarante-sept portraits dont elle-même a donné la liste dans ses Souvenirs ' .
Madame Demidof, née Strogonof; — la princesse Menzicof; — la comtesse Potoçka; — la comtesse Schouvalof; — les deux grandesduchesses Hélène et Alexandrine; — la grande-duchesse Élisabeth, gravé en 1708 par l.-S. Klauber, in-fol. ; — la grande-duchesse Anne; — la comtesse de Seawronski: — la comtesse Strogonof; — la comtesse Sammaclof; — la comtesse Apraxine; — la princesse Isoupof et sa fille; — la comtesse Woronzof; — la comtesse Golowin ; — la comtesse Tolstoy ; — le prince et la princesse Alexis Kourakin; — deux grands bustes du roi de Pologne2; — sa petitenièce ; — la princesse Michel Gallitzin; — le comte et la comtesse Dietricten; — la princesse liauris Gallitzin; — la princesse Supia; — Mmc Koutousof; — le baron Strogonof; — M,|e Kasiski; — la princesse Alexandre Gallitzin; — Mn,e Kalitchef; — le comte Potoçki; — le comte Litta; — la princesse Viaminski; — le prince Bariat inski; — le prince Alexandre Kourakin; — M"* Lebrun, pour l’Académie de Saint-Pétersbourg, dont elle était membre; — l’empereur Alexandre (terminé à Dresde).
En 1770, madame Lebrun avait fait à Paris un grand portrait de Marie-Antoinette pour l’impératrice de Russie 3.
910. THOMAS DE TH0M0N, •rchilcetc, né & Paris en 1750, mort à Saint-Pétersbourg en 1814.
Thomas de Thomon , dessinateur très-habile et de bon goût, fut architecte de l'empereur Alexandre. Il a beaucoup travaillé en
* Un portrait de Stanislas-Auguste, roi de Pologne, peint en 1797, à Saint-Pétersbourg, par madame Le Itrun, a été gravé en 1798 par klauber.
3 Souvenirs, t. 1 , p. 327. — Madame Lebrun y donne de très- intéressants details sur son séjour eu Hussie, sur le bon accueil quelle y trouva, soit de l’impératrice, soit de l’aristocratie russe.
1IIISSIE.
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Russie et ses œuvres sont fort remarquables. Elles sont décrites dans l’ouvrage suivant : Traite de peinture, précédé de l’origine des arts, dédié à S. M. T. l’impératrice Élisabeth Aloxicwna, par Thomas de Thomon , architecte de S. M. I. l’empereur Alexandre 1", et professeur à l’Académie impériale des Beaux-Arts do Saint-Pétersbourg; Saint-Pétersbourg, 1809, 1 vol. in-8°, avec un catalogue des tableaux qu’il a peints à l'aquarelle et qui sont en Russie , et un recueil de plans et façades des principaux monuments construits par lui à Saint-Pétersbourg et dans les différentes provinces de l’empire de Russie.
Ce recueil de plans nous indique les principales œuvres do Thomon:
1° Le grand théâtre impérial de Saint-Pétersbourg. La façade offre un portique d’ordre ionique, composé de huit colonnes, surmontées d’un fronton enrichi d’un bas-relief qui représente Apollon entouré du chœur des Muses. (La façade, le plan du premier étage et une coupe prise] sur la longueur, sont gravées et jointes à la description.)
2“ La bourse de Saint-Pétersbourg ( 1 80.%) et la belle place que ce monument domine. Cet édifice est entouré de quarante-quatro colonnes doriques, dont dix à chaque façade; les colonnes soutiennent une terrasse qui fait le tour du bâtiment. Devant la bourse située entre la grande et la petite Néva, est le nouveau port, de forme circulaire; et à chacune des deux extrémités du port s’élève une colonne rostrale, dont les fanaux éclairent 'et dirigent de loin l’abord des vaisseaux. Un groupe de trois Atlas supporte une demi-sphère concave qui contient ces feux, et la base de chacune des colonnes est ornée de figures colossales qui représentent les Divinités de la mer et du commerce (quatre gravures).
3" La colonne triomphale de Pultava, élevée à la mémoire de Pierre le Grand. Elle est de fer fondu et omée de couronnes et de faisceaux d’armes. Le sommet est couronné d’un aigle tenant dans ses serres les foudres de la guerre, et dans le bec une couronne de lauriers. A droite et à gauche de la colonne s’élèvent des trophées dans le goût grec, et le tout est enveloppé d’une grille dont les barreaux sont des épées de style grec, la pointe fichée en terre, symbole du repos après la victoire. Le soubassement représente une petite forteresse (une gravure). — Le modèle de cette colonne, érigée
RUSSIE
eu 1809, est an musée de l’Ermitage. Les ornements ont été modelés à l’Académie impériale des lfeaux-Arts de Saint-Pétersbourg, par M. le professeur Schedrinn, sous la direction de Thomas de Thomon.
4» Le théâtre d’Odessa (trois gravures).
5“ Le magasin impérial des suifs, à Saint -Pétcrsbourg (une gravure).
6° Le temple funéraire de Pavlovski (1805), destiné à recevoir les monuments de la famille de S. M. I. l'empereur. 11 est dans le style grec et les colonnes sont d’ordre dorique.
Les aquarelles de Thomas de Thomon sont :
A l’Hermitagc : l’empereur Trajan donnant audience à toutes les nations, nu milieu des places publiques, à Home.
Chez S. M. l’impératrice : le temple do Jupiter; grande composition allégorique.
Chez M. le comte Ghérémélof, à Saint-Pétersbourg ; vue intérieure de souterrains égyptiens (peinte en 1799)',
L'n hermite.
Lin philosophe.
Vitruve occupé des chefs-d’œuvre d’Athènes; effet de nuit.
Un poète qui écrit la vie de Jules-César.
Philoctète dans Pile de Lemnos.
Chez madame ht princesse Gallitzin : une tempête.
Chez M. le prince Gallitzin , à Moscou : l’intérieur d’un péristyle qui précède un temple de Jupiter.
Un intérieur de catacombo égyptienne.
Chez M. le comte Ilostopchin, a Moscou : une grotte de Neptune.
Une retraite sacrée où se baignent des nymphes.