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beth, sœur du prince Henri, et écrite a Heidelberg le 1" janvier 161 5, quels furent les travaux exécutés en Angleterre par Salomon de Caus , qui s’exprime ainsi : « 11 n’est pas en moy, Vertueuse Princesse, de vous présenter choses dignes de vos mérites. Mais sachant l’amour qu’auez porté et continuez de porter à l’heureuse mémoire de Noble et Gentil prince de Galles, i’ay représenté icy quelques desseings que i’ay autrefois faits, estant à son service, aucuns pour servir d’ornement en sa maison de Hichemont, et les autres pour satisfaire à sa gentille curiosité , qui désiroit tousiours
voir et cognoistre quelque chose de nouveau » Salomon donne
en effet les dessins dont il vient de parler, parfaitement gravés, et représentant des grottes, des fontaines avec statues et jets d’eau, une terrasse avec jardin, etc. Nous trouvons encore dans la dédicace à la reine d’Angleterre (15 septembre 1614), de Y Institution harmonique ', que Salomon avait commencé « la fabrique des machines hydrauliques » sous son bon maître le prince de Galles. Nous savons par les notes de la nouvelle édition du Walpole, que la façade de Wilton par Inigo Jones, avait été conduite par Salomon, et qu’il a aussi travaillé à Greenwich et aux jardins de Somerset.
L’électeur palatin, Frédéric, s’étant rendu en Angleterre pour épouser la princesse royale Elisabeth , sœur du prince Henri , célébra son mariage le 1 1 février 1613, et à son retour dans ses États, « il luy prit volonté de faire accommoder tant aucuns quartiers de son chasteau de Heidelberg (y prétendant faire son ordinaire demeure) comme aussi un jardin orné de toutes les rarités que l'on y pourroit faire... » Salomon de Caus, devenu architecte et ingénieur de l’Électeur palatin, eut l’honneur d'Otre chargé par l’Électeur de faire ce jardin. Il est bien probable que l’ingénieur du prince de Galles avait suivi la princesse Élisabeth dans le Palatinat, et cette supposition semble prouvée par les dates des faits. Il y avait de grandes difficultés à vaincre pour établir ce jardin, à cause de la topographie, des montagnes à aplanir, etc. Én novembre 1619, Salomon de Caus avait presque achevé son œuvre, et l’aurait terminée en six mois, sans la guerre de Trente Ans, à laquelle l’Électeur avait pris une part active et qui l’avait fait monter sur le trône de Bohême, le 4 novembre 1619. Toutefois, a ce retardement aux
1 l'a fol. in-folio, Francfort, 1615.
ALLEMAGNE
ouvrages dudit jardin» n’empèrha pas l’ingénieur français de « mettre* les desseings dudit jardin en lumière, tant de ce qui estoit acheué comme de ce qui restoit encore à faire », et en 1020, il publia en un volume in-folio, h Francfort, le recueil des dessins principaux du jardin de Heidelberg, sous le titre de : Hortus Paint inus. Les trente belles estampes qui composent ce livre, représentent des plans généraux, des parterres, l’orangerie, des fontaines, dos jardins particulière, des grottes, des escaliers, des galeries, des statues , le tout avec les jets d’eau et les effets d’eau les plus variés. C’est déjà Versailles.
Pendant qu’il était à Heidelberg1, Salomon de Caus publia son célèbre traité : les liaisons des forces mouvantes, tant utilles que plaisantes, ausquclles sont adjoints plusieurs desscings de grotes et fontaines, en un volume in-folio, imprimé à Francfort en 1015. Il y prend le titre d’ingénieur et architecte de S. A. Palatine Électorale. Le premier livre est dédié au roi de France', dont il se déclare le sujet, et dans le privilège du roi, on reconnaît sa qualité de Français et on le qualifie de « maistre ingénieur estant de présent au service de nostre cher et bien aimé cousin le prince Électeur Palatin a. »
La guerre de Trente Ans, dont le début avait été favorable à Frédéric, tourna bientôt contre lui ; la bataille de la Montagne Blanche, près de Prague (8 novembre 1010), chassa de Bohème Frédéric; le Palalinat fut conquis par les troupes de l’empereur, et l’Électeur obligé de se réfugier en Hollande. Ces revers , cet exil à la Haye, expliquent la dédicace de YHortus Palatinus : « Sire, disait Salomon en adressant son livre à son malheureux maître, voicy les desseings principaux des ouvrages de vostre jardin de Heydelberg, auquel V. M. a prins autrefois du contentement, pensant jouyr annuellement du fruit et plaisir d’iceluy... »
Au milieu de ces désastres , de ces guerres sanglantes. Salomon quitta le Palatinat, revint en France’, et en 1024, il publiait à Paris
' La dédicace est datée de Heidelberg, le 15 février 1615.
* Sur 1a question de la vapeur, dans l'histoire de laquelle Salomon tient une place si importante, voy. Aragof t. Il des Notices scientifiques, p. 14, dans l’édition de ses truvres publiée par Gide et Baudry.
3 Est-ce à cette époque ou antérieurement que notre artiatc alla à Florence? Il parle de sou voyage d’Italie dans l'un de ses problèmes.
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iino nouvelle édition des Raisons des forces mouvantes. Son fils Isaac de Caus, né â Dieppe, suivit la carrière de son père, et publia à Londres, en 101-1, un ouvrage intitulé: nouvelle invention de lever l'eau plus haut que sa source, 1 vol. in-folio.
lit. HIGAl'D (voir le n° 1).
En <605, Rigaud peignit le portrait du Prince palatin.
112. R AOUX (Jpan), peintre d’iustoire et de portraits, nè & Montpellier en 1077; mort à Paru en 1734. Élève de Ranc père et de Bon Boulogne.
A son retour d’Angleterre en 1721, Raoux fit pour l’Électeur palatin, deux tableaux d’histoire assez considérables; l’un représentait la continence de Scipion; l’autre, Alexandre malade avec son médecin