VOLUMIER (Jetn -Baptiste), compositeur
Volumier était, au commencement du xvni« siècle, mattre de concerts et de ballets à Berlin. Il y a composé la musique de plusieurs ballets. En 1706, il fat engagé à la cour de Saxe comme maKre de ballets et de concerts^ et mourut à Dresde en 1738 ^.
134. PESNË (Antoine), peintre d'histoire et de portraits^ né à Pans en 16^, mort à Berlin le 5 août 1757 ^. Elève de bob père, Tbomaa Pesne,
et de son oncle Delafoase.
Thomas Pesne, portraitiste, frère du célèbre graveur J. Th. Pesne, donna les premières leçons à son fils Antoine, qui devint ensuite rélève de Charles Delafosse, son oncle maternel. En 1706, Antoine Pesne alla en Italie; il se rendit d'abord à Rome pour y étudier les œuvres des grands maîtres dii xvi« siècle, et bientôt après il alla à Naples, et de là à Venise où il travailla beaucoup d'après le Titien et le Giorgione. 11 se lia à Venise avec Celesti, excellent peintre de portraits, des préceptes duquel il profita beaucoup, et en étudiant les maîtres Vénitiens il développa toutes ses grandes qualités de coloriste *. Sa réputation commençait à s'établir. Il avait fait en 1707, à Venise^^ le portrait du baron de Kniphaus^, qui, de retour à Berlin, montra ce tableau au roi de Prusse, auquel il plut tant que le roi l'appela à son service en niO*. Pesne, avant de se rendre à Berlin, alla d'abord à Rome pour y épouser la fille du peintre de fleurs J.-B. Gayot-Dubuisson avec lequel il vint plus
1 Mariette, Abecedario. '
, 2 Description de Berlin, p. 116 et 576. — Voyea aussi au no |22.
8 Félis,
* Registres de l'ancienne Académie de peint, et de aculpt.
'" D'Argens, p. 227.
^ Description de Berlin^ p. 589.
PRUSSE. i9
tard en Prusse; et comme il voulait devenir membre de l'Académie royale de peinture de Paris, il peignit à Rome le portrait du directeur de l'Académie de France, N. Vleughels. Ce portrait ré\issit parfaitement, et Vleughels l'envoya à Paris à l'Académie qui n'hésit^ pas à s'adjoindre son auteur*. Pesne se rendit alors à Berlin où il eut commandes sur conmiandes, non-seulement de la cour, jnois encore des grands personnages du royaume. U était de bon ton à cette époque de faire faire son portrait par un artiste français ^y et Pesne devint le peintre à la mode. Il y avait autrefois à Postdam et à Sans- Souci une foule de portraits peints par Pesne pendant le règne de Frédéric- Guillaume (1713-4740), car pendant tout ce règne il ne fit presque que des portraits , qui de l'avis unanime des contemporains sont d'une grande beauté. M^nyoki ne trouvait pas d'artiste supérieur à Pesne pour le portrait 'Ct le coloris '. D'Argens en fait aussi le plus grand cas et lui adresse même des éloges exagérés. « Pesne, dit- il, possède comme coloriste plus de vérité que Bigaud; il a une force qui manque souvent à Largillière^ et la noblesse dont Rembrandt est toujours dépourvu, d
Voici la liste aussi complète que nous ayons pu la faire des portraits de Pesne.
Portrait du prince d'Anhalt-Bernbourg, Auguste , peint à Berlin ee 1725. — Gravé par Schmidt, 1750.
Portrait du prince d'Anhalt-Dessau, Léopold, généralissime des armées du roi de Prusse, peint à Berlin. — Gravé par Schmidt; ^vé aussi par Busch et par Wille.
Portrait de Georges Dietlof von Arnim, ministre du roi de Prusse, peint en 1742; gravé par Schmidt, 1756, gr. in-folio.
Portrait de Frédéric- Auguste, électeur de Saxe et roi de Pologne, gravé par Bemigeroth, in-folio.
Portrait de mademoiselle Barbarina ou Barberini, à Sans-Souci.
Portrait de Frédéric -Guillaume Borck, ministre du roi de Prusse, peint en 1732; gravé par Schmidt en 1764, in-folio.
Répétition de ce même portrait avec quelques cliangements dans la coi£fure et les ornements; gravé par Petr. van Gunst.
1 Nagler, — Co portrait est aujourd'hui au Musée de Versailles.
' Nagler.
' Jannechy p. 261. Cet auteur appelle toujours Pesne, l'illuslm Pcsoe.
Portrait du chancelier Samuel Liber de Cocceji; gr. par Schmidt en 1751.*
Portrait de mademoiselte Cochois. • Portrait de J.-B. Ck>ignard^ imprimeur, peint à Paris en 1724, gravé par G.-E. Petit.
Portrait d'Antoinette-Élisabeth de Borcke, baronne de Danckelmann; gravé en 1729, par J. Faber, à Londres.
Portrait de Torfévre-bijoutier, Joannes Melchior Dinglinger; gravé par Schmidt en 1769. — Le même, gi'avé par Wolffgang, en 1722.
Portrait de madame Dinglinger.
Portrait du peintre Dubuisson, à la galerie de Dresde.
Portrait de Gh.-Gl. Dubut, sculpteur de la cour de Bavière, gravé par Haid en manière noire.
Portrait du docteur J.-Théod. Eller, conseiller du roi de Prusse, peint en 1740, gravé par Schmidt en 1754.
Portrait du baron d'Erlach , capitaine des Gent- Suisses , et de sa famille; gravé par P. Tatijé en 1760, terminé par D. Berger. aGe tableau, haut de 10 pieds, large de douze, contient cinq personnes de grandeur naturelle. Le baron d'Erlach est peint droit en habit antique, tel que le portait autrefois le colonel des Suisses; sa femme est assise entourée de deux jeunes filles et d'un garçon. Le fond du tableau représente une chambre ornée de meubles précieux. Ge tableau rassemble tout à la fois les qualités d'un très -beau tableau d'histoire et celles des pfus excellents portraits. Un seigneur anglais voulait en .donner 20,000 livres *. » — L'esquisse de ce tableau est au musée de Berlin.
Portrait du général Fouqué. — Au palais du roi, à Berlin.
Portrait de l'électeur de Brandebourg , Frédéric III , devenu roi de Prusse en 1700, sous le nom de Frédéric l*^, mort en 1713. — Au palais du roi, à Berlin. — Il existe une gravure d'un portrait de Frédéric I»*", faite par Houston, d'après l'original en la possession de la princesse douairière de Galles , à Kew^ — On voit encore des portraits de Frédéric 111, gravés d'après Pesne, par Houbraken et Tanjé.
Trois portraits de Frédéric- Guillaume, roi de Prusse, au palais
« D'Argens, p. 220.
du roi, à Berlin; — gravés par Schmidt, f 737-39; par Wolffgang, 1737, et par B. Picart^ in-i» *.
Portrait de Frédéric-Guillaume avec sa famille. — Au palais du roi y à Berlin.
Portrait de Frédéric II, dit le Grand. Pesne a fait plusieurs fois le portrait de Frédéric le Grand ; ces portraits sont dans le musée et dans les palais de Berlin ou de Sans-Souci ^. Nous savons que celui qui est au musée royal de Berlin a été peint en 1739 y avant que Frédéric ne fût roi. M. Waagen ' croit que le beau portrait de Frédéric le Grand qui est au chftteau de Hamptoncourt est de Pesne. Nous n'avons pu savoir où étaient exactement les autres portraits de Frédéric le Grand, peints par Pesne, ni en avoir une bonne description, ni savoir leur nombre. Ces divers portraits ont été gravés par Bernigeroth (celui qui a été peint en 1740); par G. Bodenehr, Haid, Esaias Nilson, Schleuen, Schmidt, Ryland^ Wiile, Wolffgang.
Portrait de Frédéric, margrave de Bayreuth. — Au palais du roi , à Berlin.
Portrait de madame de Grapendorf, gravé par Schmidt.
Portrait de Frédéric Hoffmann, conseiller de S. M. Prussienne; gravé par Petit, à Paris, en 1739, petit in-folio.
Portrait du conseiller privé Jordan; — au palais du roi , à Berlin.
Portrait de James Keith, feld-maréchal , mort en 1758; gravé par Baillie.
Portrait du sculpte^u: King; — au palais du roi , à Berlin.
Portrait du baron de Kniphausen, peint à Venise en 1707.
Portrait du baron de Knobelsdorf, chambellan du roi de Prusse ^; — . dans la galerie de M. von Marrées, à BerUn.
Portrait de Delamettrie; — au palais du roi, à Berlin.
Portrait de Jacques Lenfant, auteur des conciles de Constance et de Pise; gravé par B. Picart (1724).
Portrait de Jean Mariette, graveur et libraire , peint en 1723 , à Paris; gravé par J. Daullé (1747).
> On voit au Musée de Versailles un assez médiocre portrait de Frédéric-Guillaume II, attribué à Pesne. Selon H. Dielitch^ ce portrait n'est certainement pas de Pesne et nous D<ms rangeons bien volontiers à cet avis.
* L'un est au palais du roi à Berlin.
* Treasures of art in Great Britain, 3 vol. in-S», London, 1854; t. II, p. 368. « ITArgens, p. 230.
Périrait de madame dXUrzen * .
Portrait en buste de Newton, gravé par N. Edelinck.
Portrait d'Antoine Pesne et de sa famille. -*-> Au palais du roi , à Berlin.
Portrait d'Antoine Pesûe, gravé par Schmidt en 1752. — A la galerie de Dresde.
Portrait de madame Pesne ^*
Portrait de la fille de Pesne; — à la galerie de Dresde.
Portrait de mademoiselle de Platen.
Portrait de mademoiselle Porregiani en Hébé. — Au palais du roi, à Berlin.
Portrait de la danseuse Riggiani: — au palais du roi, à Berlin.
Autre portrait de la Reggiana ou de la Riggiani ; •— au palais du roi.
Portrait du graveur G.-Fréd. Schmidt et de sa femme, peint en 1748. — Au musée de Berlin. — Un autre, chez M. Nauman, à Berlin.
Portrait du conseiller Senff; — au palais du roi, à Beriin.
Deux portraits de Sophie -Dorothée de Brunswick, reine* de Prusse, femme de Frédéric- Guillaume; — l'un au palais du roi, à Berlin; l'autre dans la galerie de M. von Marrées, à BerUn. — L'un des deux, le premier sans doute, a été gravé^ par Houbraken.
Portrait du général Schwerin; — au palais du roi, à Berlin.
Portrait du prince Poniatowski (mort en 1762), père du roi Stanislas-Auguste. — A la galerie du palais de Lazienki, à Varsovie *.
Portrait de L, de Sylvestre, peintre; gravé par Zucchi.
Portrait de la princesse royale de Suède *, en habit de cour.
Copie de ce portrait pour le comte de Tessin, 1744.
Autre copie de ceYnéme portrait peur la duchesse de Brunswick, faite en 1745.
Autre copie do ce même portrait pour la margrave de Scheved, faite en 1745.
Grande copie en pied de ce même portrait pour le feld- maréchal comte de Schwerin, faite en 1746.
* D'Aryens, < « Cité par Fiorillo,
' Catalogue de cette galerie^ dans a Revue universelle des trU, t. lli, p. 57, f85G.
* Ulriquo de Prusse. Un portrait en buste de cette princesse est dans le ptltis du roi, à Berlin.
Portrait de cette même princesse en domino jaune ^ et plusieurs copies de ce portrait *.
Portrait de Nicolas Yleughels^ peint à Rome; gravé par Jeaurat en 1725. — Au musée de Versailles.
Portrait de H. Yoguell^ marchand de Londres; gravé par J. Faber.
portAaits de personnages inconnus.
Un portrait d'homme. «^ Au musée de Copenhague.
Un comte ^ jNrobablement grand veneur de Prusse^ sous le règne de Frédéric -Guillaume !•'. En costume de chas^^ avec la croix de Saint- Jean ^ une carabine à la main; une gibecière de laquelle sort un oiseau tué. On voit la tête et le cou d'un chien de chasse. — Dans la collection Hendel, à Halle ^,
Portrait d^une dame presqu'en profil; •elle est dans une fourrure brune ; la poitrine est couverte d'une étoffe blanche brodée d'or. — A la galerie de Ludwigslust.
Portrait d'une jeune dame, vue de profil; avec un chapeau à plumes; la poitrine nué; le reste de la personne est couvert de riches vêtements et de pierreries; les mains sont gantées. — A la galerie du vieux château' de Schwerin.
Portrait d'un vieillard salzbourgeois, barbu, tenant son chapeau sur sa poitrine. — Au musée de Brunswick.
Portrait d'une vieille femme salzbourgeoise, en chapeau vert; les deux mains jointes et tenant un Uvre. — Au musée de Brunswick.
Portrait d'une jeune fille salzbourgeoise, en chapeau de paille; les mains jointes. — Au musée de Brunswick.
Portrait d'une jeune fille portant un chapeau de paille; elle pose la main sur une corbeille de fruits.-^ A la Pinacothèque de Munich.
Portrait d'un peintre ayant un manteau fourré. — A la Pinacothècfue de Munich.
Portrait d^une jeune fille tenant une paire de pigeons. — A la galerie de Dresde.
Portrait d'une paysanne à sa fenêtre; — légué par le comte Algarotti au roi de Prusse '.
1 Lettre de Pesne à la princene royale de Suède^ du 5 mars 1746 ; dans les Archives de l'art français^ t. IV, p. 42.
* Notice de la collection des tableaux de Hendel, à Halle (en allemand), in-12y Halle. (Bibl. impér., V. 2635 F.). » Fiorillo.
6û ALLEMAGNE.
Une Dame vôtué de noir.
Une Tête d'homme.
Un Vieillard. — Tous les trois au palais du roi, à Berlin.
Un Jeune homme. — A la galerie du professeur Wilhelm Krause, à Berlin.
Un militaire, peint en 1749. — A TErmitage.
Cette longue nomenclature de portraits fait connaître de quelle réputation jouissait Pesne, à la cour de Berlin. Aussi ne sera-t-on pas surpris que Frédéric le Grand ait écrit, un jour d'enthousiasme, ces deux vers adressés à son premier peintre.
« Quel spectacle étonnant vient de frapper mes yeux! « Cher Pesne^ ton pinceau t'égale au rang des dieux. »
Ce que Voltaire interpréta ainsi, dans une lettre à madame Denis: « que le roi ne regardant jamais le peintre, ce dernier était pour lui invisible comme Dieu. »
En 17:23, Pesne se rendit à Paris, où il fit quelques portraits; puis il alla en Angleterre en 4724; mais .les portraits de la famille royale qu'il peignit n'eurent pas de succès '; et pour finir ce qui regarde les portraits de Pesne , disons que dans les derniers temps de sa vie, il dut augmenter de zèle et d'application, parce qu'il trouva un rival redoutable dans F.-W. Weidemann.
Il convient maintenant de nous occuper des peintures d'histoire de Pesne. En 1720, notre artiste, déjà membre de l'Académie de Paris comme portraitiste, s'y tit recevoir, le 27 juillet, en qualité de peintre d'histoire, en envoyant de Berlin comme morceau de réception, un tableau représentant Dalila coupant les cheveux à Samson.
Pesne a peint en Prusse un grand nombre de plafonds et de tableaux d'histoire. Les plafonds qu'il a exécutés sont d'une couleur fraîche et vigoureuse qui se ressent de ses études à Venise; cependant les Allemands qui ont parlé de lui, préfèrent unanimement ses portraits à ses grandes peintures. A Charlottenbourg, Pesne a représenté au plafond du grand salon, le Festin des Dieux; il a peint encore dans ce palais, au plafond de la salle à manger, Junon, Minerve et Vénus conduites à Paris par Mercure. Au plafond du grand escalier, Prométhée dérobant le feu du ciel. Au plafond
* Nagler.
d'un salon, Apollon et les Muscs. Aux plafonds de deux cabinets, Vénus ordonnant à Gupidon de décocher une flèche, — et TAurore; TAurore ou Iris, assise sur un arc-en-ciel, chasse les fantômes de la Nuit ; derrière elle, volent des génies qui répandent des fleurs devant le Jour qui s'avance * . Au plafond de la Bibliothèque, Minerve et la Poésie. A Postdam , Pesne a peint le plafond du grand escalier de marbre. Au château de Sans- Souci, il a fait le plafond de la salle des concerts. Il a peint encore un plafond au château de Reinsberg.
Parmi les tableaux d'histoire ou de chevalet de Pesne, on cite :
Une Suzanne au bain (au palais de Berlin). — Une jeune dame assise à une table, et tendant la main à une bohémienne qui lui dit la bonne aventure (à la galerie de Dresde). — Une cuisinière plumant un coq d*Inde (à la galerie de Dresde). — Cinq grands tableaux sur des sujets des Métamorphoses, dans le salon des concerts, à Sans- Souci. — Trois tableaux à Péglise catholique de Postdam. — Une femme masquée, et à côté d'elle, une vieille femme (à Gharlottenbourg)k — Le Christ à table avec les disciples d'Emmaûs. — Une vestale (autrefois au palais du prince Henri). — Une répétition ou l'esquisse de son morceau de réception, l'histoire de Samson, se trouvait autrefois chez un M. Falbe.
Pesne était l'auteur de cette priapée qui décorait la petite salle à manger de Postdam, et que Voltaire décrit ainsi dans ses Mémoires : « On soupait dans une petite salle dont le plus singulier ornement était un tableau dont le roi avait donné le dessin à Pesne, son peintre, l'un de nos meilleurs coloristes. C'était une belle priapée. On voyait des jeunes gens embrassant des femmes, des Nymphes sous des Satyres, des Amours qui jouaient au jeu des Encolpes et des Citons, quelques personnes qui se pâmaient en regardant ces combats, des tourterelles qui se baisaient, des boucs sautant sur des chèvres, et des béliers sur des brebis. »
On voit au palais du roi à Berlin : Des enfants faisant de la mu* dque. — Une bohémienne disant la bonne aventure à une dame. — Un nécromancien. — Une dame et Arlequin. — La reine des Ahiazones devant Alexamlre. — La fondation de l'ordre de TAigle Noir.
^ L'esquisse de ce plafond est ainsi décrite dans le Catalogue de la collection Heiid6 où' elle se trouve. Ce plafond est l'un des meilleurs de Pesne, suivant Nagler et Fiorilto.
L'église de Sainte-Hedwige à Berlin , renferme une Nativité du Christ, peinte par notre artiste *.
Pesne orna quelquefois de ses figures^ les paysages de Dubuisson et de C.-S. Dubois, et les tableaux de chasse de P.-C. Leygebe.
Pesne mourut en 1757, avant d'avoir terminé Tenlèvement dHélène qu'il peignait pour le roi de Prusse; il avait composé trente dessins et esquisses pour faire ce tableau ^. Rode, un de ses élèves, acheva les deux figures que Pesne n'avait pas eu le temps de faire.
Pesne était premier peintre du roi de Prusse et directeur de l'Académie de Berlin. Ses élèves sont au nombre d'environ quarante '; parmi eux on cite Rode, Falbe, Frédéric Reclam, Emmanuel Dubuisson et Preudhomme*.
135. LESUEUR (Nicolas-Biaise), peintre d'histoire et de pays, et dessinateur, né i Paris * en 1716, mort en 1782 «. Élève de J.-B. Vanloo.
Lesueur fit ses études à l'Académie de Paris, et obtint bientôt de la réputation, autant par son mérite que par la renommée de son nom. n fit des portraits, des tableaux historiques et mythologiques, et des paysages. Ces toiles ont le mérite d'être bien dessinées; mais au demeurant, elles ont le cachet de la manière du temps, manière qu'il transporta à Berlin, où il fut appelé après la mort de Pesne, en 1757,. pour prendre la direction de l'Académie royale ^. Il y
> Max Schasler, Die œffentlichen und privât Kunstsamiungen, etc., Berlin, 1856, 2 vol. in-12. — « Nagler,
' Les principales sources de cette biographie sont d'Argens, Janneck, la Description de Berlin par Nicolaï, Nagler, FioriUo; les estampes et les Catalogues des Musées dont nous avons cité les noms.
^ Ce Preudhomme, peintre, né à Berlin de parents français, alla s'établir en Angleterre en 1712. Walpole dit de lui : « Il peignoit dans le goût François , et cette manière il l'avoit prise de son maître M. Pesne », à quoi Mariette ajoute dans une note : « Tant mieux pour lui s'il faisoil aussi bien que Pesne quand celui-ci a bien fait.» — Traduction de Walpole par Mariette, mss. de la Bibl. impér., t.- III, p. 167.
s Ou dans le Languedoc, selon Nagler.
* Nagler donne les deux dates que nous reproduisons : Mariette se trompe quand il le fait mourir en 1754, à 74 ans.
7 « Vers le milieu de ce siècle, Lesueur fut appelé à Berlin, et il y a, ce que je crois, beaucoup mieux fait ses affaires que s'il étoit resté à Paris. Il y a trouvé de l'occupation et il est parvenu à estre directeur de l'Académie de peinture établie à Berlin. Il peint également le paysage et l'histoire, et il fait des desseins qui plaisent. » {Mariette),
apporta de notables modifications ^ et chercha à lui donner un plus grand essor, jusqu'à ce qu'enfin, après sa mort. Rode en reprit ensous-œuvre la réorganisation. Lesueur publia pour renseignement et Tétude du dessin , un ouvrage fait en grande partie d'après ses propres dessins et gravé par D. Berger Junior; la première partie parut sous le titre de Principes du dessin, 12 feuilles, 1763, in-folio, gravées à la manière rouge ; il n'a paru de la seconde partie que trois feuilles contenant trois têtes d'après Van Dyck; in-folio.
Lesueur peignit les portraits des rois de Prusse et de quelques grands du royaume. A Paris, il avait déjà fait ceux de Louis XV et du Dauphin, tous deux à cheval ^ U dessina aussi la Danaê du Titien (galerie de Sans-Souci), et Loth avec ses filles d'après le tableau de Raphaël de la même galerie, tous deux pour être gravés, et le dernier de ces deux dessins l'a été par Preisler. Schmidt grava, d'après les dessins de Lesueur, le tableau d'Ahnibal Carrache qui représente Alexandre et son médecin, et le tableau de Pietro Testa, dont le sujet est la Présentation au temple. Lesueur jouissait d'une grande réputation comme dessinateur ^; il a fait les dessins des plafonds du palais chinois à Sans-Souci , qui ont été peints par Hubert ^, Mais Lesueur échoua dans ses restaurations de peintures anciennes, comme on peut le voir sur le tableau du Dominiquin représentant le portrait d'Artémise.
Parmi les meilleures estampes gravées d'après lui, on cite : le médecin Lieberkùhn, médaillon avec un entourage allégorique, dessiné par Lesueur; gr. par Schmidt. — Le monument de l'ambassadeur anglais, André Mitchel, à Berlin; gr. par Schmidt, in-folio. — Une tête de vieillard barbu; gravée par D. Berger, in-folio. — Tête d'enfant, gravée par D. Berger, in-4°, 1764. — Tête d'Asiatique coiffé d'un turban; gr. par J.-C. Felber, 1760. — David, gravé par D. Berger, 1764, in-folio. — David sur le trône, pendant du précédent. — Cartouche de la grande carte de Crimée , gravée par Berger, en 1772. — Cartouche de la carte de la mer Noire, gravée par Berger en 1773.
< Gravés par AuherU
s FioriUo dit la même chose : « Un autre artiste de talent, c'est N,-B, Lesueur qu fit peu de tableaux historiques, mais beaucoup d'eicellenti dessins. » GeschicMe der Zeichnenden Kunste, — Frankreich.
* Matthias CEsterreich.
Le Sueur a eu, entre autres élèves, J.-Pb. Hackert, peintre de paysages*.