‹ Les artistes français a l'étranger (volume 3)Chapitre 136 sur 456 · ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS DE RIO DE JANEIRO · texte numérisé non relu

ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS DE RIO DE JANEIRO

La cour de Portugal s'étant réfugiée au Brésil, en 4807, après Toccupation de Lisbonne par Tarmée française, le gouvernement portugais, quelques années après, résolut d'établir dans le nouvel empire, les arts, les sciences et l'industrie de l'Europe. Ce fut à la France que le Brésil demanda des artistes.

En 1815, sur l'invitation de M. le marquis de Marialva, ambassadeur à Paris de Jean VI, roi de Portugal, siégeant alors à Rio de Janeiro, M. Le Breton, secrétaire perpétuel de la classe des Beaux- Arts de l'Institut de France, s'entendit avec plusieurs artistes distingués pour la fondation d'une académie chargée de l'enseignement des beaux -arts dans la capitale du Brésil. Cette espèce de colonie artistique, qui comptait pour doyen et principal inftigaleur, Nicolas-Antoine Taunay, peintre de batailles et de genre et membrjs de l'Institut, partit en effet pour Rio de Janeiro où elle arriva le 12 mars 1816. Elle se composait de : Lb Breton, qui fut directeur de l'Académie et mourut au Brésil en 1819 ; de Nicolas- Antoine Taltiat; deDEBRBT, peintre d'histoire; d'Auguste Tauwat, sculpteur, frère de Nicolas -Antoine, sculpteur; de Grandjean de Moivtignt, architecte; de Charles- Simon Pradier, graveur genevois, élève de Desnoyers et frère du sculpteur; de Niucom, musicien*

iO/i AMÉRIQUE.

Les artistes français furent accueillis avec beaucoup de bienveillance par le roi Jean et par son ministre influent le comte da Barca. On s^occupa assez promptement d'organiser les statuts de TAcadémie et d'en nommer Le Breton pour directeur, et pour professeurs les artistes qui l'avaient accompagné. Mais les délais de la construction du palais de l'Académie^ confiée à Grandjean de Montigny, qui en fit à la vérité, un petit chef-d'œuvre, et les lenteurs d'une administration devenue moins bienveillante , firent que TAcademie ne commença à fonctionner qu'en 1822, quand déjà Le Breton était mort, et que Nicolas -Antoine Taunay, Simon Pradier et Neucom étaient revenus en Europe.

A l'époque de l'ouverture de l'Académie > M. le comte de Barca n'existait plus et l'esprit d'opposition aux Français ayant pris le dessus dans le gouvernement, on nomma pour directeur à la place de Le Breton, un peintre obscur et sans talent', envoyé tout exprès de Lisbonne; l'Académie devint un foyer d'intrigues peu favorables à l'enseignement. En 1824, Auguste Taunay, le sculpteur, mourut; en 1831, Debret revint en France. José da Silva, directeur de l'Académie, /étant mort sur ces entrefaites, M. Félix Taunay, fils et élève de Nicolas -Antoine, dont il avait eu la chaire de peinture de paysage à l'Académie, fut nommé directeur. Il ne restait plus alors de professeurs français à l'Académie de Rio de Janeiro, que MM. Félix Taunay, Grandjean de Montigny, et les deux frères FÉRBT, venus postérieurement de France; l'un était professeur de sculpture, et l'autre de gravure en médailles. Quelques élèves formés à l'Académie remplissaient les autres chaires et les places de suppléants.

M. Félix Taunay, qui jouissait d'une certaine faveur à la cour pour avoir été le maître à dessiner du jeune empereur et de ses sœurs, fit de grands efi'orts pour donner de l'impulsion à une institution qui languissait faute d'encouragements. Il obtint du gouvernement la distribution de prix annuels, l'exposition des œuvres des artistes et d^ élèves, enfin l'envoi à Rome de quelques lauréats, et de plus des travaux et des décorations pour les artistes exposants qui se distingueraient. La dh'ection de M. Félix Taunay dura jusqu'en 1853; il fut alors remplacé par M. Araûjo Portalègre, peintre brésilien, élève

^ Henri José da Silva. . <

Page 1