Jf Alt DE LIMOGES, émailfear
Maitre Jean , de Limoges^ fut charge en i^&l, d'exécuter le tombeau et FefQgie couchée de Walter Merton, évoque de Rochester. Maitre Jean accompagna son œuvre en Angleterre pour diriger la pose de cette tombe émaillée. Ce monument n'existe plus^ mais relise abbatiale de Westminster en conserve un du même genre , de fabrication française^ et qui représente un comte de Pembroke*.
248. OLIVIER CODORÊ» ou G 0 LD 0 RË ^ gnieur en pierres Bnes.
Après Jean de Limoges^ on ne trouve plus aucune trace de travaux exécutés en Angleterre par des Français^ jusqu'à la fin du xvi* siècle; la longue lutte des deux peuples en est la raison. L'alliance ne se renoua que pendant les règnes de Henri IV et d'Elisabeth; alors aussi nos artistes reparaissent en Angleterre.
Olivier Codoré , célèbre graveur en pierres fines ^ et graveur de Henri lY, eut l'insigne honneur de faire le portrait de la reine Elisabeth. Jalouse d'avoir son portrait gravé par Codoré^ Elisabeth l'attira en Angleterre. On sait que cette reine avait fait rendre en 1563 une ordonnance par laquelle il était a défendu à tout peintre « et graveur de continuer de la peindre ou de la graver^ jusqu'à ce « que quelque excellent artiste eût pu faire un portrait fidèle qui « devait servir de modèle à toutes les copies qu'on en ferait à l^aveci nir^ après que ce modèle aurait été examiné et reconnu aussi bon « et aussi exact qu'il pourrait l'être. » Ce fut Codoré qui fit ce modèle ^.
249. SÂLOMON DE GAUS (voir le n» 110). 250. BRIOT (Nicolas)^ tailleur général des monnaies.
Nicolas Briot^ Lorrain^ a été un célèbre graveur de monnaies^ et
cier le savant directeur des Annales archéologiques d'avoir bien voulu mettre si /généreusement à ma disposition ses notes, et tous les résultats de ses travaux et de ses voyages.
1 Walpole, t. I, p. 125.
* Albert Way, The archeological Journal, juin 1845. Voy. dans l'Univers du 21 décembre 1843, la lettre de M. A. Way à M. Didron.
' Voy. Mariette, t. I, p. 385, et Archives de l'art français^ t. III. p. 40.
^ Biographie univenelle.
fut au service du i*al de France^ Louis XIII; on lui doit l'invention du. balancier. Il vint en Angleterre sous le roi Jacques^, mais son premier ouvrage est seulement de 1628; c'est une médaille de Charles I»'. En 1633, Briot fit à Edimbourg, la médaille d'or du couronnement de Charles l^^, sur la face de laquelle on voit le buste du roi, couronné et en grand habit de cérémonie avec ses titres. Briot retourna en France vejrs 1642, ayant formé un élève excellent, Thomas Simon *.
251. VOUET (Simon), peintre d'histoire, aé l^sris le 9 janvier 1590, mort i Paris le 30 juin 1649. Élève de son père Laurent Vouet.
(c Ceux qui naissent pour réussir dans quelque art ou dans quelque science, n'attendent pas longtemps pour Tordinaire à donner des marques de Thabileté où ils doivent arriver. A peine Simon Vouet, fils [et élève] d'un peintre médiocre à Paris [Laurent Vouet], eut -il atteint l'âge de quatorze ans, qu'il fut choisi pour aller eh Angleterre faire le portrait d'une dame de grande qualité qui estoit sortie de France pour se retirer à Londres ^. » Il y fit encore d'autres tmvroges pendant quelques années, après lesquels il revint à Paris, vers 1610, malgré les efforts de Charles !•' pour le retenir en Angleterre '.
252. ÂNGUIER (François), sculpteur, > né à £u en 1604, mort à Paris le 8 août 1669. Ëlève de Simon Guillain.
Il est bien positif que François Anguier fut appelé en Angleterre , qu'il y travailla^ et que ses ouvrages lui fournirent le moyen d'aller ensuite en Italie, mais il nous a^ été impossible de trouver Findication de ce qu'il a fait en Angleterre.
253. L£ SUEUR ou LE SOEUR (Hubert), sculpteur', né en France vers 1580. Ëlève de Jean de Bologne.
« Hubert Le Sueur, artiste classique et excellent statuaire, avait travaillé à Paris, en 1610, à la statue de Henri lY avec Pierre Tacca, lorsqu'il passa au service de Charles I", vers 1630> et vint en Angleterre. Il y exécuta de nombreuses œuvres, poUr lesquelles il toucha
* Walpole, t. I, p. 256-7, et les notes.
* Pet-rauU, Les hommes illustres.
* Abbé Fontenai, Dictionnaire des artbtes. -^ ViUot, ^iotice des tableaux da Louvre. — Notice sur Vouet par Le Carpentier.
^ 11 signe le plus ordinairement L» Sueur,
de fortes sommes^ comme le prouvent les comptes du trésor. Le Roi renvoya aussi à Paris pour y faire l'acquisition de certains modèles de moulages. Les documents qui témoignent de l'activité de ce maître sont dans les archives royaleà, et nous devons la publication des plus intéressants d'entre eux à M. W. H.. Carpenter. C'est ainsi que nous apprenons que Le Sueur a fait en 1630^ une statue en bronze de Charles P% haute de 6 pieds ^ et un cheval qui devait avoir un pied de plus que la grandeur naturelle. Cette statue équestre fut dressée à Rohampton^ mais elle n'existe. plus. La statue, équestre en bronze de Charles l*'y à Charing-Çross^ gravée par HoUar, n'est pas la même, et il ne faut pas les confondre; cette dernièrç fut érigée aux frais du comte Arundel. D'après Walpole, les documents y relatifs se trouvent dans la possession de la famille Howard. En 1638; Le Sueur s'engagea à exécuter deux autres œuvres : ce sont deux statues de bronze^ dont Tune (5 pieds 8 pouces) représentait le roi Charles I^. Le contrat signé aussi par Inigo Jones^ à titre de témoin ; se trouve imprimé dans Carpenter, p. 246. L'artiste reçut pour cet ouvrage 340 livres st. Ensuite se trouve aussi une lettre de Le Sueur au Roi^ dans laquelle il réclame des sommes arriérées; 360 liv. st. pour un Mercure quil avait fait pour une fontaine; 30 liv. st. pour le buste du roi, portant une couronne dorée ; 9 liv. st. pour trois modèles en cire , représentant deux Vénus et un Baochus • . »
A ces importants détails , nous devons ajouter ceux que nous donne Walpole. Le Sueur a fait : un buste de Charles !•% qui existe dans la collection de M. tioare , à Stourhead ' ; — un buste en bronze de Jacques 1«% fait d'après un portrait; ce buste est placé à Whitehall, à l'entrée principale de U salle de festin; — la statue de sir George Villiers, à Westminster; — le monument du juge sir Thomas Richardson, à Westminster; cet ouvrage porte l'inscription suivante : Hubert le Sœur, régis sculptor, faciebat 1635; — pour le jardin de Saint-James, six statues de bronze'; la meilleure est le gladiateur modelé d'après eelui de hi villa Borghèse; il est actuellement àHampton-Court; — Caïn et Abel, morceau d'un merveilleux talent, à Yorkhouse; — la statue en bronze de William, comte de
1 Traduit de N^gler.
' Est-ce le même dont il vient d'être question?
^ Décrites par p9CLcham, dftns : Complète geoUenun.
120 ANGLETfiRBE.
Pembroke^ chancelier de ^université d'Oxford^ placée dans la galerie de peinture à Oxford; Rubens fit Tesquisse de cette excellente statue; — la fontaine de Somersé^-Hûuse avec plusieurs statues *.
La plus connue de toutes les œuvres de Le Sueur^ est la statue de Charles P% à Charing-Cross^ dont nous avons parlé tout à l'heure; elle fut fondue en 1633, sauvée fort heureusement pendant la révolution^ et érigée en 1678^; Charles H y est représenté en armure moderne; ta tête du roi est très*-bellé et d'une grande noblesse; l'expression de la figure est celle du conunandement'; le cheval^ par suite de la fonte , est assez mauvais. Le piédestal , qui est fort remarquable^ est Tœuvre de Gibbons.
ÉTAT DES ARTS âOUS CHARLES N.
(f II n^est pas facile d'expliquer comment une nation si en avance sur ses voisines^ dans la science^ resta tellement en arrière d'elles pour les beaux -arts. C'est cependant ce qui eut lieu... En architecture^ il est vrai...^ notre pays pouvait citer avec orgueil un grand homme^ Christophe Wren...; d'un autre côté, à la fin du règne de Charles 11^ nous n'avions pas un seul peintre ou un seul sculpteur dont le nom mérite d'être conservé. Quelque chose de mystérieux se cache sous cette pénurie^ car les statuaires et les peintres étaient bien loin d'être méprisés et mal payés; leur position sociale égalait au moins celle qu'ils occupent à présent^ et leurs bénéfices^ comparés à la richesse nationale d'alors et à la rémunération des autres travaux intellectuels^ étaient plus considérables que de nos jours. La munificence du patronage anglais pour les artistes, les attirait même chez nous de tous les côtés ^. » En effets les graveurs de monnaies étaient français; Lely et Godtrey Kneller étaient westphaliens ; les deux Van de Velde et Simon Varelst, peintre de fleurs^ hollandais; Verrio, peintre d'histoire ^ napolitain; Louis Laguerre,
i On lui aUribue le monument de la duchesse detienox; mais il n'est -pas certain qu'il soit l'œuvre de Le Sueur; on lui attribue aussi l'enlèvement d'une Sabine à Houghton . )
* M. A. de Montaiglon me fait remarquer que cette date est douteuse et qu'un certain pt)ëte Waller parle déjà, en 1674^ de la statue de Charing-Cross.
> Walpole, t. II, p. 392. — Pichot, Voy. en Anglet., t. 1, p. 112. — DaUaway, Les beaux -arts en Angleterre, trad. par Millin, t. II, p. 150. — Patte, p. 91.
^ Macaulay, Histoire d'Angleterre depuis l'avéneinent de Jacques II, traduite par M. de Peyronnet, 1. 1, p. 307.
français; Cibber^ sculpteur^ danois; Grinling Gibbons^ sculpteur^ hollandais. Gibbons était élève de Simon Guillain et se rendit célèbre comme statuaire^ comme sculpteur en bois et comme ornemaniste ; il introduisit en Angleterre Jes principes et le goût de l'école française^ en môme temps que le goût et les modes de Versailles étaient adoptés par les Stuarts, alliés dé Louis XIV.
354. BLONDEAU (Pierre) et VIOLET (Thomtf), graveurs de monnaiefl.
« Ces deux artistes fyrent employés par la République à la gravure de ses monnoyes; et si Ton est curieux d'être informé des disputes que ce choix occasionna^ il faut recourir à ce qui a été écrit sur ce sujet par Vertue, dans -son histoire des ouvrages de Thomas Simon * , p. 17. Blondeau^ peu de temps après que le roi Charles second eut recouvré la couronne, le 3 novembre 1662^ obtint des lettres de naturalité et le brevet d'ingénieur de la Monnoye, dans la Tour de Londres^ avec la faculté d'y fabriquer à la presse et au moulin des espèces d'or et d'argent^ en usant d'une nouvelle pratique de son mvéntion^ le tout aux gages.de cent livres sterling par an '. »