‹ Les artistes français a l'étranger (volume 3)Chapitre 156 sur 456 · POUGET ou POUGHET, architecte · texte numérisé non relu

POUGET ou POUGHET, architecte

Pendant le séjour à Paris du duc de Montagu^ ambassadeur d'Angleterre en France, son hôtel à Londres fut incendié. Louis XTV s'engagea à supporter la moitié des frais de la reconstruction , à la condition que des architectes et des peintres français y seraient seuls employés^. Pouget éleva ITiôtel; Delafosse, Baptiste et Rousseau romèrent de leurs peintures.

«Cet architecte françoifi^-dit Walpole, conduisit le bâtiment de l'hôtel de Montagu , en 1678. Ce qui y manque en grâce et en élégance est racheté par la grandeur et la subUme magnificence des appartements. Cet hôtel est devenu depuis le Muséum britannique'.»

« Seroit-il question ici de M. Puget? dit Mariette. Milord duc de Montaigu se seroit-il adressé à ce fameux sculpteur et architecte, pour les desseins de l'hôtel magnifique que ce seigneur avoit résolu de faire construire à Londres? Si l'on veut faire attention qu'il aimoit les artistes françois et qu'il n'eut point recours à d'autres , lorsqu'il se détermina à faire peindre les appartements de son hôtel, il ne paroitra point étrange qu'il ait demandé des desseins au célèbre Puget, qui jouissoit pour lors, en France, de toute sa réputation. Cet honune admirable ne pouvoit assurément rien produire qui ne fût exquis, et<^mment accorder cela avec le jugement que porte M. Walpole du mauvais goût, d'architecture qui règne, à ce qu'il dit, dans la décoration de l'hôtel de Montagu ^? o

262. DE LA FOSSE (Charles) peintre d'hisfoire, né à Paris en 1-636, mort à Paris le là décembre 1716. Élève de Le Brun.

a Milord Montagu , qui avoit connu , pendant son ambas^de en Finance , le mérite de M. de La Fosse , le fit venir à Londres pour y peindre son palais. Il y fit deux voyages; le premier fut le 4 août 1689, où il n'y resta que quatre mois, pour y prendre les mesures

< lïArgenviHe, Voyage pittoresque des environs de Paris; la préface contient une très-bonne histoire des jardins.

« Walpole, t. Il, p. 559.

' Walpole j traduction mss. de Mariette, 1. 111, p. 104. * Note de Mariette; dans la traduction manuscrite de Walpole.

de ôe grand ouvrage^ dont il revint faire le^ études à Paris ^ et Pannée soi vante il y retourna^ et en vingt^huit mois il fit les côtés de l'escalier^ le plafond de Tescalier^ où il a représenté Tapothéose disis; la chute de Phaéton^ au plafond du vestibule; la naissance de Minerve en présence de l'assemblée des Dieux ^ au plafond du salon. Le sujet de ce plafond se trouve soutenu par un ordre d'architecture de Rousseau^ qui enferme les quatre faces du salon ^ à prendre du plancher^ où M. de La Fosse a peint aussi les Termes en claiiK)bscur * . » Tout ce que la poésie^ 1» magie du coloris^ la belle Intelligence et la grande ordonnance pei#ent produire de meilleur^ est employé dans ces ouvrages ^. Guillaume 111 vint deux fois voir les peintures de de La Fôsse^ fut frappé de leur beauté et voulut engager le peintre à rester en Angleterre , lui proposant de peindre k Hamptoi^-Court. De La Fosse refusa et revint en France, en <692, pour s'y préparer à peindre la coupole des Invalides.

263. ROUSSEAU! Jacquet ), peintre de pAfMget •I de perpecUves à la fresque, né i Paris en 1630, mort à Londres le 16 déc. 1693.

Ëlève de Herman Van Svanevelt.

« La révocation de l'édit de Nantes et la crainte d'être troublé datis l'exercice de la religion P. R., qu'il profess^oit, l'obligèrent à s'expatrier. Il se réfugia en Suisse (refusa de revenir en France, malgré les pressantes sollicitations de Louvois') , passa bientôt en Hollande ; et tout de suite ^ sur les sollicitalîons du duc Ralph de Hontagu^ il vint à Londres (1690) , et non-seulement il enrichit de ses pinceaux le bel hôtel que ce seigneur faisoit construire à Londres^ mais il présida aussi à la construction de ce palais^ dont plusieurs parties furent élevées sur ses desseins ^. » Entre autres peintures^ il a fait l'architecture du grand escalier et celle du grand salon, qui sont fort estimées. « Plusieurs de ses tableaux^ les uns de paysages et les autres d'architecture^ servent dé dessus de portes^ dans le palais de Hampton-Court ^. »

* Mémoires Air les membres de l'Acad. roy. de peint, et de sculpt., t. Il, p. 3 et 4.

* lïArgenvilU. — Voy. aussi Mariette, D'Argens. ' Marietle, traduction m^s. de Walpole.

^ Mariette, Àbecedario. — Voy. aussi : Walpole,%, II, p. 574. — Graham's English Scbool. — D'Argenville.

^ Mariette, truduction ross, de Walpole.

264. MONNOYER (J.-B.), dit BAPTISTE^ peintre de fleuit, né à Lille en 1635, mort à Londres le 16 février 1099.

Ce grand peintre de fleurs, comme l'appelle Walpole, fut amené en Angleterre par milord Montagu; il orna de fleurs et de fruits les peintures du grand salon , de l'escalier et des appartements, a Cet ouvrage^ que j'ai vu sur les lieux , dit D'A rgen ville, est bien digne de Monnoyer^ qu'on peut dire s'y être surpassé, d Baptiste a travaillé à rhôtel de Montagu^ à Hampton-Court^ chez le duc de Saint- Albans , à Windsor, à Kensjjpgton , chez le lord Carlisle, à l'hôtel de Burlington et ailleurs. Toutefois son plus curieux ouvrage est l'entourage d'une glace, au palais de Kensington , qu'il orna de fleurs pour la reine Marie '. Cette princesse le tenait en si haute estimeet avait tant de plaisir à le voir travailler, qu'elle assista constanmient. à Texécution de son œuvre, jusqu'à son entier achèvement. Monnoyer vint plusieurs fois en Angleterre et finit par s'y fixer; il travailla avec Kneller, peintre de portraits alors très à la mode : Kneller composait des fonds dans lesquels il faisait entrer des fleurs que Baptiste exécutait, bon fils, Anioine Monnayer^ dit le jeune Baptiste, peignit dans la manière de son père et eut du mérite ^.

265. LARGILLIËRE (Nicolas), peintre de portraits, né h Paris eu 1656, mort le 20 mars 1746. Elève d'Antoine Goebouw, d'Anters.

En 4674, à l'âge de dix-huit ans. Largillière fil son premier voyage en Angleterre et y travailla pendant quatre ans. Pierre Lely, premier peintre de Charles II, l'accueillit et le fit occuper par le surintendant des bâtiments à restaurer plusieurs tableaux de grands maîtres, et à en agrandir d'autres pour les placer dans les appartements du château de Windsor. Le roi, charmé d'une restauration faite dans ime figure d'Amour endornji, demanda à voir l'artiste qui s'était montré si habile et voulut avoir des Ouvrages de sa main. Quelque temps après, Largillière lui en présenta trois qui méritèrent ses suffrages; mais à ce moment, il fut obligé de quitter Londres, parce que les catholiques eurent Tordre de sortir de la ville dans les vingt-quatre heures. 11 vint à Pariî^ où il sie fit la plus

1 Walpole lui attribue un portrait de la reine-Marie, assise devant ini miroir. InMfau placé à Hampton-Court; nous n'avont» pas retrouvé la trHce dt* ce (ahl<'ni!. qui pourrait bien n'être que cette glace delîcn!»in;{ton.

* Walpole, t. II. p. ri99. — Arth. IH '(iu.i\ lr«iiio;|rMphif lillois»^.

brillante réputation. En 1685^ à l'avènement de Jacques 11^ il se décida à retourner en Angleterre pour peindre les portraits du roi et de la reine. Malgré les récompenses du roi et les prix énormes que les seigneurs anglais proposèrent à Largillière pour le décider à faire leurs porti:aits, les tracasseries des peintres anglais le détermi* nèrent à revenir en France. On connaît de Largillière : les portraits de Jacques 11^ gravé par Smith^ par Becket et par le chevalier Edelinck;— de Marie d'Esté^ femme de Jacques 11^ gravé par Smith ; - du prince de Galles, Jacques François^ gravé parVanSchuppen et par P.Drevet (ce portrait a été peint en France); — dâ prince de Galles et de la princesse sa sœur^ gravé par Smith; — de sir John Warner, de sa fille, de sa petite -fille; — enfin le portrait du peintre Sybrecht *.

ato. ROTT (Jean de) (voir le no 1J29). 267. RAUDOIN^ dessinateur pour étoffes.

L'industrie des soieries fut apportée en Angleterre par le$ réfugiés de TÉdit de Nantes et y devint très- florissante. L'artiste qui fournissait les dessins aux fabricants français de Londres était aussi un réfugié nommé Baudouin^.

268. RERGHETT (Pierre), peintre d'histoire, né en France en 1659, mort à Marylebone en janvier 1720. Elète de de La Fosse.

B(>rchett vint en Angleterre en 1681 et travailla sous Rambour, peintre d'architecture et Français qui vivait encore en 1721. Berchett ne resta qu'un an à Londres et revint à Marly; mais il retourna plus tard en Angleterre et y fit plusieurs peintures pour des personnes de qualité. Le roi Guillaume 111^ restaurant son beau château de LoOy en Hollande^ engagea Bercbett pour quinze mois^ au

bout desquels il revint en Angleterre où il trouva autant de travaux qu*il en pouvait faire. Berchett a peint le plafond de la chapelle du collège de la Trinité, à Oxford ; Tescalier de la maison du duc de Schomberg à Paltmall ; I4 majson d'été au Ranelagh. I. Sniith a gravé d'après lui, une Diane surprise par Actéo'n. Devenu malade, il se retira à Marylebone, et peignit de petits sujets mythologiques '.

« WalpoU, t. Il, p. M7. — D'ArgenviUê, — Villoty Notice des Ubleaui du Louvre. — Catalogues d'Ëvan et de Bromley.

* Ch. IVeisSf Histoire des réfugiés protestants de France, t. I , p. 324. » Walpole, t. U, p. 604.

269. CHÉRON (Louis), né i Paris en 1660, mort à Londres en 17^, à 63 ans. Elève de son p^re Henri Chéron.

Louis Chéron^ protestant^ se retira à Londres en 1695 et trouva dans milord Montagu un protecteur; il fit quelques grands ouvrages pour lui au château de Boughton. Au plafond du salon ^ il peignit rassemblée des Dieux ; a\) plafond de i'escaliér, le jugement de Paris ^ et deux autres plafonds que l'on ne désigne pas, Il travailla aussi dans les châteaux de Burleigh, de Chatsworth, où il fit les côtés d'une galerie. Mais U tomha en discrédit quand il peignit à Montagu-House à côté de Rousseau^ de Baptiste et de Delafosse. En effets malgré son génie ^ il n'a jamais su peindre de bon goût de couleur, dit Mariette. «Les ordonnances de ses grandes peintures sont belles, ajoute d'Argenville; la corïtction et le grand caractère satisfont l'amateur, mais le défaut de couleur et le manque de grâce se font remarquer partout. » Il se mit alors à dessiner pour les graveurs, et ses dessins sont préférables à ses peintures. U a gravé luinaiéme à Teau-forte quelques-uns de ses dessins, entre autres 1^ travaux d'Hercule et une suite de 33 planches sur la vie de David, dont Giffart, libraire de Paris, illustra une traduction des Psaumes de David, que Sophie Chéron, sœur du peintre, publia en 1715*. C.Dubosc a gravé d'après un dessin de Chéron, le couronnement du foi Georges I*"*. Lépicié, Dupuis, Chereau jeune, ont gravé 10 planches, d'après ses dessins, représentant des sujets de l^istoire de Charles I"^

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