INDES
« L^arène entière est divisée en parterres carrés, au milieu desquels s^élèvent quelques arbrisseaux qu'entourent dés fleurs, tandis que des cyprès forment des avenues de presque tous les sentiers. Ces allées sont pavées en dalles de pierre de taille et sont divisées par un canal, au centre duquel jaillissent des rangées de jets d*eau qui les parcourent d'un bout à Tautre* Le quadrangle a 964 pieds de Test à l'ouest, et 3^9 du nord au sud. Quant au mausolée, il est, ainsi que le piédestal sur lequel il est placé, la terrasse et les minarets, du marbre blanc le plus pur incrusté de pierres précieuses. Les murs, de grès rouge, sont surmontés de coupoles et ornés de pilastres également en- marbre blanc; L'intérieur des mosquées et des appartements, le côté des murs qui regarde le monument, sont couverts de marbre blanc ou d'une composition pierreuse qui imite le marbre; à l'extérieur, le grès rouge ressemble à de la brique. Le marbre éblouissant du mausolée fut pris sur le territoire de Jeypore et apporté d'une distance de 300 milles au moyen de voitures à roues. Ce qu'on a dit au figuré d'Auguste peut, en toute vérité, se dire de Shah-Jehan : il trouva des villes de briques et les laissa de marbre. L'empereur et sa reine reposent à côté l'un de l'autre dans un caveau creusé sous le monument et auquel un escalier conduit. Leurs restes sont couverts par deux plaques de marbre; exactement au-dessus, on voit au plafond, dans l'espace laissé libre et sous le dôme, deux autres plaques ou cénotaphes du même marbre, décorées de mosaïques précieuses. Sur celui de la reine, des lettres noires reproduisant des passages du Koran s'entrelacent à des guirlandes de fleurs.
ail n'y a rien sur celui de l'empereur que des fleurs et la date de sa mort. Cela provient sans doute de ce que Shah- Jehan commanda lui-même le cénotaphe de sa femme, et ne vit aucun mal à y faire inscrire la parole de Dieu^ tandis que le sien fut disposé par les soins de son fils Aurungzèbe, et que celui-ci, plus pieux que son père, ne crut pas devoir faire graver des mots sacrés sur une pierre que le pied de l'homme pouvait toucher un jour.
«Noor-Jehan, la Lumière du monde, ou, ainsi que le dit l'inscription qu'on lit sur sa tombe, Ranoo Regum, l'ornement du palais, mourut en 1631, et son mari en 1666. Elle mourut en donnant le jour à une fille, et à son lit de mort elle adressa deux suppliques à l'empereur : la première fut qu'il ne se remariât pas, afin que d'au-