‹ Les artistes français a l'étranger (volume 3)Chapitre 315 sur 456 · THOMASSIN (PhiUppe), gravear · texte numérisé non relu

THOMASSIN (PhiUppe), gravear

ThoiDassin ft vécu longtemps à Rome^ où il a beaucouj^ gravé; il y est niopt vers 1650. On serait' tenté de croire qu'il tenait école à Rome^ puisque Callot y fut son élève.

.663. DERUET (^aude), peintre a^ûtoiro, né eD, Lorraine en 1S88, mort le 20 octobre 1660. Élève de Ûaude Henriet.

Claude Deruet^ Tun des meilleurs peintres de la Lornûne, a résidé longtemps à Rome où il suivit les leçons et adopta la manière du'Josépin; il y resta jusqu^en 1619, qu'il revint à Nanci et fut nommé .peintre du duc de Lorraine Henri II ^ à cause de la renommée qu'il s'était acquise, entre les bons peintres de Home^ pendant le séjour qu'il y avait fait. Le pape Ptuil V L'avait créé chevalie|r de Portugal en récompense de ses mérites. Deruet fit de nomlireuses peinture» en Italie^ dont plusieurs ont été gravées par Thomas»n. On cite parmi ses œuvres gravées un saint Firançois-de-Paul servi par les anges (1616); — le Concile des Juifs assemblés pour juger le Christ (iW7)*.

664. VALENTIN*, peintre, né en 1600, à Coulommiers, mort à Rome en 1634^ le 7 août.

Valentin suivit d'abord la manière de Caravage, rpais Poussin le

ramena ensuite à d'autres idées. 11 a fait à Rome le Martyr^ des SS. Procès et Martinien, tableau qui fut exécuté en mosa'iqueà Saint- Pierre, pas C^istofati, et qui est plqcé à la galerie du Vatican. On voit de lui,. au palais Borghèse, Joseph expUquant les songes; — au palais Dori^, une Charité romaine et un s^nt Jean; — un saint Jean évangéliste, au palais Spada ; — au palais Corsini, saint Pierre reniant notre Seigneur; — au palais Sciarra, la décollation de saint Jean-Baptiste et Rome triomphante ^.

665. V I G N 0 N ( Claude ), peintre, né à Tours en 1 590, mof t en 1670.

. Le prince Ludovisio, neveu de Grégoire XV, proposa un .prix à

* Meaume, Recherchés sur la vie et le? ouvrages de Claude Deruet; broch.,in-^, Nancy, 1853.

' * « D'ArgenvOle écrit sur la foi d'un mss. qui lui a été envoyé de Naples, que le Valentin y est nommé Moyse; il a mal lu; c'est Monsù (Monsiieur), qui est un titre d'honneur que les Italiens donnent volontiers aui artistes François* n\ Mariette.)

» Vasi,

plusieurs peintres qu'il choisit pour les faire travailler sur des sujets différents. Vignon eut ordre de représenter les Noces de Cana et remporta le prix. Ce tableau est encore au palais Ludo- Visio (1690) \

666. STELLA (Jtcquet), peintre et ^tveur à Peau -forte, né à Lyon en 1594, mort à Paris en 1657. Êfôve de son père François Stella.

a J. Stella alla en Italie à Tâge de vingt ans (1614). Comme il passoit à Florence^ lorsque le grand-dùc Ck)sme de Médicis faisoit faire un Superbe appareil pour les nopces de son fils Ferdinand 11^ ce luy fut une occasion de se faire connoistre du grand-duc^ qui lui donna un logement et une pension* pareille à celle de J. Gallot qui estoit aussi alors à Florence, où Stella fit plusieurs ouvrages '. w Entre autres^ il dessina et grava la Cérémonie de la présentation dès tributs au graïid-duc de Toscane^ pièce grand in-folio ; cette belle estampe^ de 16^1^ est traitée dans un goût qui rappelle celui de Callot'. Après \m séjour de sept ans à Florence, il alla à Rome en 1623. « H fit plusieurs tableaux pour la canonisation de saint Ignace, de saint Philippe de Neri, de sainte Thérèse et de saint Isidore, et fit plusieurs dessins qui ont été gravés , les uns en bois par Paul Madpain d'Abbeville *, d'autres pour des thèses et des devises , et d'autres pour un bréviaire du pape Urbain VIII qui furent gravés par Audran et Gruter'. Il peignoil* d'une manière agréable, particulièrement en petit, et même 's'y estoit fait une pratique toute particulière. H fit plusieurs tableaux sur de la pierre de parangon et y feignoit des rideaux d'or par un secret qu'il avoit invente. On a vu de luy, dans la grandeur d'une pierre de bague, un Jugement de Paris de cinq figures, d'une beauté surprenante pour là délicatesse du pinceau. Il fit aussi de grands ouvrages..., car pour les petites choses il n'y travailioit que pour satisfaire quelques personnes curieuses.

* Mémoires sur les Membres de l'Acad. roy. de peint, et de sculpt., f. I, p. 268.

* Félibtm. — > Robert Dumeinil^ t. Vil, p. 158.

^ Les pièces gravée^ en bois, au nombre de plus de cent, sont eiècutées avec nue seule planche yu avec plusieurs en camaïeux, par Paul Maupain d'AbbevilIe. ( Huber et liotf.) Cette suite comprend 41 sujets àe l'Histoire sainte et de la Vie de N. S. J.-C, 63 pièces représentant des apôtres ou des saints et 12 sibylles. La création d'Adam est datée de-1^; la sibylle égyptienne, de 1625. Le dessin est beau, large el fier. L« gravure est vigoureuse, bien que quelquefois un peu maladroite.

> Mathieu Greitbr.

Enfin s'étant acquis beaucoup de réputation et ayant fait des tableaux qui furent portés en Espagne^ le roi catholique les ayant vus luy fit demander s'il vouloit travailler pour luy ; à quoy il s*estoi( résolu \n Au moment de son départ il lui arriva une affaire fâcheuse et il fut jeté en prison. 11 y avait près de onze ans qu'il était à Rome et s'y était attiré beaucoup d'estime; aussi Tavait-on nommé chef de quartier; en cette qualité il était chargé du soin de fermer la porte del Popblo à Theure ordonnée et d'en garder les clefs. Ayant un jour fait fermer la porte ^ quelques personnes voulurent la faire ouvrir à une heure indue; Stella refusa; pour se venger, ces personnes le dénoncèrent^ gagnèrent quelques faux témoins et le firent arrêter lui, son frère et ses domestiques comme coupable a d'entretenir dans une famille quelques amourettes, d Son innocence fut reconnue et ses accusateurs fouettés publiquement par les rues. <t Pendant le peu de temps qu'il fut en prison^ Stella fit pour se désennuyer^ avec un charbon et contre le mur d'une chambre, l'image de la Vierge tenant son fils, laquelle fut trouvée si belle que le cardinal François Barberin alla exprès la voir. Il n'y a pas longtemps, ajoute Félibien, qu'elle estoit encore dans le même lieu et une lampe allumée au devant : les prisonniers y vont faire leurs prières. »

Stella demeura encore six mois h Rome, d'où il partit en 1634, à la suite du maréchal de Créquy, lequel revenait de son ambassade. A Milan, il refusa, la direction de l'Académie de peinture, fondée par saint Charles, que lui offrait le gouverneur de Milan, cardinal Albornoà; arrivé à Paris, il se préparait à passer en Espagne, mais le cardinal Richelieu a qui entendit parler de luy et qui sut qu'il devoit aller en Espagne, l'envoya quérir, et luy ayant fait entendre qu'il luy estoit bien plus 'glorieux de servir son roy que les étrangers, luy ordonna de rester à Paris, et ensuite le présenta au Roy, qui le reçut pour l'un de ses peintres et luy donna une pension de mille livres et un logement dans les galleries du Louvre ^. »

Outre la pièce gravée à Florence, en 1621 , Stella a encore gravé à Rome : en 1623, un saint Georges; en 1629, une Madone; en 1637, le Sauveur descendu de la croix ; l'estampe porte à gauche : lacobus inv.; à droite : Romœ superior. Mcentia, 1637. Cette date

< Félilnen. — « Félibien,

ne s'accorde pas avec celle de 1634, que donne Félibien pour le départ de Rome de Stella, date bien certaine, puisqu'il revint avec Charles de Créquy^ duc de Lesdiguières et maréchal de France, qui fut remplacé , comme ambassadeur auprès de S. S., par le comte François de Noailles, en 1634.

667. POUSSIN (Nicolas), peintre, né en juin 1594, aux Andelys; mort à Rome le 19 nov. 1666. Élève de Quintin Varin.

Poussin fut amené à Rome par le poëte Marini , amj du pape Urbain YIII. Notre gi*and artiste séjourna quarante et un ans à Rome, de 162i à 1665, sauf les deux années (1640-42) pendant lesquelles il résida à Paris.

Le Poussin se lia, à Rome, avec le sculpteur Duquesnois, avec TAlgardè, le Dominiquin, le Yalentin, Jacques Stella; il tint à la villa Médicis une véritable école où ces artistes, ainsi que Mignard, le Guaspre, Claude Lorrain, Lebrun, et beaucoup d'autres encore, reçurent ses leçons ou au moins ses conseils. Le pape Urbain VÏIl (1623-1644) protégeait cette colonie d'artistes français, dont l'influence sur l'Italie fut si considérable. Eii effet, la peinture italiennne était alors en pleine décadence ; ses représentants étaient Piètre de Gortone, le Caravage, le Guide. Le Dominiquin, le dernier des grands peintres italiens, était incompris et repoussé. Le Poussin prit sa défense et ramena enfin l'admiration sur les œuvres de son ami; il lutta contre la décadence, contre le mauvais goût, et soutint l'art italien par ses leçons et surtout par ses œuvres *.

Rome possède encore quelques tableaux du Poussin. On trouve à la galerie du Vatican le Martyre de saint Érasme, peint avant 1640, et exécuté en mosaïque à Saint-Pierre, par Cristofari.

> « J'entendais dire fréquemment parmi les artistes et les amateurs romains que le Poussin appartenait à l'école romaine; je leur représentais en vain que sans nier qu'il dût in6niment aux connaissances qu'il avait acquifes en se pénétrant, à Rome, des beautés de l'antiquité et de celles des ouvrages de Raphaël, le Poussin avait fait ses premières études en France, et déjà des travaux dignes d'éloge ; il n'était arrivé à Roine qu'à trente ans, âge dans lequel, s'ils ne sont pas clairement indiqués, un homme ne donne guère l'espoir de talents distingués; je résolus de faire de mon mieux pour détruire une opinion aussi mal fondée...

« Raphaël et son école ayant enseigné comment il faut faire usage, dans les compositkms pittoresques de toutes les richesses de l'antiquité, de h mytiiologie et ^e l'histoire.

Diaprés Vasi, les tableaux suivants sont du Poussin :

Au palais Chigi : une sainte Famille; une descente de ci*oix ; trois enfants.

Au palais Golonna : Apollon et Daphhé.

Au palais Gorsini : une sainte Famille.

Au palais Doria : une copie de la Noce aldobrandihe ; un paysage avec la Fuite en Egypte; une Vue du Tibre à Ripetta; le palais Salviati; deux autres paysages sans désignation.

A Téglise Saint-Martin : les figures des paysages du Guaspre.

Au palais Sciarra ^ un saint Matthieu et l'esquisse du saint Érasme.

668. MELLIN (Charles), peintre et gravour (voir le no 601). ^

Gharles >fellin ou Mesîin^ est appelé encore Gharjes Lorrain ( Garlo Larenese^ Garolus Lotharingus )^ et Garlo Melini. 11 était en réputation d'un très-excellent peintre, dit Félibien; il a peint, à Rome, dans le cloître des Minimes de la Trinité du Mont, et dgns la seconde chapelle, à gauche, de Saint- Louis des Français; à Saint- Nicolas des Lorrains, on voyait de lui le Ghrist au jardin des Olives*. Il a beaucoup travaillé aussi à Naples, «u mont Gassin et à Milan.

« Il peignit, dit Nagler, des sujets historiques ou mythologiques, ouvrages qui, en partie, ont du bon, mais qui montrent aussi peu de réflexion et de sérieux. L'artiste n'en jouit pas moins d'une grande autorité , et plusieurs de ses œuvres furent multipliées par la gravure. G. Audran grava des anges et de^s saints, d'après un dessin au bistre qui se trouve à Leipzig chez R. Weigel. Audran grava ^ussi saint François à genoux au milieu d'un .paysage. G. Gharles grava une pièce avec l'inscription : c< L'Amour a quelque traict de la Divinité, lorsqu'il est soutenu de la Fidélité; » ( Nancy, 1693. ) — L'es-

le Poussin observa qu'il ne restait plus qu'à les enrichir des idées sublimes de la morale et de la pkilosopRie; il y donna toute son attention;' on ne peut pas se rappeler les ouvrages de cet excellent maître sans être convaincu de cette vérité ; c'était un pas de plus et un pas bien intéressant à faire faire à Tart de la peinture ; c'est une époque tréÀremarquable dans son histoire^ le Poussin T» filée... »

Lettre de M. Seroux d^Agincourt à M. Gàstellan; Rome, 1813, p. 142 et suiv. du 1. 1 des Archives de l'art français.

* Au moment où Sandrart l'a connu à Rome^ il était logé dans le palais du seigneur romain Muti': «In paUtio Mufi^ nôbilis romani magni que artis nostrs fautorb alque protectoris degens. » — Stmdrart, p. 370.

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tampe suivante est aussi de Mellin ^ elle représente : le Couronnement de la sainte Vierge dans la partie supérieure^ et en bas^ saint Jean -Baptiste et saint Florian; elle est signée; Garolus Melini Lotharingus fecit Romae *. »

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