‹ Les artistes français a l'étranger (volume 3)Chapitre 317 sur 456 · GELLÊE (GUadeU dit CLAUDE LORRAIN · texte numérisé non relu

GELLÊE (GUadeU dit CLAUDE LORRAIN

né MJ cbAteau de Chtmagne, dtns le diocèse de Toul, dés lors à la Frrace, en 1600,

mort le 21 nov. 1682, à Rome. Elève de son frère Jean, graveur sur boi».

Claude Lorrain vint jeune à Rome^ puis alla passer deux ans à Naplesoù il éUidia la peinture du paysage sous Gotfredo^ qui était alors en grande réputation; il revint ensuite à Rome et étudia sous Agostino Tasso^ peintre de paysage et d'architecture; il travailla avec lui jusqu'en 4625^ puis voyagea^ alla à Venise^ en Bavière, à Nancy, revint en Italie en compagnie de Charles Errard^ et arriva à Rome le jour de Saint-Luc^ 1627. Il s'y fit aussitôt connaître par un grand nombre de tableaux faits .pour divers amateurs romains et étrangers; il travailla à des peintures murales au palais du cardinal Crescenzio, sur la place de la Rotonde; dans le palais des Muti^ sur la place des Saints- Apôtres^ et dans une maison de la famille des Muzi, à la Trinité du Mont.

Le cardinal Bentivoglio commanda à Claude deux tableaux qui eurent un immense succès; sa réputation fut alors complètement établie; son atelier était très-fréquenté a et la rue encombrée de gens qui se portaient chez lui pour acheter ses peintures. » Les

» Huher et Bost, l. VII, p. 68-70. —/?o6«r< DumtznUy t. IV, p. 159.— Mémoires sur la vie et les ouvrages des membres de l'Acadéinie, t. 1^ p. 127.

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figures qu'ii mettait dans ses paysages étaient médiocres; aussi dîsaii-il qu'il vendait ses paysages et qu'ii donnait les figures par dessus le marché; il les faisftit Jdre quelquefois par Philippe Lauri^ célèbre paysagiste romain.

Après avoir admiré les tableaux du cardinal Bentivoglio^ le pape Urbain VIII voulut voir Tàrtiste^ et lui commanda quatre peintures : une marine^ le portdi Marinella^ une danse et ime pastorale. Puis le roi d'Espagne lui fit faire huit tableaux. Dès lors Claude travailla pour les cardinaux, les princes romains^ le pape Alexandre VII^ qui lui -portait beaucoup dlntérét^ le pape Clément IX^ et pour les amar leurs de toute rEurope.

Enanalysant les précieuses notes du Livre de Vérité S on oonstafei d'une manière approximative^ qu'il a peint quatre tableaux pour lepape^ vingt -neuf pour les princes et les cardinaux romains 5 six pour Naples> un pour Venise^ un pour Turin^ un pour Palerme; trente-sept pour la France; six pour l'Espagne; un pour la Bavière; un pour Liège, deux pour Anvers^ un pour Ypres; deux pour l'Angleterre; un pour le Danemarck.

Parmi les trente -sept tableaux que la* France acheta à son grand paysagiste, Claude en fit un pour Montpellier^ qu'il regardait cpmnie son meilleur ouvrage; on y voit représentée Estber suppliant Assuérus pour le peuple hébreu.

Claude Lorrain avait beaucoup de dignité et de moralité ; son influence fut considérable^ dit Baldinucci; il donnait des préceptes et des conseils à tous ceux qui lui en demandaient^ surtout pour la perspective où il excellait; Viviani et Swanevelt furent ses principaux élèves*.

Smith et Vasi nous apprennent que Ton trouve encore à Rome les tableaux suivants du Lorrain.

Au palais Doria : Mercure volant les troupeaux d'Admète.

Le Mariage d'Isaac et de Rebecca.

Des prêtres conduisant un taureau au temple d^ Apollon >, pour le sacrifice.

Céphale M Procris.

Paysage avec une Diane chasseresse.

Le fameux tableau du Moulin.

« Voy. p. 179.

* Celte biographie est traduite (un peu abré^) d'après le Baldinacci.

âao îtalth:.

Paysage* avec un repos ejfi Egypte.

Au palais Barberiiii : une marine. .

Au palais Sciarra : le lever et le coucher du soleil.

A TAcadémie de Saint-Luc : une marine.

Au musée du Capitole : trois paysages non désignés.

672. DUFRB&NOY (Charles-ÂJpbonle), peistre» né à Ptrù eu 1611. mort i VilUers-le-Bel en 1665*

Dufresnoy vint à Rome à la tin de 4633 ou au .commencement de 1634^ et s'y lia avec Mignard ; on les appebdt lea denx inséparables. Il resta vingt ans à Rome, tit quelques tableaux pour des amateurs italiens et français, et compo&a son poëm&de la peinture. Aplrès un séjour de vingt ans, Dufresnoy se rendit à Venise avec Mignard; il y fit une Vénus couchée, pour un seigneur y éI^tien,> nommé Marc Paruta, et une Vierge à mi-corps. 11 revint à Paris en 1656 *.

673. WUIBERT ou WIBERT (Remy) /peintre et graveur; on le croit né à Paris vers 1607. Elève de Vouet.

Wuibert parait avoir passé presque toute sa vie à Rome, où il fui l'ami du Poussin, dont il a grayé d'une façon remarquable plusieurs compositions; il a gravé aussi d'après Raphaël , et plusieurs de ses estampes ont été faites d'après ses propres compositions ^. Quelquesunes de ses gravures, faites à Rome^ portent la date de 1635.

' 674. MIGNARD (Pierre), peintre (voir le n» 453).

Mignard vint en Italie en 1636 et y resta jusqu'en 1657. A son ârriv^e à Rôme^ il fît quelques portraits et appela ainsi l'attention du pape Urbain VIII qui se fit aussitôt peindre par Mignard. Il peignit ensuite pour Naples le portrait du duc de Guise ^ que les Napolitains révoltés attendaient ^.

A peu près dans le même temps, Mignsucd peignit le èardinal Barb^rini, puis, avec un grand succès, les deuk*cardinaux de Médicis, le cardinal d'Esté, les chefs des quatre maisons de Rome (Ck)lonna, Ursini, Sanelli, Gonti), la signora Olympia, le prince Parophile neveu du Pape, l'ambassadeur de. France Henri d'Es-

* Félibien. D'Argenville.

* Huber et Rost, t. Vil, p. 130 et Robert Dumesnil, t. II, p. 10;Correspon4«oc« au Voumn; Félibienj. Florent l0 Comte,

* Voir le n» 604.'

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tampes , commandeur d& Valençay^ l'ambassadçur de Malthe commandeur des Vieux ^ les commandeurs de Matalone et d^Ëlbena^ et le pape Innocent X.

La réputation que Mignard avait acquise engagea le grand-mattre de Malthe à.rappeler auprès de lui; il- refusa et resta à Rome.

Après avoir peint le portrait du pape Innocent X^ Bfiignard^ cédant aux conseils du Po.ussin, renonça à faire des pcurtraitset se livra dès lors à des ouvrages de composition. « Plusieurs églises forent ornées de peintures de M. Mignard , particulièremept celle de Saint-

Charles-des-Quatre-Fontaines. Il y fit, pour le maître-autel, une Trinité; il peignit sur la muraille, et à' Thuile, quelques saints, entre lesquels eèt un saint Charles Borromée, de grandeur naturelle, fort estimé, et, sur la porte, une' Annonciation, à fresque. Il se pjaisoit à cette manière, et cet ouvrage, ainsi que quantité d'autres, firent juger à quel degré il la porteroit. »

n fit Une Aurore, à û'eàque, chez M. Martino Longwi ; — une sainte Famille, à Thùile, à Sainte -Marie-in-Campitelli; — ^^un saint Antoine, à la sacristie du monastère- de Saint «Antoine -des -Français; — saint Charles communiant les pestiférés, pour l?égKse de Saint- Charles-des-Catinai^i; mais Piètre de Cortone empêcha qu'on y plaçât ce tableau.

Mignard quitta R^me ^w printemps de 1654 et se.rendit à Venise. En chemin, il peignit, à Rimini, le cardinal Sforze, archevêque d^cette ville \ à Modène^ le premier peintre J41 duc\ la princesse Isabelle d'Esté, fille aînée du duc et depuis duchesse de Parme; la princesse Marie, sa sœur, qui se fit depuis c^mélite.

A Venise, il étudia les mitres et fit le portrait du sénateur Marco Paruta. Il revint ensuite à Rome et peignit le pape Ale^^andre VIII et la belle courtisane La Cocque , qui , par coquetterie , voulut que Mignard emportât son portrait en France. Mignard quitta l'Italie en 1657 pour revenir à Paris. Il était fort estimé à Rome et y avait formé un grand nombre d'élèves ^.

• Voir p. 296.

* MonviUê, Vie de Mignard; et Mémoires sur les membres de TAcad. roy. de peint et de scuipt, — Lalande, t/lV; p. 292; Ùeseine, p. 629, 501, 704; Titi, p. 162, 270.

675. DËLAFLEUR (Niedu-Guill.)^ peintre de fleurs en miniature et graveur à Teau-forte, né en Lorraine au commencement du xvn* tiède,

mort à Rome vers 1670.

Cet artiste , d'un grand mérite ^ composa et grava , à Rome^ en 1638^ mie suite de fleurs en treize pièces, et en 4639 wie autre suite de fleurs en douze pièces.' Ces belles estampes eurent un grand s(Uccès^ et plusieurs éditions en furent publiées dans les Pays-Bas et en Hollande ' .

676. COLIGNON (François );de88inateur et graveur, né à Nancy en 1621, moK en 1671. Elève de Gallot.

En 1640^ Colignon travaillait à Rome et y faisait en même temps le commerce des estampes. 11 a beaucoup gravé d'après ses propres dessins. On cite particulièrement: Testampe d'après Raphaël^ représentant Attila mis en fuite: — les bâtiments de Rome sous le pontificat de Sixte-Quint : — le plan de la ville de Malthe avec les anciennes fortifications^.

677. VOUILLEMONT (Sébastien), deainateur et graveur, né à Bar-sur- Aube vers 1622. filève de Daniel Rabel.

Il a gravé plusieurs planches^ tant à Paris qu'à Rome, où il fit un assez long séjour. En 1641 , il a gravé à Ronfie : le Massacre des Innocents , d'après Raphaël , de deux compositions différentes , in-fol. ; — en 1 642 , le pape Urbain VIII donnant la bénédiction (in-4»). — C'est sans doute à Rome qu'il a gravé, d'après Raphaël, les Pèlerins d'Emmaûs (gr. in-fol.), le Parnasse (gr. in-fol.) , une sainte Famille (gr. in-fol.); — d'après le Parmesan : la Vierge et Tenfant Jésus (in-fol.); —d'après l'Albane, les fiançailles de sainte Catherine (in-folio.) '.

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