CHAMPAGNE ( J«an), architecte et sculpteur
(Giovanni Sciampagna, Mon^ù Giovanni Francise, Monsù Giovanni Sciajufacna
Francesé), vivait à Rome dans la seconde moitié du )rvii«, siècle.
«Le maître-autel de la Trinité du Mont a été rebâti depuis peu, de l'architecture du sieur Jean Champagne^ François^ qui y a fait de stuc le mystère de la Sainte-Trinité entouré d'Anges, et aux côtés, saint Louis et saint François de Paul aussi de stuc.
« Derrière est le chœur de jour des religieux... aux deux côtés duquel il y a deux petites chapelles nouvellement bâties^ de Tarchitecture du même Chano pagne.*.»
A Saint-André-du-Noviciat-des-Jésuites, sur la porte, Jean Champagne a sculpté les deux anges qui soutiennent un écriteau^. Il a fait aussi à Téglise du Jésus deux statues en stuc^.
696. THÉODON (Jean -Baptiste), sculpteur, mért à Paris le t8 janvior 1713.
Théodon a passé presque toute sa vie à Rome. Il fit d'abord la statue de Saint-Jean-de-Latran ; son modèle Fempofta dans un concours où se trouvait le Bernin entre autres adversaires. Il fit ensuite
1 On lit sur chaque planche : Stef. Baudet gallus seul p. Roms, 1672. Ces quatre tableaux de l'Aibaneont été acquis par Louis XIV et sont au Louvre; les planches de Baudet sont encore à la chalcographie romaine (Note des éditeurs du Mariette).
« Mariette, Ul, 82-84.
3 Destine, p. 26.
* Idem, p. 86, 87.
^ Idem, p. 625, et Titi.
^ Cochin parle d'un bas- relief qui S6 trouve à Padoue et qui est Tœuvre d« Camfagna ; seraK-ce le même qne Jean Champagne?
un autel aux Cannes déchaussés et devint sculpteur de la fabrique de Saint -Pierre. Les Jésuites ^ voulant décorer l'autel de saint Ignace, à Téglise du Jésus^ de deux groupes de cinq figures chacun^ mirent ces deux ouvrages au concours. Les vainqueurs furent deux Français^ Théodon et Legros. Leurs ouvrages sont placés au rang des cheÉs-d'œuvre de la Rome moderne. Le groupe de Théodon représente la Foi qui foudroie les monstres de l'idolâtrie exprimés par une figure humaine terminée en serpent^ près de laquelle le roi de Bungo, au Japon, de soumet à la Foi. '
Le tombeau de la reine Christine, à Safint-Pierre, est orné d'un bas-relief de Théodon, qui lui fut commandé par le pape Innocent Xll; ce bas-relief représente l'abjuràlîon de la reine; an-dessus, est un grand médaillon de bronze avec le buste de Christine.
A rOraloire-du-Mont-de-Piété , un bas-relief de marbre blanc sur lequel est représenté un sujet de Tbistoire de Joseph (soit Joseph prêtant du blé aux Égyptiens -pendant la famine , selon Deseine, soit Joseph recevant ses frères accusés du vol d'une coupe d'or, selon d' Argenville ) * , •
A la chapelle des fonts, à Saint-Pierre, les ornements de bronze doré que le pape Innocent XII fit mettre à l'urne de porphyre que Ton dit avoir été le tombeau de l'empereur Othon II; cet ornement est terminé par deux petites statues représentant Notre-Séigneur baptisé par saint Jean.
A Sainte-Marie-in*Trastevere, au-dessus du portique, la statue de saint Calixte^.
697. LEGROS (Pierre ), sculpteur, né à Paris en 1656, mort en i719,'à Rome^ le 3 mai. Élève 'de son pire Pierre Legros et de Lepautre.
Pierre Legros , ayant obtenu le grand prix en 1677, alla à Rome pour y étudier,. et ne put se résoudre à quitter cette ville. « Il se fixa donc à Rome et s'y distingua par cette infinité de beaux morceaux qu'on y admire '. »
On voit àe cet artiste : Dans Téglise du Jésus, à la chapelle de
1 Francesco de* Ficoroni dit que le bas -relief représente Joseph donnant du blé i ses frères. (Le âingolarità di Roma Moderna.)
« lïArgenviUe, Watelet, l'abbé Dubos, Deseine, p. 1053 et 480, Làlande, t 111, p. 449 et t. V, p. 504.
* Mariette. -^ Voir aussi Fr. Blondel, Architecture françoise^ t. fil, p. 14.
saint Ignace^ sur Tautel, le groupe de saint Ignace avec trois Anges, en argent^ de 9 pieds de haut;. la croix de la chasuble du saint est toute bordée de pierres précieuses; la statue est élevée sur un piédestal en forme de pyramide et composé de marbres précieux liés par des bronzes dorés. — Sur Tautel, du côté de Tépitre, le groupe de la Religion qui foule aux pieds THérésie, ( en marbre blanc de Carrare) ; l'Hérésie est sous l'emblème d'un homme qui tient un serpent et d'une fçmme décrépite; l'un et l'autre sont culbutés par la Religion et l'aspect de la Croix ; un Ange déchire les mauvais livres * . Legros obtint au concours l'exécution de son groupe ; ii était si jeune alors qu'il paraissait extraordinaire de le voir entrer en lutte contre des artistes de réputation; mais les Jésuites rengagèrent à faire ses modèles en secret et à les envoyer encaissés comme s'ils arrivaient de Gènes ; au jour du jugement, les modèles de Legros eurent le prix à l'unanimité, et l'on apprit seulement alors de qui ils étaient^ ; aussi Deseine, en parlant de leur auteur^ dit-il : a Legros, illustre sculpteur françois qui, dès sa jeunesse, est parvenu à la perfection de l'art , où les autres ont peine d'arriver à la fin de leur vie.» -^ Dans l'église du Jésus, à la chapelle de la Croix, on voit aussi un bas-relief et deux figures en stuc (non déterminés), qui sont au frontispice.
A Saint-André-du-Noviciat-des-Jésuites ; la statue de Stanislas Kotska, (gravée par J.-C. Allet, in-folio). « C'est un jeune homme mourant sur son lit, la tête appuyée sur deé oreillers, tenant le crucitix et son chapelet d'une main, et de l'autre un petit tableau de la Vierge; la tête et les pieds du saint sont exécutés en marbre blanc; son habit est en marbre noir, et la draperie en est bien traitée : le lit et les oreillers sont de marbre jaune '. »
A Sainte-Apollinaire (troisième chapelle à droite); la statue en marbre blanc de saint François-Xavier ; le saint est debout et regarde un crucifix qu'il tient des deux mains *.
A Saint-Ignace; le bas -relief de Saint-Louis-de-Gonzague, représenté enlevé au ciel par des anges. Guillaume Coustou travailla sous
» Deseine, p. 247-8. — Lalande, l. V, p. 170. — Voii, p. 57.
« WateM.
> Lalande, t. IV, p. 287.
* Idem, t. V, p. 21; Voit, p. 336.
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la conduite et d'après le modèle de Legros à oe bas -relief*. Au fond de l'église est le tombeau de Grégoire XV ; la figure du pape, celle de FAbondance et de la Religion sont seules de Legros; le reste du mausolée a été exécuté sur ses dessins. Les deux Renommées qui sont au-dessus sont de Monnot ^.
A Saint-Jacques*des-lncurabies; un grand bas-relief demarbre, dans la seconde chapelle à droite , sur Tautel ; il représente saint François de Paul, sur un nuage, invoquant la sainte Vierge, dont le portrait lui est apporté par des anges; il parait lui demander la guérison d'une Coule de malades que Ton voit au-dessous '.
A Saint- Jean-de-Latran ; deux statues colossales en marbre blanc de saint Thomas et de saint Barthélémy. Le Saint-Barthélémy est une des plus belles œuvres de Le Gros : le saint tient le couteau avec lequel il a été écorché , et il a sa peau dans un pan de sa robe , ce que Tartiste. aurait peut-être dû éviter, puisque le saint est représenté sans être écorché \ — Dans cette même église, le mausolée du cardinal Jérôme Casanata. Il est couché sur son sarcophage et a les mains jointes ; il y a derrière lui trois génies qui lèvent un grand rideau '.
A Saint-Jérôme-de-la-Gharité; la statue de saint Philippe de Néri et les sculptures delà chapelle de Tavocat Antamoro.
A Sainte'-Marie-Majeure;la statue en bronze de saint Dominique ^ et un bas relief de bronze au tombeau du pape Pie iV.
A Sainte -Marie -de -la- Minerve, à la Bibliothèque ; la statue en marbre du cardinal Jérôme' Gasanata, fondateur de la Bibliothèque^.
Au Mont-de-Piété, à Toratoire; un bas-relief en marbre blanc, représentant Tobie écrivant, selon Francesco de' Ficoroni*, ou Tobie le père prêtant dix talentsà Gabelus^ selon Deseine, qui ajoute que le bas-reliei fut placé en 1705 ".
A Saint- Pierre; la statue colossale, en marbre, de saint Dominique,
» Mariette, l. II, p. 22.
« Lalande, l. V, p. 150.
> Idem, t. IV, p. 604.
' Idem, t. IV, p. 191.
^ Idem, t. IV, p. 198. — Deseine, p. 762.
* Deteine, p. 681.
' Lalande, t. V, p. 159. — Deseine, p. 278. — Voii, p. 324.
* Le Siiigularità di Roma moderna.
* D0«etfie, p. 480.
3ât2 ITALIE.
regardée comme un des chefs-d'œuvre de cette basilique, bien qu'on reproche à la tête, d*étre un peu petite K
A Saint-Pierre-aux -liens; .le tombeau du cardinal Aldobrandini *.
A Téglise des Saints -Apôtres; la Foi et la Dévotion tenant un chapelet^ en stuc.
^ En dehors de Rome, Legros a fait : pour la cathédrale de Foligno, la statue d'argent de saint Félicien, évéqqe et patron 'de la ville.
Au Mont-Gassin, la statue en marbre du pape Grégoire II.
A Turin, les deux statues de sainte Thérèse et de sainte Christine. « Il y a dans Téglise des Carmélites de Turin, dit Cochin^.deux très -belles figures de M. Le Gros, doiit Tune, qui représente une sainte Thérèse debout dans Textase, est si supérieure à l'autre, qu'on auroit peine à les croire de la même main , s'il étoit possible d'en douter. Elle est drapée du plus grand goût; la tête est belle jet bien expressive ; les mains sont belles; bien de chair et d'un beau choix; la jambe ployée est trop longue \ »
698. LENOTRE (Ândré)^ architecte et dessinaU des jardins do roi (voir le n» 120 ).
Les jardins français ou gothiques, comme on disait jadis ^ Curent toujours très-célèbres. Le Nôtre agrandit et développa l'ancien système, français sans rien emprunter aux jardins italiens. - Tout au contraire, après avoir dessiné tous ses jardins de France, en i678, n se rendit à Rome où il fit les célèbres jaixlins de la villa Ludovisi^ que l'on regarde comme les plus beaux de Home *, ceux de la villa Pamphili, du Quirinal, du Vatican et de la villa Albani. Ce n'est pas seulement en ItaHe , mais sur toute l'Europe que l'influence de Le Nôtre s'est fait sentir; partout, en eflfet, on a dessiné des jardins d'après ses idées et à. l'imitation de ceux de Versailles ^
a En 1678, Louis XIV envoya Le Nôtre en Italie pour se perfec-
* Lalande, t. III, p. 445, 469. — Deseine, p. 1043. ^ Lalande, l. IV, p. 256. '
* Cochirif Voyage d'Italie, l. I, p. 6.
* On y voit un labyrinthe, des bassins, des jets deau, de grandes allées et beaucoup de statues (Lalande, t. IV, p. 363).
* Souvenirs d'un sexagénaire, t. 111, p. 297. Si l'on en croit Percier et Fontaine, Le Nôtre ne serait pas l'auteur de ces jardins dus, tu contraire, à l'Algarde. — Voj. Choix des plus célèbres maisons de plaisance de Rome et de ses environs, 1824, in-fol., p. 13k
tionner; loin de trouver quelque chose de supérieur, Le Nôtre y laissa des modèles de son invention que l'on imite encore*, n
699. BLONDEAU (Jacques), peintre et g^iiveur^ né ^ Lan^res vera 1639.
« n a beaucoup gravé à Rome d'après plusieurs maîtres italiens , surtout d'après Piètre de Gortone. Il a gravé aussi beaucoup de portraits à Rome : on cite ceux du cardinal Fr.-Lanr. Brancati^ 1681; du cardinal t^ortuna Caraffa, 1686; du caMinal Maxlmilien Gandolfi^ 1686; du cardinal Opitius Pallavicini; du général Énée de Caprara; de René d'Esté, duc de Modène; de Jean-Georges HT, électeur de Saxe; du roi de Pologne Jean Sobieski^ in-fol; du cardinal Bichi, d'après le Bourguignon. Blondeau a exécuté une partie des peintures de P. de Gortone au palais Pitti, à Florence '. d