‹ Les artistes français a l'étranger (volume 3)Chapitre 384 sur 456 · LE BLOND (Alexandre -Jean -Baptiste), architecte · texte numérisé non relu

LE BLOND (Alexandre -Jean -Baptiste), architecte

né à Paris en 1679, mort à Saint- Pétenbourg en 1719. Élève de Girard.

Le Blond s'était distingué par plusieurs beaux travaux d'architecture et de jardinage, lorsque François Lefort, neveu du fameux général de ce nom , vint en France pour engager des artistes dans toutes sortes de professions, à s'établir en Moscovie.

Lefort s'adressa d'abord à Le Blond, lui proposa 20,000 livres d'appointements, et le marché fut bientôt conclu. Cette nouvelle alarma les amateurs des beaux-arts; quelques-uns représentèrent au Régent la perte qu'allait faire le royaume en perdant un aussi beau génie. Ces représentations ne furent point écoutées, et, en 1716, Le Blond partit de Paris avec sa famille.

Lo Czar lui fit, en arrivant, beaucoup d'accueil, et le combla de grâces quand il eut été témoin de la facilité avec laquelle il mettait au jour ses pensées, et avec quelle netteté il saisissait les idées qu'on lui proposait. Le Blond s'occupa ainsi de quantité de projets pour le palais de Pétersbourg et la maison de plaisance ^ du Czar qu'il devait orner de jardins et de fontaines alimentées par une rivière qui coule au-dessus du parc.

La petite vérole l'enleva à quarante ans; le Czar fut très-touché de sa perte, et lui fit célébrer de magnifiques obsèques aux(|uelles il voulut lui-même assister. Lefort avait été nommé premier architecte de Pierre le Grand '.

^ HêfnêJun. Nagkr. Cabinet des ettampei.

* Peterhof , que les souverains habitent en été ; on trouve dans le jardin deux maisons de plaisance appelées Marly et Mon-Plaiiir, qui ont chacune une cascade. » ITArgenviUê, Vie des fameux architectes — iâmrieiU, 3, 89. — f^\ BUmM,

Le Blond a bâti ie château et dessiné les jardins de Peterhof, lesquels sont une nmgnifique imitation de Versailles , avec une abondance d'eau extraordinaire^ mais avec moins de goût dans les effets. Le parc est immense et très-beau, moitié français et moitié anglais aujourd'hui; les statues qui le décorent sont en plomb doré.

864. NATTIER (Jean -Marc), peintre de portraits, né à Paris le 17 man 1685; mort le 7 lepteôibre 1766.

a M. Le Fort*, ministre du Czar Pierre, ayant engagé M. Le Blond, célèbre architecte, à passer en Russie, proposa en 1715, à M. Nattier d'aller joindre avec lui le Czar à Amsterdam. Il lui fit des conditions avantageuses et le détermina à le suivre. Le Czar lui fit d'abord peindre une partie de sa cour, et lui ordonna un tableau représentant la bataille de Puhava. Content de ces ouvrages, il renvoya à La Haye pour y peindre Timpératrice Catherine '. Dans cet intervalle, le Czar vint à Paris (1717). L'impératrice, charmée de son portnût, en écrivit 2i ce prince avec tant de marques de satisfiiction qu'il fut curieux de le voir. M. Nattier eut ordre de ^appo^ ter à Paris, et quoiqu'il n'y eût encore que la tête d'achevée, le Czar en fut si content, qu'il l'envoya aussitôt chez le sieur Boit, peintre en émail '. Ce portrait faisant beaucoup de bruit, le jour que M. le duc d'Antin donna à souper au Czar, il fut exposé sous un dais dans la salle du festin. Le lendemain, ce prince envoya son grand maréchal AlooflSoff dire à M. Nattier de venir commencer son portrait. Il en témoigna la même satisfaction. On a vu ce tableau exposé au salon, et il appartient maintenant à M. le duc de Grammont^. Sur le point de partir pour la Russie, Pierre le Grand lui fit demander par M. Le Fort, quand il comptait le rejoindre; mais sans lui proposer d'ailleurs aucune condition. Comme il fallait se décider sur-le-

iirchit. franc., 1, 55. — Breton, la Russie, 5 vol. in-12. — LtArgeninUe, Voyage pittoresque aux environs de Paris, 4* édit. , p. xj .

1 Neveu du célèbre Lefort.

< Gravé par P. Dupin pour Odieuvre.

s CKarles Boit , peintre en émail , né à Stockholm de parents français. Il y a de lui une longue et curieuse biographie dans Walpole : voirlairadoetion mss. par Mariette, . m, p. 167.

^ C. Roy Ta gravé pour lacoUection d'Odieuvre. E. Tchemesow Ta gravé aussi, ii^a». La ligure est de Schmidt, mail le reste du portrait est de Tchemesow, élève de Scbmidt.

champ^ un ami lui représenta le tort qu'il se ferait d'aller ainsi se sacrifier dans un pays encore barbare , lui citant de fftcheux exemples qui le décidèrent à ne point partir. Il refusa donc. Le Czar piqué y partit le regardant de mauvais œil, et pour se venger de son refus, ce prince fit enlever le portrait de la czarine , qui avait été porté par ses ordres, chez un peintre en émail. Ce portrait ne fut jamais ni entièrement achevé, ni payé *. »

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