‹ Les artistes français a l'étranger (volume 3)Chapitre 387 sur 456 · TOCQUÊ (Loois), peintre de portraits (voir le n · texte numérisé non relu

TOCQUÊ (Loois), peintre de portraits (voir le n

Tocqué fut demandé par l'impératrice de Russie pour faire son portrait; il séjourna en Russie en 1757 et 1758 '. Il peigpit en 1758 le portrait d'Elisabeth, gravé par Tchemesovir et par Schmidt. « L'impératrice avoit le nez fort court et Tocqué Tavoit peint tel qu'il l'avoit vu. S. M. vouloit avoir le nez long, et Schmidt, à qui cela étoit très-indifférent, le lui fit aussi long qu'elle le désiroit. Quand Tocqué vit cette estampe à Paris, il tut très-f&ché de ne pas reconnoître son tableau ^. » Il existe au Musée de Versailles une ébauche du portrait d'Elisabeth par Tocqué. Notre artiste peignit en 1757 le portrait du comte Michel Woronzof, gravé par Schmidt.

* Levesque, Histoire de Russie , t. V, p. 173.

* Henri de Riemers, l'Académie impériale des beaux- arts de Saint-Pétersbourg, depuis son origine jusqu'au règne d'Alexandre I«' en 1807. Saint-Pétersbourg, 1807 1 vol. in-8o, avec un supplément des artistes ^étrangers qui se trouvent actuellement à Saint-Pétersbourg., p. 5.

' Dates fournies par les livrets des adresses des académiciens. L'abbé Footenai se trompe en disant 1760.

* Catalogue de Schmidt.

En 1758 il fit le portrait du comte Cyrille de Rasumofski, gravé aussi par Schmidt. a Tocqué fut traité fort honorablement et bien récompensé par Elisabeth. A son retour^ il parcourut toutes les cours du Nord^ et partout on rendit à son mérite les honneurs et la justice qui lui étoient dus^ en le recevant des Académies établies dans presque toutes les grandes villes de l'Europe * . »

870. LE LORRAIN (Lowf-Joseph),pei9tra d'histoire et d'architecture^

né à Paris; mort à Saint-Pétersbourg le 24 mars 1759 *. Elève de Dumont le Romain.

Le Lorrain fut appelé en 1758 par la Gzarine Elisabeth^ qui venait de fonder TAcadémie de Peinture^ de Sculpture et d'Architecture de Saint-Pétersbourg. Le Lorrain fut d'abord professeur^ puis direc^ teur de cette Académie, peu de temps à la vérité^ car il mourut quelques mois après son arrivée en Russie.

a A Saint-Pétersbourg il parait s'être occupé principalement des couleurs encaustiques, et les peintures de cette espèce étaient alors, malgré le peu de perfection qu'elles avaient acquise, accueillies av^ bienveillance'. » Le Lorrain peignit avec beaucoup d'intelligence Farchitecture et )a perspective poiû* les décorations théâtrales *.

871. M OR EAU (Jean -Michel )9 dessinateur et graveur^ né i Paris en 1741.

Il n'avait pas dix-sept ans lorsqu'il partit pour la Russie, en qualité d'adjoint de Louis le Lorrain, peintre, dont il était l'élève, et qui venait d*étre nommé directeur de l'Académie des Beaux -Arts de Saint-Pétersbourg. Là, son talent précoce le fit nommer professeur de dessin à l'Académie impériale de peinture et de sculpture. Deux ans après ( 1759), la mort lui ayant enlevé son maître et son ami, il quitta ime place qui, à des avantages déjà certains , joignait la perspective d'un sort brillant^ pour revenir à Paris où il renonça à la peinture et se livra à la gravure '.

* Vabbé Fontênai* Sa notice est rédigée d'après un manuscrit dé la femme de Tocqué.

* Registres mss. de l'Académie de peinture et de sculpture. » Nagler.

« MarUUê, t. IIl, p. 123. ~ Huber et Hoit, t. VIU, p. 133. > Notice de Moreau par sa 6lle, madame Carie Vemet^ dans le t. 1 des Anehhes de l'art français, p. 183.

406 HUSSIE.

872. MAURICE (Louis- JoMph), peintre, né iNuicy en 1730, morten 1820.

Maurice partit pour Saint-Pétersbourg en 1758, et devint prenùer peintre d'Elisabeth. Appelé plus tard à Moscou, il assista au couronnement de Catherine II^ et fut par ses ordres, en qualité de premier peintre de Sa Majesté, Tordonnateur des fêtes qui se donnèrent à cette occasion. En 1779 il se rendit en Italie *.

Le musée de Versailles possède un portrait de Cathejrine U, en miniature peint par Maurice. Cette miniaturê, sur fond vert, représente Catherine vue de face , un peu à gauche; la tête est couverte d'une coiffure noire, ornée de perles et d'un voile blano qui retombe sur les épaules; les cheveux sont poudrés; le p^idant d'oreilles est formé de diamants, de rubis et d'une grosse perle. L'impératrice porte un collier de perles à plusieurs rangs qui couvre toute la goi^e; son corsage est d'étoffe jaune dtunassée,. et elle est recouverte d'une pelisse de soie rouge, à manches blanches et bordée sur le devant et à l'épaule, d'une fourrure noire. Cette^miniature porte l'inscription suivante : portrait de l'impératrice Catherine II de Russie, peint d'après nature par Louis-Joseph Maurice, son premier peintre, à l'époque de l'avènement au trône de cette princesse; c'est d'après cet original que les copies destinées aux souverains de l'Europe ont été exécutées par ...urice (Maurice).

873. LAGRENÊE (LouU-Je«n- François), r«tné, peintre dliisjL (voir le n« 308).

François Lagrenée remplaça Le Lorrain comme directeur de l'Académie de Saint-Pétersbourg. Il alla en Russie en 1760*, et revint à Paris en 1763 '. Lagrenée eut le titre de premier peintre d'Éhsabeth. Il a fait en Russie un assez grand nombre de portraits en général très^beaux; on vante surtout celui d'Elisabeth *.

On voit de lui à la chapelle du palais impérial , un tableau représentant six apôtres en méditation et la sainte Vierge dans les airs

i GabeL

* Nss. de l'Ëcole des beaux -tris et regittres de Tancienne Académie de peinture.

s Cette date résulte du Livret des adresses des académiciens de 1763. Ces Livrets, sont des brochures in- 12 intitulées : Académie de peinture et de sculpture. L'Académie en publiait un chaque année.

* Notice de Fr. Lagrenée, Mss. de TÉcole des Beaux-'lrts.

- ^ Voyage de deux Français en Allemagne, Danemarck, Suède> Rttssie et Pologne, en 1790-92, par FwrHa de Piles, 5 vol. in-8o; Paris 1796.

874. DE LÀ PIE RRE (l^icoUs-Benjamin), peintre de portruU; Français;

de 1700 à 1780.

a II vint à Saint-Pétersbourg sous Catherine II , et y acquit beaucoup de gloire par ses travaux. Il y fut aussi membre de TAcadémie ; mais il retourna en France *. »

En 1769, De la Pierre fit à Saint-Pétersbourg le portrait de Sophie Wilhemine'Be la Font, gravé par J. Tardieu, in-folio.

875. GILLET (MicoUs-Fran^), iciilptear, ii6 en 1709, à Paris,

mort le 7 février 1791.

Gillet résida en Russie de 1758 à 1778, d'abord à Moscou (1758-9) puis à Saint-Pétersbourg (1760-78). En 1779,de retour àParis, il prenait le titre d'ancien directeur de TÂcadémie de Saint-Pétersbourg ^.

a De son temps Gillet jouit d'une grande réputation. Il était déjà membre de l'Académie de Paris, lorsqu'en 1761 il fut appelé à Saint-Pétersbourg en qualité de professeur de sculpture. H exécuta à Saint-Pétersbourg, mais sans succès, une statiie de Pierre le Grand, ainsi que celle du grand-duc Paul. Dans la suite il retourna à Paris avec ses filles, artistes toutes deux. Félicité et Sophie; cette dernière fut même agréée à l'Académie. On voyait de Gillet, différentes statues et groupes à Paris, mais qui durent céder la place à un goût plus épuré. Th. Scbubin fut son élève '. b

S76. VALLIN DE LÀ MOTHE, architecte.

Vallin de la Mothe, premier architecte de Timpératrice Catherine et de Paul I*^ *, était un architecte de grand mérite qui a construit dans le style de Gabriel ^ de remarquables édifices à Saint-Pétersbourg. Nous pouvons mentionner : l'ACâdémie impériale des Beaux- Arts, très-beau monument, dont le vestibule surtout est magnifique*;

» NagUr,

< Voir les registres mss. de l'Académie rojale de peinture et de iculptare de Paris et les Livrets des adresses.

> Traduit de Nagler qui donne 1803 pour date de la mort de Gillet^ ce qui est une erreur, ainsi que la date de 1761.

^ Patte le mentionne en cette qualité en 1765.

^ Les monuments de Vallin sont dans le goût du garde-meuble, mais en it|le moins riche ; il y a partout des colonnades. C'est ce que Nagler, dans la biographie tronquée qu'il donne de cet artiste, appelle « la manière française et baroquCi »

* Lithographie par A. Durand.

tiOS RUSSIE.

les deux petits palais de l'Ermitage > touchant le palais d'Hiver^ charmants édifices en style Louis XV * ; l'hôtel appartenant actuellement au duc d'Oldenbourg ^ situé sur la place du Champ-de-Mars, à Saint-Pétersbourg.

a Vallin de la Mothe fut professeur dès 1767 à l'Académie dont il était membre depuis longtemps ^. »

Page 1